Jean-Marie Le Clézio - Diego et Frida

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Lorsque Frida annonce son intention d'épouser Diego Rivera, son père a ce commentaire acide : « ce seront les noces d'un éléphant et d'une colombe ». Tout le monde reçoit avec scepticisme la nouvelle du mariage de cette fille turbulente mais de santé fragile avec le « génie » des muralistes mexicains, qui a le double de son âge, le triple de son poids, une réputation d'« ogre » et de séducteur, ce communiste athée qui ose peindre à la gloire des Indiens des fresques où il incite les ouvriers à prendre machettes et fusils pour jeter à bas la trinité démoniaque du Mexique — le prêtre, le bourgeois, l'homme de loi.
Diego et Frida raconte l'histoire d'un couple hors du commun. Histoire de leur rencontre, le passé chargé de Diego et l'expérience de la douleur et de la solitude pour Frida. Leur foi dans la révolution, leur rencontre avec Trotski et Breton, l'aventure américaine et la surprenante fascination exercée par Henry Ford. Leur rôle enfin dans le renouvellement du monde de l'art.
Étrange histoire d'amour, qui se construit et s'exprime par la peinture, tandis que Diego et Frida poursuivent une œuvre à la fois dissemblable et complémentaire. L'art et la révolution sont les seuls points communs de ces deux êtres qui ont exploré toutes les formes de la déraison. Frida est, pour Diego, cette femme douée de magie entrevue chez sa nourrice indienne et, pour Frida, Diego est l'enfant tout-puissant que son ventre n'a pas pu porter. Ils forment donc un couple indestructible, mythique, aussi parfait et contradictoire que la dualité mexicaine originelle, Ometecuhtli et Omecihuatl.

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RENCONTRE AVEC L’OGRE

Diego rencontre Frida pour la première fois en 1923, alors qu’il commence à travailler sur les fresques commandées par le ministère de l’Éducation pour la Preparatoria, le collège de Mexico qui forme les futurs étudiants de l’université. Plus tard, Diego racontera à sa façon cet épisode qui a transformé toute sa vie, et qui comptera comme l’instant le plus important de l’existence de Frida.

Alors qu’il travaille dans l’amphithéâtre Bolívar, la grande salle de réception qui sert également pour les concerts et les représentations destinés aux élèves de la Prepa, une voix moqueuse résonne, provenant de derrière les piliers, une voix qui crie : « Attention, Diego, Nahui arrive ! » — Nahui Olín est un modèle de Diego, son vrai nom est Carmen Mondragón, elle est la maîtresse du peintre Murillo, le célèbre « docteur » Atl, et peintre elle-même. Lupe Marín, la femme avec qui vit Diego en ce moment, doit en être particulièrement jalouse. Un autre jour, Diego est en train de peindre Nahui Olín, et il entend la même voix railleuse : « Attention, Diego ! Lupe arrive ! » Un soir, alors qu’il travaille en haut de l’échafaudage, et que Lupe Marín est assise dans la salle en train de broder, il y a un bruit de voix de l’autre côté des portes de l’amphithéâtre, et tout à coup une jeune fille fait irruption, comme si elle avait été poussée dans la salle.

Diego regarde avec étonnement cette « fille de dix-douze ans » (en fait elle en a quinze) vêtue de l’uniforme des collégiennes, et pourtant si différente des autres. « Elle avait un air de dignité et d’assurance tout à fait inhabituel, un feu étrange brûlait dans son regard. Sa beauté était celle d’une enfant, et pourtant ses seins étaient déjà bien développés. » Ainsi se souvient Diego, lorsqu’il raconte sa vie à Gladys March, entre 1944 et 1957 [2] Diego Rivera, My Art, my Life , The Citadel Press, New York, 1960, p. 129. . L’affrontement avec Lupe Marín, mains sur les hanches, regard contre regard, qui suit l’entrée de Frida dans l’amphithéâtre, est peut-être bien inventé. Tout se perd dans la brume du souvenir, tout est à la fois véridique et mythique dans cette première rencontre qui met en présence, comme par une nécessité de la destinée, l’enfant-diablesse, vive et légère comme une danseuse, espiègle et sérieuse, et brûlant en effet de la flamme de l’absolu, et l’ogre dévoreur de femmes et acharné au travail.

De cette rencontre tout va naître, dans ce Mexique post-révolutionnaire où tant d’événements et tant d’idées se heurtent et se fécondent. C’est cette rencontre aussi qui va changer toute la vie de Diego, la faire accéder à une dimension de lui-même qu’il n’avait pas imaginée, et faire de cette jeune fille l’une des créatrices les plus originales et les plus puissantes de l’art moderne.

Alors il se passe vraiment quelque chose d’extraordinaire et d’exceptionnel dans la grande salle de l’amphithéâtre Bolívar, tandis que Frida tient tête au géant en équilibre sur l’échafaudage, en train d’ébaucher la fresque de la création de l’homme, et qu’elle ose lui demander de rester à le regarder travailler. Cet air de « dignité » dont il parle, c’est-à-dire le regard droit et dur de l’enfance, et cette grâce de jeune fille qui trouble les sens du séducteur, le retiennent déjà sans que ni lui ni elle en soient vraiment conscients. Plus tard, quand il s’en souviendra, Diego comprendra l’importance de cette rencontre qu’il n’attendait pas et qui lui a échappé, et pour cela il voudra la revivre, la raconter mieux, à sa façon, lorsque la liberté qui suivra la rupture avec Lupe Marín lui permettra de recommencer l’aventure depuis son commencement.

