Jean-Marie Le Clézio - Onitsha

Здесь есть возможность читать онлайн «Jean-Marie Le Clézio - Onitsha» весь текст электронной книги совершенно бесплатно (целиком полную версию без сокращений). В некоторых случаях можно слушать аудио, скачать через торрент в формате fb2 и присутствует краткое содержание. Город: Paris, Год выпуска: 1991, ISBN: 1991, Издательство: Éditions Gallimard, Жанр: Современная проза, на французском языке. Описание произведения, (предисловие) а так же отзывы посетителей доступны на портале библиотеки ЛибКат.

Onitsha: краткое содержание, описание и аннотация

Предлагаем к чтению аннотацию, описание, краткое содержание или предисловие (зависит от того, что написал сам автор книги «Onitsha»). Если вы не нашли необходимую информацию о книге — напишите в комментариях, мы постараемся отыскать её.

Fintan, Maou, Geoffroy : trois rêves, trois révoltes. Et une même soif.
Fintan Allen a douze ans lorsque, le 14 mars 1948, il embarque pour l'Afrique avec sa mère, Maou. Geoffroy Allen, qui avait laissé en France sa femme et son fils, leur a enfin demandé de venir le rejoindre à Onitsha, petit port fluvial où il travaille pour la United Africa. Fintan ne connaît ni son père, ni l'Afrique.
Maou, elle, rêve d'une Afrique idyllique où elle pourra vivre près de l'homme qu'elle aime, à l'abri des préjugés familiaux qui condamnaient en lui le rêveur sans le sou, et anglais de surcroît. C'est une Afrique bien différente qu'elle va découvrir, dévorante, insaisissable. Et un conformisme plus oppressant encore : celui du milieu colonial, fait de haines, de mesquineries, d'échecs inavouables.
« L'Afrique brûle comme un secret, comme une fièvre. Geoffroy Allen ne peut pas détacher son regard, un seul instant, il ne peut pas rêver d'autres rêves. »
Ce livre est pareil à l'Afrique. S'il s'en dégage malgré sa violence un tel sentiment de sérénité, c'est que, chez Le Clézio, même la fièvre, même la révolte, même la défaite sont les couleurs de la paix.

Onitsha — читать онлайн бесплатно полную книгу (весь текст) целиком

Ниже представлен текст книги, разбитый по страницам. Система сохранения места последней прочитанной страницы, позволяет с удобством читать онлайн бесплатно книгу «Onitsha», без необходимости каждый раз заново искать на чём Вы остановились. Поставьте закладку, и сможете в любой момент перейти на страницу, на которой закончили чтение.

Тёмная тема
Сбросить

Интервал:

Закладка:

Сделать

La brève saison sèche était terminée. À nouveau, il y avait des nuages au-dessus du fleuve. Il faisait chaud et lourd, le vent ne se levait qu’à la fin du jour, après de longues heures d’attente. Maou ne quittait plus la chambre où Geoffroy était couché. Elle écoutait le toit de tôle craquer à la chaleur du soleil, elle suivait la montée de la fièvre dans le corps de Geoffroy. Il somnolait, son visage cireux mangé par la barbe, ses cheveux collés de sueur. Elle s’apercevait qu’il était devenu chauve sur le sommet du crâne, elle trouvait cela plutôt rassurant. Elle imaginait qu’il ressemblait à son père. Vers trois heures après midi, il ouvrait les yeux, son regard était vidé par la crainte. C’était comme un cauchemar. Il disait : « J’ai froid. J’ai tellement froid. » Elle lui donnait à boire un quart d’eau, avec le comprimé de quinine. C’était à chaque fois le même combat.

Les premiers jours, après le retour d’Aro Chuku, le docteur Charon avait répété ces mots terribles : « blackwater fever » — la malaria noire. Maou mettait dans la main de Geoffroy la pilule amère. Elle croyait qu’il la buvait avec l’eau. Mais Geoffroy s’enfonçait davantage. Il ne pouvait plus tenir debout. Il délirait. Il croyait que Sabine Rodes entrait dans sa chambre. Il criait des mots incompréhensibles, des injures en anglais. Il urinait avec difficulté, une pisse noire, pestilentielle. Elijah était venu le voir, il avait considéré Geoffroy un long moment, puis il avait dit en hochant la tête, comme s’il annonçait une décision regrettable : « Il va mourir. »

Maou avait compris. Geoffroy ne prenait pas les pilules de quinine. Dans son délire, il croyait que le docteur Charon voulait l’empoisonner. Maou avait trouvé les pilules cachées sous son oreiller. Geoffroy ne mangeait plus. Boire lui donnait des crampes d’estomac.

