Guenassia, Jean-Michel - La Vie rêvée d'Ernesto G.
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- Название:La Vie rêvée d'Ernesto G.
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- Издательство:Asohar - TAZ
- Жанр:
- Год:2012
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La Vie rêvée d'Ernesto G.: краткое содержание, описание и аннотация
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Au bal de La Coupole , certains de ses amis disaient que son problème était psychologique (donc pas facile à soigner). Deux d’entre eux pensaient qu’il était atteint de prosopagnosie, ce qu’il contesta avec véhémence. Deux autres penchaient pour du narcissisme et se disputaient pour déterminer le degré de gravité, un dernier optait pour de la misogynie primaire, ce qui était un diagnostic banal, mais ce dernier spécialiste n’était qu’en première année de médecine. Ce syndrome du valseur fut l’objet d’interminables discussions. En effet, dans aucune des œuvres fondatrices de la psychologie, il n’avait été évoqué qu’Œdipe eût dansé la valse ou le tango.
Maître Meyer, un avocat retors et sympathique, chez qui Marcelin faisait son stage, avait donné à Joseph, c’est-à-dire gratuitement, la recette qu’il pratiquait au Palais de Justice où il croisait chaque jour des centaines de personnes à en avoir le tournis sans plus savoir si c’étaient des juges, des greffiers, des huissiers ou des confrères.
En vérité, il l’avait échangée contre une leçon de tango. Joseph lui avait expliqué comment ne jamais écraser les pieds de ses partenaires, cette maladresse étant la source probable de ses échecs sentimentaux. Désormais, grâce aux conseils avisés de Meyer, quand un visage féminin excitait une infime vibration mémorielle, Joseph se précipitait sur l’heureuse élue avec un sourire de satisfaction, franc et naturel, presque amical, et lançait un joyeux : « Comment allez-vous depuis tout ce temps ? Que devenez-vous ? »
« N’hésitez pas à écarter les lèvres et à montrer vos dents, avait insisté maître Meyer. La spontanéité et la sincérité doivent transpirer de vos paroles. »
Il lui avait fait une démonstration sur-le-champ et Joseph avait eu l’impression d’être son meilleur ami. Si cette ruse méphistophélique marcha à quelques reprises, à d’autres il se fit sèchement recevoir :
« Mais on ne se connaît pas ! Pour qui me prenez-vous ? »
Ou bien : « La dernière fois, tu me tutoyais, mon cochon. »
Ce n’était bien sûr qu’un pis-aller mais ô combien préférable à des insultes en public. Les copines de ses camarades lui remontaient le moral jurant que, comparé à eux, il était un ange. Si leurs amis se souvenaient de leur visage et de leur prénom, elles n’en étaient guère plus avancées.
Quand Viviane pénétra dans la salle enfumée du Balajo , Joseph faisait tournoyer Olga dans une valse anglaise qu’il appréciait peu à cause des mouvements compassés et guindés. Il ne se rendit pas compte que tous les hommes dévisageaient cette nouvelle venue la bouche ouverte et les yeux concupiscents. Viviane avait des jambes fines, une jupe moulante en serge grise, une taille d’amazone, un corsage au col en corolle et une chevelure bouclée.
Marcelin, sur l’estrade, jouait de l’accordéon, il l’avait tout de suite repérée. En l’apercevant, il s’était dit :
« Oh là là là là là là. »
Derrière la balustrade, Viviane suivait les zigzags du couple, son regard s’éclaira. À la fin du morceau, Joseph remercia Olga et regagna sa table. L’orchestre enchaîna avec une valse musette, les danseurs envahirent la piste. Viviane déclina trois invitations d’un imperceptible mouvement du menton, se dressa sur la pointe des pieds pour repérer Joseph, se dirigea lentement vers lui. Il leva les yeux, la découvrit, silhouette instable à peine dessinée par son corsage scintillant, pensa :
« Qu’est-ce qu’elle a de beaux cheveux, on dirait… »
Il ne put la comparer à personne. Il n’aurait jamais pensé qu’elle puisse le regarder. Aucun homme ne peut être assez arrogant pour se croire choisi par une fille comme elle.
