Jean-Marie Le Clézio - Diego et Frida

Здесь есть возможность читать онлайн «Jean-Marie Le Clézio - Diego et Frida» весь текст электронной книги совершенно бесплатно (целиком полную версию без сокращений). В некоторых случаях можно слушать аудио, скачать через торрент в формате fb2 и присутствует краткое содержание. Город: Paris, Год выпуска: 1995, ISBN: 1995, Издательство: Éditions Gallimard, Жанр: Биографии и Мемуары, Публицистика, на французском языке. Описание произведения, (предисловие) а так же отзывы посетителей доступны на портале библиотеки ЛибКат.

Diego et Frida: краткое содержание, описание и аннотация

Предлагаем к чтению аннотацию, описание, краткое содержание или предисловие (зависит от того, что написал сам автор книги «Diego et Frida»). Если вы не нашли необходимую информацию о книге — напишите в комментариях, мы постараемся отыскать её.

Lorsque Frida annonce son intention d'épouser Diego Rivera, son père a ce commentaire acide : « ce seront les noces d'un éléphant et d'une colombe ». Tout le monde reçoit avec scepticisme la nouvelle du mariage de cette fille turbulente mais de santé fragile avec le « génie » des muralistes mexicains, qui a le double de son âge, le triple de son poids, une réputation d'« ogre » et de séducteur, ce communiste athée qui ose peindre à la gloire des Indiens des fresques où il incite les ouvriers à prendre machettes et fusils pour jeter à bas la trinité démoniaque du Mexique — le prêtre, le bourgeois, l'homme de loi.
Diego et Frida raconte l'histoire d'un couple hors du commun. Histoire de leur rencontre, le passé chargé de Diego et l'expérience de la douleur et de la solitude pour Frida. Leur foi dans la révolution, leur rencontre avec Trotski et Breton, l'aventure américaine et la surprenante fascination exercée par Henry Ford. Leur rôle enfin dans le renouvellement du monde de l'art.
Étrange histoire d'amour, qui se construit et s'exprime par la peinture, tandis que Diego et Frida poursuivent une œuvre à la fois dissemblable et complémentaire. L'art et la révolution sont les seuls points communs de ces deux êtres qui ont exploré toutes les formes de la déraison. Frida est, pour Diego, cette femme douée de magie entrevue chez sa nourrice indienne et, pour Frida, Diego est l'enfant tout-puissant que son ventre n'a pas pu porter. Ils forment donc un couple indestructible, mythique, aussi parfait et contradictoire que la dualité mexicaine originelle, Ometecuhtli et Omecihuatl.

Diego et Frida — читать онлайн бесплатно полную книгу (весь текст) целиком

Ниже представлен текст книги, разбитый по страницам. Система сохранения места последней прочитанной страницы, позволяет с удобством читать онлайн бесплатно книгу «Diego et Frida», без необходимости каждый раз заново искать на чём Вы остановились. Поставьте закладку, и сможете в любой момент перейти на страницу, на которой закончили чтение.

Тёмная тема
Сбросить

Интервал:

Закладка:

Сделать

Frida, au contraire, se rend à Paris alors que sa vie et son art ont atteint la maturité. Elle y va à son corps défendant, à l’invitation d’André Breton et des surréalistes qui veulent la rallier à leur bannière défleurie. Elle y reste peu de temps, déteste Paris et le milieu artiste, « este pinche Paris » — ce foutu Paris, écrit-elle à ses amis —, et revient au Mexique convaincue de l’abîme qui la sépare de l’Europe et des conventionnels de la révolte intellectuelle. Pour elle, l’Europe — la France particulièrement —, n’est pas fondamentalement différente de la « Gringolandia », qu’elle a connue avec Diego à San Francisco, à Detroit, à New York. L’absence de Diego a rendu nul tout bénéfice de l’aventure.

Diego, lui, reste marqué toute sa vie par l’expérience européenne. À peine sorti de l’adolescence et de l’Académie de San Carlos, il décide de partir pour l’Espagne. Pour échapper à sa famille, pour fuir les difficultés financières (la fin du règne de don Porfirio n’est pas favorable aux artistes) mais aussi pour se ressourcer, se mesurer aux grands maîtres de l’art. En 1909, date du premier voyage, l’art ne s’exporte guère. Les chefs-d’œuvre des musées ne voyagent pas, il n’y a pas de reproductions, les copies sont fades. Pour voir El Greco, Goya, Velázquez, Raphaël, Rembrandt, Brueghel, Bosch, Van Eyck ou Michel-Ange, il faut aller dans les musées. La bourse d’études obtenue auprès du gouverneur de l’État de Veracruz, Teodoro A. Dehesa, et les récits faits par le peintre Murillo (le « docteur » Atl) propulsent le jeune Diego (il a vingt-trois ans) vers l’Europe de la Belle Époque et de l’avant-guerre.

