Hervé Bazin - Cri de la chouette

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Cri de la chouette: краткое содержание, описание и аннотация

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Folcoche, c'est l'affreux surnom dont les enfants Rezeau avaient affublé leur terrible mère. après l'avoir combattue dans l'inoubliable
, Jean Rezeau avait fui la tribu : il s'était marié, avait fondé une famille normale — sa revanche — dans la
. Vingt-cinq ans plus tard, veuf, remarié avec Bertille dont il élève la fille parmi ses propres enfants, nous le retrouvons dans
. Mais voilà que Madame Mère, Folcoche, jamais revue, fait irruption chez lui. Trahie, dépouillée par son fils préféré, elle vient offrir la paix. Jean, qui avait chassé les fantômes de sa jeunesse, accepte d'oublier le passé sur l'insistance de sa femme et de ses enfants qui croient pouvoir convertir leur redoutable aïeule. C'était oublier que Folcoche est toujours Folcoche. Et la vieille chouette, aussitôt, sème méfiance et discorde.
Passant d'un humour féroce à la nostalgie, du pittoresque à la poésie, Hervé Bazin nous donne, avec
, le plus humain et le plus tragique de ses romans.

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— J'ai des ordres. Mme Rezeau m'avait laissé une note au sujet de ses obsèques : Ni fleurs, ni couronnes, ni tentures, ni corbillard. Une messe basse, le brancard et hop ! dans le trou. Excusez-moi, ce sont ses propres termes. Elle m'a même précisé, de vive voix : Quand on n'est plus rien, mieux vaut que ce soit voulu que subi. Mlle Salomé n'est pas là ?

J'entrai sans répondre. Vieilles (dont une encore avec la coiffe à ailes), sœurs de l'hospice ou des écoles, les Jobeau, les Huault, les Argier, le vicomte maire U.D.R. dans la stalle du château, l'adjoint centriste garagiste, quelques commerçants du bourg et un petit nombre de tenanciers à moustaches grises — debout, cramponnés au dos des bancs de bois plein — composaient l'assistance, avec deux enfants de chœur et le curé, asthmatique, sous la chasuble noire. Nous n'étions pas encore installés que la clochette tinta… Je regardais les vitraux — barbouille sur verre du siècle dernier — payés par la famille au temps de sa splendeur : saint Jacques, patron de plusieurs aînés successifs, lapidé par des gosses, était méconnaissable ; mais saint Michel terrassait toujours gaillardement un dragon aux ailes de chauve-souris, à queue repliée autour de ses bottes. La clochette tintait… Il me sembla que l'office allait très vite : si vite que Fred sans sa femme arriva pour l'évangile, Marcel avec sa femme pour l'offertoire. Au moment de l'absoute, alors que le curé tournait autour du catafalque en faisant cliqueter à petits coups l'encensoir sur sa chaîne, un tac-tac de talons aiguilles sur les dalles fit se retourner tout le clan : flageolante et les yeux battus, arrivait Salomé.

La Berrichonne lui prit le bras pour sortir, avec un coup d'œil significatif au cercueil que les porteurs, bricoles en sautoir, descendaient par la grande allée. J'entendis murmurer : Je suis crevée, je n'ai pas dormi : le décalage horaire… Le glas, trop régulier pour être de sonneur, sûrement électrique, venait de recommencer et Mme Rezau reprenait la route de Vern mille fois longée dans la poussière du bas-côté lors des rentrées dominicales à La Belle Angerie, qui la voyaient rarement s'arrêter à la grille du cimetière pour rendre visite à feu son époux. Sur notre passage les gens s'avançaient sur les seuils, certains serviette au cou et remâchant une dernière bouchée. De la fenêtre du secrétaire, au-dessus de la mairie où se décollait une affiche gaulliste, tombaient des informations sur le lancement de la fusée Titan III. Nous avions tous très correctement le nez en bas, mais j'éprouvai — comme je l'ai d'ailleurs éprouvé toute ma vie — cette sorte d'humiliation que d'autres peuvent avoir en portant des guenilles. Les enterrements avec crêpe, yeux rouges, femmes soutenues par leurs proches sont parfois ridicules. Mais les enterrements secs ont quelque chose d'odieux.

Un soleil de midi y ajoutait encore, à cette sécheresse. Il n'y avait pas un souffle d'air ni le plus petit mouton dans le ciel, du plus beau bleu ceinture de la Vierge. Jaune, veinée de blanchâtre et farcie de morceaux de schiste, la glaise accumulée autour d'une autre fosse, pas encore refermée, était littéralement cuite. Rouges et suants, les porteurs cordèrent rapidement et Mme Rezeau se retrouva soudain avec M. Rezeau pour une vie commune bien plus longue que la précédente. Dans la paix, peu connue des vivants, mais qu'ils réputent abondante à deux mètres au-dessous d'eux. Les assistants goupillonnèrent : les fermiers traçant bien leur croix, les citadins transformant le geste en chasse-mouche. La Société n'étant pas venue (et j'en connaissais le responsable), il n'y eut qu'un défilé de paysans aux cravates toutes faites tournant sur l'élastique, aux cals sensibles dans la poignée de main (je pensais : quelle bonté de reste ! La défunte qui n'a jamais rien fait de sa vie, c'est de ces cals, c'est de leur travail qu'elle a vécu). Le curé était déjà reparti quand le notaire, passant le dernier, transforma ses condoléances en considérations :

— Je ne vous emmène pas à mon étude : le testament de Mme Rezeau n'est pas encore enregistré. Mais je peux tout de suite vous en donner la teneur, qui est inattendue : Mme Rezeau institue légataire universelle Mlle Joséphine Forut, dite Salomé, sa petite-fille par alliance.

