Frédéric Dard - Les soupers du prince

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Quand Edouard, dit Doudou, devient Edouard I Sire, de grâce, écoutez-moi,
Je reviens des galères.
Je suis voleur, vous êtes roi,
C'est à peu près la même affaire. (Pétition d'un voleur de Sa Majesté, attribuée à Lacenaire.)
Il est des gens à qui la vie réserve bien des surprises. Tenez, Édouard Blanvin, dit Doudou… Trente-deux ans, beau gosse ; passionné par les bagnoles. Et pas n'importe lesquelles s'iouplaît ! Des tractions avant qu'il bichonne amoureusement comme les petites nénettes qui « raffolent de sa gueule d'amour de gentil voyou ». Uniour, sa chère môman lui révèle qu'il est le fils du défunt prince de Montégrin. Doudou serait donc Edouard I
. De la banlieue grise au château d'opérette, il n'y a qu'un pas. Doudou le franchit allégrement. La grande vie commence. Les surprises et les ennuis !

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— Ils défendent leur bœuf, nota Édouard.

— Tiens, la mère Rachel qui fait école ! bougonna Rosine. Justement, je voulais te demander de passer la voir dans l’après-midi car je vais sûrement rentrer tard. Le père Montgauthier m’a bien promis de s’en occuper, mais ils vont se poivrer comme des Polaks. Je me la donne belle entre ces deux ivrognes ! À bientôt, mon Doudou.

Il regarda s’éloigner le taxi. Par la lunette arrière, il apercevait la chevelure de sa mère qui ressemblait à une pièce montée. Pendant leur brève conversation, Salingue était allé remiser la 7 B derrière l’atelier. Il l’avait piquée deux jours plus tôt dans le garage (cependant fortifié) d’un collectionneur et ne tenait pas à ce qu’elle stationne longtemps sur la route. Il avait appris à connaître les maléfices du hasard.

Salingue aimait passer pour un homme de la pègre aux yeux de ses copains ; en réalité il n’était qu’un habile voleur de voitures parfaitement organisé. Ses prétendues prouesses amoureuses se limitaient à des conquêtes faciles mais qu’il embellissait pour jouer les affranchis.

Édouard usait peu des banques ; il se comportait en vieux paysan d’autrefois et conservait l’argent liquide à disposition dans des cachettes ingénieuses. Il pria Salingue de l’attendre et s’en fut chercher les quarante mille francs qu’il devait à son rabatteur. Son « fric de roulement » se trouvait dans le double fond d’un arrosoir en fer-blanc qu’il avait confectionné quelques années auparavant.

Lorsque la 7 B fut payée, ils s’en furent arroser le marché de quelque mominettes chez la mère Taillard, qui tenait une de ces boutiques campagnardes où l’on trouve de tout. Salingue consultait fréquemment sa montre. Il expliqua à Édouard qu’il avait donné rendez-vous chez lui à l’une de ses gagneuses afin qu’elle le ramenât en ville. Blanvin sut qu’il n’en était rien. C’était le mensonge habituel. À chacune de ses livraisons, il sortait la même bourde, regardait l’heure, dansait d’un pied sur l’autre en fulminant : « Cette peau va me foutre en retard : j’ai un ranque important aux Champs-Zés avec un client ricain bourré de dollars ! » Si bien qu’à la longue, Édouard se fendait du voyage. Cette fois, il se déroba :

— Moi aussi j’ai rancard. Tu veux que je t’appelle un bahut ?

— Aux prix qu’ils pratiquent maintenant !

— Fais pas le grigou, t’es nanti avec ce que je viens de t’allonger.

Mais Salingue n’était pas content.

Le retour de Banane régla la question. Édouard lui demanda d’emmener le petit homme.

— Comment va la môme ? s’inquiéta-t-il.

— Toujours pareil. On dirait qu’elle est consciente, mais elle demeure sans réactions. Ils ont accepté que la mère reste à son chevet bien qu’elle soit un peu trop folklo pour l’hôpital.

L’apprenti chassa un instant ses tourments pour demander, en désignant Salingue :

— « Elle » est là ?

— Et comment ! fit ce dernier. Tellement bandante qu’on a envie de foutre sa queue dans son pot d’échappement !

Il se pencha à l’oreille de Blanvin.

— Ce ne serait peut-être pas plus con qu’autre chose de la repeindre, fit-il, comme si l’idée lui traversait l’esprit et qu’elle n’eût pas grande importance.

Il usait d’euphémismes, ce qui ôtait toute rugosité à sa conversation.

Les quatre-vingts billets de cinq cents francs gonflaient le devant de son pantalon ; par sécurité, il plaçait son argent dans sa poche, avec son mouchoir par-dessus et l’on pouvait penser qu’il souffrait d’une orchite double.

— On m’a indiqué une autre pièce de collection, assura-t-il avant de partir ; je t’en reparlerai. Je te signale que celle que tu viens d’acquérir est sortie avec des cardans Spicer.

