Jean-Claude Mourlevat - Le chagrin du roi mort

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— On est arrivés ! fit le cocher en stoppant son cheval juste devant l’escalier qui conduisait au perron de la bibliothèque.

Celle-ci se dressait au milieu d’un parc qui lui faisait un écrin de neige. On l’avait construite trois siècles plus tôt, sur un soubassement de pierres, puis tout entière de bois rond : mélèze, chêne ou pin. Sans un seul clou. On y avait travaillé comme ailleurs on travaille aux cathédrales. Avec le même soin, la même persévérance et la même ferveur.

— Mais c’est une cathédrale ! disait d’ailleurs l’oncle Ketil. Une cathédrale sans évêque peut-être, mais une cathédrale !

Le roi Holund s’était pris de passion pour ce lieu hérité de ses prédécesseurs et qui renfermait des dizaines de milliers de volumes rares et anciens. Il y passait le plus clair de son temps, penché sur des enluminures ou plongé dans la lecture d’une saga. Certains le lui reprochaient, pensant qu’il ferait mieux de construire des remparts pour se défendre de l’ennemi.

— L’ennemi ? répondait-il, moqueur. Quel ennemi ?

Sur ses vieux jours, les rhumatismes avaient commencé à lui faire des misères, et il peinait de plus en plus pour se déplacer dans les salles. Or, elles étaient nombreuses et vastes, ces salles, et quelquefois bien éloignées les unes des autres. Un architecte avait alors eu l’idée de concevoir pour Sa Majesté un rail qui desservirait l’ensemble de la bibliothèque et sur lequel circulerait un confortable petit chariot. Qu’en pensait-il ?

Le roi Holund était certes un bon roi, mais il pouvait se montrer tout à fait farfelu quelquefois.

— Soit, avait-il dit, mais je veux que tous les visiteurs puissent en profiter au même titre que moi. Réfléchissez donc à une installation qui le permette. N’ayez pas peur d’être fou ! Je vous soutiendrai.

Ce n’était pas tombé dans l’oreille d’un sourd. L’architecte avait imaginé un projet très déraisonnable qui consistait en un prodigieux réseau de galeries, plus de soixante kilomètres en tout, chacune habillée de parois lambrissées, équipée de son rail et d’élégantes lampes à huile accrochées tantôt à droite et tantôt à gauche. Il fit construire par les menuisiers de la Cour une « flottille » de cent jolis chariots, tous identiques. On pouvait s’y asseoir à quatre personnes et se faire face deux à deux pour la conversation. Les cordes de traction couraient, invisibles, dans les cloisons, si bien qu’on avait la sensation d’être emporté par magie. En réalité, ces cordes aboutissaient toutes dans une même salle où des équipes de jeunes gens les actionnaient sans trop de peine grâce à un ingénieux système de poulies. Les travaux durèrent plusieurs années et, à la grande surprise des esprits sceptiques, cela fonctionna à la perfection. Dès lors, la bibliothèque devint davantage qu’une attraction : les habitants de la Petite Terre, qui l’aimaient déjà beaucoup, en firent le lieu qu’ils préféraient entre tous.

Les garçons repoussèrent la couverture et sautèrent du traîneau.

— Merci, monsieur Holm, à tout à l’heure !

— À tout à l’heure, les jumeaux ! Et n’oubliez pas de donner le bonjour à M me Holm de ma part.

— C’est promis, on n’oubliera pas.

C’était un jeu entre eux. M. Holm les conduisait depuis des années chaque semaine, le jeudi, à la bibliothèque royale sur son traîneau tiré par le cheval Tempête. Et M me Holm les y accueillait avec son immuable sourire. Ils lui donnaient le bonjour de son mari, elle remerciait, et quand ils quittaient la bibliothèque, quelques heures plus tard, c’était le contraire. Elle leur disait :

— Au revoir, les jumeaux, et n’oubliez pas de donner le bonjour à M. Holm de ma part.

Ils ne manquaient jamais au rituel.

