Tatiana Rosnay - Moka

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J'ai hésité. Ce serait vite fait. Juste cinq minutes de plus. Un couloir, et plusieurs portes encore. Les chambres. Celle du petit. Des jouets, des peluches, un lit défait. Le joyeux bazar d'un gamin de huit ans. Malcolm avait eu la même, à son âge. Eh oui, petit garçon dont je ne connais pas le nom, tu sais, toi, que ta maman a renversé un autre grand garçon, le mien ? Qu'elle a pris la fuite ? Et que mon fils est dans un profond sommeil dont il ne sortira peut-être jamais ? Tu le savais, dis ? Tu le savais, toi, que ta gentille maman, elle était capable de ça ?

J'ai senti ma haine pour cette femme me parcourir le corps comme un choc électrique. Une haine totale et féroce pour ce petit univers tranquille, délicat, féminin, cette existence calme et placide qu'elle menait, malgré tout, malgré l'horreur de son geste. Haine totale et démesurée envers son indifférence, cette lâcheté en elle qui l'avait empêchée de descendre de la voiture, de courir vers mon fils.

J'aurais voulu tout saccager ici, tout détruire de mes mains, lentement, méthodiquement, les coussins éventrés, les tableaux lacérés, la vaisselle brisée. Mais je n'ai rien fait de tout cela. J'ai serré les poings de toutes mes forces. Encore deux minutes, et je sortirais de là. Encore deux minutes, et ce serait fini. On verrait pour la suite. On verrait quand est-ce que je me sentirais capable de revenir. De l'affronter.

Leur chambre maintenant. Leur intimité. Voilà où elle dormait. Où elle faisait l'amour. Dans ce lit, la nuit, lui arrivait-il de penser à mon fils ? L'avait-elle fait, au moins une fois ? Pensait-elle à nous, les parents ? Elle était mère, elle avait dû y penser. À ce coup de fil de la police : « Allô, madame, vous êtes bien la mère de… ? » Bien sûr qu'elle y avait pensé. C'était pour ça que je la haïssais tant. Parce qu'elle était mère, et qu'elle y avait pensé. Et qu'en dépit de tout, elle avait pris la fuite.

L'after-shave régnait, tout-puissant. Shalimar capitulait. Un grand couvre-lit gris. Des tables de nuit en Plexiglas. J'y ai passé l'index. Pas de poussière. « Son » côté : le téléphone, un roman – Raphaëlle Billetdoux –, une crème de nuit antirides, une lotion pour les mains. Son côté à lui : un réveil, un cendrier vide, une montre de sport. J'ai regardé les vêtements dans la penderie. Des robes, des tailleurs. Des couleurs pastel, des coupes classiques. Taille 46. Eva Marville était une grosse. Quel âge avait-elle à présent ? Vu son style vestimentaire et ses chaussures : des escarpins, des sandales, démodés et alambiqués, je lui donnais quarante-cinq ou cinquante ans. Avec un mari plus jeune qu'elle. Pointure 36. Elle devait être toute petite. Petite et grosse. Une grosse petite dame. Je me suis demandé si les vêtements qu'elle portait le jour de l'accident étaient là. Sûrement. À moins qu'elle les ait sur elle, ce soir.

Une commode. Toujours les photographies d'un petit garçon frisé. Son regard bizarre, sombre. Un sourire disproportionné. Puis une photographie jaunie d'une jeune femme blonde, replète, prise de profil, sur une plage. Elle devait avoir une vingtaine d'années. Eva Marville, jeune, certainement. Je l'ai étudiée pendant de longues minutes. On ne distinguait pas son visage. Juste la masse des cheveux dorés, bouclés, et des épaules rondes, bronzées. J'ai reposé le cadre, car mes doigts tremblaient. D'autres photographies récentes d'Eva Marville, épaisse, blonde, bouclée, cheveux longs, et de son mari. Leur mariage. Un voyage, une fête. Sur toutes les photos, elle le tenait très fort, très près, les yeux levés sur lui comme en adoration.

Sur la commode, à côté des photographies encadrées, des dossiers. Prêt immobilier, références bancaires, lettres de notaire. Un papier à en-tête « Biarritz Parfums », rue M., des listes de stocks, de commandes. Pas le temps de fouiner là-dedans, dommage. J'aurais aimé. Mais l'angoisse me reprenait, mes doigts nerveux ripaient. Une dernière chemise en plastique bleu. Je l'ai ouverte. Des articles découpés dans des journaux, des notes, des documents médicaux, des résultats sanguins, des bilans.

