Jean-Paul Belmondo - Mille vies valent mieux qu'une

Здесь есть возможность читать онлайн «Jean-Paul Belmondo - Mille vies valent mieux qu'une» весь текст электронной книги совершенно бесплатно (целиком полную версию без сокращений). В некоторых случаях можно слушать аудио, скачать через торрент в формате fb2 и присутствует краткое содержание. Город: Paris, Год выпуска: 2016, ISBN: 2016, Издательство: Éditions Fayard, Жанр: Биографии и Мемуары, Публицистика, на французском языке. Описание произведения, (предисловие) а так же отзывы посетителей доступны на портале библиотеки ЛибКат.

Mille vies valent mieux qu'une: краткое содержание, описание и аннотация

Предлагаем к чтению аннотацию, описание, краткое содержание или предисловие (зависит от того, что написал сам автор книги «Mille vies valent mieux qu'une»). Если вы не нашли необходимую информацию о книге — напишите в комментариях, мы постараемся отыскать её.

Jean-Paul Belmondo a aujourd’hui décidé de tout raconter. Son enfance marquée par la guerre, sa mère courage, l’atelier de son père, et ses premières amours.
Il nous entraîne dans les pas dilettantes de son service militaire en Algérie. Il nous invite aux comptoirs de la rue Saint-Benoît, pour y faire les quatre cents coups avec ses copains de toujours, Jean-Pierre Marielle, Jean Rochefort, Michel Beaune, Pierre Vernier, Charles Gérard. Jean-Paul Belmondo se raconte ici pour la première fois, nous livrant la certitude que, oui, mille vies valent mieux qu’une.

Mille vies valent mieux qu'une — читать онлайн бесплатно полную книгу (весь текст) целиком

Ниже представлен текст книги, разбитый по страницам. Система сохранения места последней прочитанной страницы, позволяет с удобством читать онлайн бесплатно книгу «Mille vies valent mieux qu'une», без необходимости каждый раз заново искать на чём Вы остановились. Поставьте закладку, и сможете в любой момент перейти на страницу, на которой закончили чтение.

Тёмная тема
Сбросить

Интервал:

Закладка:

Сделать

Moi, garçonnet de douze ans à la fin de la guerre, je n’ai rien à me reprocher. Du moins, pas grand-chose.

Il y a bien ce petit trafic, naturellement mis en place avec nos libérateurs, qui consiste à échanger des paquets de chewing-gum et de cigarettes Chesterfield contre des cageots de tomates ou, plus inégal, contre une bouteille de vieille prune dégotée à la cave. À peine les Alliés ont-ils établi un camp entre Clairefontaine et Rochefort-sur-Yvelines que mon frère et moi commençons à y traîner. Ce sont des incursions qui, de divertissantes, deviennent intéressantes, lorsque la pratique du troc s’impose à nous. Sur le chemin du retour, mon grand-frère et moi restons émerveillés d’avoir fait du négoce d’homme à homme, de petit Français à grand Américain ou Anglais. Et les biens d’importation, gommes et cigarettes, qui remplissent nos poches, nous gonflent d’une puissante énergie.

Alors, même si j’évite de me vanter de ces échanges marchands, je n’en ressens aucun sentiment de culpabilité. Nous sortions à peine de six longues années de privation.

3.

Quelque chose du clown

Nous ne sommes pas au point, malgré notre préparation. Mais ça ne m’inquiète pas plus que cela. On finit toujours par se débrouiller pour combler le blanc ou l’instant de confusion où plus personne ne sait ce qu’il doit faire ou dire, ni même quel est son rôle.

Au moment de répéter, nous ne nous soucions guère de l’absence de metteur en scène et personne n’a l’idée ou l’envie d’être le chef et de risquer d’être contredit d’abord, détesté ensuite.

Au fond, nous ne sommes que des gamins avec l’envie de nous amuser et, pour ça, il vaut mieux pour l’instant ne pas compter sur l’aide des adultes. La guerre ne nous arrange pas : elle nous appelle à la sagesse, nous dissuade d’ajouter des motifs de tracas à nos parents. Quand ils sont là, ou encore là.

Au contraire, nous cherchons, en petits anges que nous sommes, à les distraire, à leur faire oublier pendant vingt minutes leurs inquiétudes et leurs peines. Et, sans trop m’avancer, je crois que nous réussissons dans cette entreprise. Autant par notre habileté dans le jeu que par notre talent pour l’anarchie joyeuse.

À Clairefontaine, Alain et moi sommes en très bons termes avec les enfants des amis de nos parents dans le coin, notamment un dénommé Pierrot avec lequel nous formons un trio. Lorsque nous apprenons que les adultes ont prévu de dîner ensemble à la maison, nous nous lançons dans l’élaboration d’un spectacle à leur offrir à l’heure de l’apéritif. Nous commençons les répétitions le plus tôt possible, avec pourtant cette sensation permanente de nous y prendre trop tard.

Au programme de ces réjouissances théâtrales, nous mettons les quelques classiques que nous connaissons, sachant qu’ils n’y resteront pas longtemps. Nous avons une légère préférence pour les histoires dont les héros transgressent les règles, se comportent de manière chevaleresque, avec courage et majesté. J’adore Les Trois Mousquetaires , parce que le bouquin d’Alexandre Dumas contient tous les ingrédients requis. L’amitié du Gascon d’Artagnan avec les trois autres, la beauté de Milady, l’honneur à sauver de la reine. Tout, dans ce roman de cape et d’épée, m’enchante. Et pour nous, jeune troupe de campagne, il a l’avantage de proposer un nombre suffisant de rôles et d’exiger quelques accessoires faciles à fabriquer, le bois remplaçant le fer, les feuilles les plumes, et le papier le tissu des collerettes de mousquetaires.