Avant de se lancer dans la descente, l’homme prit le temps de regarder les deux enfants monter les marches, pousser à deux la lourde porte et s’engouffrer à l’intérieur. Des bons petits, ceux-là, toujours polis et de bonne humeur. Il bourra sa pipe et se retourna. D’ici, la ville semblait dormir. Des fumées paresseuses montaient en volutes grises qui se dissipaient dans le ciel clair. La neige avait cessé de tomber la veille, dès la fin des funérailles du roi, comme si elle avait voulu l’accompagner jusqu’au dernier moment, pour l’honorer. Au-delà, la campagne s’étendait, toute blanche, en bois et collines. Holm la contempla et fouilla l’horizon, là-bas, vers l’est, où commençait la mer. Plus loin encore, de l’autre côté de l’eau, c’était Grande Terre, où il n’était jamais allé.

« Les jumeaux », avait-il dit, et tout le monde les appelait ainsi, or jumeaux, ils ne l’étaient pas, en réalité. Très peu de gens le savaient. Aleks seul était le fils de Selma. Elle l’avait mis au monde, au milieu de l’hiver, dix ans plus tôt, mais pas Brisco. Et cela vaut la peine de raconter dans quelles circonstances étonnantes.

Il est trois heures du matin et il y a trois personnes cette nuit-là dans la chambre au premier étage de la maison des Johansson : la sœur cadette de Selma, venue de province pour aider, une sage-femme accourue de la rue voisine et elle, Selma, la toute jeune maman, avec son ventre tendu comme une outre. Trois personnes donc, puis quatre avec l’arrivée de ce petit bout d’humain rose et vociférant qui deviendra Aleksander Johansson.

En bas patiente Bjorn, le père, inquiet comme tous les pères en cette occasion. Il est contremaître à la menuiserie royale et sait faire face en toutes circonstances, mais là il se sent inutile. Il entend les gémissements puis les cris de celle qu’il aime, là-haut au-dessus de sa tête. Il assiste aux allées et venues, montées et descentes pressées des deux femmes qui viennent chercher de l’eau chaude, des serviettes. Et quand on l’appelle enfin pour qu’il voie son fils – car c’est un fils – il gravit les marches de bois, le cœur près d’exploser dans sa poitrine. Bjorn veut dire « fort comme un ours », mais cet ours-là semble bien inoffensif et pataud en soulevant dans ses larges mains le nouveau-né qui ne pèse presque rien. Larmes, rires, embrassades, enfin tout ce qu’il faut pour fêter la naissance comme il se doit. Mais les jeunes parents ignorent encore l’incroyable surprise qui les attend dans la même nuit.

Le bébé dort à peine contre sa mère, dans le calme revenu de la maison, qu’on frappe à la porte, en bas : bam bam bam ! Dix fois au moins. Bjorn descend ouvrir, s’attendant à trouver devant lui un collègue ou un soldat. Pour frapper aussi fort, il faut avoir des poings et des bras. Surprise, c’est une toute petite femme noiraude, bossue et ratatinée qui se tient là, dans le froid, et qui s’impatiente. Bjorn la connaît bien, c’est Brit, la vieillarde mi-sorcière mi-bonne fée.

D’ailleurs tout le monde la connaît. Et les enfants en ont peur. On raconte qu’elle se régale de rats crus, qu’elle mange même les têtes mais qu’elle garde les queues, par centaines, dans des boîtes. Pour quoi faire ? Elle les dépose sans se faire voir chez ceux à qui elle veut du mal. Les queues sont si rabougries et elle les cache si bien qu’on ne les trouve jamais, et les malheurs arrivent sans qu’on sache comment. Un jour, Brisco a cru en trouver une sous la huche à pain.

— Maman ! Papa ! Aleks ! a-t-il hurlé, saisi de terreur. Une queue de rat de la sorcière Brit ! Une queue de rat de la sorcière Brit !

Mais ce n’était qu’un fil de laine poussiéreux oublié par terre. Tout le monde a bien ri et l’histoire a fait le tour du quartier. Quand Aleks veut faire enrager son frère, il l’imite en prenant une petite voix geignarde et ridicule : « Maman ! Une queue de rat de la sorcière Brit ! Au secours ! » Alors Brisco fait semblant d’être furieux, se jette sur lui et ils se battent en riant. Ils ont même décidé que, si un jour l’un des deux était en danger, alors il dirait ça : « Queue de rat de la sorcière Brit », comme un mot de passe, un code secret qu’eux seuls pourraient connaître et l’autre volerait à son secours, au péril de sa vie, sans que rien ne puisse l’arrêter. Ils ont fait le serment, juré à la vie à la mort, craché au sol et mélangé leur crachat avec un bâton.

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