L’Espagne, c’est d’abord l’occasion de voir les grands maîtres, les grands chefs-d’œuvre : à Madrid, au musée du Prado, les peintures de Goya, de Velázquez. Diego ressent une telle admiration pour l’œuvre de Goya qu’il cherche même à le copier — il voudrait être un faussaire ! — , mais doit vite se résoudre à la vérité : il ne pourra jamais imiter à la perfection. Mais il y a autre chose. L’Espagne, au début du siècle, c’est la « terre des contrastes », la juxtaposition des richesses les plus fabuleuses, l’héritage de l’empire de Charles Quint et d’Isabel, et de la plus extrême pauvreté. Dans les paysans d’Estrémadure et les ouvriers agricoles de Catalogne, il voit les frères des peones de la vallée de Mexico, des plantations de canne à sucre du Veracruz ou du Morelos, et les pauvres Indiens maniant le tlacol, le bâton à planter, du Guerrero ou du Michoacán. C’est cette rencontre qui marque son imagination, le rend sensible à la fraternité des peuples démunis, à cette haine de l’aristocratie espagnole qu’on retrouvera plus tard dans ses fresques de la Conquête à Chapingo.

Mais l’Espagne ne lui suffit pas. En ces années 1909-10, la capitale internationale de l’art, c’est Paris. Et le centre de cette capitale, c’est Montparnasse. Muni de son faible viatique, Diego s’installe là, précisément, à Montparnasse, d’abord dans une pension, puis dans un atelier qu’il loue, rue du Départ.

C’est au cours d’un voyage à Bruxelles qu’il fait la connaissance d’Angelina Beloff, une jeune Russe au type très pur, longs cheveux très blonds et yeux très bleus, « douce, sensible, honnête jusqu’à un point invraisemblable », comme il la décrira plus tard, artiste peintre comme lui. Elle tombe sous le charme de Diego, et choisit — l’expression qu’il utilisera traduit bien sa tranquille cruauté — « pour son plus grand malheur de devenir ma femme légitime ». Angelina partage avec lui les enthousiasmes et les difficultés de la vie à Paris. Elle aime à la folie ce jeune peintre, si différent d’elle-même, ce géant mexicain emporté, violent, parfois si immature, et qui l’éblouit de son génie sombre et baroque.

Plus tard, Frida ne pourra ignorer cette autre vie qu’il a connue durant quatorze années à Paris, cette autre vie qui s’est accomplie au moment de sa propre naissance. En 1915, alors que Frida n’est encore qu’une enfant, Angelina accouche d’un garçon, le seul fils de Diego, qui meurt peu après. Sans doute pour effacer ce souvenir, Frida, alors qu’elle n’a pas encore rencontré Diego, décide qu’elle sera la mère de son fils et l’annonce par bravade à ses camarades de la Prepa. Il y a tant de fantômes déjà, autour de Diego.

Mais Paris, c’est aussi l’école de la peinture. Diego Rivera a raconté le choc qu’il reçut, dès son arrivée dans la capitale, en découvrant la peinture de Cézanne exposée dans la vitrine du marchand Ambroise Vollard : « J’ai commencé à regarder le tableau vers onze heures du matin. À midi, Vollard est sorti pour aller déjeuner en fermant la porte de sa galerie. Quand il est revenu, environ une heure plus tard, et qu’il m’a trouvé encore plongé dans la contemplation du tableau, Vollard m’a jeté un coup d’œil féroce. De son bureau, il me surveillait, me regardant de temps en temps. J’étais si mal habillé qu’il devait penser que j’étais un voleur. Puis, tout à coup, Vollard s’est levé, a pris un autre Cézanne au milieu de sa boutique et l’a placé dans la vitrine à la place du premier. Au bout d’un instant, il a remplacé la seconde toile par une troisième. Puis il a apporté successivement trois autres Cézanne. Maintenant, la nuit tombait. Vollard a allumé les lampes dans la vitrine et a placé un autre Cézanne. […] Finalement, il est venu sur le seuil, et il a crié : “Vous comprenez, je n’en ai plus !” » Diego ajoute que, rentrant chez lui à deux heures et demie du matin, il fut pris de fièvre et de délire, dus à la fois au froid des rues de Paris et au choc des tableaux de Cézanne.