Le docteur était revenu avec une seringue. Après les deux premières injections de quinine, Geoffroy allait mieux. Il avait accepté de prendre les cachets. Les crises s’espaçaient, étaient moins terrifiantes. L’hémorragie avait cessé.

Fintan restait dans la maison, pour être avec Maou. Il ne posait pas de questions, mais dans son regard il y avait la même anxiété. Maou disait : « 104 ce matin. » Fintan ne connaissait pas les degrés Fahrenheit, elle traduisait : « 40 ».

Sous la varangue, Fintan lisait le Guide du savoir . C’était bien. On était loin de tout cela.

« Quelle est l’histoire qu’on raconte à propos de l’imprimerie ?

— On dit que Laurentius Coster, de Haarlem, s’amusait à sculpter des lettres dans l’écorce de bouleau et qu’il eut ainsi l’idée de les imprimer sur le papier à l’aide d’encre.

Qu’est-ce que le mercure, ou vif-argent ?

— Un métal imparfait, ressemblant à de l’argent liquide, très utile pour l’industrie et la médecine. C’est le plus lourd des fluides.

Où le trouve-t-on ?

— En Allemagne, en Hongrie, en Italie, en Espagne, et en Amérique du Sud.

N’y a-t-il pas une mine de mercure célèbre au Pérou ?

— Oui, à Guanca Velica. Elle est exploitée depuis trois cents ans. C’est une véritable ville souterraine, avec des rues, des squares et une église. Des milliers de flambeaux l’éclairent jour et nuit. »

Fintan aimait rêver à toutes ces choses extraordinaires, ces rois, ces merveilles, ces peuples fabuleux.

C’est le matin, avant la pluie, quand la révolte a éclaté. Fintan a compris tout de suite. Marima est venue prévenir, il y avait une sorte de fièvre dans toute la ville. Fintan est sorti de la maison, il a couru sur la route de poussière. D’autres personnes se hâtaient vers la ville, des femmes, des enfants.

La révolte avait éclaté dans la maison de Gerald Simpson, parmi les forçats qui creusaient le trou de la piscine. Le D. O. avait cru que tout rentrerait facilement dans l’ordre et avait fait distribuer quelques coups de bâton. Les bagnards avaient attrapé un des gardes et l’avaient noyé dans le trou rempli d’eau boueuse, puis, on ne savait comment, certains s’étaient libérés de la chaîne et au lieu de s’enfuir s’étaient retranchés en haut du terrain, contre le grillage, et ils criaient et menaçaient le D. O. et les Anglais du Club.

Voyant que la situation lui échappait, Simpson s’était réfugié à l’intérieur de la maison, avec ses invités. Il avait téléphoné au Résident juste avant que les mutins ne fassent tomber le poteau, et le Résident avait alerté la caserne.

Fintan arriva en même temps que le camion militaire. Quand il vit la maison de Simpson, il sentit la peur lui serrer la gorge. Le ciel était si beau, avec ses boules de nuages, les arbres si verts, ça semblait incroyable qu’il y ait une telle violence.

Le lieutenant Fry est arrivé à cheval, et les soldats ont pris position autour du terrain, devant le grand trou d’eau boueuse. Il y avait le bruit des voix des forçats, les cris des femmes. Dans un porte-voix, le lieutenant donnait des ordres en pidgin que l’écho rendait inintelligibles.

Sur la terrasse de la maison blanche, les Anglais regardaient la scène, à demi cachés par les colonnades. Fintan reconnut la veste blanche de Gerald Simpson, ses cheveux blonds. Il aperçut aussi le pasteur anglican, et des gens qu’il ne connaissait pas. À côté de Simpson, il y avait un petit homme replet au visage très blanc surmonté d’un Cawnpore. Fintan pensa que ça devait être l’homme qu’on attendait, le remplaçant de Geoffroy à la United Africa, avec ce nom bizarre, Shakxon. Tous, ils restaient immobiles, attendant ce qui allait se passer.