— Quoi ? dit Fred. Elle nous déshérite ? C'est illégal.

— Non, dit le notaire. Comme il y a trois réservataires, la part de Mlle Forut se trouve seulement réduite à la quotité disponible, c'est-à-dire au quart. Mme Rezeau aurait d'ailleurs très bien pu léguer expressément à Mlle Salomé cette quotité disponible : cela revenait au même. Elle a certainement voulu, en l'instituant légataire universelle, exprimer autre chose.

— Elle doit s'amuser en ce moment, dit Solange. Elle s'est bien fichue de vous.

— Il faut avouer, dit Marcel, que ça ressemble à une dernière brimade.

— A un coup de pied au cul, oui ! dit Fred.

Ils étaient rouges et regardaient sans aménité Salomé, toute blanche :

— De toute façon, dit-elle, je refuse.

— Vous ne pouvez pas, reprit M rDibon et vos parents n'ont pas le droit de le faire à votre place : vous êtes mineure.

— Mais je suis émancipée ! protesta Salomé.

— Vous pouvez acquérir, mais non aliéner. Il est question de transformer l'article 776 pour donner aux mineurs émancipés pleine capacité civile, mais le texte n'est pas voté. Vous héritez de Mme Rezeau, bon gré, mal gré : ce qui est une façon de parler, d'ailleurs, car n'ayant aucun lien de parenté avec elle vous allez payer des droits exorbitants.

— Nous avons trouvé cinquante mille francs dans le sac à main de Mme Rezeau, dit Bertille, horriblement gênée, pressée de racheter le legs fait à sa fille par un acte de probité.

— Je vous serais obligé de me les faire tenir, fit le notaire. Mais, continua-t-il en se tournant vers moi, je crains que Mme Rezeau ne se soit procuré cette somme à vos dépens. Je le tiens des Jobeau : il y a trois semaines, peu après mon coup de téléphone au sujet de la fuite d'eau, Mme Rezeau a fait une apparition éclair et vendu ce qui restait comme boiseries ou meubles de valeur.

— Ça demande à être prouvé, dit Fred, égal à lui-même.

— Quand comptez-vous faire l'inventaire ? demanda Marcel.

— Vous avez revendu La Belle Angerie meublée, précisa le notaire. Le nu-propriétaire est désormais chez lui. L'important, ce sera l'ouverture du coffre, à la B.N.P.

— Je pensais à l'appartement de Paris, dit le P.D.G.

— Quel appartement ? fit le notaire. Mme Rezeau ne possédait rien à Paris. Elle y descendait chez Mlle Forut.

— Pure dissimulation ! dit Fred. On voit tout de suite qui a payé.

— Cette fois, monsieur, c'est à vous de le prouver, dit le notaire.

— Oh là là, j'en ai jusque-là J'espère que tu vas liquider tout ça en vitesse ! s'écria brusquement Jeannet qui n'avait consenti à venir que sur les instances de Marie, restée seule en clinique.

Il s'éloignait à grands pas vers le village. Je saluai et le suivis avec tous les miens.

* * *

Mais il fallait passer à La Belle Angerie où nous avions à recenser les dégâts.

Ils n'étaient pas minces. Plafonds crevés, papiers délavés, décollés, moisis, parquets gonflés, les chambres récemment remises à neuf étaient de nouveau à refaire. Les caissons peints du rez-de-chaussée avaient beaucoup souffert. Dans le salon et la salle à manger l'arrachage des boiseries laissait à nu des plàtres pustuleux, griffonnés par endroits de vieux calculs de métreurs. Le pillage des antiquaires n'avait épargné ni la chapelle ni la chambre de Madame Mère d'où la glace, la commode, les chaises mêmes — sauf une — avaient disparu. Plus rien dans les immenses placards, vidés aussi par le fripier. L'armoire anglaise et la table, toutes deux sans valeur, le vieux fauteuil crasseux, le lit, le poêle bourré de papiers brûlés et responsable d'un dernier enfumage, c'est tout ce que Mme Rezeau avait consenti à garder. Mais sur le rebord de la cheminée — sans pendule ni flambeaux — avaient été posés un cahier et, sur ce cahier, un petit porte-plume en or. Hommage ? Défi ? Simple oubli ? Impossible à dire. Le porte-plume, je le connaissais bien : il venait de ma grand-mère, lauréate de je ne sais plus quel concours de poésie. Le cahier, je n'en soupçonnais pas l'existence.

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