Jean-Claude Mourlevat - Le chagrin du roi mort
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- Название:Le chagrin du roi mort
- Автор:
- Издательство:Gallimard Jeunesse
- Жанр:
- Год:неизвестен
- ISBN:9782070623877
- Рейтинг книги:4.33 / 5. Голосов: 3
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— Les gens se retournent sur nous ?
— Sur qui ?
— Sur Unne et moi !
— Je n’ai pas dit ça.
— Si, tu l’as dit !
— Non, je ne l’ai pas dit.
La mauvaise foi d’Arpius n’a d’égale que son insolence. Iwan s’en accommode. Mieux : il s’en amuse. Et Arpius représente pour lui une source inépuisable de précieuses informations. Parler avec lui, c’est comme aller déguisé dans une taverne et écouter ce que disent les gens.
— On a peur pour vous, mon prince.
— Ah oui, vraiment ?
— Oui, enfin ceux qui vous aiment bien, car il y en a, aussi surprenant que cela paraisse.
— Et de quoi ont-ils peur pour moi, ceux qui m’aiment bien ?
— De quoi ? De rien. De « qui » serait plus juste.
— De qui alors ?
— Vous voulez l’entendre ?
— S’il te plaît.
— De votre cousin.
— De mon cousin ? Lequel ?
— Cherchez et vous trouverez. Pour vous aider, je vous rappelle que vous n’en avez qu’un seul.
— Guerolf…
— Oui, Guerolf.
Le nom est tombé. Iwan soupire, agacé. Ce Guerolf lui sort par les yeux, autant le dire. Si Sa Majesté venait à disparaître, Iwan lui succéderait, bien entendu. Mais s’il n’était pas en état de le faire, c’est Guerolf unique neveu et second prétendant, qui monterait sur le trône. L’ambition le dévore, celui-ci. Il a beau la comprimer de toutes ses forces, elle lui jaillit des yeux, de la bouche, elle sort des manches de son habit, des naseaux de son cheval.
— Je n’ai rien à craindre de Guerolf. Que veux-tu qu’il me fasse ? Qu’il me tue ?
— …
— Arpius, tu voudrais qu’il me tue ?
— …
Arpius a la langue bien pendue, comme son épouse Nanna d’ailleurs, pour ça les deux se sont bien trouvés. S’il se tait, c’est qu’il ne veut pas répondre. Il a tiré sur les rênes et s’est laissé distancer de quelques mètres. Iwan n’aime pas ça et il s’arrête pour l’attendre.
— Arpius, je te prie de me dire ce que tu penses de mon cousin Guerolf.
— Soit. Eh bien, je pense que si la jalousie se pesait en kilos, son cheval s’écroulerait sous lui.
— Sans doute, mais de là à me faire tuer, il y a…
— Il vous étriperait avec autant de regret que j’en ai à vider un poulet.
— Tu exagères.
— Vous avez raison, je n’aime pas vider les poulets.
Ils chevauchent pendant quelques minutes, et pour une fois se taisent. La neige craque sous les fers de leurs chevaux. L’air a fraîchi soudain. À l’horizon, au-delà de la plaine qui scintille, se dressent côté nord les trois cimes d’une montagne glacée. L’année dernière encore, un ours en est descendu et il a attaqué deux chasseurs. Le premier est mort. Le second est rentré seul, l’épaule arrachée. Cela arrive tous les huit ou dix ans, quand l’hiver est plus rude. Les ours, que la faim a rendus fous, s’aventurent jusque dans la plaine et ils s’en prennent aux hommes. Ceux qui en ont réchappé, bien rares, ont tous raconté la même étrange et terrible expérience : on pressent la tragédie. Alors que rien ne l’annonce, on devine que quelque chose de terrible se prépare. Quelque chose qui concerne la vie et la mort.
Il y a deux signes annonciateurs. D’abord l’angoisse irraisonnée qui vous étreint et contre laquelle on ne peut pas lutter. Et surtout, le silence particulier qui précède l’attaque. Aucune parole, aucun cri ne peut le combler. Il ne sert à rien d’appeler. La voix est atone, comme tombée dans un gouffre, comme emmurée. Tout se fige. L’ours est là et c’est trop tard.
