François Mauriac - Le Désert de l'amour

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Un soir, dans un bar, Raymond Courrèges retrouve par hasard Maria Cross, une femme à laquelle, adolescent, il a témoigné une passion ardente et maladroite, qu'elle a repoussée.
Dans les souvenirs de Raymond, que le visage de Maria fait ressurgir, nous découvrons bientôt d ?autres ombres, d'autres blessures, telle la rivalité équivoque d'un père et d'un fils pour une même femme.
C'est à quarante ans que François Mauriac publia ce roman, constat désabusé de la stérilité des passions humaines, illustration mélancolique, dans le Paris noceur des années 1920, du thème pascalien de la misère de l'homme sans Dieu. «
, devait-il écrire, c'est le roman de mon renoncement. Ce pourrait être le titre de mon œuvre entière. »

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« Mon mari est vraiment d'une indiscrétion… »

Raymond, aussi sot qu'on pouvait l'être à dix-huit ans, marqua sa stupeur qu'elle fût mariée.

« Vous ne saviez pas ? Tout Bordeaux le sait, voyons ! »

Elle avait résolu d'opposer à Raymond un silence glacial, mais parut confondue qu'il existât un homme au monde — surtout un Bordelais — qui ne sût pas qu'elle s'appelait maintenant M meVictor Larousselle. Il s'excusa sur ce qu'il n'habitait plus Bordeaux depuis des années. Alors elle ne put se défendre de violer son vœu de silence : M. Larousselle s'était décidé, l'année après la guerre… Il hésitait depuis longtemps déjà à cause de son fils…

« Et c'est Bertrand qui, à peine démobilisé, nous a suppliés de conclure ce mariage. Moi, je n'y tenais guère ; j'ai cédé à des considérations très hautes… »

Elle ajouta qu'elle aurait habité Bordeaux :

« … mais Bertrand est à Polytechnique ; M. Larousselle passe ici quinze jours par mois ; cela fait un foyer pour le petit. »

Et soudain elle eut honte d'avoir parlé, de s'être livrée ; de nouveau distante, elle demanda :

« Et ce cher docteur ? La vie nous sépare de nos meilleurs amis… »

Quelle joie ce lui serait de le revoir ! Mais comme Raymond, la prenant au mot, lui disait : « Mon père est à Paris justement, au Grand-Hôtel ; il serait ravi… » elle tourna court, eut l'air de n'avoir pas entendu. Impatient de l'irriter, de déchaîner sa colère, il fit le brave enfin et osa toucher au sujet brûlant :

« Vous ne m'en voulez plus de ma maladresse ? Je n'étais qu'un enfant grossier, et si naïf, au fond ! Dites-moi que vous ne m'en voulez plus ?

— Vous en vouloir ? »

Elle feignit de ne pas le comprendre, puis :

« Ah ! vous faites allusion à cette scène absurde… mais je n'ai rien à vous pardonner ; je crois bien que j'étais folle, à cette époque. Prendre au sérieux le gosse que vous étiez ! Cela me paraît si dénué d'intérêt aujourd'hui ! Vous ne sauriez croire comme c'est loin de moi. »

Il l'avait irritée, certes, — non de la manière qu'il avait cru. Tout ce qui lui rappelait l'ancienne Maria Cross, elle en avait horreur, mais ne jugeait que ridicule son aventure avec Raymond. Méfiante, elle se demandait s'il savait qu'elle avait peut-être voulu mourir… Non, il eût été plus fier, il n'aurait pas eu l'air si humble. Raymond avait tout prévu, sauf le pire — sauf cette indifférence.

« Je vivais repliée sur moi-même, en ce temps-là. Je mettais l'infini dans des billevesées. Il me semble que vous me parlez d'une autre femme. »

Raymond savait que la colère, que la haine sont des prolongements de l'amour ; que s'il avait pu les réveiller dans Maria Cross, sa cause n'eût pas été sans espoir ; mais il n'excite rien que l'agacement de cette femme, la honte de s'être livrée autrefois à de si pauvres yeux, en si piètre compagnie. Et comme elle ajoutait sur un ton de persiflage :

« Alors vous avez cru que ces bêtises pouvaient compter dans ma vie ? »

Il gronda qu'elles avaient compté dans la sienne, — aveu qu'il ne s'était jamais fait à lui-même et qui lui échappait, enfin. Cette pauvre histoire de son adolescence, il ne doutait pas que tout son destin s'en fût ressenti ; il souffrait, il entendait la voix calme de Maria Cross :

« Bertrand a bien raison de dire que nous ne commençons à vivre de notre vraie vie qu'après vingt-cinq ou trente ans. »

Il sentait confusément que ce n'était pas vrai, et qu'à la fin de l'adolescence tout ce qui doit s'accomplir a pris corps en nous. Au seuil de notre jeunesse, les jeux sont faits, rien ne va plus ; peut-être sont-ils faits depuis l'enfance : telle inclination, enfouie dans notre chair avant qu'elle fût née, a grandi comme nous, s'est combinée avec la pureté de notre adolescence, et, lorsque nous avons atteint l'âge d'homme, a fleuri brusquement sa monstrueuse fleur.

