Fenêtre ouverte – sur le monde!
Là-bas,
l’averse surprend le jardin,
le pointillé bleu de la foudre
transperce la nuit en moins d’un.
Là-bas,
ce sont les grandes eaux! La danse
des ombres, des branches. Le crash…
Le quai inondé prend sa chance,
cette pluie folle, il la recrache.
Là-bas,
piste d’un soir pour jeux nautiques,
discothèque des jouvenceaux,
tournoi des feuillées extatiques
dans le déluge, les ruisseaux.
Là-bas,
la nuit éructe des cascades,
elle baigne dans l’or des éclairs;
roulant des toits en cataracte,
l’eau rebondit à grands jets clairs.
Là-bas,
la haie mouillée des réverbères
remue ses jaunes lumignons,
ils auraient aimé, tant qu’à faire,
pour la fiesta d’autres lampions.
…L’aube léopard tacheté
se glisse à pas de loup et saute;
l’y pousse? la curiosité:
tant d’eau, ces arbres qui barbotent.
C’est là qu’en attardé fêtard,
claque un dernier coup de tonnerre,
il croule au loin, revient, repart,
et le mur d’eau fait marche arrière —
glas flamboyant du point du jour
à l’unisson de cet exode…
Tu dormais en paix, mon amour,
dans le jardin tombaient des cordes.
К проталинам заря
спешит ещё впотьмах,
поля в снегах…
но бредят мартом рощи.
В прищуре глаз твоих
и на твоих устах
весну, как простынь,
небосвод полощет.
L’aube court s’allumer
dans de premières flaches.
Les champs restent en neige,
mais rêve à mars le bois.
Dans le pli de tes yeux
et les ris de ta bouche,
printemps rince le ciel
comme on rince ses draps.
Зелёными ливнями хлынет весна.
Меня захлестнёт этих чувств половодье.
И я захлебнусь…
Я не чувствую дна.
Как всадник, плыву я, теряя поводья.
Le printemps fuserait en verdissantes pluies,
me ferait suffoquer l’émotion à la crue.
Ce serait la noyade…
Je n’ai plus pied ici —
nager comme écuyer; oui, à rênes perdues.
«Мы снова тонули, как роща в закате!..»
Мы снова тонули, как роща в закате!
Как шмель золотой, ударяясь в стекло.
В объятьях тонули – и в нашем охвате,
расплавившись, небо сквозь ветки текло.
«Nous étions deux, et nous plongions…»
Nous étions deux, et nous plongions,
comme les bois dans le couchant!
Comme un bourdon heurtant la vitre!
Nous étions deux, et dans nos yeux absents
le ciel à travers branches et surgeons
coulait, métal liquide.
Я создаю тебя из снов…
и пронесу в воспоминаньях,
как потрясение основ
в виду событий чрезвычайных.
Я создаю тебя из дней,
когда в весеннем ликованье
они насыщенней, полней
садов цветущих мирозданья.
Я расстаюсь с тобой без слов —
застынешь словно изваянье…
Твой дом запустевает вновь —
как повод ближним к состраданью.
«Car je te crées avec du rêve…»
Car je te crées avec du rêve…
Et dans mon souvenir, je veux que tu demeures
comme séisme après la trêve,
ou quelque autre force majeure.
Je te crées avec les jours qui vont,
ces jours en fête printanière
qui plus denses, plus pleins nous sont
que les jardins en beauté de la terre.
Je te quitte sans un mot superflu —
pour moi, tu resteras ce marbre…
Ton toit retourne au silence entendu,
de quoi nourrir des proches la palabre.
«Больничный сад не так велик…»
Больничный сад не так велик,
но распахни внезапно двери —
отпрянет тотчас! Не привык.
Намеренья спешит проверить.
Листвой шумя, он до утра
промаялся в жестоком сплине,
как незадачливый прораб
над ребусом случайных линий.
Он с головой ушёл в себя
и был в оцепененье,
пока, сгущаясь, жар вселял
тревогу и волненье.
Лишь розы запросто цвели,
без бури причитаний.
Их жгло…
Но огненный разлив
был выше мирозданья.
«Le parc de l’hôpital serait plutôt petit…»
Le parc de l’hôpital serait plutôt petit.
Mais c’est assez d’ouvrir la porte,
et le voilà qui fuit!
(Ce patient-là, savoir quelle intention le porte?)
Bruissant toute feuillée, jusqu’au lever du jour
il a pris son mal en patience,
un peu comme le maçon tombant court
devant un plan qui dépasse sa science.
Le parc a préféré s’enfermer sur lui-même,
ne plus donner signe de vie,
en attendant que le soleil n’essaime
de nouveau sa chaleur, son émoi à l’envi.
Il n’est plus que les roses pour fleurir
sans accuser de tous les maux le diable.
Elles ont plus que chaud,
mais ce feu-là est un plaisir
venu du ciel et donc, incomparable.
Всё, что было и может случиться,
нам даровано нашей судьбой.
Наяву – или только приснится —
я всегда и повсюду с тобой.
Этих писем вечерних страницы
продиктует осенний закат:
улетают последние птицы —
и в тоске захлебнётся наш сад.
Tout ce qui fut, qui peut encore se produire,
nous est un présent du destin.
Dans la réalité, ou n’est-ce que mon rêve?
moi, là – toujours sur ton chemin.
Ces pages de lettre rédigées à la brune
seront dictées par les feux du couchant:
s’envolent les derniers passereaux de l’automne, —
notre jardin, sonné, court au néant…
«Здесь вкралась ошибка. Наверно, не мне…»
Здесь вкралась ошибка. Наверно, не мне
и в пьесе иной по подсказке суфлёра
судьба посылала в сгущавшейся тьме
булгаковский вечер, упавший на город.
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