Pancol,Katherine - Les yeux jaunes des crocodiles
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Elle regarda sa sœur. Le visage grave de sa sœur. Elle, elle sait. Je ne sais pas comment elle fait. Ma petite sœur devenue si grande…
En finir avec toutes ces pensées. L’été va arriver, nous partirons dans notre maison à Deauville. Alexandre grandira. Philippe s’en occupe maintenant. Je n’ai plus à m’en soucier. Elle eut un petit rire intérieur. Je ne m’en suis jamais souciée, je ne me soucie que de moi. Tu es ridicule, ma chère, quand tu essaies de penser, tes pensées ne tiennent pas droit, elles ne vont pas très loin, elles vacillent, elles s’écroulent… Je finirai comme Madame mère. J’essaierai seulement de cracher moins de venin. Garder un peu de dignité dans ce malheur que j’ai cousu point par point. J’ai cru, au début de ma vie, qu’elle me serait légère et douce ; tout me portait à le croire. Je me suis laissée flotter sur les rubans de la vie et ils ont fini par tisser un nœud mortel autour de moi.
— Tu ne t’es pas dit que tu allais faire du mal autour de toi ?
Les mots employés par Joséphine sonnèrent désagréablement à ses oreilles. Pourquoi employer des mots aussi terribles ? L’ennui ne suffisait-il pas à expliquer tout ça ? Il fallait mettre des mots en plus ! En finir une fois pour toutes ? Elle y avait songé en regardant la fenêtre de son bureau. Fini de se lever le matin, fini de se dire : Que vais-je faire aujourd’hui, fini de s’habiller, fini de se coiffer, fini de faire semblant de parler à son fils, à Carmen, à Babette, à Philippe… Fini la routine, la sombre ritournelle de la routine. Il lui restait une seule décoration : ce livre qu’elle n’avait pas écrit mais dont la gloire et le succès l’éclaboussaient encore. Pour combien de temps ? Elle ne savait pas. Après… Après, elle verrait. Après ce serait un autre jour, une autre nuit. Elle les prendrait un par un et les adoucirait comme elle le pourrait. Elle n’avait pas la force d’y penser. Elle se disait aussi que peut-être, un jour, l’ancienne Iris, la femme triomphante et sûre, reviendrait et la prendrait par la main, en lui soufflant : Ce n’est pas grave tout ça, fais-toi belle et repars… Fais semblant, apprends à faire semblant. Le problème, soupira-t-elle, c’est que je pense encore… Je suis faible mais je pense encore, il faudrait ne plus penser du tout. Comme Bérengère. Je veux encore, je désire encore, je me tends encore pleine d’espoir, de désir vers une autre vie que je n’ai pas la force de construire ni même d’imaginer. Avoir la sagesse de me replier et de compter mes pauvres forces, de me dire voilà, j’ai trois sous de force et pas davantage, faisons avec… Mais c’est trop tôt sûrement, je ne suis pas prête à renoncer. Elle s’ébroua. Elle détestait ce mot, renoncer. Quelle horreur !
Son regard retomba sur sa sœur. Elle avait tellement moins de talents que moi, à la naissance, et elle s’en sort très bien. La vie est tatillonne. C’est comme si elle réclamait l’addition, faisait le compte de ce qu’elle avait donné, de ce qu’elle avait reçu et présentait la note.
— Même Hortense ne vient plus me voir, lâcha-t-elle dans un ultime sursaut de ce qu’elle pouvait encore appeler intérêt pour la vie. On s’entendait bien pourtant… Je dois la dégoûter aussi !
— Mais elle prépare son bac, Iris. Elle travaille comme une folle. Elle vise une mention, elle a trouvé une école de stylisme à Londres pour l’année prochaine…
— Ah ! Elle veut donc vraiment travailler… Je croyais qu’elle disait ça en l’air.
— Elle a beaucoup changé, tu sais. Elle ne m’envoie plus bouler comme avant. Elle s’est radoucie…
— Et toi, ça va ? Je ne te vois plus beaucoup, non plus.
— Je travaille. Nous travaillons tous à la maison. C’est très studieux, l’atmosphère, chez moi.
