Frédéric Dard - Les soupers du prince

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Quand Edouard, dit Doudou, devient Edouard I Sire, de grâce, écoutez-moi,
Je reviens des galères.
Je suis voleur, vous êtes roi,
C'est à peu près la même affaire. (Pétition d'un voleur de Sa Majesté, attribuée à Lacenaire.)
Il est des gens à qui la vie réserve bien des surprises. Tenez, Édouard Blanvin, dit Doudou… Trente-deux ans, beau gosse ; passionné par les bagnoles. Et pas n'importe lesquelles s'iouplaît ! Des tractions avant qu'il bichonne amoureusement comme les petites nénettes qui « raffolent de sa gueule d'amour de gentil voyou ». Uniour, sa chère môman lui révèle qu'il est le fils du défunt prince de Montégrin. Doudou serait donc Edouard I
. De la banlieue grise au château d'opérette, il n'y a qu'un pas. Doudou le franchit allégrement. La grande vie commence. Les surprises et les ennuis !

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— On va dire bonjour à Julie ?

Il avait baptisé ainsi la 7 B achetée à Salingue. Son apprenti ne se le laissait pas dire deux fois et était le premier à sortir de l’atelier pour gagner la remise où se trouvait l’auto. Elle était bonne à aimer ; ils communiaient dans cette passion sans avoir à se jalouser. La voiture paraissait neuve et n’était qu’harmonie. Ses lignes devaient leur souplesse aux garde-boue fuyants qui donnaient à sa base un côté ailé.

« On n’a jamais trouvé mieux depuis », assurait François Maugis, le garagiste qui avait formé Édouard.

Les deux volets de taille différente qui s’ouvraient sur chaque côté du capot apportaient une connotation de puissance que la voiture, en fait, était loin de mériter. Les phares extérieurs, chromés, encadraient la calandre à chevrons, pareils à des yeux proéminents. À l’arrière, le couvercle métallisé de la roue de secours ajoutait une note sportive au véhicule. Dans le cas présent, ce qui conférait probablement le plus de grâce à la 7 B, c’était sa peinture. La caisse ainsi que le toit étaient d’un beige délicat, très clair, comme du thé au lait, tandis que les ailes marron glacé offraient une brillance de miel brun où se jouaient mille reflets.

Au bout d’un moment consacré à l’enchantement des « retrouvailles », Édouard soulevait un côté du capot et les deux amoureux plongeaient sur les organes de la 7 B.

— Le premier moteur à soupapes en tête et chemises humides, déclarait alors Édouard.

Recueillement. L’instant faisait de la musique. Banane sortait son mouchoir pour effacer une buée imaginaire sur le pare-chocs en forme de moustache à la Maupassant.

Quelquefois, Édouard se plaçait derrière le volant et lançait le moteur ; ils écoutaient son chant mécanique à travers lequel ils décelaient un râle, un gémissement. Il avait besoin d’être réglé, mais Blanvin retardait le moment de porter la main sur l’œuvre d’art, comme s’il attendait d’avoir davantage d’expérience encore pour soigner l’illustre malade. Il remettait la voiture « en ordre », la contemplait une ultime fois, sachant qu’il n’était pas exclu qu’ils y revinssent d’ici la fin de la journée.

— Veux-tu mon humble avis ? fit Banane avant de quitter ce saint lieu.

Édouard l’encouragea d’un acquiescement.

— Faut pas la repeindre, dit le jeune Arabe. T’auras beau faire, jamais tu retrouveras quelque chose d’aussi réussi.

— Salingue avait l’air d’y tenir.

Mais Banane refusa l’argument.

— Salingue a chaud aux miches, dit-il, alors il voudrait te voir transformer cette merveille en machine agricole pour se sentir plus peinard. T’es pas pressé de la revendre, j’espère ?

— Non, convint Édouard.

— Et si ça se trouve, t’as déjà décidé de la conserver pour toi, non ?

Édouard sourit.

— J’en étais sûr ! triompha l’apprenti. Un bijou comme çui-là, on ne le vend que pour donner à manger à ses gosses. Bon, ici, elle est peinarde, grand. T’as pas besoin de la rouler beaucoup : juste un peu, de temps à autre dans la région pour lui dégourdir les pistons.

— Oui, dit Édouard, je ne changerai que les numéros du moteur et du châssis.

— Même pas ! Des tires, il s’en secoue des milliers chaque jour, la police veut pas le savoir et les assureurs en ont pris leur parti ; ils ont augmenté les primes en conséquence. Tu penses bien que dans quinze jours personne saura plus que Julie a existé !

