Jean-Claude Mourlevat - Le chagrin du roi mort

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Les sanglots étranglèrent sa voix. Elle sortit de sa poche un grand mouchoir dans lequel elle essuya ses larmes.

— À qui l’as-tu dit ? demanda une femme. Je ne me rappelle pas que quelqu’un ait jamais su qu’Unne attendait un enfant.

— Celui à qui je l’ai dit n’avait pas intérêt à le répéter, madame.

— Guerolf ?

— Oui… gémit Nanna, Guerolf… le seul à qui il fallait le cacher à tout prix… je m’en voudrai jusqu’à mon dernier souffle… mais je l’ai pas fait exprès… c’est parti tout seul… j’ai le sang trop chaud… c’était une semaine après la mort de mon Arpius… on avait retrouvé sous la neige les corps griffés, déchiquetés et on les avait ramenés et tout le monde parlait que des ours… c’est bien ce qu’on pensait… c’était les ours… les ours, mon œil ! Je suis tombée sur Guerolf et sa bande place du Marché… j’étais allée vendre un poulet que ma sœur voulait vendre mais qu’elle pouvait pas venir parce que son mari s’était fait un tour de rein et qu’il était cloué au lit et que bref… ils étaient sur leurs chevaux et moi à pied… un de la bande m’a montrée du doigt et lui a parlé à l’oreille à Guerolf… pour lui dire qui j’étais bien sûr… ça s’est passé vite mais ça m’a pas échappé… il m’a regardée et il m’a narguée avec les yeux… « Assassin ! » j’ai crié et comme il y avait du monde autour je me suis pas privée de le répéter : « Assassin ! » mais lui ça le faisait rire… cause toujours il avait l’air de dire… et il me méprisait du haut de son cheval… alors c’est sorti sans que j’aie eu le temps de me raisonner… je voulais tellement lui ôter son sale petit sourire de sa vilaine gueule, pardonnez-moi messieurs dames… j’ai pointé le doigt vers le palais et je lui ai crié : « Chante pas trop vite ! Tu y es pas encore là-haut ! ah ! ah ! ah ! y en a un autre en route et il sera sur ton chemin, figure-toi ! » Ça l’a douché… il a stoppé son cheval et s’est retourné vers moi… pendant un moment, il a cherché à comprendre et… il a compris… son sourire est revenu mais, cette fois, ça voulait dire merci pour l’information… j’aurais voulu mourir… me couper la langue… me battre… « Non ! non ! j’ai hurlé… non ! » Mais plus je criais « non » plus ça voulait dire « oui »… j’avais honte de moi… j’ai laissé mon poulet dans sa cage en plein milieu du marché et j’ai couru chez Unne…

Une fois de plus l’émotion l’arrêta.

— Qu’on apporte de l’eau à boire à cette femme, fit Ketil à l’intention du garde qui se tenait à la porte. Et qu’on la fasse asseoir…

Le garde s’exécuta et quelques minutes plus tard, assise sur un siège mais se tenant toujours à distance de la table du Conseil, Nanna put reprendre son récit :

— Je lui ai tout avoué… j’avais fait une terrible bêtise mais je pouvais pas le garder pour moi… elle m’en a pas voulu… elle m’a pardonné tout de suite… elle m’a dit Nanna c’est eux qui sont des monstres c’est pas vous… alors j’ai compris ce que c’était qu’une grande dame et je me suis juré de l’aider autant que je pourrais… on a décidé de partir… j’avais une vieille tante qui vivait toute seule dans une bicoque sur la côte… j’ai dit à Unne venez on va là-bas c’est plus que le bout du monde c’est après le bout du monde et ma tante a plus sa tête elle dira rien à personne et vous pourrez faire votre petit bien tranquillement personne vous dérangera je vous ferai du poisson je vous soignerai… Unne a dit d’accord je m’en fiche bien que mon fils soit roi je veux juste qu’il joue qu’il grandisse qu’il devienne un homme je veux qu’il vive… on est parties toutes deux le lendemain sur un traîneau… vous vous rappelez comme elle était jolie cette personne… toute blonde et fine… moi à côté ça faisait la Belle et la Bête… elle s’est déguisée en paysanne moi c’était pas la peine j’étais toute déguisée j’en suis une… là-bas ma tante nous a prises chez elle sans poser de questions… je vous l’ai dit elle avait plus sa tête elle passait son temps à tricoter et détricoter le même chandail en chantant des chansons de marin vous voyez un peu… on a passé l’été comme ça et l’automne et au début de l’hiver Unne a eu les douleurs… j’étais pas fière j’ai jamais fait ça moi accoucher un bébé… ça s’est pas bien passé… elle a perdu beaucoup de sang… j’ai fait de mon mieux… en bas la vieille folle chantait « hardi les gars vire au guindeau… » quelle nuit oh quelle nuit… et Unne qui était pâle tellement pâle on aurait vu à travers… pardon messieurs dames pardon…

