Tonino Benacquista - Homo erectus

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Et s’il existait, au cœur de Paris, une société secrète où les hommes puissent enfin confier leurs dérives sentimentales, leurs expériences rocambolesques, leurs fantasmes inavouables ?
C’est à cette société que ce roman de Benacquista inscrit ses lecteurs et surtout ses lectrices. « Pour certains, il s'agissait d'un rendez-vous réservé aux hommes, où il était question de femmes. D'autres, en mal de solidarité, y voyaient le dernier refuge des grands blessés d'une guerre éternelle. Pour tous, d'où qu'ils viennent et quoi qu'ils aient vécu, c'était avant tout le lieu où raconter son histoire. »

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Laquelle ? se demanda-t-il alors.

Laquelle de ses belles de nuit avait commis ce minable larcin ?

Le seul épisode de cet ordre avait eu lieu trois mois plus tôt et s’était heureusement terminé : Annette, effondrée de culpabilité, surprise en pleine nuit, la main sur quelques livres sterling oubliées dans un coin. Yves l’avait consolée sans lui épargner un long discours sur la confiance trahie. À la fin de la nuit, elle s’était fait pardonner à la souplesse de ses reins. Aujourd’hui, il ne pouvait s’agir que de Sylvie, de Céline, d’Agnieszka ou de Maud, mais Yves ne pouvait en soupçonner aucune. Sylvie encore moins qu’une autre. Sylvie l’indolente, la presque ingénue, celle qui un matin lui avait rendu un billet de trop, glissé dans ses derniers émoluments. Céline ? Céline exigeait de payer sa part au restaurant, comme il lui arrivait parfois de quitter le lit d’Yves en oubliant de réclamer son dû. Et Agnieszka ? Âpre au gain, certes, mais terrorisée à l’idée d’ajouter à la prostitution tout démêlé avec la police. Brusquement une image s’imposa, terrible de vérité, et pourtant si agréable : Yves se délasse dans son bain, Maud en profite pour faire une course, il lui indique où se trouvent les doubles des clés, elle s’absente un moment puis le rejoint dans l’eau moussante. Le lendemain matin, il lui suffisait de les glisser dans son sac avant de sortir, de revenir dans l’appartement après avoir vu Yves s’éloigner à scooter, de faire sa petite moisson crapuleuse puis de reposer les clés sur le clou du placard électrique.

Maud. La fausse grande dame. Si vulgaire à force de se prendre pour l’élégance faite putain. Bien trop donneuse de leçons pour ne pas être coupable. Après avoir vendu son corps, elle en était réduite à brader son orgueil. Yves payait cher son fantasme de classe, comme il l’appelait. Depuis ce soir elle n’incarnait plus la respectabilité mais la bassesse, la moindre voleuse de rue avait bien plus d’éthique et de panache. Yves qui se pensait affranchi du passé se sentait aujourd’hui dépossédé des seuls moments clés de sa propre histoire.

La perspective de demander des comptes à la scélérate lui répugnait. Yves anticipait déjà son déni, puis sa honte mal cachée par une indignation forcée. Elle ne retiendrait pas la leçon de cette médiocre fin, et lui n’oublierait jamais son ressentiment envers elle. Il voulut lui laisser une chance de regagner un peu d’amour-propre.

— Allô, Maud ?

— Yves ?

— Tu n’as jamais été aussi difficile à joindre.

— J’ai accepté trop de rendez-vous, tu sais ce que c’est.

— On va faire comme si tu ne m’avais pas volé.

— Pardon ?

— On va dire que tu devais prendre une note sur ton agenda et que tu as glissé mon stylo par inadvertance dans ton sac. On va dire que tu avais besoin d’une caméra et que tu as emprunté la mienne. On va dire que, pour apprendre à jouer du piano, tu as décidé de t’attaquer à Erik Satie.

— Qu’est-ce que tu racontes ?

— Toi, si susceptible, comment peux-tu manquer à ce point de dignité ?

— …

— Tu peux tout garder sauf la fiasque, elle est dans la famille depuis toujours et tu n’en tireras rien.

— Dois-je comprendre que tu me soupçonnes d’avoir fait une chose pareille ?

