Frédéric Dard - Les soupers du prince

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Quand Edouard, dit Doudou, devient Edouard I Sire, de grâce, écoutez-moi,
Je reviens des galères.
Je suis voleur, vous êtes roi,
C'est à peu près la même affaire. (Pétition d'un voleur de Sa Majesté, attribuée à Lacenaire.)
Il est des gens à qui la vie réserve bien des surprises. Tenez, Édouard Blanvin, dit Doudou… Trente-deux ans, beau gosse ; passionné par les bagnoles. Et pas n'importe lesquelles s'iouplaît ! Des tractions avant qu'il bichonne amoureusement comme les petites nénettes qui « raffolent de sa gueule d'amour de gentil voyou ». Uniour, sa chère môman lui révèle qu'il est le fils du défunt prince de Montégrin. Doudou serait donc Edouard I
. De la banlieue grise au château d'opérette, il n'y a qu'un pas. Doudou le franchit allégrement. La grande vie commence. Les surprises et les ennuis !

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Le jour de son arrivée (la seconde), Édouard ne pensait qu’à rentrer dans sa grande banlieue boueuse et avait décidé intérieurement de repartir rapidement. Mais le lendemain, une force mystérieuse l’avait retenu de prendre congé. Il s’était senti si bien dans la grande demeure rébarbative qu’il avait la capiteuse sensation d’être arrivé à bon port après un interminable voyage. Il ne parvenait pas à éprouver sa qualité de prince ; celle-ci lui paraissait improbable, voire puérile et dénuée d’importance. Quand bien même son géniteur était le fils d’un souverain déchu, il se sentait né du peuple français, infiniment. Cette caricature de cour en exil l’émouvait sans l’impressionner et ressemblait à un vieux film d’avant-guerre récemment projeté à la télévision. Film drôle, ce qui prouvait bien la cocasserie d’un tel postulat. Pourtant, la vieille princesse Gertrude l’intimidait dans ses atours de deuil. Il avait compris, au premier regard, quel être exceptionnel elle était. Auréolée de son chagrin, de sa majesté naturelle et du pathétique besoin de tendresse dont elle souffrait, elle l’avait conquis en une soirée.

Alors il avait décidé de prolonger son séjour pour vivre pleinement son ahurissante aventure.

Sa chambre avait été celle de son père. On y trouvait des photographies de celui-ci, emphatiques et légèrement coloriées à la main, ce qui leur donnait un aspect de pastel. Elles représentaient Sigismond garçonnet, le jour de sa première communion, strict dans son habit, un large brassard noué au-dessus du coude gauche ; puis en uniforme, le jour de ses vingt ans ; ensuite à moto, tête nue avec de grosses lunettes sur le front. Sur tous les clichés, il paraissait altier, mais sur celui qui le montrait en motocycliste, il lançait un défi à la terre entière. Il émanait de cet être une âpreté qui faisait mal, une insolence tranquille d’homme marqué du signe, la certitude d’être « né ». Édouard en était profondément choqué parce qu’il ressemblait beaucoup à son père et qu’il trouvait celui-ci antipathique. Beau, certes (bien davantage que lui), mais coupé du monde par une fierté forcenée dont il n’était peut-être pas conscient.

Dès qu’il pénétrait dans la pièce, Édouard passait les portraits en revue, essayant de découvrir un autre lien que la ressemblance entre le mort et lui, mais sans jamais y parvenir. Il sentait en lui-même une chaleur, une générosité qu’il ne décelait pas sur les photographies. Sigismond avait été un être isolé, fier et intransigeant, que les autres n’intéressaient pas. Il avait dû prendre du plaisir avec la jeune Rosine (douée pour l’amour), mais il l’avait abandonnée à son sort lorsqu’elle avait été enceinte. Le lettre courageuse qu’il lui avait laissée exprimait son orgueil plus que sa compassion.

En revanche, il ressentait une attirance pour le prince Otton, son grand-père, dont un portrait à l’huile décorait le grand salon. Ce monarque, assassiné dans son palais à la libération, n’exprimait que douceur et bienveillance. Il avait dû inspirer un profond amour à sa femme car elle passait des heures entières en contemplation devant le tableau ; le regard de Gertrude était brillant et ses lèvres remuaient imperceptiblement comme si une conversation se poursuivait entre eux au-delà de la mort.

Édouard acheva son pot de café, mit le plateau de côté et se leva. La veille, il avait entrepris une tâche peu compatible avec sa condition princière, qui consistait à faucher l’herbe haute de la pelouse. Walter, avec lequel il entretenait des liens cordiaux, avait ressorti sa faux d’autrefois, l’avait longuement aiguisée avant de montrer à Édouard comment s’en servir. En parfait manuel, le prince avait attrapé le coup tout de suite et s’était mis à faire les foins, à la stupeur des habitants du château. Sa grand-mère lui avait demandé pourquoi il s’était attelé à une pareille tâche. « Parce qu’elle doit être faite ! » avait-il répondu. Alors elle lui avait saisi la tête de ses deux mains et lui avait donné un baiser sur le front en l’assurant qu’il parlait comme son grand-père.