Un mot revenait plusieurs fois. « Syndrome d'Asperger. » Je me suis demandé ce que cela voulait dire. Pas le temps d'en savoir plus.

Un coup d'œil dans la salle de bains attenante. Une profusion de parfums, flacons, fioles, crèmes de beauté, maquillage, produits pour le bain. Voilà ce qu'elle faisait dans la vie. « Biarritz Parfums », rue M. Il suffisait que je demande à Candida où était la rue M. Eva Marville y avait un magasin. Je ne serais donc plus obligée de retourner ici. J'irais directement la voir à son lieu de travail. Là, au moins, je n'aurais pas besoin de l'attendre.

Un dernier regard circulaire, comme si je voulais m'imprégner des lieux. Ou comme si je voulais à ma manière laisser une trace. Une trace de mon dégoût, de ma haine.

Mais dans l'entrée, alors que je m'apprêtais à sortir, j'ai entendu des voix de l'autre côté de la porte.

Celle du petit garçon, immédiatement reconnaissable à sa puissance.

Et celle d'une femme.

J'ai eu à peine le temps de me cacher derrière le portemanteau, de m'abriter sous un grand imperméable aux relents de vieux Shalimar. Mon cœur battait horriblement fort, je n'entendais que lui.

Ils sont entrés, et la porte a claqué. J'étais certaine qu'ils allaient me voir. Je tremblais des pieds à la tête. La sueur perlait sous mes bras, sur ma lèvre supérieure. J'ai fermé les yeux. J'anticipais les cris, la scène qui allait suivre. La confusion, la panique. Mes joues brûlaient. Je haletais. Mais ils n'ont rien vu. Rien vu. Ils n'ont pas remarqué les baskets qui dépassaient du manteau de pluie.

Le garçon parlait comme à son habitude, à tue-tête, de sa voix plate. Il m'a semblé qu'ils sont allés directement dans la cuisine. J'ai entendu des bruits de vaisselle, d'eau qui coulait. Ma gorge était sèche. J'avais mal au ventre. Qu'allais-je faire ? Comment sortir d'ici ? J'imaginais la tête d'Andrew, s'il me voyait. Comment m'échapper ? Et où était le mari ? Était-il entré avec eux ? Je n'avais pas capté sa voix, ni perçu l'odeur de son parfum.

Ils étaient toujours dans la cuisine. J'entendais sa voix à elle, à présent. Une voix plutôt grave. Surprenante chez une petite grosse. Elle a dit : « Prends ton médicament et arrête de gigoter comme ça. » Elle a mis le répondeur en marche, a écouté le message de « Lisa ». Je l'ai ensuite entendue parler au téléphone. « Mais tu savais bien que je sortais, ce soir, ma Lisette ? Tu voulais quoi ? Non, Dan n'est pas là, il arrive, il doit se garer en bas. Tu voulais lui dire quoi ? Ah, pour votre tennis ? Tu passes demain à la boutique ? OK, ma puce. » Il fallait profiter du fait qu'ils étaient là-bas, dans la cuisine, qu'ils ne pouvaient pas regarder vers l'entrée, pas me voir.

C'était maintenant ou jamais. J'ai commencé à me glisser vers la porte, en rasant le mur. Une épaule après l'autre. Une hanche après l'autre. Une éternité. Pourtant il suffisait d'une poignée de secondes pour que j'atteigne la porte, que je l'ouvre et que je file. Et le mari ? Et s'il était en train de monter l'escalier ? Que dirait-il s'il me voyait sortir de chez lui ? Cette pensée m'a paralysée. Je suis restée immobile quelques secondes, et j'ai replongé sous le manteau, frissonnante d'effroi. À travers une large boutonnière de l'encolure, j'apercevais une partie du salon, la table basse, les CD.

Une silhouette vive a déboulé. Le garçon. Il portait un sweat-shirt rouge, un jean. Il se rendait vers sa chambre, sifflotant, trottinant. Il est passé tout près de moi. Mon portable s'est mis à vibrer dans ma poche arrière. Un vrombissement sonore, étrange.

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