Pierre Rey - Le Grec

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Ayant pour cadre le monde, pour décor la mer, pour parfum le pétrole, pour enjeu la domination des océans,
est le plus étourdissant des romans jamais consacrés aux coulisses de la « Jet society ». S’y affrontent en un ballet fiévreux et mortel, les dieux hors série de cette caste secrète et impitoyable : les super-riches. Tissant sa toile autour des continents, affamé, féroce, attendrissant, le plus fascinent d’entre eux : Socrate Satrapulos. Ses ennemis l’ont baptisé S.S. mais pour tout l’univers, il a un autre nom : le Grec.

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Le mal de mer avait laissé des traces sur son superbe visage buriné ; des cernes peu photogéniques et un teint blafard. Nancy avait vainement tenté de le réconforter. Il avait fallu qu’elle se fâche pour le faire sortir de sa cabine pour le dîner. D’ailleurs, personne n’avait faim, sauf Nut qui s’était endormie avant le début de cette fin du monde et qui se réveillait fraîche et rose cinq heures plus tard. Hargneux, Mimi avait sèchement prié le Grec de les déposer aussitôt que possible dans le premier port. Il avait souffert le martyre dans son appartement envahi par le Beechstein qui se baladait d’un bout à l’autre, du lit à la commode, dangereuse masse à roulettes qui menaçait de l’écraser. Quant à Lena, elle était doublement vexée. Elle se vantait volontiers d’être allergique à toute forme de nausées. Trahie par son corps, elle l’était aussi par son mari et son indésirable invitée.

Le dîner se traîna dans une ambiance détestable. Lena et Mimi, complices involontaires, surveillaient simultanément Socrate et Olympe, qui n’osaient échanger un regard de peur que leurs yeux ne racontent ce qu’ils ne s’étaient pas encore dit. Il fut convenu que le Pégase rallierait directement Saint-Tropez au cours de la nuit à venir, alors que le projet initial prévoyait une escale d’un jour à Cannes. Personne ne prit du dessert. Nul ne voulut aller flâner sur le pont. Pourtant, les étoiles brillaient, l’air était doux, la mer plate et lisse. Il y eut des bonsoirs assez froids, on prétexta des migraines ou des maux de cœur. Chacun regagna sa cabine pendant que le yacht, tremblant de toute sa carcasse comme une haridelle blessée, traçait sa route sud-sud-est.

L’incident éclata le lendemain à dix heures du matin, pour rien, ou presque. Le ménage Menelas venait de prendre congé des hôtes du Pégase sur le château arrière du yacht. Entre Lena et Olympe, la poignée de main avait été plutôt fraîche. Socrate raccompagnait ses invités jusqu’au bas de la passerelle. Le moment des adieux était venu.

« Merci pour ce très agréable voyage… dit Mimi sèchement.

— J’ai été ravi de vous avoir à mon bord… », dit le Grec sur le même ton.

Cinq mètres plus loin, deux marins aidaient un chauffeur en livrée à empiler dans le coffre d’une Cadillac noire les bagages de ses maîtres. De l’autre côté du quai, des vacanciers matinaux prenaient paresseusement leur petit déjeuner à la terrasse de chez Sénéquier. Au moment où ils se serraient la main sous l’œil méfiant de Mimi, Socrate prononça brièvement deux phrases en grec qui firent naître un sourire sur les lèvres de la Menelas. Elle hocha la tête et, toujours dans la même langue, roucoula trois mots. Exaspéré, se sentant étranger à ce dialogue qui se déroulait pourtant sous son nez, Mimi porta vivement les yeux sur Satrapoulos qui éclatait de rire en dévorant sa femme du regard.

« Goujat !… cria Mimi en s’agrippant à la chemise de Socrate… J’en ai marre de vos ronds de jambe, de vos manières de rustre ! Ça n’est pas parce que vous avez de l’argent et que vous l’étalez comme un paysan qu’il faut vous croire tout permis !… Et vos cadeaux ! D’ailleurs… (il désigna la broche en rubis, présent du Grec, que la Menelas portait sur son corsage…) Olympe !… Rends-lui son bijou tout de suite !

— Mais enfin, Emilio !… Qu’est-ce qui te prend ?… Tu es fou de crier comme ça ?… Rentrons, c’est stupide !…

— C’est la Menelas !… affirmèrent les badauds.

— Et l’autre, le petit costaud à lunettes, c’est Satrapoulos !…

— Dis donc !… Qu’est-ce qu’ils vont se mettre !