Comme il sortait de la salle de bains aux éléments archaïques, on frappa à sa porte. Drapé dans un peignoir-éponge, il alla ouvrir. La princesse Gertrude se tenait devant l’huis, déjà en tenue, déjà souveraine.

— Je ne vous dérange pas, Édouard ?

Habituellement, il ne la voyait pas avant le déjeuner ; elle se réveillait tôt mais se levait tard, aimant à s’occuper au lit pour prendre connaissance du courrier et expédier les affaires courantes avec le duc Groloff, puis avec les domestiques.

— Je vous remercie de la bonne surprise, répondit Édouard.

Il lui saisit la main et donna sur le dos cireux un baiser appuyé.

— Garagiste, avec des manières de prince ! fit-elle en s’avançant.

Comme elle marchait difficilement, elle prit place dans le premier fauteuil qui se présentait. Il y avait quelque chose de vorace dans le regard dont elle l’enveloppait. La voracité de la tendresse maternelle.

— Vous êtes très beau, murmura Gertrude.

Il lui donna un baiser fou dans les cheveux.

— Arrive-t-il, chez les princes, qu’une grand-mère tutoie son petit-fils ? demanda Édouard.

— Quelquefois, en privé.

— Ne sommes-nous pas en privé ?

Elle eut un rire presque joyeux.

— Tu as raison, mon petit garçon. Je suis venue te poser une question qui m’a rendu la nuit très longue : es-tu bien, près de moi ?

— Merveilleusement bien ; pour la première fois de ma vie, j’ai une impression de vacances.

Le visage de la vieille femme s’assombrit.

— L’ennui, avec les vacances, c’est qu’elles se terminent, Édouard. Es-tu apte à changer de vie et à quitter la France pour t’implanter ici en attendant le jour où nous pourrons rentrer au pays ?

Il fut pris de court, submergé par le flot d’objections que provoquait la question de la princesse.

Elle attendit patiemment sa réponse, la sachant difficile à formuler.

— Là-bas, dit-il, j’ai ma mère, une petite affaire qui ne marche pas trop mal, plus deux ou trois personnes auxquelles je tiens. Et puis, disons-le : il y a la France que j’ai toujours considérée comme mon pays ; des habitudes, des relations…

Elle hochait la tête à chacune de ses énumérations.

Quand il se tut, elle lui prit la main et la plaqua contre sa joue où saillait durement la pommette.

— Ton vrai pays, Édouard, je te le montrerai sur une carte d’Europe, tu en portes le tracé sur le bas de ton dos. Quant à ta mère et aux personnes qui te sont chères, elles peuvent s’installer ici, si bon leur semble. Tu es chez toi, ce château appartient depuis près d’un siècle aux Skobos.

— Je m’appelle Blanvin, repartit Édouard.

— Ceci est le nom de ta mère, pas le tien. Reste et tu t’appelleras Skobos, nous ferons ce qu’il faudra pour ça. Quant à ton commerce d’automobiles, rien ne t’empêchera de le poursuivre ici, ce n’est pas la place qui manque !

— Je suppose qu’il faut un permis pour vivre en Suisse ? risqua Blanvin.

— Nous te l’obtiendrons sans problème. Écoute, petit garçon, il ne faut pas décider de ton destin en un instant. Tu as tout le temps pour réfléchir.

Elle se leva péniblement.

— J’aimerais que tu viennes avec moi, tantôt, sur la tombe de ton père. Je m’y rends chaque jour et il faut que tu la voies au moins une fois.

— D’accord, fit Édouard.

Il escorta la vieille femme jusqu’au couloir, puis revint s’habiller, pensif.

* * *

Ils prenaient leur repas de midi dans une petite salle à manger vitrée encombrée de fleurs en pots. Mal entretenues, ces dernières s’étiolaient et leurs feuilles prenaient la couleur du papier brûlé. Une odeur de pourriture se répandait dans le local lorsque les intempéries ne permettaient pas qu’on ouvre les fenêtres coulissantes. Par décision de la princesse mère, miss Margaret participait aux déjeuners mais non aux dîners, sa condition paraissant probablement trop modeste pour qu’elle fût jugée digne du repas du soir. Toutefois, elle ne mangeait pas à la cuisine avec le personnel, mais dans sa chambre où elle se montait elle-même un plateau. Cette situation anormale ne semblait pas la gêner, du moins n’en laissait-elle rien paraître.

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