Pancol,Katherine - Les yeux jaunes des crocodiles

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— Je suis très heureux pour toi…

— Je n’étais pas venue te parler de ça.

— Ah ? Je croyais qu’on était amis…

— Justement. C’est parce qu’on est amis que je suis venue te voir.

Elle prit une profonde inspiration et commença :

— Philippe… Ce que je vais te dire ne va pas te faire plaisir et je ne voudrais en aucun cas que tu penses que je veuille nuire à Iris.

Elle hésitait encore et Philippe se demanda si elle aurait le courage, face à lui, de lui révéler la supercherie du livre.

— Je vais t’aider, Jo. Iris n’a pas écrit Une si humble reine , c’est toi qui l’as écrit…

La bouche de Jo s’arrondit et ses sourcils se soulevèrent en une interrogation stupéfaite.

— Tu savais ?

— Je m’en doutais et je m’en suis douté de plus en plus fort…

— Mon Dieu ! Et moi qui pensais…

— Joséphine, laisse-moi te raconter comment j’ai rencontré ta sœur… Tu veux que je demande qu’on nous apporte quelque chose à boire ?

Joséphine déglutit et dit que oui, c’était une bonne idée. Elle avait la gorge nouée et sèche.

Philippe demanda deux cafés avec deux grands verres d’eau. Joséphine acquiesça. Puis il commença son récit.

— C’était il y a environ vingt ans, j’étais avocat depuis peu, j’avais déjà travaillé deux ou trois ans en France et je faisais un stage chez Dorman et Steller à New York, au département des droits d’auteur. Je n’étais pas peu fier, je peux te l’assurer ! Un jour, j’ai reçu un coup de fil d’un dirigeant de studio de cinéma américain, dont je tairai le nom, qui avait un dossier très embêtant sur les bras et qui pensait que ça pouvait m’intéresser : cela concernait une jeune Française. J’ai demandé de quoi il s’agissait et voilà ce qu’il m’a expliqué… Il y avait eu un travail collectif réalisé par les étudiants de dernière année de creative writing à l’université de Columbia, département cinéma. Un scénario écrit à plusieurs, récompensé à la fin de l’année par le staff enseignant de Columbia comme étant le scénario le plus original, le plus brillant, le plus achevé de tous ceux produits par les étudiants. Ce scénario avait été mis en scène ensuite par un certain Gabor Minar. Il en avait fait un moyen-métrage d’une trentaine de minutes, financé par l’université de Columbia, qui lui valut les félicitations de ses professeurs et lui permit par la suite de trouver des contrats pour des projets plus ambitieux. Ce film fut, comme il est d’usage, montré dans le circuit universitaire et, chaque fois, il remporta un prix. Or il se trouvait qu’Iris était étudiante dans le même groupe que Gabor et qu’elle avait participé à l’écriture du scénario. Jusque-là, rien de gênant. C’est après que ça se gâte… Iris remania le scénario, changea deux ou trois détails dans l’histoire, en fit une version longue qu’elle présenta à un studio de Hollywood, le studio où travaillait l’homme qui m’appelait, comme un projet original. Le studio, enchanté par l’histoire, lui signa sur-le-champ un contrat de scénariste pour sept ans. Avec beaucoup, beaucoup de zéros. C’était une première, un coup d’éclat, et on en parla dans la presse spécialisée.

— Je me souviens, on ne parlait aussi que de ça à la maison. Ma mère ne touchait plus terre.

— Et pour cause ! C’était la première fois qu’une élève fraîchement sortie de l’université se voyait proposer un tel contrat. Tout se serait très bien passé si une étudiante qui avait fait partie du groupe de travail d’Iris n’avait eu vent de l’affaire. Elle s’est procuré le script de ta sœur, a comparé avec le script collectif original et a convaincu le studio qu’Iris était une voleuse, une fraudeuse, bref, aux yeux de la loi américaine, une criminelle ! Ce dossier m’a intéressé, j’ai eu envie de m’en occuper, j’ai rencontré ta sœur et j’en suis tombé fou amoureux… J’ai tout fait pour la sortir de ce mauvais pas. Il a fallu en échange qu’elle promette de ne plus jamais travailler aux États-Unis et, pendant dix ans, elle n’a même pas pu y mettre les pieds ! Elle avait commis un véritable crime aux yeux de la loi américaine qui ne plaisante pas avec les menteurs. C’est le crime suprême, là-bas !