Au fond du trou, à présent, les bagnards ne criaient plus, ils avaient cessé de menacer. Ceux qui étaient restés enchaînés se tenaient groupés au bord de l’eau boueuse, leurs visages brillant de sueur tournés vers le demi-cercle de soldats. La chaîne qui entravait leurs chevilles leur donnait l’air d’automates arrêtés dans leur mouvement. Plus haut, les forçats qui s’étaient libérés avaient reculé jusqu’au grillage. Ils avaient essayé de l’arracher, sans y parvenir. À certains endroits, le grillage formait un ventre. Les forçats criaient de temps en temps encore, mais c’était plutôt un chant de mort, un appel lugubre et résigné. Les soldats ne bougeaient pas. Le cœur de Fintan battait à grands coups dans sa poitrine.

Puis il y eut des cris. Les spectateurs abandonnèrent la terrasse et se précipitèrent vers l’intérieur de la maison, renversant les fauteuils de rotin et les tables. En regardant vers le trou boueux, Fintan vit de la fumée. Les bagnards enchaînés étaient tombés pêle-mêle sur le sol. Fintan réalisa alors qu’il avait entendu des coups de feu. Des corps étaient tombés au pied du grillage. Un noir très grand, torse nu, un de ceux qui avaient conduit la mutinerie, était resté à moitié accroché au grillage, comme un pantin disloqué. C’était terrifiant, la fumée des armes, et maintenant, le silence, le ciel vide, la maison blanche d’où les spectateurs avaient disparu. Les soldats couraient sur la pente, le fusil en avant, en un instant ils furent sur les forçats et les maîtrisèrent.

Fintan courait le long de la route. Ses pieds nus cognaient la terre rouge, l’air brûlait sa gorge comme s’il avait crié. Au bout de la rue, il s’arrêta, à bout de souffle. Sa tête était pleine du bruit des armes à feu.

« Viens vite ! »

C’était Marima. Elle le prit par le bras et l’entraîna. Son visage lisse avait une expression qui subjugua Fintan. Elle disait, danger, il ne faut pas rester ici. Elle ramena Fintan jusqu’à Ibusun. Sur la route, chaque fois qu’ils croisaient un groupe d’hommes qui descendaient vers le fleuve, elle cachait Fintan dans un pan de son voile.

Читать дальше
Тёмная тема
Сбросить

Интервал:

Закладка:

Сделать

Похожие книги на «Onitsha»

Представляем Вашему вниманию похожие книги на «Onitsha» списком для выбора. Мы отобрали схожую по названию и смыслу литературу в надежде предоставить читателям больше вариантов отыскать новые, интересные, ещё непрочитанные произведения.


Jean-Marie Le Clézio - Poisson d'or
Jean-Marie Le Clézio
Jean-Marie Le Clézio - Ourania
Jean-Marie Le Clézio
Jean-Marie Le Clézio - Le chercheur d'or
Jean-Marie Le Clézio
Jean-Marie Le Clézio - Étoile errante
Jean-Marie Le Clézio
Jean-Marie Le Clézio - Désert
Jean-Marie Le Clézio
Jean-Marie Le Clézio - Tempête. Deux novellas
Jean-Marie Le Clézio
Jean-Marie Le Clézio - Printemps et autres saisons
Jean-Marie Le Clézio
Jean-Marie Le Clézio - La ronde et autres faits divers
Jean-Marie Le Clézio
Jean-Marie Le Clézio - Diego et Frida
Jean-Marie Le Clézio
Jean-Marie Le Clézio - Coeur brûle et autres romances
Jean-Marie Le Clézio
Jean-Marie Le Clézio - Fièvre
Jean-Marie Le Clézio
Jean-Marie Le Clézio - La quarantaine
Jean-Marie Le Clézio
Отзывы о книге «Onitsha»

Обсуждение, отзывы о книге «Onitsha» и просто собственные мнения читателей. Оставьте ваши комментарии, напишите, что Вы думаете о произведении, его смысле или главных героях. Укажите что конкретно понравилось, а что нет, и почему Вы так считаете.

x