Pierre Rey - Le Grec

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Ayant pour cadre le monde, pour décor la mer, pour parfum le pétrole, pour enjeu la domination des océans,
est le plus étourdissant des romans jamais consacrés aux coulisses de la « Jet society ». S’y affrontent en un ballet fiévreux et mortel, les dieux hors série de cette caste secrète et impitoyable : les super-riches. Tissant sa toile autour des continents, affamé, féroce, attendrissant, le plus fascinent d’entre eux : Socrate Satrapulos. Ses ennemis l’ont baptisé S.S. mais pour tout l’univers, il a un autre nom : le Grec.

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« J’espère que mon frère a fait un bon voyage. Je me sens très honoré qu’il l’ait fait spécialement pour venir saluer le vieil homme que je suis. »

Toujours le langage fleuri, qui déconcertait tant les Occidentaux et les assassinait ou les dépouillait plus sûrement avec ses fleurs de rhétorique qu’une agression sur un grand chemin, à la mitrailleuse lourde. Ce n’était plus « dites-le avec des fleurs », mais « tuez-le avec des fleurs ». El-Sadek avait un accent bizarre, séparant les diphtongues en deux sons au lieu de les prononcer d’un seul jet.

« Altesse, c’est moi qui me sens infiniment honoré d’avoir eu la faveur d’une audience. Je ne me serais pas permis de la solliciter, connaissant le prix de chaque minute de votre existence, si ce que j’ai de plus cher au monde, après l’amitié dont vous voulez bien m’honorer, n’avait été menacé. »

L’émir sourit et écarta les bras, dans un geste d’apaisement :

« De quoi s’agit-il ?

— De mon honneur. »

Cette fois, les palabres préliminaires étaient terminées : on entrait dans le vif du sujet. Comme un potache qui révise un examen, Satrapoulos avait consulté ses dossiers pendant le voyage, cherchant de quelle façon il aurait le plus de chances de ranger son interlocuteur dans son camp. Il avait trouvé, se réservant de placer sa botte à bon escient. Il estimait que la fin vaut les moyens, et ces moyens, il ne les négligeait jamais. Il allait d’abord falloir s’expliquer sur un point, ensuite, retourner à son avantage une situation que le Prophète de Cascais et lui-même avaient jugé bon de laisser s’envenimer. Le Grec toussota, ouvrit sa serviette et en sortit une pile d’articles de journaux fraîchement découpés. El-Sadek l’arrêta d’un geste :

« J’ai déjà pris connaissance de ces documents ce matin. »

Satrapoulos en fut tout déconcerté. Il n’aurait jamais cru que le service d’information de l’émir fût aussi efficace. Désarçonné, il ne put que balbutier :

« Tous ? »

El-Sadek sourit de plus belle…

« Mais oui. Tous.

— Je suppose que Votre Altesse ne s’est pas laissé abuser un seul instant par ces révélations mensongères et diffamatoires. »

Geste vague de l’émir qui pouvait vouloir tout dire, mais que Socrate interpréta immédiatement par : « Cause toujours, tu m’intéresses, je t’attends au tournant. »

« Voyez-vous, continua-t-il, c’est souvent dans notre propre famille que se cachent nos ennemis. Il ne fait aucun doute qu’on ait cherché à me compromettre et à me faire déconsidérer aux yeux de Votre Altesse par le biais de cette machination. »

L’émir eut une repartie admirable de vice :

« Je ne savais pas que vous teniez en aussi haute estime l’opinion que j’ai de vous. »

Satrapoulos, qui n’avait rien à envier à el-Sadek sur le plan de la comédie, avait pourtant sur lui un avantage : il vivait ses mensonges. Dans des affaires délicates, il lui arrivait de se brancher sur une ligne supérieure, à très haute tension, ce qui lui permettait, momentanément, d’être profondément imprégné de ce qu’il avançait, vivant réellement, de toutes ses fibres, la situation inventée, oubliant le postulat de départ. Et souvent, l’ombre d’un doute se glissait dans l’esprit de ses partenaires, un doute qui les forçait à baisser leur garde, ce dont il profitait avec génie. Il prit une longue inspiration, regarda el-Sadek droit dans les yeux, sentit que ce courant qu’il appelait à la rescousse l’envahissait, et sa réponse fut prête :