— C’est pour ça que Clinton a été traîné dans la boue médiatique…

— L’affaire a été étouffée, Gabor Minar et les autres étudiants n’en ont jamais rien su et l’étudiante qui avait découvert le pot aux roses a été largement dédommagée… par mes soins. Elle a accepté de retirer sa plainte contre un gros paquet de dollars. J’avais de l’argent, j’avais défendu deux ou trois gros dossiers très juteux, j’ai donc payé…

— Parce que tu étais amoureux d’Iris…

— Oui. Le mot n’est pas assez fort ! dit il en souriant. J’étais fait aux pattes. Envoûté. Elle a accepté l’arrangement sans rien dire, mais je pense qu’elle a été profondément blessée d’avoir été prise en flagrant délit de tricherie. J’ai tout fait pour qu’elle oublie et que sa blessure d’amour-propre cicatrise. J’ai travaillé comme un fou pour la rendre heureuse, j’ai essayé de la convaincre de se remettre à écrire, elle en parlait souvent mais n’y arrivait pas… Alors j’ai essayé de l’intéresser à autre chose, à une autre forme d’art. Ta sœur est une artiste, une artiste frustrée, et c’est ce qu’il y a de pire au monde. Rien ne pourra jamais la satisfaire. Elle rêve d’avoir une autre vie, elle rêve de créer mais, tu le sais, ça ne se décrète pas, ça se fait. Quand je l’ai entendue dire qu’elle écrivait, j’ai tout de suite pensé à une embrouille. Quand j’ai entendu dire qu’elle écrivait une histoire sur le XII e siècle, j’ai su que nous allions vers de nouveaux problèmes…

— Elle a rencontré un éditeur lors d’un dîner, elle s’est vantée d’écrire, il a promis de lui signer un contrat si elle avait un projet et elle s’est trouvée embourbée dans son mensonge. Moi, à l’époque, j’avais des problèmes d’argent, Antoine était parti me laissant une grosse dette, j’étais prise à la gorge, je pense aussi que j’avais envie d’écrire depuis longtemps et que je n’osais pas, alors j’ai dit oui…

— Et tu t’es retrouvée entraînée par quelque chose qui te dépassait…

— Et maintenant je veux arrêter. Elle m’a suppliée d’en écrire un autre, mais je ne veux pas, je ne peux pas…

Ils se regardèrent sans rien dire. Philippe jouait avec son stylo en argent. Il frappait le dessus de son bureau avec l’extrémité du capuchon, le faisait rebondir et recommençait. Cela produisait un bruit sourd, régulier, qui rythmait leurs pensées.

— Il y a un autre problème, Philippe…

Il releva la tête et la considéra, le regard lourd et triste. Le stylo cessa son martèlement. La secrétaire frappa à la porte et déposa les cafés sur le bureau. Philippe tendit une tasse à Joséphine, puis le sucrier. Elle prit un sucre qu’elle plaça contre son palais et but son café. Philippe la regarda, attendri.

— Papa faisait ça aussi, dit-elle après avoir reposé sa tasse. Je veux te parler d’autre chose, reprit Jo. C’est très important pour moi.

— Je t’écoute, Jo.

— Je ne veux pas que tu paies les impôts du livre. Il paraît que je vais gagner beaucoup d’argent, c’est Iris qui me l’a dit. Elle m’a dit aussi que tu pouvais les payer, que tu t’en apercevrais pas et ça, c’est hors de question, je me sentirais trop mal…

Il lui sourit et son regard s’adoucit.

— Tu es mignonne…

Il se redressa, reprit son petit jeu avec son stylo.

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