Pancol,Katherine - Les yeux jaunes des crocodiles

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— Shirley !

— Joséphine, qu’est-ce qui te choque ? Il a quinze ans, ce n’est plus un bébé !

— Il n’aura plus aucune poésie, ton garçon, si tu lui dis tout, lui montres tout, lui expliques tout.

— La poésie, mon cul ! C’est juste un truc qu’on a inventé pour t’entuber. Tu connais des relations poétiques, toi ? Moi, je connais que des arnaques et des carnages.

— Shirley, tu es dure !

— Et toi, Joséphine, tu es dangereuse avec tes illusions… Alors t’en es où ?

— J’ai l’impression de vivre à cent à l’heure depuis ce matin. Antoine est parti. Enfin, je l’ai poussé dehors… Je l’ai dit à ma sœur, je l’ai dit aux filles ! Mon Dieu ! Shirley, j’ai fait une grosse bêtise, je crois.

Elle se frotta les bras de ses mains comme pour se réchauffer, malgré la chaleur de cette journée de mai. Shirley lui tendit une chaise et lui intima l’ordre de s’asseoir.

— Tu n’es pas la première femme abandonnée du XXI e siècle ! On est un paquet ! Et je vais te dire un secret : on survit et même, on survit très bien. Les débuts sont difficiles, c’est vrai, mais après, on ne peut plus s’en passer d’être toute seule. On boute le mâle dehors une fois qu’il nous a remplies, comme les femelles dans le règne animal. C’est un vrai régal ! Moi, parfois, il me vient l’envie de me cuisiner des petits dîners à la chandelle, rien que pour moi et moi…

— J’en suis pas là…

— Je vois bien. Allez, raconte… Depuis le temps que ça devait arriver ! Gary, c’est bientôt l’heure de partir à l’école, tu t’es lavé les dents ? Tout le monde le savait sauf toi. C’était indécent.

— C’est ce que m’a dit Hortense… Tu te rends compte ? Ma fille de quatorze ans savait ce que moi j’ignorais ! Je devais passer pour une abrutie, en plus d’être cocue. Mais je vais te dire, maintenant je m’en fiche et je me demande même si je n’aurais pas préféré ne rien savoir du tout…

— Tu m’en veux de t’avoir parlé ?

Joséphine contempla le visage si pur, si doux de son amie, les minuscules taches de son sur le nez court et légèrement retroussé, les yeux miel brûlés de vert étirés en masque et secoua lentement la tête.

— Je ne pourrai jamais t’en vouloir. Il n’y aucune malice en toi. Tu dois être la personne la plus gentille au monde. Et puis cette fille, Mylène, elle n’y est pour rien ! Et lui, s’il avait continué à travailler, il ne l’aurait même pas regardée. C’est… ce qui est arrivé dans son boulot, le fait d’être laissé sur le bord de la route à quarante ans, c’est pas humain, ça !

— Arrête, Jo. Tu es en train de t’attendrir. Bientôt, ça va être de ta faute !

— En tous les cas, c’est moi qui l’ai mis à la porte. Je m’en veux, Shirley. J’aurais dû avoir plus de compréhension, plus de tolérance…

— Jo, tu mélanges tout. Si c’est arrivé aujourd’hui, c’est que ça devait arriver… qu’il valait mieux en finir avant que vous ne puissiez plus vous supporter ! Allez, reprends-toi… Chin up !

Joséphine hocha la tête, incapable d’articuler un mot.

— Regardez-moi cette femme exceptionnelle : elle est sur le point de mourir de trouille parce qu’un homme l’a quittée ! Allez, un petit café, une grosse barre de chocolat et tu verras, tout ira mieux.

— Je ne crois pas, Shirley. J’ai si peur ! Qu’est ce qu’on va devenir ? Je n’ai jamais vécu seule. Jamais ! Je n’y arriverai pas. Et les filles ? Va falloir que je les élève sans leur père pour m’aider… J’ai si peu d’autorité.

Shirley s’immobilisa, s’approcha de son amie et, la prenant par les épaules, la força à la regarder.

— Jo, dis-moi exactement ce qui te fait peur ? Quand on a peur, il faut toujours regarder sa peur en face et lui donner un nom. Sinon, elle vous écrase et vous emporte comme une vague scélérate…

— Non, pas maintenant ! Laisse-moi… J’ai pas envie de réfléchir.

