Jean-Claude Mourlevat - Le chagrin du roi mort
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- Название:Le chagrin du roi mort
- Автор:
- Издательство:Gallimard Jeunesse
- Жанр:
- Год:неизвестен
- ISBN:9782070623877
- Рейтинг книги:4.33 / 5. Голосов: 3
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Nanna soupira et se tut. Quelques conseillers se tournèrent vers Bjorn qui retira lentement les mains de son visage.
— C’est vrai, confirma-t-il d’une voix sans timbre, Brit est arrivée chez nous quelques heures après la naissance d’Aleks. C’est elle qui nous a apporté Brisco.
Sa pâleur fit croire un instant qu’il allait défaillir. Il était en train de vivre un de ces moments rares où la vie se dénoue de ses nœuds anciens et se renoue autrement. Cela lui donna une sensation de vertige, comme s’il tombait. Le secret qu’il partageait avec Selma depuis dix ans n’en était plus un. Brisco n’était pas leur enfant. Mais un autre secret, celui révélé par Nanna, venait remplir ce vide. Le petit garçon qu’ils avaient élevé jour après jour et qu’ils avaient perdu maintenant était le fils d’Iwan et le petit-fils du roi Holund. Bjorn se rappela ce soir lointain où Selma l’avait presque deviné. Brisco n’avait alors que quelques mois et ils étaient tous les deux penchés sur son berceau, à l’observer avec tendresse. « Tu ne trouves pas ça étrange, avait-elle dit, la mort d’Iwan, la disparition d’Unne et maintenant ce bébé qui nous arrive… » Il s’était contenté de secouer la tête, qu’est-ce que tu vas imaginer là… et ils n’en avaient plus jamais parlé.
Nanna n’avait pas tout à fait achevé son récit.
— Il s’est passé un an à peu près, reprit-elle, et ils sont venus… la bande à Guerolf… je pense qu’ils faisaient toutes les maisons pour trouver le petit… pour venir dans notre maison à nous, il fallait vraiment qu’ils les fassent toutes… j’étais pas là je travaillais comme bonne dans une ferme… ils ont interrogé ma tante… elle a dû leur chanter Pique la baleine ou quelque chose comme ça… et puis elle leur a raconté le bébé la sorcière Brit la marque sur le pouce et tout ça… elle me l’a dit quand je suis rentrée… elle oublie tout cette folle elle oublierait qu’elle a des orteils aux pieds mais ça il a fallu qu’elle le retienne et qu’elle leur dise… après ils ont dû aller trouver Brit pour lui faire avouer où elle avait mis le bébé… mais Brit vous la connaissez elle a dû les recevoir… voilà cette fois j’ai tout dit messieurs dames… excusez-moi si c’était un peu en désordre… j’ai fait comme j’ai pu…
— C’était très clair, Nanna, fit Ketil. Le Conseil te remercie chaleureusement. Et j’en profite pour te dire que nous sommes heureux que tu sois revenue parmi nous. Nous ne t’avions pas oubliée et nous aimions beaucoup Arpius, tu le sais. On va te reconduire.
Le même garde qui l’avait amenée vint la prendre par le bras. Avant de sortir, elle se retourna sur l’assemblée des conseillers et secoua tristement la tête.
— Tout ça pour qu’il retombe entre leurs pattes… quelle misère… pauvre petit, va…
Le Conseil se prolongea tard cette nuit-là. On évoqua la fuite honteuse de Guerolf, dix ans plus tôt, son bannissement de Petite Terre, ses protestations d’innocence face aux accusations, son humiliation devant son oncle le roi, sa rage et ses terribles promesses de vengeance. Les soupçons portés sur lui à propos de la mort d’Iwan avaient été déterminants dans sa condamnation, mais plus encore son caractère belliqueux, contestataire et violent. La plupart des conseillers présents se rappelaient cette réunion explosive, la dernière à laquelle il ait participé, et où il n’avait pu contenir sa haine. Il avait tonné une heure durant sans que personne ne puisse le faire taire.
