Tatiana Rosnay - Moka
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— Vous savez, Djoustine, j'ai un très grande amie qui vit à Biarritz, Candida Saxton. Nous étions à Londres, sous le blitz. Si vous me donnez votre phone, je peux lui passer une ring ?
Candida Saxton était thrilled, over the moon, d'entendre sa vieille copine. Il était hors de question d'aller à l'hôtel. Elle nous attendait, toutes les trois, chez elle, dans son appartement en ville. How absolutely marvellous !
Dans le taxi, mon portable a encore sonné. Numéro masqué. C'était Laurent, le flic. Celui qui devait être à « Hossegor, avec Sophie ». Sa voix était gênée. Il m'a dit qu'il venait de recevoir un coup de fil de mon mari. Andrew lui a posé toutes sortes de questions. Laurent avait été obligé de lui avouer qu'il avait trouvé un nom qui correspondait à la plaque. Eva Marville, à Biarritz. Laurent a poursuivi : « C'est vrai que vous êtes à Biarritz ? Votre mari m'a appris ça. Qu'est-ce que vous êtes allée faire à Biarritz, Justine ? » C'était la première fois qu'il m'appelait Justine. Pas madame, ou Mme Wright. « Justine. »
J'ai hésité. Puis j'ai murmuré :
— Je suis avec ma fille et ma belle-mère. On va chez une amie de ma belle-mère, pour quelques jours, histoire de prendre l'air, de respirer un peu.
Silence à l'autre bout du fil. Il n'était pas dupe.
— Pas de conneries, Justine. Laissez-nous faire notre boulot. Faites pas n'importe quoi.
Je n'ai rien dit. Mais j'avais envie de lui rire au nez : Vous croyez que je vais me pointer devant chez elle avec un fusil, que je vais la menacer ? Vous me prenez pour qui ? J'ai marmonné au revoir et j'ai raccroché.
Sonnerie à nouveau. Andrew. Il était calmé, presque froid. Il m'a parlé en français, d'une voix maîtrisée, comme celle d'un professeur.
— Pourquoi Biarritz, Justine ? Parce que la fameuse dame habite là-bas ? Tu as obtenu son nom, et tu vas la voir. C'est ça ? Pourquoi fais-tu cela ? Sans rien me dire, partir, sans rien me dire, sans m'expliquer ? Pourquoi ? Parce que tu penses que je ne peux pas comprendre ? Parce que tu penses que moi, je ne souffre pas ? Je ne souffre pas comme toi, pas autant que toi ?
Sa voix s'est brisée. Je m'attendais à tout, sauf à la douleur d'Andrew. Elle venait à point nommé, mais elle m'enfonçait, elle me pesait. Que lui dire ? Comment lui expliquer ?
Il s'est repris :
— Je veux que tu reviennes, Justine, le plus vite possible. J'ai besoin de toi. I need you. Malcolm aussi, on a besoin de toi tous les deux. Reviens vite, s'il te plaît. Ramène Georgia, j'ai besoin d'elle aussi, de vous deux.
Je me suis retournée vers la portière, tandis qu'Arabella montrait la mer à la petite. Mon mari ne parlait plus. Il s'était muré dans sa tristesse, son incompréhension. Je lui ai chuchoté : « I love you », mais je n'étais pas certaine qu'il m'ait entendue. La ligne a coupé. Le taxi s'est arrêté devant un immeuble moderne au bord de la mer.
En sortant de la voiture, je me suis demandé pour la première fois si j'avais eu raison de venir. Si je n'allais pas précipiter les événements. Si je n'allais pas tout regretter.
La nuit était tombée sur Biarritz. Debout, sur le balcon qui surplombait la plage du Miramar, je regardais la mer. Vagues puissantes, moutons crémeux qui frisaient à la surface. Vent salé. Le phare blanc balayait de son œil lumineux la ville aux immeubles disparates, carrés modernes sans grâce qui côtoyaient des villas anciennes et fantasques. Derrière moi, dans le salon aux lumières tamisées, les voix enjouées d'Arabella et Candida.
Candida nous avait préparé un dîner délicieux, une salade de poulet, du riz au chutney de tomates et un crumble qui rivalisait avec celui d'Arabella. Encore une Anglaise qui savait divinement faire la cuisine. Je me demandais souvent d'où venait ce mépris français envers la cuisine anglaise. Pourtant, j'avais assez vécu à Londres, voyagé à travers l'Angleterre avec Andrew pour devoir faire ce constat : la gastronomie anglaise n'avait rien à envier à celle de son ennemie héréditaire. C'était différent, certes, mais c'était aussi bon. « You know how the French are, disait Andrew en soupirant, les Français pensent avoir une suprématie sur tout ce qui concerne la bouffe, le vin. Ça leur fait tellement plaisir de clamer haut et fort que les Brits mangent de la merde…» Sourire pince-sans-rire.