— Je t’imagine pendant l’opération, essayant de déterminer si tel ou tel objet a ou pas une valeur marchande, combien tu pourrais en tirer, et où les refourguer. La partition musicale, tu peux peut-être en obtenir 1000 € dans une salle des ventes. Ce jour-là préviens-moi.

— Ce procès est odieux. Regarde plutôt du côté de ces petites putes de bas étage qui défilent chez toi.

— Rends-moi cette fiasque et on n’en parle plus.

— Même si j’étais coupable, tu ferais quoi ? Porter plainte ?

— Je n’en resterai pas là.

Sans connaître son nom de famille, ni même son véritable prénom, retrouver Maud n’irait pas de soi, mais Yves avait du temps à perdre et de la patience à revendre. Obtenir réparation importait peu. Il estimait avoir droit à d’authentiques adieux.

* * *

Qu’un Dieu existât ou non, un ange était tombé du ciel dans le lit de Denis.

Qu’un Dieu existât ou non, la visitation de Marie-Jeanne Pereyres était le signe formel d’une décision céleste.

Qu’un Dieu existât ou non, Denis avait parcouru le chemin de croix des martyrs. On l’avait privé de cet amour terrestre auquel tout homme a droit, puis précipité au fond du gouffre de l’asthénie, jusqu’à ce qu’un ange annonciateur sonne à sa porte.

Qu’un Dieu existât ou non, on accordait à Denis le paradis après cinq longues années de purgatoire. En une seule nuit, Marie-Jeanne Pereyres avait effacé sa rancœur et sa solitude, rassasié ses sens en souffrance. Denis s’était assoupi, les mains agrippées à ses fesses, le visage fourré entre ses cuisses, son odeur pour tout oxygène, ses hanches comme seule amarre.

Qu’un Dieu existât ou non, un être supérieur avait le pouvoir de réunir toutes les femmes en une seule, de lui donner les contours parfaits d’une créature en qui Denis s’emboîtait comme la pièce manquante.

Seuls les impies ont besoin de preuves. La sienne palpitait dans son lit. Denis désormais ne doutait plus d’elle, qu’un Dieu existât ou non.

* * *

À la tombée de la nuit, Mia se fit raccompagner à l’hôtel, puis rejoignit sa villa où Philippe l’attendait, agacé par l’ennui, prêt à défourailler un arsenal de griefs. Il se força alors à lui demander comment s’était déroulée sa journée de travail, redoutant déjà qu’elle ne prononce un certain mot.

— On était dans une espèce de crique artificielle, à la pointe ouest. Ce matin j’avais un paréo et un chapeau de paille. Cet après-midi, j’avais un maillot Érès une pièce, couleur chair. Le deuxième shooting a duré 3 h 40.

Philippe admettait tous les néologismes et les formules idiomatiques aptes à enrichir la langue. Mais ce shooting comprenait trop de détestables connotations et résumait à lui seul la dérisoire urgence à représenter un monde sans la moindre réalité matérielle. Il y percevait l’agressivité des annonceurs, la frénésie des stylistes, le mitraillage du photographe et sa volonté inconsciente de tirer sur une cible vivante.

Si Philippe s’ingéniait à critiquer les clichés véhiculés par la mode, il n’épargnait aucun autre aspect de l’art photographique qui, selon lui, n’avait plus lieu d’être. Après un siècle de profusion d’images, journalistiques et publicitaires, excitantes ou subversives, accusatrices ou décoratives, mensongères ou criantes de vérité, toutes d’un esthétisme parfait, plus aucune n’avait le pouvoir de charmer, d’informer, de choquer ou même de faire rêver l’homme de la rue — qui parvenait fort bien à constituer sa propre iconographie avec un appareil à trois sous. La photo dite professionnelle n’avait aujourd’hui pour seules vocations que d’emballer une marchandise ou de voler l’intimité d’autrui. Dans les deux cas Mia était concernée, tantôt prestataire, tantôt victime, et Philippe se chargeait de le lui rappeler, histoire de réduire ses valeurs à bien peu.

— Renseigne-moi : le terme shooting désigne-t-il autre chose qu’une prise de vue ? Ou une simple séance de photo ? Si c’est le cas, pourquoi utilises-tu shooting quand tu veux simplement dire prise de vue ?

— Pas plus tard qu’il y a deux jours, tu m’expliquais que le terme Dasein désignait un concept philosophique dont l’équivalent français serait l’être-au-monde .

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