Guenassia, Jean-Michel - La Vie rêvée d'Ernesto G.

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La Vie rêvée d'Ernesto G.: краткое содержание, описание и аннотация

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Viviane travaillait comme fonctionnaire deuxième échelon au ministère de la Marine, elle supervisait la comptabilisation des stocks des arsenaux d’outre-mer, plus particulièrement de Cochinchine, une tâche stratégique quand on connaissait la situation là-bas, Joseph l’ignorait. Viviane lui apprit tout ce qu’elle savait ou presque sur les colonies, même si elle n’y était jamais allée. Ses descriptions étaient d’une précision militaire lorsqu’elle lui parlait des cuirassés ou des torpilleurs, du Béarn , du Fougueux , du Frondeur , du Jean Bart , et quand la conversation languissait, Joseph demandait où on en était avec le vaisseau amiral Lorraine et pour quelle raison ses monstrueux canons de 340 tiraient six degrés à droite ou à gauche, était-il arrivé à bon port malgré ses avaries répétées. Elle lui expliqua sous le sceau du secret le plus absolu (« Tu promets, hein ? ») qu’ils avaient de gros problèmes avec la maintenance à Saigon pour les deux dynamos qui frisaient les soixante-dix degrés (en haut lieu on s’inquiétait beaucoup).

Si Joseph buvait ses paroles, c’est que les Tchèques sont d’une nature rêveuse, qu’ils n’ont pas de mer, adorent les histoires de bateaux et tout ce qui est mystérieux.

La deuxième année de son séjour parisien, Joseph se trouva confronté à un cas de conscience majeur. L’Espagne était à feu et à sang. Le général Franco, dans son entreprise de reconquête, bousculait le gouvernement républicain empêtré dans ses dissensions internes et gagnait inexorablement du terrain. L’Allemagne nazie et l’Italie fasciste le soutenaient, en face les démocraties pinaillaient et s’esquivaient. Le gouvernement de Front populaire de Léon Blum, confronté à une opinion majoritairement pacifiste et à bien d’autres problèmes, se défila et se réfugia dans une peu glorieuse non-intervention qui laissa le champ libre aux fascistes.

Du monde entier, plus de cinquante mille volontaires s’enrôlèrent dans les Brigades internationales et apportèrent leur soutien au gouvernement républicain. Il en fallait du courage pour partir dans un pays inconnu et affronter la mort quand la plupart n’avaient jamais touché à une arme. Il régnait une effervescence, presque une émulation, pour savoir qui partirait et comment. Chacun avait sa filière et ses contacts. Ses amis pensaient que Joseph serait un des premiers à s’engager. Lui se demandait s’il pourrait intégrer une des brigades françaises ou devrait rejoindre le bataillon Dombrowski composé de Tchèques, de Hongrois et de Polonais.

Probablement Viviane eut-elle une mauvaise influence. Quand il lui fit part de sa décision de partir combattre, elle lui demanda pourquoi. Il déclara que la guerre civile en Espagne dépassait la simple lutte entre frères ennemis, c’étaient deux conceptions du monde qui s’affrontaient à mort. Nos libertés fondamentales en dépendaient. Elle insista :

– Qu’est-ce que tu en as à foutre toi, de ce qui se passe dans un pays où tu n’as jamais mis les pieds ?

Il reformula sa démonstration :

– Il y a d’un côté les fascistes, de l’autre les démocrates. Si on perd, on est foutu. L’Église et le capitalisme triompheront.

Viviane ne comprenait rien à la politique.

– Tu crois que les Espagnols viendront se battre pour vous si un jour les Russes attaquent les Tchèques ?

Joseph décida d’attendre la fin de l’année universitaire en expliquant que son absence ne déterminerait pas l’issue de la guerre. Avec son diplôme de biologiste, affirmait-il avec conviction, il serait d’autant plus efficace pour la cause et ne laisserait personne douter de sa détermination. Accaparé par ses recherches, sa deuxième année au Grand Cours de Pasteur et Viviane, il n’avait plus le temps de participer aux réunions ni aux manifestations et il émettait des jugements sceptiques sur l’enthousiasme écervelé de ses compagnons qui prenaient leurs désirs pour des réalités.