Entre ses deux séjours à Paris, Diego Rivera, de retour au pays natal, est témoin de l’un des événements les plus importants de l’histoire moderne — la Révolution mexicaine de 1910, qui fut la mère de toutes les révolutions populaires. C’est l’année que Frida choisira plus tard comme année de sa naissance (en réalité, elle était alors déjà âgée de trois ans). La Révolution avança à la vitesse de l’éclair, et laissa en dehors tous ceux qu’elle n’avait pas consumés : sympathisants, artistes, intellectuels, pour la plupart issus de la bourgeoisie. L’épopée révolutionnaire avec Francisco Villa et Emiliano Zapata, les caudillos issus du peuple, ne laisse pas indifférents Diego Rivera, ni son ami José Vasconcelos. Mais ils ne peuvent y prendre part, et lorsque l’ordre revient, sous la présidence de Francisco I. Madero, ils ont le sentiment que peu de chose a changé. De là où ils sont — dans une position de privilégiés — ils ne peuvent percevoir véritablement la puissance du choc qui vient de bouleverser la société mexicaine et dont l’onde va parcourir le reste du monde. La chute du vieil autocrate Porfirio Díaz, exilé à Paris, peut alors leur sembler un événement sans grandes conséquences, et il faudra les dix années de mûrissement parisien pour que le peintre comprenne le rôle que la Révolution a joué dans son pays, et le rôle qu’il doit jouer dans cette Révolution.

Frida, elle, n’aura nul besoin de cette maturation. Elle appartient à la génération qui est née avec la Révolution et a grandi avec elle. Les idées nouvelles, elle les porte dans sa chair, dans ses sentiments. C’est aussi pourquoi Diego lui apparaîtra comme une sorte de héros de légende, lui qui a tout vu, qui était dans les rues de Mexico quand les paysans en pyjama blanc armés de machettes défilaient avec Zapata, lui qui a connu les révolutionnaires russes, qui a rencontré Staline !

Paris, dans l’hiver de 1911, quand Diego débarque pour la seconde fois, est aussi la ville de la révolution, non d’une révolution sociale, mais du plus grand bouleversement qu’ait connu l’histoire de l’art, quand sont en train de se construire symétriquement les fondations du modernisme en peinture, en architecture, en musique, en poésie, en littérature : l’anarchisme esthétique du mouvement dada, qui prépare le courant surréaliste, et les nouvelles idées de la peinture, qui tournent autour de l’art provocateur et visionnaire de Pablo Picasso.

Читать дальше
Тёмная тема
Сбросить

Интервал:

Закладка:

Сделать

Похожие книги на «Diego et Frida»

Представляем Вашему вниманию похожие книги на «Diego et Frida» списком для выбора. Мы отобрали схожую по названию и смыслу литературу в надежде предоставить читателям больше вариантов отыскать новые, интересные, ещё непрочитанные произведения.


Jean-Marie Le Clézio - Poisson d'or
Jean-Marie Le Clézio
Jean-Marie Le Clézio - Ourania
Jean-Marie Le Clézio
Jean-Marie Le Clézio - Le chercheur d'or
Jean-Marie Le Clézio
Jean-Marie Le Clézio - Étoile errante
Jean-Marie Le Clézio
Jean-Marie Le Clézio - Désert
Jean-Marie Le Clézio
Jean-Marie Le Clézio - Tempête. Deux novellas
Jean-Marie Le Clézio
Jean-Marie Le Clézio - Printemps et autres saisons
Jean-Marie Le Clézio
Jean-Marie Le Clézio - La ronde et autres faits divers
Jean-Marie Le Clézio
Jean-Marie Le Clézio - The African
Jean-Marie Le Clézio
Jean-Marie Le Clézio - Coeur brûle et autres romances
Jean-Marie Le Clézio
Jean-Marie Le Clézio - Fièvre
Jean-Marie Le Clézio
Jean-Marie Le Clézio - La quarantaine
Jean-Marie Le Clézio
Отзывы о книге «Diego et Frida»

Обсуждение, отзывы о книге «Diego et Frida» и просто собственные мнения читателей. Оставьте ваши комментарии, напишите, что Вы думаете о произведении, его смысле или главных героях. Укажите что конкретно понравилось, а что нет, и почему Вы так считаете.

x