Pancol,Katherine - Les yeux jaunes des crocodiles

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— Shirley, tu parles comme une prédicatrice…

— Ou une sorcière. Au Moyen Âge, on m’aurait brûlée !

Et c’était, il est vrai, un spectacle étrange que ces deux femmes dans la cuisine au milieu des casseroles qui fumaient, des couvercles qui tressautaient, l’une, les reins ceints d’un large tablier, le dos droit, serrant un moulin à café entre ses longues cuisses, et l’autre chiffonnée, rouge, enroulée sur elle-même, se recroquevillant au fur et à mesure qu’elle parlait… pour ne plus parler du tout, et finir par s’effondrer sur la table et pleurer, pleurer pendant que l’autre la regardait, navrée, puis étendait une main et lui caressait la tête comme on fait à un bébé pour le rassurer.

— Tu fais quoi ce soir ? demanda Bérengère Clavert à Iris Dupin en repoussant le morceau de pain, loin de son assiette. Parce que si tu es libre, on pourrait aller ensemble au vernissage de Marc.

— J’ai un dîner de famille à la maison. C’est ce soir le vernissage de Marc ? Je croyais que c’était la semaine prochaine…

Elles s’étaient retrouvées dans ce restaurant à la mode comme elles le faisaient chaque semaine. Autant pour se parler que pour suivre l’actualité en train de se faire et se défaire sous leurs yeux. Des hommes politiques qui se chuchotaient des informations, une starlette qui agitait ses lourds cheveux pour impressionner un metteur en scène, un, deux, trois mannequins extraplates dont les hanches venaient cogner contre la table, un vieil habitué, seul, attablé, qui, tel un crocodile dans le marigot, guettait le ragot à mastiquer.

Bérengère avait repris le morceau de pain et l’évidait en le creusant à petits coups d’index impatients.

— Tout le monde m’attend au tournant. Chaque regard posé sur moi va être un pouls qu’on prendra pour tâter l’humeur de la bête. Ils vont rien dire, je les connais. Trop bien élevés ! Mais dans leurs yeux je lirai en morse : Comment elle va, la petite Clavert ? Pas trop triste de s’être fait larguer ? Prête à s’ouvrir les veines ? Marc paradera au bras de sa nouvelle copine… Et moi je serai malade. D’humiliation, de rage, d’amour et de jalousie.

— Je ne te savais pas capable de tant de sentiments.

Bérengère haussa les épaules. La rupture avec Marc avait été, quoi qu’elle en dise, suffisamment douloureuse pour ne pas y ajouter les épines d’une humiliation publique.

— Je les connais, tu sais. Ils vont être à l’affût ! Et je vais me ridiculiser…

— T’as qu’à prendre l’air dégagé et on te laissera tranquille. Tu sais si bien avoir l’air méchant, ma chérie. Tu n’auras aucun effort à faire !

— Comment peux-tu dire ça ?

— Parce que tu ne me feras pas confondre amour-propre et amour. Tu es vexée, mais pas blessée…

Bérengère écrasa la mie de pain sous son index droit, l’aplatit d’un coup sec puis la fit rouler jusqu’à ce qu’elle devienne un long serpent qui noircissait en se tortillant sur la nappe blanche ; puis, relevant brusquement la tête, elle jeta un regard de femelle meurtrie à son amie qui s’était baissée pour attraper le téléphone qui sonnait dans son sac.

Bérengère hésita entre répandre des larmes sur son propre sort ou riposter. Iris reposa l’appareil qui avait cessé de sonner et lui lança un coup d’œil ironique. Bérengère choisit de riposter. En se rendant à ce déjeuner, elle s’était promis de ne rien dire, de préserver son amie de la rumeur persistante qui courait dans Paris, mais Iris venait de la blesser avec une telle désinvolture, un tel mépris, qu’elle ne lui laissait plus le choix : elle allait frapper. Revanche ! Revanche ! criait tout son être. Après tout, se dit-elle pour achever de se convaincre, il vaut mieux qu’elle l’apprenne de ma bouche, tout Paris en parle et elle ne sait rien.