Il fallut interrompre une fois de plus. Nanna pleura, se moucha, but un peu d’eau et reprit :

— … elle a fait un beau garçon… bien fort et vigoureux… il a crié tout comme il faut… c’est moi qui ai coupé le cordon… elle a eu le temps de le prendre contre elle mais elle avait plus de forces elle est morte avant le matin… je savais plus quoi faire… vous pensez toute seule dans cette maison perdue avec un nouveau-né qui braille la maman morte et une folle qui chante « hourrah les filles à cinq deniers ! » alors j’ai pensé à la sorcière Brit… quelques années avant je l’avais débarrassée d’une bande de chenapans qui lui jetaient des boules de neige avec des cailloux dedans… elle m’avait dit Nanna si jamais tu as besoin je serai là pour toi hu-hu j’oublierai pas… et là j’avais besoin… j’ai envoyé à sa recherche le fils du voisin… me demandez pas comment il a fait ni comment elle a fait mais le soir même elle était là… un problème Nanna ? elle a dit… le problème il était facile à voir… je lui ai tout raconté… je lui ai dit qui était le père… elle a dit t’en fais pas hu-hu… elle a enveloppé le corps d’Unne dans un drap et elle est sortie dans la nuit avec ce chargement sur le dos… quand elle est revenue elle a dit voilà c’est fait hu-hu elle dort dans le Grand Cimetière… ça voulait dire la mer… et puis elle a pris le petit… dès qu’elle l’a mis contre elle il s’est arrêté de brailler… mais avant de l’emmener elle a dit attends il faut que je lui fasse la marque… la marque ? j’ai dit… oui c’est le futur roi quand même hu-hu il faudra qu’on le reconnaisse hu-hu même dans vingt ans… prends une pelle viens m’aider hu-hu… on est reparti dans la nuit… on a creusé profond à un endroit précis entre deux arbres et puis elle a fini avec ses mains ses ongles noirs… elle a arraché une petite racine blanche… il faut pas la toucher toi elle a dit hu-hu ça brûle… on est revenu dans la maison où ma tante chantait au bébé « saute blonde et lève le pied » vous la connaissez ? ça fait « au port au port sont arrivéééés… trois beaux navires chargés de bléééé… saute blonde ma jolie blonde… saute blonde et lève le pied ! »

— Nanna…, fit Ketil.

— … pardon… elle a pris le bébé sur ses genoux… moi j’ai tenu sa menotte et elle lui a posé deux petits brins de racine croisés sur le gras du pouce et elle a appuyé dessus et elle a dit des formules dans sa langue de sorcière j’ai oublié lesquelles… le bébé hurlait… quand elle a ôté les racines il y avait la marque… comme une brûlure tou te fumante… elle a dit voilà c’est bien hu-hu je l’emmène quelque part en sécurité… je dis pas où même à toi… hu-hu… dis-lui adieu… mais il va mourir de froid si tu le sors d’ici j’ai dit… il mourra de rien du tout elle a répondu… je le tiendrai chaud à mon feu hu-hu… c’est comme ça qu’elle a dit… à mon feu… ça m’a fait frissonner… voilà j’en sais pas plus… j’ai embrassé le bébé et elle l’a emporté dans la nuit…

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