Karine Giébel - Satan était un ange

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Deux trajectoires, deux lignes de fuite.
Hier encore, François était quelqu'un. Un homme qu'on regardait avec admiration, avec envie. Aujourd'hui, il n'est plus qu'un fugitif tentant d'échapper à son assassin. Qui le rattrapera, où qu'il aille. Quoi qu'il fasse.
Paul regarde derrière lui ; il voit la cohorte des victimes qui hurlent vengeance. Il paye le prix de ses fautes. L'échéance approche…
Dans la même voiture, sur une même route, deux hommes que tout semble opposer, et qui pourtant fuient ensemble leur destin différent. Rouler droit devant. Faire ce qu'ils n'ont jamais fait.
Puisque l'horizon est bouché, autant tenter une dernière percée. Flamboyante. « Maîtresse du genre, Karine Giébel signe un nouveau thriller implacable. Un très bon roman noir. »
Jean-Noël Levavasseur — Ouest France

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— Elles sont mortes ?

— Huna est morte. Quand mon père nous a abandonnés, Huna avait neuf ans, et Marilena, six.

— Il vous a jetés à la rue, comme ça ?

— Ouais… Ça arrive souvent, ça aussi. Quand les parents veulent plus de leurs enfants ou quand ils arrivent plus à les nourrir, ils les abandonnent.

François a du mal à manger, une boule grossit dans son ventre.

— Ensuite ?

— Je me suis retrouvé avec mes deux petites sœurs, dans la rue. C’était l’hiver, et chez nous, ça caille ! Mais on nous a récupérés au bout d’une semaine… Ils nous ont placés à l’orphelinat, chacun de notre côté. Huna n’a pas résisté… Elle était malade. Pas normale, tu vois… Elle a toujours été fragile. Alors, ils l’ont mise dans un camin spital

— Un quoi ?

— Un orphelinat pour les gosses qui sont… comment vous dites ?

— Handicapés ? Attardés ?

— Ouais, c’est ça… Elle est morte quelques mois plus tard.

— De quoi ?

— J’en sais rien. De faim, je suppose. Ou de chagrin… Moi, j’ai atterri à Videle… C’est un des orphelinats les plus pourris là-bas. Paraît qu’ils l’ont fermé, maintenant !

François imagine. Essaie d’imaginer, en tout cas. En se servant des images qu’il a vues, comme tout le monde, à la télé. Lorsque Ceauşescu est tombé, que les caméras sont entrées. Pour découvrir l’horreur, les mouroirs pour enfants.

— C’était dur, je suppose…

Paul hausse les épaules.

— Le pire, c’est que tu fais rien. T’es enfermé et tu fais rien.

— T’allais pas à l’école ?

Cette fois, le jeune homme sourit.

— Non. Pas d’école… Tu restes derrière les grilles et t’attends.

— T’attends quoi ?

— Je sais pas. Que quelqu’un vienne te chercher… Que quelqu’un veuille bien de toi. D’avoir dix-huit ans, pour te retrouver dehors. D’avoir à bouffer, quand ils y pensent… Alors je me suis tiré.

— T’as réussi ?

— C’est pas très dur, en fait. Si t’as pas peur et si tu sais te débrouiller…

François le reconnaît bien là.

— Le problème, c’est qu’ils te retrouvent vite fait et te refoutent dedans. Mais la troisième fois, ils ne m’ont pas repris. J’ai traîné, avec d’autres gosses comme moi… Et puis j’ai rencontré Iosif.

Le Petit a terminé son jambon beurre, il sirote sa bière, comme si de rien n’était. Comme s’il racontait une histoire sans importance. Pourtant, François ressent bien qu’il est secoué. D’ailleurs, il est une nouvelle fois obligé de le pousser.

— Iosif ?

— Ouais… Un type qui récupère les gosses des rues.

Davin espère enfin entendre une bonne nouvelle. Une jolie histoire au milieu de cette avalanche d’horreurs que Paul semble trouver anodine.

Iosif, un homme généreux qui recueille les orphelins, qui s’en occupe.

Il se trompe. Lourdement.

— Il les récupère et les oblige à bosser.

— Bosser, c’est-à-dire ?

— Voler ! Un jour, il m’a vendu à un mec qui cherchait des enfants pour partir en France.

Vendu ? Mais…

Là, Paul se met à rire de la naïveté de son compagnon.

— Oui, François ! On vend et on achète les gens ! Les mômes, les filles surtout… Partout dans le monde, on vend et on achète les gens comme toi tu achètes tes clopes… Y a même des marchés pour ça ! Comme les Halles à Paris, tu vois ? Bref, il m’a vendu à cet homme. Il s’appelait Mihail… On est partis en France, moi et quelques autres. Je suis arrivé à Marseille, je venais d’avoir treize ans.

— Pour quoi faire ?

— Ils te gardent dans des squats, des vieux immeubles pourris, et tu dois rapporter le fric… C’est pratique pour eux : si tu te fais choper, tu risques rien ! T’es mineur, étranger, les flics peuvent pas t’expulser, ils sont obligés de te caser dans un foyer. Tu y restes un jour ou deux, et puis tu te barres pour retourner au squat. Des fois, c’est même les types qui viennent te sortir du foyer !

— Et tu faisais quoi pour gagner de l’argent ?

— Mendier, laver les pare-brise, piquer, casser les horodateurs. Tu te démerdes, mais tu dois ramener le fric tous les soirs, sinon…

François craint le pire après ce sinon . Mais il doit tout savoir. Tout.

Pour tout comprendre. Ou essayer, au moins.

— Sinon ?

— Sinon, t’en prends plein la gueule ! Soit le compte est bon et t’as à bouffer, soit le compte n’y est pas et ils te démolissent la tronche… D’ailleurs, le jour où on est arrivés, Mihail et ses potes en ont tué un, au hasard. Pour nous montrer ce qui nous arriverait si on faisait pas le boulot ou si on essayait de les baiser… De se tirer ou de planquer du fric, de le garder pour nous.

Là, le gamin montre des signes de faiblesse.

— Ils l’ont massacré à coups de pied, à coups de poing… En nous disant : Tu vois, si tu obéis pas, on te fera pareil .

— