Amélie Nothomb - Riquet à la houppe

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Riquet à la houppe: краткое содержание, описание и аннотация

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« L'art a une tendance naturelle à privilégier l'extraordinaire. »
Amélie Nothomb Une rentrée littéraire ne serait plus une rentrée littéraire digne de ce nom sans un nouveau roman d'Amélie Nothomb comme elle seule en a le secret. Avec
elle nous revient avec un conte pour adultes où le laid et brillant Déodat va rencontrer la belle et contemplative Trémière. On y retrouve tous les ingrédients qui font la saveur des livres de la plus Belge de nos auteurs : cruauté, humour noir, personnages improbables et même un cours d'ornithologie. Amélie n'a pas fini de nous surprendre.
Amélie Nothomb est née à Kobé en 1967. Dès son premier roman
paru en 1992, elle s'est imposée comme un écrivain singulier. En 1999, elle obtient avec
le Grand Prix de l'Académie française.
est son 25
roman.

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De même que le féru de littérature ne peut se résoudre à avoir un seul livre de chevet, Déodat était incapable d’avoir un oiseau favori : comment choisir entre la chouette effraie (quoi de plus déchirant que son cri ?), la sarcelle d’été (cette démarche si gracieuse), la buse variable (cette manière de se figer dans le ciel avant de fondre), la sittelle torchepot (l’humour avec lequel elle escaladait à l’envers), le roitelet (son volume de rocher Suchard), la poule d’eau (quelle jolie bestiole !), la tourterelle turque (ce regard si doux) ? Chaque fois qu’il découvrait dans le Bordas une nouvelle sorte d’oiseau, il en sautait de joie.

« Quand je les aurai rencontrés en vrai, je pourrai peut-être en préférer un », pensait-il. Déodat avait conscience de son handicap : être un enfant de sept ans, citadin de surcroît, ne lui permettait pas d’aller observer ces merveilles dans leur habitat. Pour autant, il observait ce que Paris mettait à sa disposition : les pigeons et les piafs. Ces derniers le ravissaient : les moineaux, petits moines sautillants des trottoirs, hôtes légers du pavé, à l’impertinence gouailleuse, crève-la-faim à l’affût de l’aubaine, ils étaient les jeunes gens de Paris, et les moinettes étaient les jouvencelles parisiennes fières de leur minceur invétérée. Quant aux pigeons, le mépris dont ils étaient l’objet les identifiait clairement aux Parisiens vieillissants. Était-ce leur faute s’ils prenaient de l’âge, du ventre et des manières un peu lourdes ? Vieillir à Paris engendrait plus de vexations qu’ailleurs. Encore heureux qu’il y ait des compensations : la joie avec laquelle le pigeon chie sur un monument le console du dédain des coquettes et des rafles de la police.

Dans les parcs parisiens, Déodat put observer la noirceur sans concession des corneilles, et le long de la Seine, des mouettes, qui affectaient, comme certains provinciaux, d’être nées là : « Il n’est bon bec que de Paris », semblaient-elles dire. Villon l’avait déjà compris : les oiseaux, comme les autres, subissent l’attraction parisienne.

Il n’empêche qu’il tardait à l’enfant, non pas tant de voler de ses propres ailes que d’aller observer ailleurs les espèces innombrables du règne aviaire. Verrait-il un jour de ses propres yeux l’accenteur mouchet, la frégate et le bruant hudsonien ? Pourrait-il se remplir l’âme du spectacle d’une migration de bernaches ? Même le vautour, presque aussi détesté que la hyène, suscitait sa sympathie : il comprenait les peuples qui livraient leurs cadavres à ce nettoyeur rapide.

À l’école, la passion ornithologique du garçon n’eut pas d’influence sur sa réussite scolaire mais le rendit à sa solitude originelle. Les parents furent convoqués :

— Votre fils, qui avait beaucoup d’amis au CP, n’adresse plus la parole à ses anciens camarades. Vous êtes au courant ?

— Assez pour savoir que c’est son choix.

— Déodat est supérieurement intelligent et il le sait. Il ne faudrait pas l’encourager dans cet isolement méprisant.

— Ce n’est pas du mépris. Notre enfant ne pense qu’aux oiseaux.

— Vous comptez faire de lui un ornithologue ?

— Nous comptons le laisser décider de sa vie.

— C’est dommage, quand même. Un tel cerveau pourrait trouver meilleur emploi.

