Robert Harris - Conspirata

Здесь есть возможность читать онлайн «Robert Harris - Conspirata» весь текст электронной книги совершенно бесплатно (целиком полную версию без сокращений). В некоторых случаях можно слушать аудио, скачать через торрент в формате fb2 и присутствует краткое содержание. Город: Paris, Год выпуска: 2009, ISBN: 2009, Издательство: Éditions Pocket, Жанр: Историческая проза, на французском языке. Описание произведения, (предисловие) а так же отзывы посетителей доступны на портале библиотеки ЛибКат.

Conspirata: краткое содержание, описание и аннотация

Предлагаем к чтению аннотацию, описание, краткое содержание или предисловие (зависит от того, что написал сам автор книги «Conspirata»). Если вы не нашли необходимую информацию о книге — напишите в комментариях, мы постараемся отыскать её.

Rome, 63 av. J.-C. À la veille de sa prise de pouvoir comme consul, l’avocat Cicéron mesure l’ampleur de sa tâche. Lui, l’homme sans noble ascendance, se sait méprisé par les patriciens, haï par les populistes. Au-delà même de sa personne, c’est la République qui est menacée, cernée par les complots des brigands en toge blanche et les manigances de l’ambitieux César. Il le sait : il faudra davantage que ses talents d’orateur pour détourner le glaive de sa gorge. Et Rome ne manque pas de glaives…
« Un livre au rythme enlevé, basé sur des faits et délicieusement croustillant. »
The New York Times « L’attrait du pouvoir et les périls qu’il provoque ont rarement été disséqués de manière aussi brillante dans un thriller. »
The Sunday Times

Conspirata — читать онлайн бесплатно полную книгу (весь текст) целиком

Ниже представлен текст книги, разбитый по страницам. Система сохранения места последней прочитанной страницы, позволяет с удобством читать онлайн бесплатно книгу «Conspirata», без необходимости каждый раз заново искать на чём Вы остановились. Поставьте закладку, и сможете в любой момент перейти на страницу, на которой закончили чтение.

Тёмная тема
Сбросить

Интервал:

Закладка:

Сделать

À mesure que le soleil montait, l’air se réchauffait, la mer devenait plus bleue, et les fragrances de mimosas, d’herbes sèches et de pins odorants envahirent peu à peu la voiture. J’écartais de temps en temps le rideau pour contempler le paysage, et je me fis le serment que si jamais j’acquérais un jour cette petite ferme que je désirais tant, ce serait par ici, dans le Sud. Cicéron, lui, ne vit rien. Il dormit pendant tout le trajet et ne se réveilla qu’en fin d’après-midi, alors que nous étions cahotés sur la voie étroite qui menait à Misène, où Lucullus avait sa… bon, j’allais appeler sa demeure une maison, mais le terme ne convient guère pour décrire le palais des délices, la Villa Cornelia, qu’il avait achetée et fait agrandir sur la côte.

Elle se dressait sur le promontoire où est enseveli le héraut des Troyens, et jouissait de la vue peut-être la plus enchanteresse d’Italie, de l’île de Prochyta jusqu’aux hauteurs de Caprae en passant par le bleu merveilleux de la baie de Naples. Une douce brise caressait le sommet d’une avenue de cyprès, et en descendant de notre voiture poussiéreuse, nous eûmes l’impression de fouler le paradis.

Lorsqu’il apprit qui se trouvait dans son jardin, Lucullus vint nous accueillir en personne. Il avait dans les cinquante-cinq ans, semblait très maniéré et languissant, et commençait à s’épaissir : à le voir ainsi en tunique grecque et chaussons de soie, jamais on n’aurait pu croire que c’était un grand général, le plus grand même depuis Scipion ; il évoquait plutôt un maître à danser vieillissant. Cependant, le détachement de légionnaires qui gardait sa maison et les licteurs étendus à l’ombre des platanes rappelaient qu’il avait été proclamé imperator sur le champ de bataille et disposait encore de l’ imperium militaire. Il insista pour que Cicéron dîne en sa compagnie et passe la nuit à la villa, et pour qu’il prenne un bain et se repose auparavant. Sa politesse exquise, ou sa froideur, était telle qu’il n’exprima pas la moindre curiosité quant au motif de la venue impromptue de Cicéron.

Des laquais emmenèrent le consul et son escorte. Je supposais que je serais consigné dans le quartier des esclaves, mais il n’en fut rien : en tant que secrétaire particulier du consul, j’eus droit moi aussi à une chambre d’invité, on m’apporta des vêtements propres et il m’arriva quelque chose d’ahurissant dont le souvenir me fait rougir aujourd’hui encore mais que l’honnêteté m’oblige à consigner dans ce récit. Une jeune esclave apparut. Elle était grecque, aussi pus-je converser avec elle dans sa langue. Elle avait une vingtaine d’années, beaucoup de charme et une robe à manches courtes — mince, la peau mate, coiffée d’une masse de cheveux noirs rassemblés en chignon qui n’attendait que de retomber comme un rideau. Elle s’appelait Agathe. Avec force gloussements et des gestes insistants, elle me persuada de me dévêtir et de pénétrer dans une petite cabine dépourvue de fenêtre qui était entièrement tapissée de mosaïques figurant des créatures marines. Je restai là un instant, me sentant assez stupide, jusqu’au moment où, tout à coup, le plafond parut s’effacer pour déverser une pluie claire et tiède.