Iwan et Arpius ont entendu ces récits. Ils y pensent ensemble, sans l’avouer, au même moment précis, alors qu’ils descendent dans un creux enneigé où poussent en désordre quelques sapins tordus.
— Ce sera plus court ! ont-ils décidé d’un commun accord, mais à peine y sont-ils engagés qu’ils le regrettent. D’ici on ne voit plus le lointain.
Les deux hommes donnent de l’éperon. Sortir de ce trou. Et le plus tôt sera le mieux. Les chevaux s’enfoncent jusqu’aux genoux dans la neige profonde et renâclent. La jument d’Arpius tressaille et se tord le cou d’un côté et de l’autre.
— Va, va ! lui dit son maître. Tout doux, ma fille !
Et soudain, elle est là, dans leur souffle court, dans leur estomac noué : l’angoisse. Ils la reconnaissent mais n’en disent rien. Ils font semblant de l’ignorer pour mieux la tromper.
— Tu as promis deux lièvres à Nanna ? demande Iwan.
— Oui, répond Arpius d’une voix mécanique.
Et voilà qu’il arrive à son tour, d’un coup : le silence. Le silence de l’ours. Cela dure quelques secondes seulement, pendant lesquelles le temps est suspendu. Cela fait comme un presque inaudible sifflement dont ils ne savent pas s’il vient de l’intérieur d’eux-mêmes ou bien d’un ailleurs inconnu.
— Bon Dieu ! jure Iwan dont le cœur bat soudain la chamade. Qu’est-ce qu’on est venu faire dans ce trou ?
Il hurle pour secouer autour de lui ce vide insupportable, mais sa voix n’a pas de portée. Il hurle comme on se débat. Il insulte son cheval.
Arpius se tait. Il cherche autour de lui d’où la bête pourrait surgir. Du sud d’où ils viennent ? Ou plutôt du nord, du côté de la montagne ?
— Faisons demi-tour, mon maître. Suivez-moi.
Ils marchent maintenant dans leurs propres traces, forçant leurs montures qui peinent dans la côte. S’ils arrivent à sortir très vite de cette cuvette, ils pourront fuir au galop et distancer l’animal. Ils sont presque en haut, encore une centaine de mètres pas plus, quand les cavaliers apparaissent. Leurs silhouettes se découpent net sur fond de ciel gris. Car le temps a viré en quelques instants. Le soleil a cédé à la brume. L’air est empli de paillettes glacées qui font plisser les yeux. Le froid cingle.
Ils sont une dizaine dans leurs amples tuniques fauves et ils ne prennent même pas la peine de cacher leur visage. Ils se tiennent droits sur leurs chevaux, copiant ainsi l’arrogance de leur chef. Les rênes en main, immobiles, ils observent leur proie.
— La bande de Guerolf…, souffle Arpius.
Iwan ne répond pas. Il a compris que son destin se noue ici et que sa jeune vie touche peut-être à sa fin. Déjà. L’image d’Unne lui apparaît en premier. Il ne peut pas imaginer qu’elle va l’attendre et qu’il ne rentrera pas, qu’il ne rentrera plus jamais. Arpius doit penser la même chose avec sa Nanna.
— Arpius, je te libère de tous tes devoirs. C’est à moi qu’ils en veulent. Pas à toi. Va-t’en !
Le gros homme ne bouge pas.
— Tu m’entends ! Je te l’ordonne !
— Je ne vous obéirai pas, mon prince. Et j’ai deux raisons pour cela. Laquelle voulez-vous entendre ? La bonne ou la mauvaise ?
Ce n’est pas le moment d’argumenter mais il est incorrigible. Il ne peut pas s’en empêcher.
— Va-t’en ! lui crie encore Iwan qui refuse de l’écouter.
Arpius s’entête :
— La mauvaise raison, c’est qu’ils ne me laisseront jamais fuir. Pour que je les dénonce ? Ils ne sont pas fous. Et la bonne… la bonne je la garde pour moi. Disons que je vous aime bien…
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