Elle restait immobile. Il ne pouvait pas y avoir de hasard à ce point. Elle lui tendit une main potelée et tiède. Un bracelet serpent doré de style égyptien tardif était enroulé sur son avant-bras. Joseph trembla quand il l’emmena vers la piste. On s’écarta devant eux. Joseph dissimulait sa fierté mais elle jaillissait malgré lui. Viviane ne savait pas bien danser, elle lui marchait sur les pieds avec ses talons pointus. C’était un détail auquel Joseph ne prêta aucune attention. Seules les femmes remarquèrent ses pas hésitants et échangèrent des sourires narquois.
Ils s’arrêtaient seulement quand l’orchestre faisait une pause tous les trois quarts d’heure. Il l’invita au bar pour boire une coupe. Ils ne se dirent pas des choses très importantes. Seulement des : Qu’est-ce qu’il fait chaud aujourd’hui, et : Il y a un monde fou ce soir, et : Vous venez souvent ? ou d’autres considérations de dancing bondé où il faut crier dans le vacarme. Ils se fixaient sans se parler. Elle épongea son front. Joseph pensa : « Celle-là, ça m’étonnerait que je l’oublie. »
L’orchestre reprit avec Les Roses blanches . Ma chanson préférée, dit-elle. Joseph s’écarta pour la laisser passer, quand elle l’effleura, il perçut son parfum : un souffle de mimosa ou de jasmin, il ne savait plus très bien, une odeur de Méditerranée, d’un pays de soleil. Elle chantonnait les paroles. Elle avait une façon particulière de le tenir. Les autres femmes posaient à peine leurs mains sur son bras ou son épaule. Viviane s’accrochait, se rapprochait à le frôler sans cesse. Il sentait par moments la pointe de ses seins, sa chair un peu molle sous la soie, sa moiteur inconnue, son déhanchement implacable, sa cuisse qui se frottait contre la sienne, son essoufflement maladroit, ses cheveux qui lui fouettaient le visage, son regard voilé qui l’enveloppait. Il lui demanda son prénom. J’adore ce prénom.
Ils n’attendirent pas la fermeture pour s’en aller. Joseph glissa quelques mots à l’oreille de Marcelin :
– Cette nuit, ça serait mieux, si tu ne rentrais pas.
– Pas de problème, répondit-il, aigrelet.
En les voyant s’éloigner, lui qui était profondément athée se dit pourtant :
« Mon Dieu, protégez-nous des femmes au nez retroussé qui ont un petit cul tout rond, perchées sur des talons hauts et maquillées comme des actrices de cinéma. »
Viviane, c’était le genre de femme qu’on n’oublie pas. Elle traînait une réputation délicieusement sulfureuse de briseuse d’hommes, des on-dit de jalouses qui faisaient banquette, rien de prouvé. On susurrait aussi qu’elle avait une pierre à la place du cœur, une dévergondée qui ne comptait plus les malheureux qui s’étaient jetés à ses pieds, la suppliant de ne pas les abandonner. On parlait du suicide raté d’un marchand de chaussures de Nevers ou de la folie d’un notaire de Rouen. Cette rumeur était née après qu’elle eut affirmé à Mady qu’autrefois elle avait été une sentimentale, une vraie, mais certains en avaient trop profité. Un soir, elle lui avait recommandé de se méfier comme de la peste des lieutenants de vaisseau, tout ce qu’ils juraient ou écrivaient, c’étaient des bobards, rien d’autre, maintenant, il n’y avait plus d’eau dans la fontaine, elle n’avait plus de pitié pour aucun homme, tous des cloches, des mous, même s’ils étaient riches et mettaient leur fortune dans la balance.
Quand elle se réveilla, Joseph, pour la première fois, prit l’initiative de lui demander s’ils allaient se revoir. À sa grande surprise, elle accepta avec une joie d’enfant de chœur puis s’en fut en lui souhaitant une belle journée.
Ils se retrouvèrent le soir dans une brasserie de la place Clichy. Elle était gourmande, adorait le chocolat viennois. Il l’écoutait avec délectation. Sa conversation n’était pourtant pas particulièrement passionnante, elle avait la voix pointue. Joseph saisissait les regards des autres hommes et ressentait le bonheur, inepte certes, de la vanité (mais c’était tellement agréable).
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