François Mauriac - Le Désert de l'amour

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Un soir, dans un bar, Raymond Courrèges retrouve par hasard Maria Cross, une femme à laquelle, adolescent, il a témoigné une passion ardente et maladroite, qu'elle a repoussée.
Dans les souvenirs de Raymond, que le visage de Maria fait ressurgir, nous découvrons bientôt d ?autres ombres, d'autres blessures, telle la rivalité équivoque d'un père et d'un fils pour une même femme.
C'est à quarante ans que François Mauriac publia ce roman, constat désabusé de la stérilité des passions humaines, illustration mélancolique, dans le Paris noceur des années 1920, du thème pascalien de la misère de l'homme sans Dieu. «
, devait-il écrire, c'est le roman de mon renoncement. Ce pourrait être le titre de mon œuvre entière. »

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« Il va bientôt quitter l'Ecole ? »

Elle répondit complaisamment que c'était sa dernière année ; il avait perdu quatre ans à cause de la guerre ; elle espérait bien qu'il sortirait dans les premiers. Et comme Raymond ajoutait que sans doute Bertrand succéderait à son père, Maria protesta qu'on lui laisserait le temps de réfléchir. Elle était d'ailleurs assurée qu'il s'imposerait n'importe où. Raymond ne pouvait comprendre ce que valait cette âme :

« A l'Ecole, son rayonnement est extraordinaire… Mais je ne sais pas pourquoi je vous dis ces choses… »

Elle eut l'air de descendre du ciel pour demander : « Et vous ? que faites-vous ?

— Des affaires… je bricole… »

Et soudain sa vie lui apparut misérable. A peine avait-elle écouté : elle ne le méprisait même pas ; il n'existait pas à ses yeux. A demi levée, Maria faisait des signes à Larousselle toujours pérorant sur son tabouret ; il cria : « Encore une petite minute ! » Elle dit à mi-voix : « Qu'il est rouge ! il boit trop… » Les nègres enveloppaient leurs instruments comme des enfants endormis. Seul le piano semblait ne pouvoir s'arrêter : un couple tournoyait encore ; les autres, sans se désunir, s'étaient abattus. Voici l'heure que Raymond Courrèges a souvent savourée : l'heure des griffes rentrées, des yeux pleins de douceur, de la voix sourde et des mains insidieuses… En ce temps-là, il souriait, songeait à ce qui viendrait après : lorsque à sa sortie de la chambre, dans le petit jour, l'homme s'éloigne, sifflotant, et laisse derrière soi, en travers du lit, un corps recru, comme assassiné… Ah ! certes, il n'eût pas ainsi abandonné Maria Cross ! Il n'aurait pas eu trop de toute une vie pour se repaître de cette femme. Elle est tellement indifférente qu'elle ne s'aperçoit pas qu'il a rapproché son genou du sien : elle ne sent même pas le contact ; il est sans pouvoir sur elle ; et cependant il l'a eue à portée de sa main, dans ces années finies ; elle a cru l'aimer. Il ne savait pas ; il n'était qu'un enfant, elle aurait dû l'avertir de ce qu'elle exigeait de lui ; aucun caprice ne l'eût rebuté ; il eût avancé aussi lentement qu'elle l'aurait voulu : il savait adoucir, au besoin, sa fureur… Elle en eût savouré la joie… Trop tard maintenant : faudra-t-il attendre des siècles pour que se renouvelle la conjonction de leurs destins, dans le tramway de six heures ? Il leva les yeux, regarda dans les miroirs sa jeunesse décomposée, vit poindre les signes de la décrépitude : le temps d'être aimé n'est plus ; voici le temps d'aimer, si tu en es digne. Il posa sa main sur la main de Maria Cross :

« Vous vous souvenez du tramway ? »

Elle haussa les épaules et, sans se retourner, eut le front de demander : « Quel tramway ? » Puis, pour ne pas lui laisser le loisir de répondre :

« Vous seriez gentil d'aller chercher M. Larousselle et de réclamer le vestiaire… sinon nous ne partirons jamais. »

Il semblait ne pas entendre. Elle avait fait exprès de dire : « Quel tramway ? » Il aurait voulu protester que rien ne comptait dans sa vie, hors ces minutes où ils furent assis face à face, au milieu des pauvres dont le sommeil renversait les faces charbonnées : un journal glissait des mains lourdes, cette femme en cheveux levait vers les lampes le feuilleton et sa bouche remuait comme si elle eût prié. Des gouttes d'orage creusaient la poussière de cette petite route derrière l'église de Talence ; un ouvrier à bicyclette le dépassait, couché sur le guidon, et il portait en bandoulière un sac de toile d'où sortait une bouteille. Des feuillages poudreux ressemblaient à travers les grilles à des mains qui cherchent l'eau.

