Pancol,Katherine - Les yeux jaunes des crocodiles

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Les yeux jaunes des crocodiles: краткое содержание, описание и аннотация

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Ils retournèrent sur le plateau où les éclairagistes rangeaient les projecteurs, les fils et les prises. Iris prit la rédactrice et le photographe à part et les invita au Raphaël.

— J’adore le bar de cet hôtel. Vous venez avec nous ? demanda-t-elle à Hortense et Gary.

Hortense regarda sa montre, déclara qu’ils ne resteraient pas longtemps : il fallait qu’ils rentrent à Courbevoie.

Ils s’acheminèrent tous vers le Raphaël. La rédactrice prévint le photographe :

— Ne range pas tes appareils, fais-moi des photos de ce garçon, il est d’une beauté à couper le souffle.

Au Raphaël, Iris étendit le bras et commanda une bouteille de champagne. Gary demanda un Coca : il conduisait le scooter de son copain, Hortense aussi : elle avait encore du boulot à faire le soir. Le photographe et la journaliste burent un fond de verre. Ce fut Iris qui finit la bouteille. Elle parlait beaucoup, riait fort, balançait ses jambes, secouait ses bracelets. Elle attrapa Gary par le cou et le renversa contre elle. Ils faillirent tomber, mais Gary la retint dans ses bras. Tout le monde rit. Le photographe fit des clichés. Puis Iris se mit à faire des mines, des mines de clown, des mines de carmélite, des mines de star du muet et le photographe la mitrailla. Elle riait de plus en plus fort et s’applaudissait à chaque nouvelle grimace.

— Qu’est-ce qu’on s’amuse ! cria-t-elle en vidant son verre.

Hortense la regardait, surprise. Elle n’avait jamais vu sa tante dans cet état. Elle se pencha vers elle et lui chuchota :

— Fais gaffe, tu as trop bu !

— Oh ! Si on ne peut pas s’amuser de temps en temps ! dit-elle à l’adresse de la journaliste qui la regardait, étonnée. Tu ne sais pas ce que c’est qu’écrire, toi. On passe des heures toute seule face à son écran, avec un vieux café froid, à chercher un mot, une phrase, on a mal à la tête, on a mal au dos, alors quand on peut s’amuser, profitons-en.

Hortense se détourna, gênée par les propos de sa tante. Elle jeta un regard vers Gary et lui fit signe « on se tire ? » Gary approuva et se leva.

— Il faut qu’on rentre. Joséphine nous attend. Je ne voudrais pas qu’elle se fasse du souci…

Ils saluèrent et sortirent. Dans la rue, Gary se passa la main dans les cheveux et dit :

— Putain, ta tante ! Elle était zarbi, ce soir. Elle arrêtait pas de me tripoter.

— Elle avait trop bu ! Oublie.

Hortense enlaça Gary et il démarra. Pour la première fois de sa vie, Hortense éprouvait de la pitié. Elle ne reconnaissait pas très bien ce sentiment qui montait en elle comme une vague tiède, légèrement écœurante. Iris lui avait fait honte. Iris lui avait fait de la peine. Elle ne la regarderait plus jamais pareil. Elle la verrait toujours renversée sur le canapé rouge du bar du Raphaël, essayant d’attirer Gary vers elle, le chahutant, l’embrassant ou vidant sa coupe comme une assoiffée. Elle était triste : elle venait de perdre une bonne fée, une complice. Elle se sentit seule et c’était un sentiment désagréable. Elle ne put s’empêcher de penser : Heureusement que maman n’a pas vu ça ! Elle n’aurait vraiment pas apprécié. Elle n’aurait jamais fait ça, elle. Et pourtant, elle a écrit le livre. Toute seule. Sans rien dire. Elle n’en parle pas, elle ne s’exhibe pas, elle ne se donne pas en spectacle…

Je n’aurais jamais cru ça d’Iris, songea Hortense en enlaçant Gary. Puis soudain, une pensée la frappa de plein fouet : J’espère qu’elle n’a pas abandonné ses droits d’auteur à Iris ! Ça lui ressemblerait assez. Comment pourrais-je en être sûre ? À qui m’adresser ? Comment récupérer cet argent ? Cette question la tarauda jusqu’à ce qu’elle eût une idée qu’elle qualifia de géniale…

Trois semaines plus tard, alors qu’Henriette Grobz attendait chez son esthéticienne son gommage hebdomadaire et sa séance de massage, elle prit, sur la pile de journaux posés dans la salle d’attente, une revue. Elle s’en empara car elle crut reconnaître le nom de sa fille, Iris, en première page. Autant Henriette Grobz goûtait le succès littéraire de sa fille et s’en gargarisait, autant elle réprouvait son exposition médiatique. On parle trop de toi, ma chérie, ce n’est pas bien de s’afficher partout comme ça !

