Pancol,Katherine - Les yeux jaunes des crocodiles

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Elle resta assise, un long moment, réfléchissant à la conduite qu’il convenait d’adopter. Les minutes passaient, Hortense allait rentrer. Elle entendait la clé tourner dans la porte, elle entendait les premiers mots d’Hortense, tu es encore debout, tu n’es pas couchée, tu te faisais du souci pour moi ? Ma pauvre mère ! Alors tu m’as trouvée comment ? J’étais belle ? Intéressante ? Il fallait que je le dise, tu allais encore te faire avoir… J’en ai marre que tu te fasses avoir ! Elle partirait dans sa chambre et elle s’enfermerait.

Elle luttait contre le découragement qui la gagnait.

Elle poussa la fenêtre vitrée du balcon et s’appuya sur la balustrade. Les plantes vertes étaient mortes depuis longtemps, elle avait oublié d’enlever les pots. Les tiges jaunes et noires se dressaient comme de pauvres morceaux de bois calcinés, un vieux terreau de feuilles mortes formait une bouillie infâme au pied des tiges. C’est tout ce qu’il reste d’Antoine, soupira-t-elle en les effleurant de la main. Il aimait tellement s’occuper de ses plantes. Le camélia blanc… Il y passait des heures. Dosait l’engrais, installait des tuteurs, vaporisait l’eau minérale. Me disait leur nom en latin, m’indiquait leurs dates de floraison, m’expliquait comment les bouturer. Quand il est parti, il m’a recommandé de bien m’en occuper. Elles sont mortes.

Elle se redressa et aperçut les étoiles dans le ciel. Elle pensa à son père, elle se mit à parler tout haut.

— Elle ne sait pas, vous savez, elle est si jeune, elle n’a pas encore touché la vie. Elle croit tout savoir, elle juge, elle me juge… C’est de son âge, c’est normal. Elle aurait préféré avoir Iris comme mère ! Mais qu’est-ce qu’elle a de plus que moi, Iris ? Elle est belle, elle est très belle, la vie lui est facile… C’est cette petite différence-là qu’elle voit, ma fille. Et elle ne voit que ça ! Ce petit plus qui est si injuste, qu’on reçoit à la naissance, on ne sait pas pourquoi, et qui facilite toute une vie ! Mais la tendresse, l’amour que je lui porte depuis qu’elle est née… Elle le voit pas. Pourtant elle en est pétrie ! Cet amour que je lui donne depuis qu’elle est toute petite, cet amour qui me faisait me relever la nuit quand elle faisait un mauvais rêve, qui me nouait le ventre quand elle rentrait triste de l’école, qu’on lui avait mal parlé, qu’on l’avait mal regardée ! Je voulais prendre toutes ces souffrances pour qu’elle n’ait pas de peine, qu’elle aille de l’avant, insouciante et légère… J’aurais donné ma vie pour elle. Je le faisais avec maladresse, mais c’est parce que je l’aimais. On est toujours maladroit avec les gens qu’on aime. On les écrase, on les encombre avec notre amour… On ne sait pas y faire. Elle croit que l’argent peut tout, que l’argent donne tout, mais ce n’est pas l’argent qui faisait que j’étais là quand elle rentrait de l’école, tous les jours, que je préparais son goûter, que je préparais son dîner, que je préparais ses affaires pour le lendemain pour qu’elle soit la plus belle, que je me privais de tout pour qu’elle ait ses belles tenues, de beaux livres, de belles chaussures, un bon steak dans son assiette… que je m’effaçais pour lui laisser toute la place. Ce n’est pas l’argent qui donne ces attentions-là. C’est l’amour. L’amour qu’on verse sur un enfant et qui lui donne sa force. L’amour qu’on ne compte pas, qu’on ne mesure pas, qui ne s’incarne pas dans des chiffres… Mais elle ne le sait pas. Elle est trop petite encore. Elle le comprendra un jour… Faites qu’elle le comprenne et que je la retrouve, que je retrouve ma petite fille ! Je l’aime tant, je donnerais tous les livres du monde, tous les hommes du monde, tout l’argent du monde pour qu’elle me dise un jour « maman, je t’aime, tu es ma petite maman chérie »… Je vous en supplie, les étoiles, faites qu’elle comprenne mon amour pour elle, qu’elle ne le méprise plus. Ce n’est pas dur pour vous de faire ça. Vous voyez bien tout l’amour que j’ai dans le cœur, alors pourquoi elle le voit pas, elle ? Pourquoi ?