« Je vous en prie, soyez gentil, ramenez-moi mon mari ; il n'est pas habitué à tant boire, j'aurais dû le retenir ; il ne supporte pas les alcools. »

Raymond, qui s'était assis, se leva, et de nouveau eut horreur de son reflet dans les glaces. A quoi sert-il d'être encore jeune ? On peut être encore aimé certes, mais on ne choisit plus. Tout est possible à qui détient la splendeur éphémère du printemps de l'être humain… Cinq ans de moins et Raymond songe qu'il n'aurait pas désespéré de sa chance : mieux que personne il savait ce que la première jeunesse d'un homme peut vaincre, chez une femme usée, d'antipathies, de préférences, de pudeurs, de remords — ce qu'elle éveille de curiosités, d'appétits. Maintenant, il se croyait désarmé, et regardait son corps comme, à la veille du combat, il eût fait d'une épée rompue.

« Si vous ne vous décidez pas, j'irai moi-même. On le fait boire… Comment vais-je le ramener ?… Mais quelle honte !

— Que dirait votre Bertrand s'il vous voyait ici, à côté de moi, et son père là-bas ?…

— Il comprendrait tout : il comprend tout. »

Ce fut alors que retentit du côté du bar le bruit d'un corps massif qui s'écroule. Raymond se précipita et, avec l'aide du barman, voulut relever Victor Larousselle dont les jambes demeuraient prises dans le tabouret renversé ; et sa main convulsive, pleine de sang, ne lâchait pas une bouteille cassée. Maria, tremblante, jeta sur les épaules du père de Bertrand une pelisse, en releva le col pour cacher la face violette. Le barman disait à Raymond qui réglait l'addition « qu'on ne savait jamais s'il ne s'agissait pas d'une attaque » ; et il porta presque le gros homme jusqu'au taxi, tant il avait peur de le voir « claquer » avant qu'il eût passé la porte.

Maria et Raymond, assis sur les strapontins, maintenaient l'ivrogne couché ; une tache de sang s'élargissait sur le mouchoir autour de la main malade. Maria gémissait : « Cela ne lui arrive jamais… j'aurais dû me souvenir qu'il ne supporte que le vin… Vous me jurez de garder le silence ? » Raymond exultait, saluait avec une immense joie ce retour de fortune. Non, il n'aurait pu être séparé de Maria Cross, ce soir. Quelle folie d'avoir douté de son étoile ! Bien que ce fût la fin de l'hiver, la nuit était froide ; une couche de grésil blanchissait la place de la Concorde sous la lune. Raymond retenait au fond de la voiture cette masse d'où sortaient des paroles confuses, des éructations. Maria avait ouvert un flacon de sels dont le jeune homme adora l'odeur vinaigrée ; il se chauffait au feu du corps bien-aimé contre lui, profitait des brèves flammes de chaque réverbère pour s'emplir les yeux de ce beau visage humilié. Un moment, elle prit dans ses mains la lourde tête, affreuse à voir, du vieil homme et elle ressemblait à Judith.

Elle désirait par-dessus tout que le concierge ne s'aperçût de rien et fut trop heureuse d'agréer les services de Raymond pour traîner, jusqu'à l'ascenseur, le malade. A peine l'avaient-ils étendu sur un lit, qu'ils virent que sa main saignait abondamment et que les prunelles étaient révulsées. Maria s'affolait, maladroite, incapable de rendre aucun des soins familiers aux autres femmes… Fallait-il aller réveiller les domestiques au septième ! Mais quel scandale ! Elle décida de téléphoner à son médecin qui avait dû mettre l'interrupteur, car elle n'obtint aucune réponse. Elle éclata en sanglots. Raymond se souvint alors que son père était à Paris, eut la pensée de l'appeler, et en fit la proposition à Maria. Sans lui dire merci, déjà elle cherche dans l'annuaire le numéro du Grand-Hôtel.

« Le temps de s'habiller et de trouver un taxi, mon père arrive. »

Maria, cette fois, lui prit la main ; elle ouvrit une porte, donna de la lumière :

« Voulez-vous l'étendre là ? C'est la chambre de Bertrand. »

Elle dit que le malade avait vomi, qu'il se trouvait mieux ; mais la blessure l'inquiétait encore. Raymond, quand elle se fut retirée, s'assit, boutonna sa pelisse : le radiateur chauffait mal. Il écoute encore en lui la voix ensommeillée de son père : qu'elle paraissait venir de loin ! Depuis trois ans, ils ne s'étaient pas revus : depuis la mort de la grand-mère Courrèges. A cette époque, Raymond se trouvait dans de grands embarras d'argent ; peut-être avait-il réclamé sa dot avec des paroles trop brutales ; mais cela surtout avait piqué au vif le jeune homme, et précipité la rupture : les remontrances de son père touchant des moyens d'existence qui faisaient horreur à cet homme timoré ; les mœurs de courtier, d'intermédiaire, lui paraissaient indignes d'un Courrèges ; il avait prétendu exiger de Raymond qu'il s'adonnât à une occupation régulière… Il sera là dans quelques instants ; faudra-t-il l'embrasser, ou seulement lui tendre la main ?

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