Daniel Pennac - Comme un roman

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Plaidoyer passionnant pour la défense de la lecture, ce roman est un appel à la liberté et aux droits du lecteur. Daniel Pennac livre, avec un humour grinçant qui fera rire de 7 à77 ans, dans ce roman-essai, les droits imprescriptibles du lecteur. En dix chapitres, il nous expose le droit de ne pas lire, de sauter des pages, de ne pas finir un livre, de relire, de lire n'importe quoi,le droit au bovarysme (maladie textuellement transmissible), de lire n'import où, de gaspiller, de lire à haute voix, de nous taire.

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* Patrick Süskind, Le Parfum (Editions Fayard). Traduit par Bernard Lortholary.

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Cher Monsieur Süskind, merci! Vos pages exhalent un fumet qui dilate les narines et les rates. Jamais votre Parfum n'eut lecteurs plus enthousiastes que ces trente-cinq-là, si peu disposés à vous lire. Passé les dix premières minutes, je vous prie de croire que la jeune Veuve sicilienne vous trouvait tout à fait de son âge. C'était même touchant, toutes ses petites grimaces pour ne pas laisser son rire étouffer votre prose. Burlington ouvrait des yeux comme des oreilles, et «chut! bon dieu, la ferme!» dès qu'un de ses copains laissait aller son hilarité. Aux alentours de la page trente-deux, en ces lignes où vous comparez votre Jean-Baptiste Grenouille, alors en pension chez Madame Gaillard, à une tique en embuscade perpétuelle (vous savez? « la tique solitaire, concentrée et cachée dans son arbre, aveugle, sourde et muette, tout occupée à flairer sur des lieues à la ronde le sang des animaux qui passent… »), eh bien! vers ces pages-là, où l'on descend pour la première fois dans les moites profondeurs de Jean-Baptiste Grenouille, Banane et Santiags s'est endormi, la tête entre ses bras repliés. Un franc sommeil au souffle régulier. Non, non, ne le réveillez pas, rien de meilleur qu'un bon somme après berceuse, c'est même le tout premier des plaisirs dans l'ordre de la lecture. Il est redevenu tout petit, Banane et Santiags, tout confiant… et il n'est guère plus grand quand, l'heure sonnant, il s'écrie:

– Merde, je me suis endormi! Qu'est-ce qui s'est passé chez la mère Gaillard?

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Et merci à vous aussi, messieurs Marquez, Calvino, Stevenson, Dostoïevski, Saki, Amado, Gary, Fante, Dahl, Roche, vivants ou morts que vous soyez! Pas un seul, parmi ces trente-cinq réfractaires à la lecture, n'a attendu que le prof aille au bout d'un de vos livres pour le finir avant lui. Pourquoi remettre à la semaine prochaine un plaisir qu'on peut s'offrir en un soir?

– Qui c'est, ce Süskind?

– Il est vivant?

– Qu'est-ce qu'il a écrit d'autre?

– C'est écrit en français, Le Parfum? On dirait que c'est écrit en français. (Merci, merci, monsieur Lortholary, mesdames et messieurs de la traduction, lumières de Pentecôte, merci!)

Et, les semaines passant…

– Formidable, Chronique d'une mort annoncée! Et Cent ans de solitude, monsieur, ça raconte quoi?

– Oh! Fante, monsieur, Fante! Mon chien Stupide! C'est vrai que c'est vachement marrant!

La Vie devant soi, Ajar… enfin, Gary… Super!

– Il est vraiment trop, le Roald Dahl! L'histoire de la femme qui tue son mec d'un coup de gigot congelé et qui fait bouffer aux flics la pièce à conviction, ça m'a complètement éclaté!

Soit, soit… les catégories critiques ne sont pas encore affinées… mais ça viendra… laissons lire… ça viendra…

– Au fond, monsieur, Le Vicomte pourfendu, Docteur Jekyll et Mister Hyde, Le Portrait de Dorian Gray, ça traite un peu du même sujet, tous ces bouquins: le bien, le mal, le double, la conscience, la tentation, la morale sociale, toutes ces choses-là, non?

– Si.

– Raskolnikov, on peut dire que c'est un personnage «romantique»?

Vous voyez… ça vient.