— Emilio, je t’en prie, ne fais pas de scandale ! »

Socrate saisit la balle au bond :

« Cher ami c’est ridicule !… C’est une horrible méprise !… Venez !… Remontons sur le bateau… Allons reprendre un verre !

— Jamais !… Vous m’entendez, jamais !… »

Autour d’eux, il y avait maintenant un cercle de curieux qui avaient allègrement abandonné leur café pour le pugilat. La Menelas eut une réaction de chef : elle saisit Mimi à bras-le-corps et le poussa dans la Cadillac tout en vérifiant d’un geste instinctif si sa broche était toujours en place. Pendant que la limousine démarrait, le Grec eut le temps d’apercevoir Emilio qui lui tendait le poing. Ravi intérieurement, il se composa un air sévère à l’usage des spectateurs. Et se heurta à Lena en voulant remonter à bord. Elle était défigurée par la colère :

« Bravo, c’est complet !… Décidément, partout où elle passe !… »

Socrate voulut répondre. Lena lui tourna le dos, escalada la passerelle et s’engouffra dans le bateau.

Il était midi. Socrate se déployait en gentillesses pour Nut, Lord et Lady Eaglebond, Stany et Nancy Pickman. En personnes qui savaient vivre, les uns et les autres avaient feint de ne pas s’apercevoir qu’une bagarre avait éclaté sur le quai. Pas de commentaires. Les adieux officiels s’étaient déroulés sur le pont arrière, c’est tout ce qu’ils voulaient savoir. Les Pickman devaient repartir le soir même pour Monte-Carlo, où ils avaient une résidence. Les Eaglebond n’étaient attendus à Londres que le lendemain après-midi — l’avion de Socrate les y emmènerait de Nice. Lena s’était esquivée, invoquant un malaise subit. Le Grec proposa :

« C’est notre dernière journée. Si on allait voir les nudistes au Levant ?

— C’est loin ?… demanda Stany.

— Une heure de bateau… », répondit évasivement S.S.

Visiblement, l’acteur ne tenait pas à affronter à nouveau la mer et ses dangers. Il prit les autres à partie :

« On pourrait peut-être se baigner dans le coin ?

— J’aimerais bien voir les nudistes…

— George ! reprocha Lady Eaglebond.

— Moi aussi !… fit Nancy avec enthousiasme… Il a raison !

— Excuse-moi, coupa Stany d’un air pincé… Je suis encore un peu secoué…

— Attendez !… lança Socrate… J’ai une meilleure idée ! On va aller à Tahiti ! C’est tout près !… Une plage épatante, bourrée de nudistes. On y va ?

— On prend le chris-craft ? s’inquiéta Lady Eaglebond.

— Socrate !… Allons-y en hélicoptère ! dit Lindy Nut.

— Pas possible. Nous sommes trop nombreux. Et le Pégase, il sert à quoi ?… Céyx !… »

Le maître d’hôtel, qui veillait à remplir les coupes de champagne dès qu’elles étaient vides, se figea :

« Oui, monsieur.

— Allez dire au capitaine que nous appareillons. Direction, Tahiti ! »

Céyx roula des yeux ronds. On rit de sa méprise :

« Mais non idiot !… se tordit le Grec… C’est la plage de l’autre côté de la presqu’île !…

— Vous m’avez fait un choc… ironisa Pickman.

— Vous avez déjà vu des nudistes ?… s’inquiéta Lady Eaglebond.

— Oui. Moi. Quand je me regarde dans la glace après mon bain… sourit Nut.

— Il paraît qu’ils ont les fesses toutes rouges ?

— Mais non ! Qui vous a dit ça ?

— Moi, on m’a raconté qu’ils sont tous gros et moches…

— Tant mieux, intervint Eaglebond… Je n’aurai pas de complexe.

— Vous avez l’intention de vous déshabiller ? »

Le Grec se rasséréna. La conversation était devenue générale. Il avait enfin réussi à reprendre ses invités en main, à les distraire de leur morosité. Dix minutes suffirent pour larguer les amarres, mais il fallut une bonne demi-heure pour sortir le yacht du port. Son tonnage lui interdisait les évolutions en surface réduite et chaque arrivée, chaque départ, étaient un calvaire pour Kirillis qui craignait d’éventrer des embarcations de moindre importance. Toutefois, Socrate était content : massées sur le quai, des centaines de personnes avaient admiré le navire et suivi la manœuvre. Un instant, il évoqua le Vagrant de Kallenberg et se rembrunit. Le salaud ne perdrait rien pour attendre !

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