Ce n’était pas la première fois qu’Iris la blessait. C’était même de plus en plus fréquent. Bérengère ne supportait plus la cruauté distraite d’Iris qui lui balançait ses quatre vérités comme on balance la règle de trois à un cancre. Elle avait perdu son amant, certes, s’ennuyait avec son mari, c’était sûr, était embarrassée de ses quatre enfants, c’était fâcheux, raffolait des potins et des médisances, c’était évident, mais elle refusait de se laisser harceler sans broncher. Elle décida néanmoins de prendre son temps avant de décocher sa première flèche, posa les coudes sur la table, le menton sur ses mains, et dans un large sourire fit remarquer :

— Ce n’est pas très gentil ce que tu viens de dire.

— Peut-être pas gentil mais strictement exact, non ? Tu veux que je fasse semblant, que je te mente ? Que je te plaigne, aussi ?

Elle parlait d’une voix monocorde et lasse. Bérengère attaqua, mielleuse.

— Tout le monde ne peut pas avoir, comme toi, un mari beau, intelligent et riche ! Si Jacques ressemblait à Philippe, je n’aurais pas la moindre envie de faire des écarts. Je serais fidèle, belle, bonne… Et sereine !

— La sérénité n’engendre pas le désir, tu devrais le savoir. Ce sont deux notions totalement étrangères l’une à l’autre. On peut être sereine avec son mari et brûlante avec son amant…

— Parce que… tu as un amant, toi ?

La surprise déclenchée par la réponse d’Iris avait précipité, chez Bérengère, cette interrogation crue et directe. Iris la dévisagea, surprise. Bérengère l’avait habituée à plus de subtilité. Elle fut si choquée qu’elle recula dans sa chaise et répondit sans réfléchir :

— Et pourquoi pas ?

En une fraction de seconde, Bérengère s’était redressée et penchait vers Iris des yeux rétrécis en deux fentes brûlantes de curiosité ; ses lèvres se retroussèrent, prêtes à déguster le divin potin. Iris la regarda et remarqua que l’extrémité de la bouche se relevait sur le côté gauche. Car la femme juge impitoyablement le physique d’une autre femme, fût-elle son amie. Rien ne lui échappe et elle guette chez l’autre les signes d’un déclin qu’elle subit. Iris s’était toujours dit que ce regard-là était le ciment le plus solide de l’amitié féminine : quel âge a-t-elle ? Plus jeune, plus vieille ? De combien ? Tous ces calculs rapides, furtifs, faits et refaits entre deux bouchées, deux propos, pour se rassurer ou au contraire se désoler, établissaient des connivences silencieuses et des solidarités tacites.

— Tu t’es fait gonfler les lèvres ?

— Non… Mais dis-moi… Dis-moi…

Bérengère ne pouvait plus attendre, elle suppliait, trépignait presque, toute son attitude semblait dire : Je suis ta meilleure amie, tu me dois la primeur de l’information. Cette impatience provoqua un léger dégoût chez Iris qui tenta de le dissiper en pensant à autre chose. Son regard retomba sur l’arc de la bouche, renflé sur le côté.

— Alors pourquoi ça rebique ?

Elle posa le doigt sur la commissure gauche des lèvres de Bérengère et tapota le léger renflement. Bérengère, agacée, secoua la tête pour se dégager.

— Je te jure que ça fait bizarre, là, sur la gauche, tu as la lèvre qui remonte. Ou alors c’est la curiosité qui te déforme la bouche… Tu t’ennuies tant que ça pour happer le moindre potin et en faire un festin ?

— Arrête d’être méchante !

— Rassure-toi, je ne t’arriverai jamais à la cheville.

Bérengère se rejeta au fond de sa chaise et fixa la porte d’entrée, d’un air dégagé. Il y avait un monde fou dans ce restaurant, mais pas un seul visage connu. Pouvoir mettre un nom sur une chevelure ou un profil la rassurait, mais, ce jour-là, pas le moindre nom familier à laisser tomber dans l’escarcelle de sa curiosité. Est-ce moi ou cet endroit qui est passé de mode ? se demanda-t-elle en étreignant les accoudoirs de la chaise dont le dossier lui meurtrissait le dos.

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