Pancol,Katherine - Les yeux jaunes des crocodiles
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- Название:Les yeux jaunes des crocodiles
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— Non ! Non ! Tu ne descends pas toute seule, je descends avec toi.
Il se précipita sous la douche, s’arrosa d’eau de toilette, se brossa les dents, peigna la couronne de cheveux roux qui bordait son crâne chauve, resta en arrêt devant une chemise bleue unie ou une chemise bleue avec de fines rayures.
— Il faut que je sois beau, Choupette, il faut que je sois beau…
Elle le contemplait, attendrie, et désigna une chemise au hasard.
— Tu as raison, celle-là fait plus frais, plus jeune… Et la cravate, Choupette, je veux le recevoir en cravate !
— Ce n’est peut-être pas la peine, la cravate…
— Si, si…
Il se précipita vers son dressing et lui en proposa trois. Elle choisit encore une fois au hasard et il approuva.
— Je ne sais pas comment tu fais pour garder ton sang-froid ! Je crois que je vais tourner de l’œil. Ça va ? Tu comptes bien le temps entre les contractions ?
— Tu as fini avec la salle de bains ?
— Oui. Je descends chercher la voiture et je monte te rechercher. Tu ne bouges pas d’ici, promis ? Un accident est si vite arrivé.
Il partit une première fois, remonta parce qu’il avait oublié les clés de la voiture. Repartit, revint encore : il ne se souvenait plus où il l’avait garée la veille. Elle le calma, le rassura, lui indiqua l’emplacement de la voiture et il repartit en ouvrant la porte de la cuisine.
Elle éclata de rire, il se retourna, bouleversé.
— Ça fait trente ans que j’attends ce moment, Choupette, trente ans ! Ne te moque pas de moi. Je crois que je ne vais pas y arriver…
Ils appelèrent un taxi. Marcel fit mille recommandations au chauffeur qui avait huit enfants et regardait le futur père, goguenard, dans le rétroviseur.
Sur la banquette arrière, Marcel tenait Josiane dans ses bras et l’enlaçait comme une seconde ceinture de sécurité. Il répétait « ça va, Choupette, ça va ? » en s’épongeant le front et en haletant comme un petit chien.
— C’est moi qui vais accoucher, Marcel, ce n’est pas toi.
— Je me sens mal, je me sens mal ! je crois que je vais vomir.
— Pas dans ma voiture ! s’exclama le chauffeur de taxi, je commence ma journée, moi.
Ils s’arrêtèrent. Marcel alla enlacer un marronnier pour reprendre ses esprits et ils repartirent vers la clinique de la Muette. « Mon fils naîtra dans le XVI e arrondissement, avait décidé Marcel, dans la clinique la meilleure, la plus chic, la plus chère. » Il avait retenu la suite de luxe, au dernier étage, avec terrasse et salle de bains grande comme un salon d’ambassadeur.
Arrivés devant la clinique, Marcel donna un billet de cent euros au chauffeur qui rouspéta : il n’avait pas la monnaie.
— Mais je ne veux pas de monnaie ! C’est pour vous. Le premier voyage en taxi de mon fils !
Le chauffeur se retourna et lui dit :
— Ben dis donc… Je vous laisse mon numéro et vous m’appelez chaque fois qu’il sort, le petit.
À douze heures trente, le petit Marcel Junior poussait son premier cri. Il fallut soutenir le père qui tournait de l’œil et l’évacuer de la salle de travail. Josiane retint son souffle quand on posa son fils sur son ventre, mouillé, sale, gluant. « Qu’est-ce qu’il est beau ! Qu’est-ce qu’il est grand ! Qu’est-ce qu’il est fort ! Vous avez déjà vu un bébé aussi beau, docteur ? » Le docteur lui répondit « jamais ».
Marcel reprit ses esprits pour venir couper le cordon ombilical et donna le premier bain à son fils. Il pleurait tant qu’il ne savait plus comment tenir l’enfant et s’éponger les yeux à la fois, mais il ne voulut pas le lâcher.
— C’est moi, c’est papa, mon bébé. Tu me reconnais ? T’as vu, Choupette, il reconnaît ma voix, il s’est tourné vers moi, il a arrêté de gigoter. Mon fils, ma beauté, mon géant, mon amour… Tu vas voir la vie qu’on va te faire, ta mère et moi. Une vie de prince en babouches ! Faudra travailler aussi parce qu’en ce bas monde, si tu ne te casses pas les reins, t’as rien, mais t’en fais pas, je t’apprendrai. Je te paierai les plus belles écoles, les plus beaux cartables, les plus beaux livres tout enluminés d’or. Tu auras tout, mon fils, tu auras tout… Tu seras comme le Roi-Soleil. Tu régneras sur le monde entier parce que la France aujourd’hui, c’est tout petit, tout racorni. Y a plus que les Français pour se croire les rois du monde ! Tu verras, mon fils, toi et moi, on va s’en payer une fameuse tranche.
Josiane écoutait et le médecin accoucheur souriait.
— Il a du pain sur la planche, votre fils. Vous allez l’appeler comment ?
— Marcel, rugit Marcel Grobz. Comme moi. Il va le faire flamboyer ce prénom, vous verrez !
— J’en doute pas…
On monta la mère et l’enfant dans la suite de luxe. Marcel ne voulait plus partir.
— Tu es sûr qu’on ne va pas nous l’échanger ?
— Mais non… Il a son bracelet. Et puis y a pas de danger, t’as vu ? C’est ton portrait tout craché !
Marcel se rengorgea et alla contempler une fois encore le petit Marcel dans son berceau.
