Pierre Rey - Le Grec

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Le Grec: краткое содержание, описание и аннотация

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Ayant pour cadre le monde, pour décor la mer, pour parfum le pétrole, pour enjeu la domination des océans,
est le plus étourdissant des romans jamais consacrés aux coulisses de la « Jet society ». S’y affrontent en un ballet fiévreux et mortel, les dieux hors série de cette caste secrète et impitoyable : les super-riches. Tissant sa toile autour des continents, affamé, féroce, attendrissant, le plus fascinent d’entre eux : Socrate Satrapulos. Ses ennemis l’ont baptisé S.S. mais pour tout l’univers, il a un autre nom : le Grec.

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De toute manière, Satrapoulos en serait le premier informé. Il avait prévu un plan pour quitter ces Mille et Une Nuits de pacotille. À la fin du repas, l’un de ses hommes de main feindrait de venir le chercher pour une affaire de famille très urgente et importante. Depuis deux jours, il avait donné des ordres stricts pour que l’on croie qu’il n’était pas en France. Il ne tenait pas à ce que l’on sache qu’il recevait l’émir, et Hadj Thami el-Sadek, de son côté, y tenait encore moins que lui. Les intimes du Grec eux-mêmes pensaient qu’il était en voyage et S.S. avait précisé que, au cours de ces heures, personne, sous quelque prétexte que ce soit, ne devait être au courant de sa présence à Paris. Aussi, les multiples coups de téléphone qu’il avait reçus s’étaient-ils heurtés au barrage de ses secrétaires affirmant, de bonne foi, que M. Satrapoulos était aux États-Unis. Pourquoi avait-il fallu, trois heures plus tôt, que ces crétins de fonctionnaires fassent du zèle et découvrent le pot aux roses ?

« Mesdames ! dit l’émir… (Les « dames », qui papotaient, firent silence et le regardèrent…) Je vous trouve si gracieuses que j’aimerais vous offrir un petit souvenir de cette soirée… si notre hôte le permet. »

Le Grec hocha la tête et sourit.

« Ahmed ! », cria el-Sadek.

L’un des deux géants gardes du corps apparut si vite qu’on se demanda s’il ne s’était pas mis en branle avant l’appel de son maître. L’émir lui fit un signe et le colosse sortit de sa poche une petite bourse en cuir. El-Sadek délaça les cordonnets qui la maintenaient fermée et en renversa le contenu sur la table. Les filles étaient stupéfaites : une cascade de pierres précieuses avait coulé sur la nappe dans un bouleversant cliquetis de billes d’agate. Ce type n’était pas un ouvrier âgé et desséché : c’était un seigneur, il était beau, distingué, et avait une classe folle. D’ailleurs, Satrapoulos l’avait appelé Altesse pendant tout le dîner, elles comprenaient maintenant pourquoi.

« C’est un bien modeste présent pour autant de beauté… »

L’émir rafla les pierres dans le creux de sa main et, une à une, les fit rouler dans la direction de chacune des invitées. À cet instant, un maître d’hôtel se pencha vers l’armateur, lui glissa quelques mots à l’oreille, ce qui eut l’air de le contrarier vivement. Entre ses dents, il cracha au larbin :

« Dites-lui que c’est un con. J’avais dit pas avant minuit, et il est onze heures.

— Monsieur, fit le domestique désolé, il dit que cela ne peut pas attendre.

— Qu’il attende ! Plus tard ! »

Le Grec connaissait trop bien son secrétaire pour ne pas savoir que, s’il l’avait dérangé malgré ses consignes, c’était pour une raison grave.

« Vous avez des ennuis, mon frère ? s’enquit l’émir.

— Rien de sérieux, Altesse, enfin, je l’espère. »

Rien ne lui échappait, à celui-là ! Satrapoulos se secoua et décida de brusquer les choses en passant à la deuxième partie de son scénario.

« Mes amis, j’aimerais vous faire visiter ma demeure. Prince, si vous le voulez bien, nous commencerons par votre appartement. Mesdames, je serais heureux d’avoir votre avis. »

Il se leva, les autres à sa suite, franchit un couloir tendu de velours rouge et ouvrit une porte. Dans une immense pièce tapissée de miroirs, murs et plafond — on les avait posés deux jours plus tôt — on ne voyait d’abord qu’un lit, mais un lit comme les putes elles-mêmes n’en avaient jamais vu de semblable : rond, et de trois mètres environ de diamètre. L’une des filles poussa un cri de ravissement et demanda :

« Est-ce que je peux l’essayer ? »

Sans attendre la réponse, elle se jeta dessus comme on plonge dans la mer, rebondissant sur la mousse souple. Dans le mouvement, la fente longitudinale de sa robe du soir dévoila ses jambes jusqu’aux cuisses, moulant la forme de ses fesses, suggérées avec une précision absolue tout en gardant le mystère de la chair voilée.