— Petite Terre ? vociférait-il, debout et martelant la table de ses poings, Petite Terre ! Tout est dit quand on a dit « petite ». Ah, quel aveu de devoir dire : je suis de « Petite » Terre ! Cette île n’en finit pas de se ratatiner. Elle nous ratatine, vous ne le sentez pas ? Et moi je n’aime pas être ratatiné. J’ai besoin d’espace. L’Histoire ? Il faut l’écrire, l’Histoire, au lieu de la contempler ! Nous sommes l’Histoire ! La bibliothèque royale ? Quelle gabegie ! Et quel symbole ! C’est le lieu de votre abandon et de votre mollesse ! Que racontent les livres que vous y entassez ? Ils racontent comment des peuples étrangers sont venus ici autrefois pour nous envahir et nous soumettre. Et vous les lisez en courbant le dos ! Et vous y trouvez plaisir ! Honte sur vous ! Honte ! Notre pays s’est couché. Voilà la vérité. Il est devenu un pays de femmes ! Enseignez donc plutôt à vos enfants ce qui est vital et glorieux ! Enseignez-leur les armes et le combat ! Donnez-leur des rêves de conquête ! Ils doivent devenir des aigles et vous en faites des poulets !
Il avait poursuivi longtemps cette diatribe enflammée jusqu’à ce que Ketil, encore jeune à l’époque, l’interrompe calmement et lui dise :
— Merci, Guerolf, d’avoir livré le fond de ta pensée. Au moins nous la connaîtrons désormais.
Quand Bjorn rentra chez lui, il trouva Selma profondément endormie. Ce n’était plus arrivé depuis l’enlèvement de Brisco et il n’eut pas le cœur à la réveiller. « Demain, pensa-t-il, je lui dirai demain qui est son fils. » Avant de se coucher, il voulut encore monter à l’étage pour embrasser Aleks. Il gravit pieds nus les marches de bois, attentif à ne pas les faire craquer, et il poussa doucement la porte de la chambre. Un pâle rayon de lune éclairait la pièce. En voyant la forme arrondie dans le lit de Brisco, Bjorn suffoqua.
— Brisco… Brisco…, murmura-t-il.
L’enfant dormait dans sa position préférée, le nez contre le mur. Bjorn s’approcha, pantelant. Il tendit une main tremblante et la posa sur la petite épaule ronde.
— Brisco, mon garçon… tu es revenu…
— Papa ? fit la voix endormie et le visage d’Aleks apparut sous la couverture. Papa… j’ai changé de lit.
7
LE CADEAU
DE LA LOUVE
L’équipage menait sa course folle à travers la campagne, droit vers le nord. Les deux chevaux galopaient comme si leur vie en avait dépendu, avalant côtes et descentes dans la même frénésie.
— Hey ! hey ! lançait la femme pour les exciter davantage encore, et elle leur faisait sentir sur les flancs la brûlure du fouet.
Dissimulé sous la toile qu’on avait jetée sur lui, Brisco entendait ses cris continuels et le bruit assourdissant des lames du traîneau sur la neige. Il avait renoncé à toute révolte maintenant. Les chevilles liées par un cordon serré, et les deux bras collés au corps par les manches d’une chemise d’adulte qui faisaient le tour de sa poitrine comme une camisole de force, il ne risquait plus d’échapper à ses ravisseurs. Pendant les premiers kilomètres, il s’était pourtant débattu avec énergie, non pas dans l’espoir de s’enfuir, mais plutôt pour attirer l’attention avant qu’on l’emporte trop loin. « Bientôt, il n’y aura plus d’habitations, s’était-il dit. Plus je m’éloigne et moins j’ai de chance qu’on me porte secours. » Mais il n’y avait gagné que des coups de poing. Ceux-ci étaient tombés au hasard à travers la toile, sur ses bras, ses reins, sa tête, et il en était tellement endolori qu’il ne savait plus où il avait mal.
— Arrête ! avait finalement ordonné la femme. Tu vas l’abîmer !
— Mais y fait qu’à brailler, m’dame ! s’était justifié l’homme.
— Cogne moins fort et il braillera moins, imbécile !
L’« imbécile » avait donc cessé de frapper, mais il s’était à demi assis sur son prisonnier pour l’immobiliser et il l’écrasait de sa masse. La femme, elle, avait continué à exhorter les chevaux en poussant ses cris farouches.
Plus que la douleur physique, Brisco était torturé par l’incompréhension et la peur. « Qui sont ces gens ? Pourquoi m’enlèvent-ils ? » Et la question la plus terrible : « Que vont-ils faire de moi ? » La violence de cet arrachement le laissait stupéfait. L’instant d’avant, il était encore sous sa couverture à bord du traîneau de M. Holm. Le brave Tempête allait trottinant. Aleks somnolait contre son épaule. Et maintenant des inconnus l’emportaient dans un déchaînement de fureur. « C’est lui ! » avait dit la femme en le désignant. Lui et pas Aleks. Pourquoi ? Qu’avait-il fait de mal ? De quoi voulait-on le punir ?
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