— Il faut que tu ailles le déclarer à la mairie et il faut que je me repose, je suis un peu fatiguée…
— Oh ! Pardon, Choupette… J’ai du mal à partir, tu sais, j’ai peur de pas le retrouver.
— T’as téléphoné à la boîte pour leur dire ?
— J’ai appelé Ginette et René, ils t’embrassent très fort. Ils ont sorti le champagne. Ils m’attendent pour boire ! Je reviendrai après. S’il y a quoi que ce soit, promets de m’appeler tout de suite, hein, Choupette ?
Il fit des photos de son fils, tout beau, tout baigné, tout propre, qui reposait dans sa grenouillère blanche, et repartit en se cognant dans la porte.
Josiane se laissa aller à sangloter de bonheur. Elle pleura, elle pleura longtemps puis se leva, prit son bébé dans ses bras et s’endormit, blottie contre lui.
Ils étaient tous réunis sous les branches de la glycine, décorée de petits nœuds bleus pour l’occasion, Ginette avait improvisé un buffet lorsque le portable de Marcel sonna. Il décrocha et claironna :
— Choupette ?
Ce n’était pas Choupette. C’était Henriette. Elle était à la banque, elle venait de consulter ses comptes et de faire le point avec sa conseillère en placements.
— Je ne comprends pas, nous avons deux comptes séparés maintenant ? Ce doit être une erreur…
— Non, ma chère. Deux comptes séparés et nos vies se séparent aussi. J’ai eu un fils cette nuit. Un fils nommé Marcel… Presque quatre kilos, cinquante-cinq centimètres, un géant !
Il y eut un long silence, puis Henriette, de la même voix coupante, dit qu’elle rappellerait, elle ne pouvait pas parler en face de madame Lelong.
Marcel se frotta les mains et jubila. Rappelle, rappelle, ma belle, tu vas voir comme je vais te l’envelopper la nouvelle ! René et Ginette le regardèrent en soupirant, enfin, enfin, il renversait le tyran.
Comme tous les esprits petits et malveillants, Henriette Grobz avait l’habitude de ne pas sortir de ses idées toutes faites et ne recherchait jamais en elle la cause de ses malheurs. Elle préférait s’en prendre à autrui. Ce jour-là, elle ne fit pas exception à la règle. Elle expédia les affaires courantes avec madame Lelong et sortit de la banque en renvoyant Gilles qui lui ouvrait la porte de la berline. Elle lui demanda de l’attendre, elle avait une course à faire qui ne nécessitait pas qu’il prenne la voiture. Elle fit le tour de pâté de maison pour remettre ses idées en place. Il était urgent qu’elle réfléchisse, qu’elle s’organise. Habituée à la docilité de sa victime, elle avait signé des papiers, lors du rachat de l’affaire des frères Zang, sans vraiment y prêter attention. Erreur, erreur, martela-t-elle en tricotant des genoux, grossière erreur. Je me suis endormie dans mon confort et je me suis fait rouler dans la farine. J’ai cru l’animal dompté et il bougeait encore. Il s’agit maintenant de corriger le tir. Lui parler aimablement pour tirer les marrons du feu. Le mot aimablement, bien qu’il ne fût pas articulé à haute voix, déclencha en elle une sorte de répulsion, une giclée de haine qui lui tordit la bouche. Pour qui se prenait-il, ce gros plein de soupe à qui elle avait tout appris : à tenir sa fourchette comme à décorer des vitrines ? Sans elle, il ne serait rien. Rien qu’un boutiquier obscur ! Elle lui avait donné dorure, poli et distinction. Elle avait imprimé sa marque dans le moindre pot à crayons qu’il vendait. Sa fortune, il me la doit, décida-t-elle au premier tour de pâté de maison. Elle me revient à moi. Plus elle avançait, plus sa haine grandissait. Elle grandissait en proportion de ses espérances trompées. Elle avait cru avoir gagné le port, être bien à l’abri et le goujat tranchait l’amarre ! Elle ne trouvait plus de mots pour le qualifier et dévalait d’un bel élan la pente douce des sentiments haineux. Une centaine de mètres plus loin, elle s’arrêta, frappée par une évidence des plus détestables : elle dépendait de lui, hélas ! Elle fut donc obligée de réprimer les explosions de son amour-propre blessé et de tempérer ses désirs de vengeance. Comptes séparés, épargne envolée, qu’allait-il lui rester ? Elle siffla quelques jurons, donna un coup sur son chapeau qui menaçait de s’envoler et entama le deuxième tour de pâté de maisons en s’efforçant de raisonner. Il lui fallait penser grand, ne pas se laisser aller à de petites vengeances, prendre un avocat, deux s’il le fallait, ressortir ses vieux contrats, exiger, tempêter… Elle s’arrêta contre une porte cochère et songea : En aurai-je les moyens ? Il a dû tout border, ce n’est pas un gamin né de la dernière pluie, il affronte des Russes corrompus et des Chinois sournois. Autrefois je me satisfaisais de petites humiliations, je le persécutais avec douceur et obstination, c’était mon passe-temps favori, je l’avais presque anéanti. Elle eut un soupir nostalgique. Il fallait qu’elle en ait le cœur net et renifle l’état de la bête avant de décider quoi que ce soit. Un dernier tour de pâté fut consacré aux regrets. Je voyais bien qu’il ne dormait plus à la maison, son lit n’était plus jamais défait, je pensais qu’il vivait une dernière cochonnerie avec une danseuse nue alors qu’il planifiait de quitter le nid ! Il faut se méfier de l’eau qui dort, même soumis depuis des années, Marcel bougeait encore. À quoi me servira d’inventer de nouvelles persécutions si mes coups ne portent plus ? Elle s’affala à nouveau contre une porte cochère et composa le numéro de Chef.
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