« Cathia ! Viens, c’est formidable ! »

Cathia jeta un regard à ses compagnes et ne résista pas. À son tour, elle piqua une tête sur l’étoffe noire. En riant, sa compagne lui sauta dessus et il y eut une brève bataille, avec des rires étouffés, des « Laisse-moi ! » des protestations et des gémissements essoufflés. En douce, le Grec regarda sournoisement el-Sadek. Il lui vit une expression qui le rassura sur les projets qu’il avait faits. Le visage de l’émir, d’enflammé et réjoui qu’il était quelques instants plus tôt, s’était figé, devenu lointain brusquement, ses petits yeux noirs fixant avec intensité le spectacle que lui offraient les deux filles, toute sa personne comme sculptée par la tension violente qui, intérieurement, l’agitait.

Cathia l’invita :

« Altesse ! (voilà qu’elle aussi, les pierres précieuses aidant, se piquait au jeu des titres !…) Aidez-moi ! Venez me défendre ! Elle est plus forte que moi ! »

El-Sadek consulta le Grec d’un regard. L’autre le prit à part :

« Altesse, cette maison et tout ce qu’elle contient vous appartient, elle est à vous, vous êtes chez vous, usez et abusez, vous ne le ferez jamais assez. Mais ne m’en veuillez pas… Une affaire de famille délicate exige ma présence en dehors de Paris. Me pardonnerez-vous si je vous abandonne en compagnie de mes amies ?

— Voulez-vous que je vous accompagne, mon frère ?

— Vous n’y pensez pas, Altesse ! Les démarches que j’ai à faire sont ennuyeuses et je voudrais que cette nuit soit consacrée à votre repos, ou à votre bon plaisir… »

Les derniers mots du Grec se perdirent dans le vide, car, maintenant, les six filles gisaient sur le lit, riant comme des folles, soûles, ôtant leurs chaussures, se bagarrant, multipliées par les reflets infinis des miroirs, chair blanche et cheveux blonds sur le noir des draps et du dessus de lit, tourbillon palpitant de corps anonymes, interchangeables. Les lèvres de l’émir s’étaient pincées davantage et il fixait la scène, fasciné. Il fit un énorme effort pour s’en détourner, s’inclina profondément devant Satrapoulos et lui dit :

« Faites comme il vous plaira, mon frère. Et qu’Allah soit avec vous… »

Socrate répéta, s’inclinant à son tour :

« Cette maison est la vôtre. »

C’était idiot, mais le Grec était plus ému qu’il aurait cru pouvoir l’être. Il avait monté cette mise en scène ridicule, pleinement conscient qu’elle était de mauvais goût, et voici qu’il se sentait piégé par elle. Il aurait voulu rester, s’offrir en compagnie de el-Sadek ce qu’il n’osait pas prendre tout seul : après tout, qu’est-ce qui l’empêchait d’organiser à son usage personnel de pareilles fêtes ? Il en avait toujours rêvé mais une raison obscure l’empêchait de transférer sur le plan de la réalité ce à quoi il pensait secrètement, et qu’il repoussait avec hargne. Pourquoi ?

Il chassa ces idées. Il allait traverser l’antichambre lorsqu’il se heurta à Ali et Ahmed, les deux chiens de garde de son invité. Chose curieuse, ils avaient sur les lèvres un léger sourire. Ils s’inclinèrent profondément devant le Grec. Quand ils se redressèrent, leur expression était devenue impassible. Intrigué, S.S. s’arrêta à leur hauteur, les considérant avec bienveillance et curiosité :

« Parlez-vous l’anglais ? »

Ali inclina la tête.

« Je vous ai fait réserver deux appartements… Voulez-vous qu’on vous les montre ?

— Nous dormirons ici, à la porte de notre maître.

— Ici ? Par terre ? »

Nouvelle inclination affirmative : drôle de mœurs…

« Votre maître ne risque rien sous mon toit. »

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