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Il ne s'est rien passé de miraculeux, pourtant. Le mérite du professeur est à peu près nul dans cette affaire. C'est que le plaisir de lire était tout proche, séquestré dans ces greniers adolescents par une peur secrète; la peur (très, très ancienne) de ne pas comprendre.

On avait tout simplement oublié ce qu'était un livre, ce qu'il avait à offrir. On avait oublié, par exemple, qu'un roman raconte d'abord une histoire. On ne savait pas qu'un roman doit être lu comme un roman: étancher d'abord notre soif de récit.

Pour assouvir cette fringale, on s'en était remis depuis longtemps au petit écran, qui faisait son boulot à la chaîne, enfilant dessins animés, séries, feuilletons et thrillers en un collier sans fin de stéréotypes interchangeables: notre ration de fiction. Ça remplit la tête comme on se bourre le ventre, ça rassasie, mais ça ne tient pas au corps.

Digestion immédiate. On se sent aussi seul après qu'avant.

Avec la lecture publique du Parfum, on s'est trouvé devant Süskind: une histoire, certes, un beau récit, drôle et baroque, mais une voix aussi, celle de Süskind (plus tard, dans une dissertation on appellera ça un « style»). Une histoire, oui mais racontée par quelqu'un.

– Incroyable, ce début, monsieur: « les chambres puaient… les gens puaient… les rivières puaient, les places puaient, les églises puaient… le roi puait… » nous à qui on interdit les répétitions! C'est beau, pourtant, hein? C'est marrant, mais c'est beau, aussi, non?

Oui, le charme du style ajoute au bonheur du récit. La dernière page tournée, c'est l'écho de cette voix qui nous tient compagnie. Et puis, la voix de Süskind, même à travers le double filtre de la traduction et de la voix du prof, n'est pas celle de Marquez, «ça se remarque tout de suite!», ou de Calvino. D'où cette impression étrange que, là où le stéréotype parle la même langue à tout le monde, Süskind, Marquez et Calvino, parlant leur langage propre, s'adressent à moi seul, ne racontent leur histoire que pour moi, jeune Veuve sicilienne, Perfecto sans moto, Banane et Santiags, pour moi, Burlington, qui, déjà, ne confonds plus leurs voix et m'autorise des préférences.

« Bien des années plus tard, face au peloton d'exécution, le colonel Aureliano Buendia devait se rappeler ce lointain après-midi de son enfance où son père l'emmena faire connaissance avec la glace. Macondo était alors un village d'une vingtaine de maisons en glaise et en roseaux, construites au bord d'une rivière dont les eaux diaphanes roulaient des pierres rondes comme des œufs préhistoriques*. »

*Gabriel Garcia Marquez, Cent ans de solitude (Editions du Seuil). Traduit par Claude et Carmen Durand.

– Je la connais par cœur, la première phrase de Cent ans de solitude! Avec ces pierres, rondes comme des œufs préhistoriques…

(Merci, Monsieur Marquez, vous êtes à l'origine d'un jeu qui durera toute l'année: capter et retenir les premières phrases ou les passages préférés d'un roman qui nous a plu.)

– Moi, c'est le début d'Adolphe, sur la timidité, tu sais: «Je ne savais pas que, même avec son fils, mon père était timide, et que souvent, après avoir longtemps attendu de moi quelques témoignages d'affection que sa froideur apparente semblait m'interdire, il me quittait les yeux mouillés de larmes, et se plaignait à d'autres de ce que je ne l'aimais pas. »

– Tout à fait mon père et moi!

On était fermé, face au livre clos. On nage à présent, déployé dans ses pages.

Certes, la voix du professeur a aidé à cette réconciliation: en nous épargnant l'effort du décryptage, en dessinant clairement les situations, en plantant les décors, en incarnant les personnages, en soulignant les thèmes, en accentuant les nuances, en faisant, le plus nettement possible son travail de révélateur photographique.

Mais, très vite, la voix du prof interfère: plaisir parasite d'une joie plus subtile.

– Ça aide que vous nous lisiez, monsieur, mais je suis content, après, de me retrouver tout seul avec le livre.

C'est que la voix du professeur - récit offert - m'a réconcilié avec l'écriture, et, ce faisant, m'a rendu le goût de ma secrète et silencieuse voix d'alchimiste, celle-là même qui, quelque dix ans plus tôt, s'émerveillait de ce que maman sur le papier fût bel et bien maman dans la vie.

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