— Si, dis-moi exactement ce qui te fait peur…

— Tu ne m’avais pas parlé d’un café et d’un carré de chocolat ?

Shirley sourit et tourna la tête vers la cafetière.

— Okay… mais tu ne t’en tireras pas comme ça.

— Shirley, tu mesures combien exactement ?

— Un mètre soixante-dix-neuf, mais n’essaie pas de changer de conversation… je te fais de l’arabica ou du mozambique ?

— Ce que tu veux… je m’en fiche.

Shirley sortit un paquet de café, un moulin en bois, le remplit, s’assit sur un tabouret, cala le moulin entre ses longues cuisses et se mit à tourner d’un geste régulier sans lâcher son amie des yeux. Elle disait que moudre le grain à la main revenait à moudre ses pensées.

— Je te trouve si jolie assise comme ça, en tablier et…

— Pas de fuite dans les compliments.

— Et je me trouve si moche.

— Ce n’est pas ça qui te fait peur tout de même ?

— Qui t’a appris à être si directe, ta mère ?

— La vie… on gagne du temps. Mais tu triches encore… T’arrêtes pas d’éviter le sujet.

Alors Joséphine releva les yeux vers Shirley et, serrant ses poings entre ses cuisses, elle se mit à parler, parler à toute vitesse, en bafouillant, en se reprenant, en répétant toujours la même chose.

— J’ai peur, j’ai peur de tout, je suis une boule de peur… Je voudrais mourir, là, tout de suite, et ne plus avoir à m’occuper de quoi que ce soit.

Shirley la contempla un long moment, l’encourageant de ses yeux qui disaient : allez, allez, vas-y, précise.

— J’ai peur de ne pas y arriver, j’ai peur de finir sous les ponts, j’ai peur d’être expulsée, j’ai peur de ne plus jamais aimer, j’ai peur de perdre mon boulot, j’ai peur de ne plus avoir la moindre idée, j’ai peur de vieillir, j’ai peur de grossir, j’ai peur de mourir toute seule, j’ai peur de ne plus jamais rire, j’ai peur du cancer du sein, j’ai peur du lendemain…

Allez, allez, disait le regard de Shirley en entraînant le moulin à café, vide l’abcès, dis-moi ta plus grosse peur… celle qui te paralyse et t’empêche de grandir, de devenir la Jo magnifique, imbattable sur le Moyen Âge et les cathédrales, les seigneurs et les châteaux forts, les serfs et les commerçants, les dames et les demoiselles, les clercs et les prélats, les sorcières et les gibets, celle qui raconte si bien le Moyen Âge que, parfois, j’ai envie d’y retourner… Je sens un manque, une blessure, un affolement en toi qui te rendent bancale, et te courbent le dos. Je t’observe depuis sept ans que nous habitons sur le même palier, que tu viens prendre des cafés et papoter quand il n’est pas là…

— Allez, murmura Shirley, vide ton sac.

— Je me trouve moche, si moche. Je me dis que jamais plus un homme ne tombera amoureux de moi. Je suis grosse, je sais pas m’habiller, je sais pas me coiffer… Et je vais devenir de plus en plus vieille.

— Ça, c’est pour tout le monde pareil.

— Non, moi, ça va aller deux fois plus vite. Parce que, tu vois, je ne fais plus d’efforts, je me laisse aller. Je le sais bien…

— Et qui t’a mis ces idées noires dans la tête ? Lui, avant de partir ?

Joséphine secoua la tête en reniflant.

— J’ai pas besoin qu’on m’aide. J’ai qu’à me regarder dans une glace.

— Et quoi encore ? Qu’est-ce qui te fait le plus peur au monde ? Qu’est-ce qui te paraît impossible à affronter ?

Joséphine leva vers Shirley un regard interrogateur.

— Tu ne le sais pas ?

Joséphine fit non de la tête. Shirley la regarda longuement au fond des yeux puis soupira :

— C’est quand tu auras identifié cette peur-là, cette peur à l’origine de toutes les autres, que tu n’auras plus peur du tout et que tu deviendras enfin toi-même.

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