Candida était une petite blonde aux yeux bleus, aux faux airs de Camilla Parker-Bowles. Elle connaissait Arabella depuis qu'elles avaient dix ans, elles s'étaient liées d'amitié au pensionnat pour young girls de East Haddon Hall, dans le Northamptonshire. Puis elles avaient connu Londres à feu et à sang pendant le blitz, en 1941. Candida était la veuve d'un Biarrot rondouillard et jovial dont la photographie trônait dans presque toutes les pièces de l'appartement.
Je respirais le même oxygène qu'« elle ». Eva Marville. Elle n'était pas loin, je pouvais deviner le début de la Côte des Basques. Candida m'avait répondu que c'était par là, un quart d'heure à pied, pas plus, au-delà du toit pointu d'une étrange villa aux allures gothiques qui s'appelait la Villa Belza, juste là, derrière le Rocher de la Vierge.
Neuf heures. Que faisait-elle » ? Avait-elle un mari, des enfants ? Je me suis souvenue des paroles du conducteur de bus. Je suis certain d'avoir vu des cheveux blonds, bouclés, assez longs, derrière le volant. Et un homme à la place du passager avant. Un homme. Un mari ? Un ami ? Un amant ?
« Elle » regardait peut-être la télévision, seule ou en famille. Elle ne savait pas que j'étais là, en ville, à quelques rues d'elle. Elle avait dû effacer ce mercredi-là de sa mémoire, ce jeune garçon renversé, la Mercedes qui remet les gaz, qui repart dans un nuage de fumée, la fuite à travers Paris. Avait-elle les mains qui tremblaient sur le volant ? Y pensait-elle encore, lorsqu'elle montait dans sa voiture ?
Attendre demain. Vendredi. Je n'avais qu'une envie, y aller maintenant, rôder autour de chez elle, repérer, constater. Mais il était tard. Il faisait sombre, un peu frais. J'étais fatiguée. Il fallait attendre demain. De temps en temps, Arabella jetait un regard vers moi, je le sentais dans mon dos. Elle veillait sur moi, mais elle se posait des questions. Elle aussi, elle se demandait ce que j'étais venue faire ici. Andrew avait dû lui dire. Qu'en pensait-elle ? Elle ne tarderait pas à me le faire savoir.
Mes parents, prévenus par Andrew, avaient laissé des messages de remontrances sur mon répondeur. Quelle mouche m'avait piquée ? Abandonner mon fils dans le coma et mon mari pour aller à Biarritz avec ma belle-mère ? Visiblement, ils n'étaient pas au courant pour Eva Marville. Andrew ne leur avait pas dit. Tant mieux. Mais Emma, elle, s'était doutée de quelque chose. Elle aussi avait téléphoné.
— Dis donc, Juju, te ne serais pas en train de me cacher un truc ? Biarritz, c'est Pyrénées-Atlantiques, 64, non ? Tu n'es pas sur une piste ?
J'ai dit oui, une vraie piste, cette fois, j'étais sûre que c'était elle, la blonde au volant, les flics allaient la contacter, mais ça mettait du temps, entre Paris et Biarritz, et tout le monde était en vacances. Alors j'étais venue. Emma a soupiré. J'entendais son petit dernier, toujours pas couché, brailler en fond sonore.
— Tu sais, Juju, je ne sais pas si c'est une bonne idée, d'être partie à Biarritz. La police sait ce qu'elle doit faire. Je commence à me dire que tu fais une connerie, finalement.
Le même mot que Laurent, tout à l'heure. Une connerie, pas de conneries, hein ? J'ai dit à ma sœur qu'il ne fallait pas qu'elle s'en fasse. Je me débrouillerais. Je verrais demain ce que j'allais faire. Ou pas. Je verrais tout cela demain.
J'avais mal dormi. La sonorité de la mer, étrange grondement sourd, avait investi mes tympans la nuit entière. Je me suis levée tôt, habillée sans bruit. Tout le monde sommeillait encore. J'ai laissé un petit mot sur la table : « Gone for a promenade, back later. » Il faisait beau, frais. Pas beaucoup de monde encore dans les rues. Je marchais vite, de grandes enjambées. Je me sentais nerveuse, agitée.
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