Elle ouvrit le journal, le feuilleta, trouva l’article concernant Iris, sortit ses lunettes et entreprit de le lire. Il s’étalait sur une double page. Le titre de l’article disait « L’auteur d’ Une si humble reine dans les bras de son page » et, en sous-titre : « À quarante-six ans, Iris Dupin bat le record de Demi Moore et s’affiche avec son nouvel amour, un garçon de dix-sept ans. » En illustration, se trouvaient des photos d’Iris avec un bel adolescent aux boucles brunes, au sourire éclatant, aux yeux vert sombre, à la peau ambrée. Quelle beauté, ce gosse ! se dit Henriette Grobz. Une série de photos montraient Iris le tenant par la taille, le serrant dans ses bras, reposant la tête contre son torse ou renversant le cou en fermant les yeux.

Henriette referma le journal d’un geste sec, sentit le sang lui monter aux joues et l’empourprer. Elle regarda autour d’elle si personne n’avait remarqué son trouble et se précipita au-dehors. Son chauffeur n’était pas là. Elle l’appela sur son portable et lui ordonna de venir la chercher. Elle venait de raccrocher et replaçait l’appareil dans son sac à main quand son regard tomba sur la vitrine d’un kiosque à journaux : sa fille s’étalait dans les bras du jeune Adonis sur toute la surface !

Elle crut s’évanouir et se jeta sur la banquette arrière de la voiture sans attendre que Gilles lui ouvre la porte.

— Vous avez vu votre fille, madame ? demanda Gilles avec un grand sourire. Elle est affichée partout. Vous devez être fière !

— Gilles, pas un mot là-dessus, ou je vais me trouver mal ! Quand on sera arrivés, vous irez acheter tous les exemplaires de ce torchon dans les kiosques autour de la maison, je ne veux pas que ça se sache dans le quartier.

— Ça ne servira pas à grand-chose, madame, vous savez… Les nouvelles vont vite !

— Taisez-vous et faites ce que je vous ai dit.

Elle sentit la migraine lui enserrer la tête et rentra précipitamment chez elle, en évitant le regard de la concierge.

Joséphine était sortie acheter une baguette. Elle en profita pour appeler Luca. Les enfants lui prenaient tout son temps. Ils n’arrivaient à se voir que l’après-midi, quand les filles étaient à l’école. Il habitait un grand studio à Asnières. Au dernier étage d’un immeuble moderne, avec une terrasse donnant sur Paris. Elle n’allait plus en bibliothèque, elle le retrouvait chez lui. Il tirait les rideaux du studio et c’était la nuit.

— Je pense à vous, lui dit-elle en parlant tout bas.

La boulangère ne la quittait pas des yeux. Se peut-il qu’elle devine que je parle à un homme que j’aime, avec qui je passe mes après-midi au lit ? se demanda Jo en surprenant le regard de fouine que la boulangère lui jeta en aboyant soixante-dix centimes.

— Vous êtes où ?

— J’achète du pain. Gary a dévoré deux baguettes en rentrant de l’école.

— Demain, je vous ferai un thé avec des gâteaux, vous aimez les gâteaux ?

Joséphine ferma les yeux de plaisir et fut tirée de sa rêverie par la boulangère qui lui enjoignait de prendre sa baguette et de laisser la place aux clients qui attendaient.

— J’ai hâte d’y être, reprit Joséphine en sortant dans la rue. Savez-vous que mes jours sont devenus des nuits depuis quelque temps ?

— Je suis le soleil et la lune à la fois, vous me faites trop d’honneur…

Elle sourit, releva la tête et tomba, elle aussi, sur la photo de sa sœur en vitrine du kiosque à journaux.

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