Glacée, Énide coupa court à l’entretien et entraîna son mari hors du bureau du proviseur.

— Quel pauvre type, celui-là !

— Tu as raison, ma chérie. Nous ne raconterons rien de cet échange au petit.

La vérité était que Déodat avait d’abord voulu se prouver que son intégration parmi les enfants était possible. Mais dès qu’il n’en avait plus douté et qu’il avait pu constater le peu de valeur d’une camaraderie, il s’était détourné de toute vie sociale. La contemplation du moindre moineau de la cour lui apportait tellement plus que la fréquentation de ceux qui, après l’avoir appelé Déodorant, ne le nommaient plus autrement que l’Enfienté.

Les gens ne sont pas indifférents à l’extrême beauté : ils la détestent très consciemment. Le très laid suscite parfois un peu de compassion ; le très beau irrite sans pitié. La clef du succès réside dans la vague joliesse qui ne dérange personne.

Dès le premier jour, Trémière devint la martyre de l’école. La maîtresse et les élèves avaient trouvé le meilleur prétexte à leur exécration : l’enfant fut décrétée d’une stupidité absolue.

Pour son malheur, sa propre mère en pensait autant.

Comment un très petit enfant est-il pressenti idiot par son entourage proche ? Et comment une réputation d’idiotie peut-elle se cristalliser autour de lui à l’école ? Il y a là un double et terrifiant mystère.

Dès ses quatre ans, Trémière passa un week-end par mois chez ses parents, à Paris. Ils voyaient d’un mauvais œil le refus de Passerose que leur fille aille à l’école maternelle :

— Cela ne sert qu’à désenchanter l’enfance, disait la grand-mère.

— Non. Cela sert à sociabiliser les tout-petits, répondait la mère.

— Quel vocabulaire barbare, ma pauvre chérie !

Ce week-end mensuel avait donc pour fonction d’initier Trémière à des rapports humains différents de celui qu’elle vivait avec Passerose. Dans la voiture qui les ramenait de Fontainebleau, Rose prit l’habitude de questionner sa fille.

— Que s’est-il passé cette semaine ?

Long silence que la mère interprétait à tort comme un temps de réflexion. Silence. Expression hallucinée de la petite.

— Qu’est-ce que tu as fait avec grand-maman hier, avant-hier ?

Même attitude.

— Qu’est-ce que tu as envie de faire à Paris, ma chérie ?

Idem.

— Sais-tu que quand on te pose une question, il faut répondre ?

Dans l’appartement du treizième arrondissement, Trémière avait sa chambre et ses jouets. Elle y restait assise par terre, immobile, à regarder les objets avec extase, sans y toucher. Elle ne parlait pratiquement pas.

Une seule fois, la petite eut un comportement qui ne déçut pas. Rose l’avait emmenée à la galerie, au vernissage d’un peintre serbe dont les toiles immenses déconcertaient. L’enfant contempla très longuement chaque tableau avec stupéfaction. L’artiste vint lui demander ce qu’elle en pensait ; en guise de réponse, Trémière montra du doigt l’œuvre la plus singulière puis tourna vers l’homme des yeux écarquillés.

Le Serbe tomba en pâmoison et baisa la main de la fillette.

— Je voudrais ne peindre que pour votre fille, dit-il à la galeriste.

Celle-ci se tut prudemment, mais ne crut pas un instant à la version du regard génial de l’enfant. Son opinion s’était déjà faite malgré elle et, même si elle en avait honte, elle ne pouvait rien y changer : sans jamais le formuler, elle pensait que Trémière était bête à souhait.

Quand elle la reconduisait le dimanche soir à Fontainebleau, son propre soulagement la rendait un peu triste. Et quand elle voyait sa fille courir dans les bras de Passerose en criant : « Grand-maman ! », elle se disait : « Rassure-toi, ton soulagement est partagé. »

Elle aimait sa fille, pourtant, et celle-ci l’aimait : mais cela n’avait rien à voir avec la passion qui unissait l’enfant à sa grand-mère.

De retour à Paris, Rose parlait à son mari de ce qui la préoccupait :

— À l’âge de Trémière, et même avant, j’explorais déjà. La maison de ma mère est un tel mystère, elle invite à fouiller, à monter au grenier, ou au moins à ouvrir les portes. Notre fille reste assise par terre, elle observe autour d’elle sans bouger, sans parler.

— Nous en ferons une moniale zen.

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