Les seules conversations pour lesquelles il se passionnait concernaient les agents pathogènes, l’identification prochaine du virus de la variole, l’utilisation de la pénicilline dans le traitement des infections bactériennes et les recherches pour découvrir un antibiotique contre la tuberculose.

Et sa thèse, bien sûr, un monument en devenir. Sur les sipunculides.

Certains le regardaient avec méfiance, d’autres ne lui parlèrent plus quand ils apprirent qu’il passait ses nuits à danser avec Viviane dans les bals de la Bastille. Ses explications alambiquées selon lesquelles on peut être socialiste et adorer la valse (ce n’était pas incompatible, au contraire) ne convainquirent personne.

Ses camarades partirent sans lui.

Ernest s’était engagé. Mais lui, il était dépressif.

Joseph refusait d’admettre qu’il était contaminé par le fatalisme et la résignation qui gagnaient la population. Chaque jour, une mauvaise nouvelle confirmait que les jours de la république étaient comptés. Il perdit son ami Marcelin quand il lui déclara qu’il était né pour soigner, pas pour tuer, il vit sur son visage une moue de mépris inouï. Marcelin s’en alla sans lui dire adieu ni lui serrer la main. Joseph apprit qu’il avait rejoint un bataillon anarchiste à Barcelone. Ça chauffait là-bas, on ne pouvait pas imaginer.

Et puis, un soir, il oublia Viviane. Incroyable, non ?

Comme un coup de gomme.

Peut-être que l’affection est soluble en totalité puisqu’il n’en reste aucune trace ni séquelle. Si ça se trouve, elle n’existe que dans notre imagination.

Leurs dîners, leurs soirées à Nogent, leurs nuits amoureuses, effacés, évidés. Il s’en souvint alors qu’il dansait un tango, forcément langoureux, à l’ Élysée-Montmartre avec une Bretonne de Lorient, tout en nerfs et en rire. Il hésita à passer chez Viviane pour s’excuser, se dit que le mieux était d’attendre que sa colère passe. Il échafauda plusieurs excuses de premier ordre, décida après réflexion qu’il affirmerait avoir été retenu par une terrible opération à l’hôpital. Il patienta un jour, deux jours, le samedi, le dimanche, pas de Viviane. Ni le lundi. Elle ne vint pas aux nouvelles. Il fut vexé, se demanda si elle n’avait pas eu un accident, un drame dans sa famille ou peut-être avait-elle été comme lui victime d’une panne de mémoire. Il n’entendit plus jamais parler d’elle et ne la revit dans aucun des endroits qu’ils fréquentaient ensemble.

Une drôle de façon de se séparer. Mais y en a-t-il de meilleure ? Un abandon mutuel sans vainqueur ni vaincu.

Nous, ce n’était rien du tout ?

Peu de temps après avoir passé sa thèse, grâce à ses excellents résultats au Grand Cours, on lui fit une proposition particulièrement intéressante : un poste était à pourvoir à l’Institut Pasteur d’Alger.

Une telle offre, aussi prestigieuse, ne se renouvellerait pas.

Joseph ne se rappelait plus quel philosophe avait démontré que la chance ne passait jamais deux fois à votre portée. Si on ne la saisissait pas, un autre en profitait. Ses derniers amis observèrent qu’en fin de compte il était comme eux, il renonçait à ses convictions pour une belle carrière. Il répondit que la république espagnole était foutue, la victoire de Franco inéluctable, il ne servirait à rien de participer au baroud d’honneur, plein de grandeur et d’héroïsme mais inutile et suicidaire. Il continuerait la lutte, à sa manière, en Algérie.

C’était une époque agitée. Après avoir avalé l’Autriche, Hitler décida la réunification de l’Allemagne avec la région des Sudètes qui appartenait à la Tchécoslovaquie depuis le traité de Versailles. Comme la France et la Grande-Bretagne avaient signé un traité d’alliance avec la Tchécoslovaquie, une nouvelle guerre mondiale s’annonçait. Chaque pays mobilisa ses troupes. À Munich, dans une conférence de la dernière chance, le Premier ministre du Royaume-Uni et le président du Conseil français sauvèrent la paix en abandonnant ce pays au Führer. Le soulagement d’avoir évité la guerre l’emportait sur le respect de la parole donnée et sur la stratégie, les foules reconnaissantes acclamèrent leurs dirigeants qui avaient honte de cet accord.

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