Ils regagnèrent l’atelier. Comme il était midi passé, Banane annonça qu’il allait voir sa sœur à l’hosto. Édouard décida de l’accompagner et ils partirent sur la Honda 500 du jeune homme.

Blanvin traînait un malaise confus depuis les confidences de Rachel. Il ne cessait de s’imaginer, bambin, enfermé dans une prison en compagnie de sa mère, vivant mal la promiscuité avec une autre femme et sa gamine. Il avait envie de rechercher cette petite fille d’autrefois, simplement pour la regarder, voir ce que la vie avait fait d’elle. Il sondait désespérément les limbes de sa prime enfance et, par flashes, récupérait des morceaux d’images. Ainsi, il « voyait » du linge mis à sécher sur une corde tendue au centre d’une pièce et éprouvait la sensation de poursuivre quelqu’un à travers ces étoffes pendues bas. Mais ce devait être son imagination qui lui proposait ces images. Pourtant, il sentait encore son visage fouetté par des étoffes mouillées. Et puis également des odeurs chocolatées. Les prisonnières confectionnaient probablement du Banania ou autre Ovomaltine à leur progéniture. Quelle étrange existence s’était organisée vaille que vaille dans cet espace exigu ? Un jour, après Rachel, il faudrait bien que Rosine lui en parle.

La motocyclette de Banane rugissait en traversant les localités. Édouard se laissait caresser par le vent de la vitesse et « bouffait l’air » voracement.

Dans le couloir, Banane le prévint :

— Te formalise pas si elle t’envoie aux quetsches ; depuis qu’elle a repris connaissance, je suis le seul être qu’elle tolère à peu près. Elle fait une fixation contre nos vieux et mon frangin qui n’osent plus venir la voir. Elle leur hurle après et leur a même balancé sa tasse de tisane !

On avait transféré Najiba de la salle de réanimation dans une chambre à quatre lits. Elle occupait celui qui se trouvait le plus près de la porte. Édouard qui ne l’avait pas revue de quelques jours la trouva profondément changée. Elle avait des traits émaciés et un immense regard brûlant dans lequel on lisait comme une sauvagerie rentrée.

La rude chemise d’hôpital montait jusqu’à sa glotte, mais restait dénouée par-derrière et elle avait le dos entièrement nu.

Elle se tenait assise dans le lit, en biais, mal calée contre deux oreillers. La poignée d’assistance tombant de la potence arrivait au niveau de son front.

— Bonjour, Naji, fit Édouard en s’avançant. Ça boume ?

Il fut impressionné par la transformation qui s’opérait sur le visage de la jeune fille. Son regard dur s’éteignit et une sorte de sourire heureux décrispa ses lèvres pâles.

— Je t’attendais, murmura-t-elle.

Là encore, Édouard fut surpris car elle ne l’avait jamais tutoyé. Il se pencha pour l’embrasser chastement sur la joue, mais sa bouche chercha violemment la sienne et s’y colla. Il sentait son souffle un peu âcre, plutôt écœurant, et domina sa répulsion.

— C’est bien ! fit-il gauchement. C’est très bien.

Il ne trouvait rien de mieux à dire et se sentait niais. Banane, interloqué lui aussi, se tenait à distance, n’osant troubler ces retrouvailles.

— Je t’attendais, répéta Najiba. Pourquoi n’es-tu pas venu ?

— Je suis venu, seulement tu ne t’étais pas encore remise du choc.

— Je ne me souviens de rien.

— C’est toujours ainsi, dans les traumatismes de la tête. Par la suite, ça revient petit à petit.

— Embrasse-moi encore !

Édouard hésita, affreusement gêné. Il regarda Banane, Banane lui sourit, fit une mimique de compliment et brandit le pouce de la victoire. Édouard se pencha sur la blessée et ils échangèrent un vrai baiser d’amoureux, interminable, avec pénétration de langue. Plus que lors du premier, la mauvaise haleine de la jeune fille lui fut pénible.

— Pourquoi m’embrasses-tu comme ça ? demanda-t-il.

— Parce que je suis ta femme !

Elle avança sa main menue vers la poitrine d’Édouard, défit le bouton du haut et la coula dans les poils fournis qui la tapissaient.

— Tu es fort ! balbutia-t-elle.

Elle se dressa davantage dans son lit afin d’interpeller une vieillarde en mauvais état qui gisait dans le lit voisin.

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