Elle laissa tomber sa tête entre ses mains et resta là, penchée sur le balcon, priant de toutes ses forces pour que les étoiles l’entendent, pour que la petite étoile au bout de la grande casserole se mette à scintiller.

— Et toi, papa… Combien de temps il m’a fallu pour comprendre que tu m’avais aimée, que je n’étais pas toute seule, que je tirais ma force de toi, de ton amour pour moi ? Je ne l’ai pas su quand tu étais encore là, je n’ai pas pu te le dire. C’est après que j’ai compris… bien après… Je te demande juste qu’elle le comprenne un jour… Pas trop tard parce que tu vois, j’ai trop de peine quand elle me rejette. Ça me fait mal à chaque fois, je m’y habitue pas…

C’est alors qu’elle sentit quelque chose se poser sur son épaule.

Elle crut que c’était un effet du vent, une feuille tombée du balcon du dessus, qui venait se poser sur elle pour la réconforter. Elle croyait si fort que les étoiles l’écoutaient.

C’était Hortense. Elle ne l’avait pas entendue entrer. Hortense, debout, derrière elle. Elle se redressa, l’aperçut, lui adressa un sourire de pénitente, surprise en train de s’abîmer.

— Je regardais les plantes de papa… Elles sont mortes depuis longtemps. J’ai oublié de m’en occuper. J’aurais dû y faire attention, ça comptait tellement pour lui.

— Arrête, maman, arrête…, dit Hortense d’une voix douce et basse. Ne t’excuse pas. Tu en planteras d’autres…

Elle ajouta, en relevant sa mère :

— Allez, viens. Va te coucher, tu es fatiguée… Et moi aussi. Je pensais pas que ça pouvait être si fatigant de parler comme je l’ai fait ce soir. Tu m’as écoutée ?

Joséphine fit oui de la tête.

— Et… ? demanda Hortense, attendant le jugement de sa mère.

Pendant le trajet du retour en taxi, elle avait pensé à sa mère, à l’idée qu’elle se faisait de sa mère, à la manière dont elle en avait parlé devant tous ces gens qui ne la connaissaient pas. Soudain Joséphine était devenue un personnage, une inconnue qu’elle regardait de l’extérieur. Joséphine Cortès. Une femme qui se battait. C’est elle qui l’a écrit, seule, en se cachant parce qu’elle avait besoin d’argent pour nous, pas pour elle… Elle ne l’aurait pas fait pour elle seule. Dans le taxi qui filait sous les lumières blafardes des réverbères, elle l’avait vue comme si elle ne la connaissait pas, comme si on lui racontait l’histoire d’une inconnue. Elle avait vu tout ce que sa mère faisait pour elle. C’était devenu une évidence qui grossissait au fur et à mesure qu’elle se rapprochait de leur immeuble.

Et puis elle était entrée, elle l’avait entendue parler toute seule, elle avait entendu son abandon, son désarroi.

— Tu m’as défendue, Hortense, tu m’as défendue… Je suis heureuse, si heureuse… Si tu savais !

Elles retournèrent dans le salon. Hortense soutenant sa mère. Joséphine sentait ses jambes se dérober sous elle, elle avait froid, elle tremblait. Elle s’arrêta et s’exclama :

— Je ne crois pas que je vais pouvoir dormir ! Je suis trop excitée… On se fait un petit café ?

— C’est sûr que ça va nous réveiller !

— Tu m’as réveillée… Tu m’as réveillée, je suis si heureuse ! Si tu savais… Je me répète mais…

Hortense l’interrompit, lui prit la main et lui demanda :

— Tu as l’idée de ton prochain bouquin ?

FIN

Remerciements

Il a beaucoup voyagé ce livre pendant que je l’écrivais !

Je l’ai commencé à Fécamp, l’ai continué à Paris, emporté à New York, à Megève, sur la plage de Carnau, à Londres, à Rome. Chaque lieu m’apportait une atmosphère, une histoire, un détail que je m’empressais de voler. J’ai rencontré les crocodiles à New York dans les pages du New York Times , Shirley à Londres chez Fortnum and Mason, Marcel Grobz est né à Megève ( ! ! !), Hortense d’une silhouette entrevue dans un magasin de chaussures, rue de Passy, l’histoire de Florine dans la petite maison de Carnau, sur la plage… et Joséphine incarne toutes les confidences que les femmes me murmurent à l’oreille.

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