Frédéric Dard - Les soupers du prince

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Les soupers du prince: краткое содержание, описание и аннотация

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Quand Edouard, dit Doudou, devient Edouard I Sire, de grâce, écoutez-moi,
Je reviens des galères.
Je suis voleur, vous êtes roi,
C'est à peu près la même affaire. (Pétition d'un voleur de Sa Majesté, attribuée à Lacenaire.)
Il est des gens à qui la vie réserve bien des surprises. Tenez, Édouard Blanvin, dit Doudou… Trente-deux ans, beau gosse ; passionné par les bagnoles. Et pas n'importe lesquelles s'iouplaît ! Des tractions avant qu'il bichonne amoureusement comme les petites nénettes qui « raffolent de sa gueule d'amour de gentil voyou ». Uniour, sa chère môman lui révèle qu'il est le fils du défunt prince de Montégrin. Doudou serait donc Edouard I
. De la banlieue grise au château d'opérette, il n'y a qu'un pas. Doudou le franchit allégrement. La grande vie commence. Les surprises et les ennuis !

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Édouard aurait souhaité la présence du duc qui aurait mis un peu de moelleux dans cette espèce d’affrontement, mais la princesse Gertrude avait dû la juger inopportune.

L’arrivante et lui échangèrent un long regard intense. Enfin, Blanvin s’inclina et dit d’une voix qu’il essaya de rendre sonore :

— Je vous présente mes respects, madame.

Elle répondit d’un bref mouvement de tête.

— Ainsi c’est vous, fit-elle.

Elle entraîna sa suivante pour décrire un cercle complet autour d’Édouard. Cette inspection maquignonne l’incommoda. Quand elle en eut fait le tour, elle prit place dans un fauteuil. Le monstre rouge sembla la happer. Une fois calée dans les énormes coussins, elle parut minuscule.

— Laissez-nous un instant, Margaret ! dit la princesse. Et veillez à ce que personne n’entre.

Elle s’exprimait d’une voix blanche et dans un français très pur que n’altérait pas son léger accent d’Europe centrale.

— Monsieur, reprit-elle quand la jeune femme fut sortie, je vais vous demander une chose qui risque de beaucoup vous choquer, et je vous prie à l’avance de me le pardonner : voulez-vous vous déshabiller ?

Édouard sourcilla.

— Si c’est à propos de la fameuse tache de vin, le duc a déjà vérifié que je l’avais, madame.

— Il n’y a pas que cela, répondit-elle. Oubliez votre pudeur devant une femme qui approche les quatre-vingts ans.

Sous le ton tranquille perçait l’exigence.

Édouard commença de se dévêtir. Ce strip-tease le mettait au supplice. S’il l’exécutait, c’était parce qu’il comprenait que la vieille princesse ne cédait pas à un caprice mais qu’elle opérait un contrôle.

En un tour de main il fut en slip devant elle.

— Ayez un peu de courage, monsieur, murmura-t-elle de sa voix d’agonisante ; je souhaite vous voir complètement nu.

Il se débarrassa de son slip à rayures bleues et se tint immobile, gauche et brûlant de honte, s’efforçant de ne pas croiser ses mains sur son sexe.

— Tournez-vous ! exigea la princesse.

Édouard obéit, éperdu de soumission, malgré la rébellion qui couvait en lui.

— Je vous remercie, dit la princesse. Vous pouvez vous vêtir.

Il ramassa ses vêtements et passa derrière le fauteuil de son hôtesse pour se rhabiller. Lorsqu’il se fut rajusté, il reprit la place qu’il avait occupée et vit alors qu’elle pleurait.

— Madame, balbutia-t-il. Oh ! Madame…

— Je viens de revoir un époux et un fils, déclara-t-elle. Seigneur, quelle prodigieuse ressemblance entre vous trois ! La coloration de la peau, l’implantation pileuse, les grains de beauté, le trapèze formé par les épaules, la position des hanches, la musculation, la saillie des coudes. Tout ! Et ces visages que l’on pourrait aligner de profil sur une médaille ! Ces regards sceptiques et insolents mais qui savent s’adoucir infiniment pour séduire ce qu’ils convoitent ! Ces fossettes au menton ! Cette couleur de barbe, ces oreilles charnues, ces bouches de jouisseur patient ! Oh ! mon enfant, quel fabuleux présent le ciel m’accorde avant que je meure !

Elle lui tendit les bras.

Si un témoin s’était trouvé là, le geste aurait paru théâtral, mais au sein de leur intimité, il restait naturel, simple et beau.

Édouard s’avança, posa ses mains sur les accoudoirs du siège d’apparat et offrit ses joues aux baisers de Gertrude. Elle sentait la violette éventée, étrange parfum peu discernable qui convenait parfaitement à cette vieille femme exilée.

Elle saisit sa tête de ses doigts froids et l’attira contre sa poitrine ; il dut se mettre à genoux pour se prêter au mouvement. Longtemps, elle le pressa sur son sein, caressant ses cheveux drus d’une main légère.

— Édouard, chuchotait-elle. Ô Édouard, mon beau miracle !

Il éprouvait un infini bien-être contre cette inconnue. Jamais mémé Rachel ne l’avait tenu ainsi.

Quand il se fut relevé, elle le pria de s’asseoir auprès d’elle et lui prit la main.

— Vous êtes l’envoyé de Dieu, assura-t-elle. Au moment où me voilà dans la ligne droite de mes dernières années, votre arrivée dans ma vie a une valeur inestimable. Grâce à vous, Édouard, tout recommence, ou plus exactement, tout continue. Mon destin était devenu celui d’une plante privée d’eau. Je n’avais plus comme force que la prière et comme but que ma visite quotidienne au cimetière. Désormais, je vais exister pour vous et pour le peuple du Montégrin qui peut à nouveau nourrir l’espoir de retrouver sa monarchie !

Édouard lutta contre l’envie de la dissuader, de lui dire qu’il voulait bien devenir son petit-fils, mais jamais le prince du Montégrin. Il songea qu’il n’était pas l’heure de détruire ses chimères et laissa Gertrude échafauder un futur d’opérette. Blanvin se sentait inapte à jouer Sissi impératrice pour une vieille princesse bannie. Ce genre de conte de fées lui donnait déjà un goût de gueule de bois.

La princesse Gertrude appela sa dame de compagnie qui entra aussitôt au salon.

— Voici Margaret Mullingar, annonça-t-elle. Une demoiselle irlandaise qui vit près de moi depuis plus de vingt ans.

Édouard songea qu’elle était entrée jeune au service de la princesse. Coiffée par celle-ci, elle avait dû s’étioler doucement et oublier sa jeunesse. Sans doute était-elle devenue la maîtresse du prince Sigismond avant qu’il ne se tue et continuait-elle de vivre dans son souvenir auprès de sa mère douloureuse ?

— Margaret, reprit solennellement la vieille femme, je vous présente mon petit-fils, le prince Édouard I erdu Montégrin.

L’Irlandaise rougit et amorça une révérence.

— Ainsi c’est donc vrai, madame ?

— Sans le moindre doute, assura Gertrude. Réunissez tout le monde ici, le plus rapidement possible.

— Bien, madame.

— Vous n’avez plus miss Maléva ? demanda Édouard.

Elle eut un sourire vague.

— Ah ! vous êtes au courant ?

— Ma mère m’a parlé d’elle.

La vieille femme redevint grave.

— Oh ! oui, votre mère, bien sûr…

On eût dit que l’évocation de Rosine la dérangeait, ternissait son bonheur de l’instant.

— Elle existe ! déclara Édouard avec force, comme pour signifier à cette mère-grand tombée du ciel qu’il ne serait jamais question d’occulter sa petite femme de chambre d’autrefois.

Gertrude comprit l’avertissement.

— Comment va-t-elle ?

— Le mieux possible.

— S’est-elle mariée ?

— Jamais.

La nouvelle parut la ravir.

— Ah bon, voilà qui est très bien.

— Pourquoi ?

— Parce que vous n’avez donc pas de père officiellement, la reconnaissance posthume en paternité s’en trouvera facilitée.

Elle avait dû cogiter ferme depuis sa première visite.

Gertrude porta la main crevassée de son petit-fils à ses lèvres pour embrasser les rudes doigts du mécanicien.

— Eux aussi, parfois, avaient ces mains-là. Lorsque vous nous avez dépannés dans Versoix, en vous voyant penché sur le moteur de l’automobile, j’ai su que vous étiez bien qui vous prétendiez être.

On frappa à la porte. Le duc Groloff entra, flanqué d’une dame à la poitrine opulente qui portait un tailleur de velours vert aux broderies plutôt folkloriques. La couperose faisait flamboyer sa trogne malgré des couches de cosmétiques. Elle approchait de la cinquantaine. Des yeux saillants, très bleus, révélaient sa sottise congénitale.

— Vous connaissez déjà le duc Groloff, fit la princesse, voici son épouse, la duchesse Heidi.

Elle prononça les deux derniers mots en glissant de l’ironie dans sa voix. Édouard comprit que sa grand-mère ne portait pas une grande estime à cette dondon mal fagotée.

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