* * *

La prédiction de Rosine s’était réalisée : Rachel et le père Montgauthier « déparlaient » quand Édouard rendit visite à sa grand-mère. Les deux vieux avaient mis à mal trois litres de gigondas et ils pataugeaient dans leurs passés respectifs comme des ramasseurs de crabes dans les sables gluants laissés par la marée basse. Ils dodelinaient de la tête, se taisaient un moment et puis l’un deux pêchait un souvenir au fin fond de sa mémoire et le brandissait triomphalement.

L’arrivée de Blanvin mit fin à cette saga. Le terrassier bredouilla des mots inaudibles et partit en décrivant des embardées. Il voulut enfourcher sa bicyclette, hélas il ne parvint même pas à la relever lorsqu’il l’eut laissée choir et finit par regagner son domicile à pied. Quelques centaines de mètres plus loin, une haie de noisetiers l’hébergea.

— T’es chouette, mémé ! ragea Édouard. Beurrée comme tes sablés bretons ! Quand Rosine va rentrer, je te dis pas la corrida !

Elle répondit difficilement qu’elle emmerdait sa fille et que si Rosine la faisait tarter, elle irait crever à l’hospice qui ne pouvait pas être davantage « olive dans le chignon » que ce wagon pour clodos ruraux.

— Viens chez moi, proposa Édouard ; je te laisserai ma chambre et je dormirai dans la pièce. Il y fait chaud et tu regarderas la télé.

Rachel refusa. Elle ne pouvait vivre sans l’assistance d’une femme, compte tenu de son état, d’autre part, il avait sa vie à vivre et elle ne constituait pas une compagnie idéale pour un célibataire beau gosse.

— Qu’est-ce que ma mère est allée fiche à Paris ? demanda-t-il. Elle m’a parlé de papiers à signer avec un air tellement faux que c’en devenait de la franchise !

— Elle manigance un coup ! prophétisa Rachel. Ce matin, le maire est venu et elle est partie avec lui. Ça ne me dit rien de fameux.

L’arrivée de son petit-fils l’avait quelque peu ragaillardie et elle luttait vaillamment contre l’ivresse.

— Tu penses quoi ? insista Édouard.

— Je pense pas, mais j’ai mauvaise impression. Je sens que ce terrain de merde et les travaux qu’elle y a entrepris vont la foutre sur la paille.

— Tu crois ?

— Oui, je crois. Ta mère, quand elle fait une connerie, elle s’arrange toujours pour qu’elle soit belle. Ça a commencé avec toi !

— Merci, dit Édouard !

Elle eut un grand rire édenté tapissé de mousse blanche.

— Déconne pas, mon Doudou : je suis contente de t’avoir ; mais au moment où cette connasse s’est laissé gonfler, tu parles d’une tuile ! Elle avait déjà quitté la maison : une fugueuse comme tu ne peux pas imaginer. Et bon, à dix-sept ans la voilà en cloque. Elle se repointe à la maison. C’était pas connaître Charles, mon époux. L’ancienne école ! On peut être militant communiste et avoir des préjugés bourgeois !

« Moi, ça me fendait le cœur, cette gosse avec son ventre de six mois rejetée comme une malpropre. Mais Charles, y avait rien à espérer : elle ou moi ! Et fallait pas essayer de le berner. »

Sa voix baissait d’un ton, prenait les inflexions du sommeil. Édouard écoutait, fasciné, car c’était la première fois qu’il recevait de telles confidences. Les femmes Blanvin, mère et fille, parlaient peu des choses de la famille. Des têtes de pioche ; des femmes butées comme les paysannes dont elles descendaient.

Rachel licha son verre vide et coula un regard implorant à son petit-fils.

— Doit bien y avoir une larmichette à la traîne, Doudou ?

Il explora le bahut, en ramena une nouvelle bouteille et la décapsula.

— Tu vas être bourrée à mort, mémé !

— Penses-tu !

Il la servit.

— Tu disais donc ?

— Je disais quelque chose ?

— Tu parlais de Rosine en cloque de moi sur le trottoir.

— Oh ! oui, c’est vrai. Je sais pas comment elle s’est débrouillée, toujours est-il qu’elle a accouché de toi dans une grande maternité de Boulogne-Billancourt. Ensuite, j’ai jamais su. Un an s’est écoulé. Elle ne m’a jamais raconté ce qu’elle avait fait pendant ce temps-là. Et puis un jour, poum ! la tuile. On reçoit une lettre nous annonçant qu’elle était en prison à Lyon et l’administration nous demandait ce que nous comptions faire à propos du bébé. Tu aurais vu Charles ! Pour la première fois de notre mariage, il m’a battue. Parfaitement, battue, simplement parce que je lui avais fait une fille qu’on mettait en prison. Vous êtes marrants, les hommes. Non ?

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