Elle eut un petit rire espiègle qui se finit en un sourire confiant, tendre. Iris devina une légèreté de femme gaie, heureuse, et elle désira plus que tout être à sa place. Elle eut un instant l’envie de lui demander : Comment fais-tu, Joséphine, mais elle n’avait pas envie de connaître la réponse.
Elles ne s’étaient plus rien dit.
Joséphine était repartie en promettant de revenir la voir. Elle est comme une fleur coupée, s’était-elle dit en partant. Il faudrait la replanter… Qu’Iris prenne racine. Les racines, on n’y pense pas quand on est jeune. C’est vers quarante ans qu’elles se rappellent à nous. Quand on ne peut plus compter sur l’élan et la fougue de la jeunesse, quand l’énergie vient à manquer, que la beauté se fane imperceptiblement, qu’on fait le compte de ce qu’on a fait et de ce qu’on a raté, alors on se tourne vers elles et on y puise, inconsciemment, de nouvelles forces. On ne le sait pas, mais on se repose sur elles. J’ai toujours compté sur moi, sur mon travail de petite fourmi laborieuse, dans les pires moments, j’avais ma thèse, mon dossier de chercheuse à constituer, mes recherches, mes conférences, mon cher XII e siècle qui était là et qui me disait : Tiens bon… Aliénor m’inspirait et me tendait la main !
Elle se gara devant son immeuble et déchargea les courses qu’elle avait faites avant d’aller chez Luca. Elle avait tout le temps de préparer le dîner, Gary, Hortense et Zoé ne rentreraient pas avant une bonne heure. Elle prit l’ascenseur, les bras chargés de paquets, se reprocha de ne pas avoir pensé à sortir ses clés, il va falloir que je répande tous les paquets par terre ! Elle avança en tâtonnant à la recherche de la minuterie.
Une femme était là, qui l’attendait. Elle fit un effort pour se souvenir à qui elle lui faisait penser et puis un triangle rouge apparut : Mylène ! La manucure du salon de coiffure, la femme qui était partie avec son mari, la femme au coude rouge. Il lui sembla qu’un siècle avait passé depuis qu’elle avait colorié rageusement le triangle rouge qui dépassait de la portière de la voiture.
— Mylène ? demanda-t-elle d’une voix mal assurée.
La femme hocha la tête, la suivit, l’aida à ramasser les paquets qui dégringolaient pendant que Joséphine cherchait ses clés. Elles s’installèrent dans la cuisine.
— Il faut que je prépare le dîner pour les enfants. Ils vont rentrer bientôt…
Mylène fit le geste de repartir mais Joséphine la retint.
— Nous avons le temps, vous savez, ils ne rentrent pas avant une heure. Vous voulez boire quelque chose ?
Mylène secoua la tête et Joséphine lui fit signe de ne pas bouger pendant qu’elle rangeait les courses.
— C’est Antoine, n’est-ce pas ? Il lui est arrivé quelque chose ?
Mylène hocha la tête, ses épaules se mirent à trembler.
Joséphine lui prit les mains et Mylène s’effondra en larmes contre son épaule. Joséphine la berça un long moment. « Il est mort, n’est-ce pas ? » Mylène laissa échapper un oui secoué de larmes et Joséphine la serra contre elle. Antoine, mort, ça ne se pouvait pas… elle pleura aussi et toutes les deux restèrent à sangloter dans les bras l’une de l’autre.
— C’est arrivé comment ? demanda Joséphine en se redressant et en s’essuyant les yeux.
Mylène raconta. La ferme, les crocodiles, mister Wei, Pong, Ming, Bambi. Le travail de plus en plus difficile, les crocodiles qui ne voulaient pas se reproduire, qui déchiquetaient ceux qui les approchaient, les ouvriers qui ne voulaient plus travailler, les réserves de poulets qu’ils pillaient.
— Pendant ce temps, Antoine s’éloignait dans ses pensées. Il était là mais il n’était pas là. La nuit, il partait parler aux crocodiles. Il disait ça tous les soirs : Je vais aller parler aux crocodiles, il faut qu’ils m’écoutent, comme si les crocodiles pouvaient écouter ! Un soir, il est parti se promener comme tous les soirs, il est entré dans l’eau d’un étang, Pong lui avait montré comment faire, comment se placer à côté d’eux sans se faire dévorer… Il a été mangé tout cru !
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