Les rebondissements et multiples scènes de poursuite avec duels nous donnent le prétexte de nous agiter, de courir, de sauter, de déployer notre énergie. Je suis en train de trouver la meilleure couverture possible pour être un garnement, le meilleur moyen de déconner en toute impunité. Mieux, de déconner sous les applaudissements et les félicitations, sans faire disparaître le sourire de Maman. J’entrevois, de façon précoce, l’intérêt du métier que je vais exercer.

Je prends un tel plaisir à chahuter, déguisé, et à improviser généreusement quand mon texte s’est effacé de ma mémoire à cause de l’excitation éprouvée, que je me débrouille pour faire durer la représentation. Parfois même les adultes, suffisamment divertis, sont obligés d’y mettre eux-mêmes un terme.

Quand nous donnons Les Malheurs de Sophie , nous débordons légèrement moins, notre folie reste davantage contenue par le texte. Mais il n’est jamais question de calme sur les planches de brousse.

Là, nous oublions le reste. Nous sommes délestés de la gravité du monde, et de son histoire, par notre innocence enfantine et notre enthousiasme dans l’amusement. Nous regrettons seulement que les adultes ne se fréquentent pas plus souvent pour nous assurer des spectateurs permanents, toujours disponibles pour nous regarder faire les couillons, avec des vêtements trop grands et des moustaches dessinées au charbon.

Passer mon temps à faire l’idiot avec une bande de camarades, aussi bien intentionnés que moi, devient très vite un authentique vice chez moi. Il faut que je m’y adonne régulièrement et passionnément.

Là où nous passons nos vacances d’été, à l’hôtel Castel-Fleuri de Piriac-sur-Mer, dans la Loire-Atlantique, je suis si heureux de retrouver les copains que je redouble d’énergie. Il faut bien avouer que, sur les cinq trublions que nous sommes, chacun y met beaucoup du sien. Aussi la surenchère nous emmène-t-elle assez loin sur l’échelle de la pitrerie et des blagues. La liberté que nos parents nous accordent l’été, nous en faisons bon usage.

Dans la gentille horde que nous composons, je suis reconnu pour être le plus secoué et aussi le plus baratineur, capable de charmer l’autorité au moment où elle risque de s’abattre implacablement, ou de négocier pour obtenir une autorisation quelconque.

Je fais d’ailleurs officiellement mes preuves dans l’art de palabrer. Un jour, je passe devant l’annonce d’un concours organisé par les forains sur la place du village : celui du meilleur bonimenteur local. Mon sang ne fait qu’un tour, et je me présente tout naturellement, seul gamin au milieu de grands alléchés, eux, par les lots, tandis que je le suis seulement par la gloire.

Il s’agit de vendre le produit qu’on m’impose. Le mien a de quoi faire rire un môme : je dois vanter les bienfaits du slip. Toute mon éloquence pour un sous-vêtement !

Comme mes parents m’en ont toujours montré l’exemple, je prends alors le parti de jouer de la cocasserie de l’exploit à accomplir et demeure optimiste quant à mes chances d’en sortir vainqueur. Car, malgré les apparences, j’ai un immense avantage à devoir valoriser le slip : la familiarité.

Des slips, j’en porte tous les jours, des blancs de préférence. Autant dire que je suis incollable sur le produit. J’ai eu l’occasion de remarquer, par exemple, l’importance des élastiques, ou de la taille des trous pour les jambes, ou du volume de tissu devant, ou même derrière. Et cette intimité que j’entretiens, par force, avec les slips, je saurai la partager avec les gens qui m’écouteront en parler. Tout le monde connaît le moment embarrassant du slip qui lâche ou qui se met en boule sous le pantalon, ou qui remonte trop haut sur la taille en irritant la raie des fesses. Alors, il ne sera pas si compliqué de faire acheter à des gens quelque chose dont ils ne peuvent se passer et avec lequel il leur arrive d’avoir de petits tracas.

Mes arguments et ma force de persuasion me permettent d’atteindre la première marche du podium, avec fierté et un fou rire qui pointe, sous l’œil écarquillé de mes amis sidérés.

Читать дальше
Тёмная тема
Сбросить

Интервал:

Закладка:

Сделать

Похожие книги на «Mille vies valent mieux qu'une»

Представляем Вашему вниманию похожие книги на «Mille vies valent mieux qu'une» списком для выбора. Мы отобрали схожую по названию и смыслу литературу в надежде предоставить читателям больше вариантов отыскать новые, интересные, ещё непрочитанные произведения.


Jean-Paul Sartre - No Exit
Jean-Paul Sartre
Jean-Paul Sartre - Les Mots
Jean-Paul Sartre
Jean-Paul Sartre - La Náusea
Jean-Paul Sartre
libcat.ru: книга без обложки
Jean-Paul Maas
Walerij Seliwanow - Jean-Paul Belmondo
Walerij Seliwanow
Jean Paul - Siebenkäs
Jean Paul
Jean-Paul Thommen - Gamebreaker
Jean-Paul Thommen
Jean Paul - Quintus Fixlein
Jean Paul
Отзывы о книге «Mille vies valent mieux qu'une»

Обсуждение, отзывы о книге «Mille vies valent mieux qu'une» и просто собственные мнения читателей. Оставьте ваши комментарии, напишите, что Вы думаете о произведении, его смысле или главных героях. Укажите что конкретно понравилось, а что нет, и почему Вы так считаете.

x