C’était la première fois que j’expérimentais l’un des célèbres bains douches de Sergius Orata, et je m’y abandonnai avec délice pendant un long moment avant qu’Agathe ne revienne me conduire dans la pièce voisine, où je fus récuré et massé — et oh, quel plaisir ce fut là ! Le sourire de la jeune fille révéla des dents d’une blancheur d’ivoire et une langue rose et espiègle. Lorsque, une bonne heure plus tard, je retrouvai Cicéron sur la terrasse, je lui demandai s’il avait essayé l’une de ces douches extraordinaires.

— Certainement pas ! répondit-il. La mienne s’accompagnait des services d’une jeune prostituée. Jamais je n’ai vu pareille décadence.

Puis il m’examina et dit avec incrédulité :

— Ne me dis pas que tu as essayé !

Je rougis violemment et il éclata d’un rire tonitruant. Au cours des années qui suivirent, il me reparla des bains douches de Lucullus chaque fois qu’il voulait me taquiner.

Avant le dîner, notre hôte nous fit faire le tour de son palais. La partie principale de la maison datait d’un siècle et avait été construite par Cornélius, le père des frères Gracques, mais Lucullus l’avait triplée de volume, y ajoutant des ailes entières, des terrasses et une piscine — le tout taillé dans le roc le plus solide. La vue était de tous côtés époustouflante et les chambres somptueuses. On nous entraîna dans un couloir bordé de torches qui projetaient leur lumière sur une mosaïque représentant Thésée dans le labyrinthe. Des marches nous menèrent à la mer puis sur une plate-forme installée juste au-dessus du clapotis des vagues. C’était là que se trouvait la grande fierté de Lucullus : toute une série de bassins artificiels peuplés de toutes les espèces de poissons possibles, y compris d’énormes murènes parées de bijoux et qui venaient vers lui quand il les appelait. Il s’agenouilla, et un esclave lui tendit un seau en argent rempli de nourriture qu’il renversa doucement dans l’eau. Aussitôt, la surface bouillonna, laissant apparaître des corps écailleux et puissants.

— Elles ont toutes un nom, fit-il remarquer, puis il désigna une créature particulièrement grasse et repoussante dont les nageoires s’ornaient d’anneaux d’or. J’ai appelé celle-ci Pompée.

Cicéron rit poliment.

— Et à qui appartient cette propriété ? demanda-t-il en désignant d’un signe de tête une autre villa gigantesque équipée de viviers.

— C’est la villa d’Hortensius, répondit Lucullus. Il croit qu’il peut élever de meilleurs poissons que les miens, mais il n’y arrivera jamais. Bonne nuit, Pompée, lança-t-il à la murène d’une voix caressante. Dors bien.

Je pensais que nous avions tout vu, mais Lucullus avait gardé le meilleur pour la fin. Nous remontâmes, par un autre chemin, un large escalier creusé dans les entrailles de la roche mouillée, sous la maison. Nous franchîmes plusieurs portes de fer actionnées par des sentinelles puis débouchâmes enfin sur une enfilade de salles remplies des trésors que Lucullus avait rapportés de la guerre contre Mithridate. Des serviteurs promenaient leurs torches sur des monceaux rutilants de boucliers, assiettes, coupes, louches, vasques, lits, sièges d’or et armures incrustées de pierreries. Il y avait de lourds lingots d’argent et des coffres pleins de millions de minuscules pièces d’argent, une statue de Mithridate en or haute de plus de six pieds. Au bout d’un moment, nos exclamations émerveillées finirent par laisser place au silence. Ces richesses étaient ahurissantes. Puis, alors que nous retournions dans le tunnel, nous perçûmes de légers frottements tout proches, que je pris d’abord pour des rats mais que Lucullus nous expliqua provenir des soixante prisonniers — des amis de Mithridate et certains de ses généraux — qu’il gardait ici depuis cinq ans en vue de la parade de son triomphe, au terme de laquelle ils seraient étranglés.

Cicéron porta la main à sa bouche et s’éclaircit la gorge.

— En fait, imperator , je suis venu te voir pour te parler de ton triomphe.

— Je m’en doutais, répliqua Lucullus, et, à la lueur de la torche, je vis un sourire fugitif passer sur son visage joufflu. Allons-nous manger ?

Naturellement, il y eut au dîner des produits de la mer — des huîtres et du loup, du crabe et de la murène, du mulet rouge et blanc. Tout cela était trop riche pour moi : j’étais habitué à des parts plus chiches et me servis peu. Je ne parlai guère non plus pendant le repas, mais conservai une distance subtile vis-à-vis des autres invités, afin de montrer que j’avais conscience que ma présence parmi eux était à prendre comme une faveur. Les frères Sextus mangèrent gloutonnement et, de temps à autre, l’un des deux se levait de table pour aller vomir bruyamment dans le jardin, afin de pouvoir attaquer le plat suivant. Fidèle à ses habitudes, Cicéron mangea peu tandis que Lucullus mâchait et avalait sans discontinuer, mais sans plaisir évident.

Читать дальше
Тёмная тема
Сбросить

Интервал:

Закладка:

Сделать

Похожие книги на «Conspirata»

Представляем Вашему вниманию похожие книги на «Conspirata» списком для выбора. Мы отобрали схожую по названию и смыслу литературу в надежде предоставить читателям больше вариантов отыскать новые, интересные, ещё непрочитанные произведения.


Отзывы о книге «Conspirata»

Обсуждение, отзывы о книге «Conspirata» и просто собственные мнения читателей. Оставьте ваши комментарии, напишите, что Вы думаете о произведении, его смысле или главных героях. Укажите что конкретно понравилось, а что нет, и почему Вы так считаете.