« Altesse, nous vivons dans un monde dur, un monde où chacun de nous oublie qu’il a été enfant. Nos intérêts guident notre vie, pendant qu’on laisse en friche ce que nous avons de plus précieux en nous, notre sens de la dignité. Les relations que j’ai nouées avec vous sont des relations d’affaires, soit. Et quand je vous ai connu, les affaires passaient au premier plan, c’est la vérité. »

L’émir l’écoutait sans mot dire, le fixant de ses petits yeux noirs et rusés. S.S. reprit son souffle :

« Puis, j’ai eu le bonheur de vous approcher, et j’ai appris par la rumeur publique de quelle admirable façon vous viviez, ce que vous prépariez, vos buts politiques, votre sagesse. Alors, j’ai compris une chose : des affaires, j’en fais tous les jours. Mais des hommes comme vous, je n’en ai jamais rencontrés. L’intérêt que j’ai à rester votre ami s’efface devant l’admiration que je vous porte. Si vous pensez que je vous flatte, tant pis. Je ne suis pas un orateur, je n’ai pas une grande culture, je m’exprime très mal. Mais je m’y connais en hommes. Je vous ouvre mon cœur simplement, avec maladresse, mais avec sincérité. »

Satrapoulos se tut, bouleversé par son propre discours. Sans le quitter du regard, l’émir demanda d’un ton feutré :

« De quelle famille voulez-vous parler ?

— Une famille ?

— Vous m’avez dit : « C’est souvent dans notre propre « famille que se cachent nos ennemis. »

— Altesse, il m’est très difficile de vous en parler. »

El-Sadek eut une moue amusée :

« Vous êtes pourtant venu pour cela. »

Et il ajouta, d’une voix très douce :

« Alors ? Quelle famille ? »

Décidément, il ne l’aidait pas ! Le Grec se jeta à eau.

« La mienne, prince.

— Voulez-vous me dire qu’un membre de votre famille a cherché à vous nuire ?

— Effectivement, c’est ce que je dis.

— Et qui donc ? »

Satrapoulos se demanda jusqu’à quel point l’autre allait le prendre pour un imbécile. Néanmoins, il entra dans son jeu :

« Herman Kallenberg.

— J’ignorais que vous fussiez du même clan. »

Le Grec estima qu’el-Sadek forçait un peu la note. Il ne put s’empêcher de laisser tomber le masque une seconde, précisant d’une voix plus sèche (mais à quoi bon, n’avait-il pas tous les atouts à la portée de la main, dans sa serviette ?) :

« Votre Altesse est trop bien informée pour ne l’avoir pas su, elle a dû l’oublier. Kallenberg est mon beau-frère. Son épouse est la sœur aînée de ma femme.

— En effet, je l’avais peut-être oublié… Et… en quoi votre beau-frère est-il votre ennemi ?

— C’est lui qui a fait éclater contre moi cette ridicule et déshonorante campagne de presse.

— C’est très fâcheux… Bien entendu, je suppose que vous en avez la preuve.

— Bien entendu. C’est par lui que j’ai appris ce qui se tramait contre moi.

— Peut-être voulait-il vous rendre service, afin que vous empêchiez ce scandale qui allait l’éclabousser lui-même ?

— Absolument pas. S’il m’en a informé, c’était pour mieux me faire comprendre que lui seul avait les moyens de l’arrêter.

— Si je comprends bien, vous affirmez que M. Kallenberg, dans un premier temps, a allumé la mèche d’une bombe destinée à vous perdre. Et dans un second, vous a proposé d’éteindre lui-même ce qu’il venait d’allumer ?

— C’est bien cela, prince.

— Mais dites-moi… Pourquoi ?

— Pour que je me retire d’un marché à son profit.

— Vraiment ? Et lequel ?

— Le transport du pétrole brut des différents émirats du golfe Persique qui sont précisément placés sous votre haute autorité morale.

— Je crains que M. Kallenberg et vous-même ne m’accordiez des pouvoirs que je n’ai pas. »

Il prit un long temps, et poursuivit :

« Où a eu lieu cette conversation que vous avez eue avec M. Kallenberg ?

— À Londres, le soir même où il a donné la fête qui s’est terminée dans les conditions que vous savez.

— Oui… J’en ai entendu parler. Et mes conseillers aussi, dont j’ai peur qu’ils soient, comme vous le dites en Europe, « plus royalistes que le roi ». Effectivement, cette fête, ajoutée à la campagne de presse déclenchée contre vous, ne fait pas une très bonne publicité à votre famille. Vous me disiez que cette conversation avec votre beau-frère s’était déroulée à Londres. Y avait-il des témoins ?

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