Raymond désemparé, tout contre cette femme inaccessible, se souvint alors de ce qu'il avait si ardemment souhaité d'apprendre à Maria ; et bien qu'il acquît la certitude, à mesure qu'il parlait, que ses paroles étaient les moins opportunes, déclara que « bien sûr, cette histoire ne l'avait pas empêché de connaître l'amour… et comment ! Sans doute avait-il eu plus de femmes qu'aucun garçon de son âge — de femmes qui comptent : il ne parlait pas des grues… Maria Cross lui avait plutôt porté bonheur. » Elle rejeta la tête et, les yeux mi-clos, l'interrogea d'un air de dégoût : de quoi se plaignait-il…

« … Puisque pour vous, sans doute, il n'y a que cette saleté qui compte. »

Elle alluma une cigarette, appuya contre le mur sa nuque rasée, suivit à travers la fumée le tournoiement de trois couples. Comme le jazz reprenait haleine, les hommes se détachèrent des femmes et ils battaient des mains, puis les tendaient vers les nègres, avec le geste des suppliants — comme si leur vie eût dépendu de ce vacarme ; les Noirs miséricordieux se déchaînèrent alors, et les éphémères, soulevés par le rythme, volèrent derechef, accolés.

Cependant Raymond, haineusement, considérait cette femme aux cheveux coupés et qui fumait, cette Maria Cross, il chercha et trouva enfin le mot qu'il fallait pour la mettre hors des gonds :

« Tout de même, vous êtes ici. »

Elle comprit qu'il voulait dire : on revient toujours à ses premières amours. Il eut le plaisir de voir s'empourprer ce visage et se rapprocher durement les sourcils :

« J'ai toujours exécré ces sortes d'endroits ; il faut que vous me connaissiez bien mal ! Votre père, lui, doit se souvenir de mon martyre lorsque M. Larousselle me traînait au Lion Rouge. Il ne servirait de rien que je vous dise que je suis ici par devoir — oui, par devoir… Mais un homme de votre espèce, que peut-il comprendre à mes scrupules ? C'est Bertrand lui-même qui me conseille de céder, dans une mesure raisonnable, aux goûts de mon mari. Si je veux garder quelque influence, il ne faut pas trop tirer sur la corde. Bertrand est très large, vous savez : il m'a suppliée de ne pas résister à son père qui voulait que je retranche mes cheveux… »

Ce nom de Bertrand, il suffit que Maria le prononce pour être détendue, apaisée, attendrie. Raymond revoit en esprit une allée déserte du Parc Bordelais à quatre heures, un enfant essoufflé qui le poursuit ; il entend sa voix pleine de larmes : « Rendez-moi mon cahier… » Ce garçon fluet, quel homme est-il devenu ? Raymond cherche à blesser :

« Vous voilà avec un grand fils, maintenant… »

Non, elle n'est pas blessée ; elle sourit, heureuse :

« C'est vrai que vous l'avez connu au collège… »

Raymond existe à ses yeux soudain : il est un ancien condisciple de Bertrand.

« Certes, un grand fils ; mais un fils qui serait à la fois un ami, un maître. Vous ne pouvez savoir ce que je lui dois…

— Oui, vous m'avez dit : votre mariage.

— Mon mariage, en effet — mais ce ne serait rien. Il m'a révélé… mais non, vous ne pouvez comprendre. Tout de même, je songeais à l'instant que vous aviez été son camarade. J'aimerais savoir quel enfant il était ; j'ai souvent interrogé mon mari ; c'est incroyable qu'un père ne trouve rien à dire sur ce que fut son fils : « un gentil enfant comme tous les autres », me répète-t-il. Au vrai, il n'y a guère apparence que vous ayez su mieux l'observer. D'abord, vous êtes tellement plus âgé ! »

Raymond gronde : « quatre ans, cela n'est rien », et il ajoute :

« Je me rappelle un gosse à tête de fille. »

Elle ne se fâcha pas, mais répondit avec un dédain paisible qu'elle imaginait assez qu'ils n'étaient pas faits pour s'entendre. Raymond comprit qu'aux yeux de Maria, son beau-fils planait au-dessus de lui à une distance incommensurable. Elle pensait à Bertrand ; elle avait bu du champagne et souriait aux anges ; elle frappa des mains, elle aussi, comme les éphémères désunis, pour que la musique aidât encore à son enchantement. Dans la mémoire de Raymond, que restait-il des femmes qu'il avait possédées ? Certaines, à peine les eût-il reconnues. Mais il n'a guère vécu de jours, duant ces dix-sept années, sans éveiller en lui, sans insulter, sans caresser cette figure dont il voit de tout près, ce soir, le profil. Elle était si loin de lui, à cette minute, que ce lui fut insupportable et que, pour se rapprocher d'elle à tout prix, il prononça encore le nom de Bertrand :

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