Hervé Bazin - Vipère au poing

Здесь есть возможность читать онлайн «Hervé Bazin - Vipère au poing» весь текст электронной книги совершенно бесплатно (целиком полную версию без сокращений). В некоторых случаях можно слушать аудио, скачать через торрент в формате fb2 и присутствует краткое содержание. Город: Paris, Год выпуска: 1972, ISBN: 1972, Издательство: Éditions Le Livre de Poche, Жанр: Современная проза, на французском языке. Описание произведения, (предисловие) а так же отзывы посетителей доступны на портале библиотеки ЛибКат.

Vipère au poing: краткое содержание, описание и аннотация

Предлагаем к чтению аннотацию, описание, краткое содержание или предисловие (зависит от того, что написал сам автор книги «Vipère au poing»). Если вы не нашли необходимую информацию о книге — напишите в комментариях, мы постараемся отыскать её.

« Vipère au poing », c'est le combat impitoyable livré par Jean Rezeau, dit Brasse-Bouillon, et ses frères, à leur mère, une femme odieuse, qu'ils ont surnommé Folcoche.
Cri de haine et de révolte, ce roman, largement autobiographique, le premier d'Hervé Bazin, lui apporta la célébrité et le classa d'emblée parmi les écrivains contemporains les plus lus du XX
siècle.

Vipère au poing — читать онлайн бесплатно полную книгу (весь текст) целиком

Ниже представлен текст книги, разбитый по страницам. Система сохранения места последней прочитанной страницы, позволяет с удобством читать онлайн бесплатно книгу «Vipère au poing», без необходимости каждый раз заново искать на чём Вы остановились. Поставьте закладку, и сможете в любой момент перейти на страницу, на которой закончили чтение.

Тёмная тема
Сбросить

Интервал:

Закладка:

Сделать

Enfin, vers cinq heures, j'arrive, rue Poussin, devant l'immeuble qu'habite ce couple politique et mondain, dont je descends, par l'intermédiaire, hélas ! de Folcoche. Je fais les cent pas, j'hésite. Une concierge distinguée, qui n'a rien de la pipelette d'arrondissement populaire, sort de sa loge, pardon ! sort du bureau de l'immeuble et m'interviewe.

— Monsieur cherche quelqu'un ?

— A quel étage habite M. Pluvignec ?

— M. le sénateur ? C'est au premier.

— Gauche ou droite ?

— Face. Dans cet immeuble, précise-t-elle fièrement, il n'y a qu'un appartement par étage. Mais je dois vous prévenir qu'à cette heure-ci M. le sénateur n'est pas encore rentré du Luxembourg.

— Et grand-mère ?

Stupéfaction visible de la concierge, qui jauge mon costume et ne semble pas l'apprécier. Je m'aperçois alors qu'elle est rousse.

— Mais… Madame vous attend ? Et rectifiant, car on ne sait jamais :

— Madame attend Monsieur ?

— Pas le moins du monde. Je me suis sauvé de la maison.

Raidissement de la rousse, qui me laisse entrer dans son bureau, ciré comme ne le fut jamais le salon de La Belle Angerie . Elle me fait asseoir et annonce :

— Je vais aller prévenir Mme Pluvignec. Madame est cardiaque, et toute émotion doit lui être évitée.

Dix minutes se passent. Enfin la concierge revient, flanquée d'un valet de chambre en gilet rayé et d'une soubrette en diadème de dentelle. Ces gens me considèrent avec une respectueuse inquiétude. Paraît un quatrième personnage, qui porte avantageusement l'habit. Je me lève.

— Que Monsieur reste assis. Je suis le maître d'hôtel de M. le sénateur. Monsieur est donc ?…

— Jean Rezeau, le petit-fils de M. Pluvignec. Cette débauche de « monsieur » commence à m'agacer. Je me rassieds. Tout mal habillé que je sois, j'en ai le droit, j'en ai le devoir. Cet homme en habit n'est qu'un larbin de première classe. Il fait voir en parlant ses canines trop longues, comme s'il voulait percer à mesure les ampoules de son style. Il faut qu'il sache bien que, nous autres, les Rezeau désargentés, nous sommes d'une classe au moins égale à celle de ces riches Pluvignec.

— Comment vous appelez-vous, mon ami ?

— Félicien Darcoulle, pour servir Monsieur.

La déférence de son dos s'accentue. Il a compris. Je chasse de race.

— Eh bien, Félicien, je suis victime d'une injustice et je refuse une punition qui blesse ma dignité. Je suis donc venu demander l'arbitrage de M. le sénateur, chef de la famille.

C'est faux. Le grand-père Pluvignec n'est, à aucun titre, le chef de famille. Je n'avais pas l'intention de le proclamer tel jusqu'à cette toute dernière minute où cette formule diplomatique m'est tombée de la bouche. Mes quatre vis-à-vis se consultent une fois de plus du regard. Je ne suis, évidemment, ni fou ni contagieux. Elle est gentille, la femme de chambre ; elle aussi a de beaux seins. Finalement, tout le monde remonte, sauf la concierge qui, maintenant, ne se résout pas à s'asseoir en ma présence et me parle très soigneusement à la troisième personne. Fichtre ! ces Pluvignec ont une haute idée de l'étiquette.