En 1928, alors que Diego travaille aux fresques commandées par le ministère de l’Éducation, des peintures sombres, inspirées par la lourdeur tragique de la Révolution russe, du haut de son échafaudage il voit « une jeune fille de dix-huit ans environ. Elle avait un beau corps nerveux, et son visage était délicat. Ses cheveux étaient longs, et d’épais sourcils noirs se rejoignaient à la naissance du nez, semblables aux ailes d’un merle, deux arcs noirs enserrant des yeux bruns extraordinaires », et il ne reconnaît pas l’enfant qui l’a défié dans le théâtre.

Si elle n’a pas eu lieu tout à fait dans les circonstances que le peintre rapporte, il se plaît à raconter ainsi cette deuxième rencontre qui scelle définitivement leur destinée, parce qu’elle rejoint la première. Maintenant, quelque chose a changé. L’enfant railleuse qui faisait résonner sa voix derrière les colonnes de la grande salle Bolívar de la Prepa de Mexico est devenue une jeune fille qui, en l’espace de cinq ans, a connu les souffrances les plus extrêmes et est devenue peintre à son tour. Elle a brûlé les étapes pour rejoindre l’homme qu’elle admire, dont elle a décidé qu’elle serait la femme, et dont elle porterait les enfants. La peinture, pour Frida, c’est sans doute avant tout le moyen de cette rencontre, une autre façon, plus forte, plus douloureuse, plus audacieuse encore, de pousser les portes de l’amphithéâtre et de faire irruption dans la vie de celui qu’elle a choisi.

Diego ne peut pas ne pas être séduit par tant d’audace, tant de volonté dans un corps si frêle, si léger, et par cette flamme impérieuse dans le sombre regard qui se fixe sur lui. Il descend lentement de l’échafaudage, il marche vers elle. Il ne la reconnaît pas tout de suite, parce que ces cinq années, passées si vite pour cet homme de quarante-deux ans, ont été longues et lourdes pour Frida, ont changé l’adolescente en femme. Puis, tout à coup, alors qu’elle lui parle de sa peinture, de son désir de vivre la vie d’une artiste, le souvenir s’éclaire : c’est bien elle, la jeune fille piquante, insolente, qui avait défié du regard Lupe Marín, sa compagne d’alors, déjà comme une rivale, qui l’avait provoquée et lui avait tenu tête, au point que Lupe, malgré l’emportement de son caractère, en avait été décontenancée, et n’avait pu s’empêcher de commenter, avec un petit rire qui signifiait sa défaite : « Regarde cette fille ! Petite comme elle est, et elle n’a pas peur d’une femme grande et forte comme moi. »

Peut-être que tout cela a été inventé par Diego, comme un roman de sa propre vie. Mais, cinq ans plus tard, quand Frida le rencontre à nouveau, devant l’échafaudage du ministère de l’Éducation, Lupe Marín glisse hors du monde de Diego. Il veut être libre. Elle le sait, elle sait que maintenant elle peut l’attacher à son regard, qu’elle peut être sienne.

Quand Frida rencontre Diego pour la deuxième fois, en bas de l’échafaudage (ou plus vraisemblablement chez la photographe italienne Tina Modotti, comme Frida elle-même l’a raconté plus tard), Diego est un homme qui a déjà beaucoup vécu. Pesant, gigantesque — Frida se moque de lui en parlant d’« éléphant » —, il a plus du double de son âge (quarante-deux ans !), il a déjà été marié deux fois, il a eu quatre enfants, un fils d’Angelina, Marieka, née de sa maîtresse Marievna — qu’il n’a jamais voulu reconnaître, prétendant qu’elle était la « fille de l’armistice », conçue dans la liesse de la fin de la guerre — et les deux filles de Lupe Marín.

Pourtant, il étonne par son visage enfantin, ce front proéminent et lisse, « un dôme immense », dit Edward Weston dans son journal ; visage où toutes les races sont écrites dans la race cosmique inventée par José Vasconcelos, éclairé par des yeux très grands et excessivement écartés, un air doux et un peu égaré, une réserve qui doit aller jusqu’à la timidité, et, par-dessus tout cela, beaucoup de légèreté. Anita Brenner, pour présenter le peintre muraliste à ses compatriotes new-yorkais, fera de lui un portrait saisissant (« Féroce croisé du pinceau », dans le New York Times d’avril 1933) : « Il a, écrit-elle, la douceur et la corpulence de l’Italien, la langue bien pendue et l’air savant de l’Espagnol, la couleur de peau et les petites mains carrées de l’Indien mexicain, le regard vif et intelligent du Juif, les silences du Russe […] et cette qualité unique chez lui, un charme généreux, un esprit onctueux, une façon d’apprivoiser les idées qui donne à chaque interlocuteur l’impression qu’il ne s’adresse qu’à lui. » Et elle ajoute : « Il insiste bien sur le fait qu’il n’a rien d’un Anglo-Saxon. »

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