J'attends encore cinq minutes. On ne peut pas dire que les formes soient bousculées dans cette maison, mais on ne peut pas dire non plus que, pour une première visite à ma grand-mère (qui n'a jamais, il est vrai, manifester le désir de me connaître), l'accueil soit particulièrement chaud. Je déteste, ou, plus exactement, on m'a appris à détester les grosses bises plébéiennes et autres démonstrations de tendresse, mais, tant de formalités, c'est excessif. Toujours la hauteur qui se prend pour de la fierté. Race de girafes ! qui se montent le cou et qui, pommelées de préjugés, broutent solennellement quatre feuilles desséchées aux plus hautes branches des arbres généalogiques.

Mais des abois, soudain. La concierge se précipite sur le bec-de-cane, ouvre sa porte par où font irruption trois loulous d'un blanc parfait. Ma grand-mère paraît, encore blonde, poussant devant elle son face-à-main, son ventre et ses parfums. Elle me ponctue le front d'un point rouge, s'éloigne de six pas, braque sur moi toute sa presbytie. La pièce est devenue trop petite. Elle parle et l'on n'entend plus qu'elle.

— Quel caprice vous a pris, mon enfant ? Il fallait nous prévenir une quinzaine à l'avance. Nous aurions jugé si… Oui, oui, je sais, vous ne pouviez pas prévoir un coup de tête. Mais comme c'est ennuyeux ! Je suis débordée, en ce moment, et le sénateur ne quitte plus le Luxembourg, car le ministère bat de l'aile. Vous êtes grand pour votre âge, car vous êtes encore très jeune. Mais vous avez piètre mine. Je sais bien que les Rezeau n'ont pas de santé. Notre sang l'emportera peut-être. Mon Dieu ! qui vous a ficelé de la sorte ? Allons ! montez vite prendre un bain. Je suis certaine que vous êtes affamé. Josette ! Félicien ! Quelle affaire, mon Dieu ! Urbain ! Vite un télégramme à mon gendre pour le rassurer. Mais, au fait, quel est ce petit drame dont on vient de me parler, vilain garçon ? Vous avez refusé de vous laisser punir injustement ? Voilà bien la fierté des Pluvignec. Je ne croyais pas que Jacques fût si dur envers ses enfants. Nous allons arranger cela. Pour le moment, de l'eau, du savon ! Un bain, d'abord. Puis nous vous achèterons un costume décent. Allons ! montez, mon enfant.

Nous prenons l'ascenseur, tandis que grand-mère salive toujours avec distinction. Le maître d'hôtel grimpe rapidement par l'escalier d'honneur, auquel ses fonctions lui donnent droit. Le reste du personnel rejoint l'appartement par l'escalier de service. Je pénètre ébloui, mais faisant tout mon possible pour ne pas montrer cette admiration, dans un hall somptueux, dont mes pas baisent la moquette. Josette s'empare de moi.

— Si Monsieur veut bien me suivre…

Et me voilà tout nu, moi qui me croyais pubère, tout nu et très petit garçon en présence de cette fille qui ne devine pas mon trouble et dont le corsage s'agite, tandis qu'elle me frotte le dos et le ventre avec d'impeccables serviettes éponges épaisses comme des tapis.

M. le sénateur — surtout, bonnes gens ! n'oubliez pas ce titre à votre reconnaissance nationale —, M. le sénateur rentra fort tard. La guêtre blanche sous le pli de pantalon, la serviette de peau de porc, le nœud papillon de soie mauve m'impressionnèrent favorablement. M. le sénateur avait un mètre quatre-vingt-sept. La moustache, moins volumineuse que celle de mon père, était teinte en noir. Je l'avais entièrement détaillé par la porte vitrée, mais j'attendais sa venue dans le boudoir de grand-mère, encombré de coûteuses futilités. Je l'attendais entre deux chats, l'un siamois, l'autre persan bleu, et les trois loulous de Poméranie, dont chacun portait un collier de couleur différente, aux fins d'identification. J'attendais seul, lavé, coiffé, parfumé, vêtu d'un complet de velours noir, dont la culotte courte m'offusquait, mais rajeunissait ma grand-mère. La voix non politique du sénateur le précéda. Il contait :

— Figurez-vous, ma chère, que…

Passons. Mme Pluvignec daignait rire, à petites gorgées, de la façon exactement inverse dont elle buvait son thé. M. le vice-président de la commission de la marine marchande (car il était cela aussi) contait :

— J'en ai une autre, bien bonne, à vous dire. Vous connaissez le vicomte de Chambre, député de la Loire-Inférieure ?

Ma grand-mère connaissait ce grand dadais.

— On assure qu'il aurait invité un de nos collègues en lui envoyant une lettre ainsi conçue : « Venez dîner, ce soir, chez moi, à la fortune du pot. » Suivait sa signature : « DE CHAMBRE. Se non è vero … »

Le chat persan miaula pour moi.

Читать дальше
Тёмная тема
Сбросить

Интервал:

Закладка:

Сделать

Похожие книги на «Vipère au poing»

Представляем Вашему вниманию похожие книги на «Vipère au poing» списком для выбора. Мы отобрали схожую по названию и смыслу литературу в надежде предоставить читателям больше вариантов отыскать новые, интересные, ещё непрочитанные произведения.


Отзывы о книге «Vipère au poing»

Обсуждение, отзывы о книге «Vipère au poing» и просто собственные мнения читателей. Оставьте ваши комментарии, напишите, что Вы думаете о произведении, его смысле или главных героях. Укажите что конкретно понравилось, а что нет, и почему Вы так считаете.

x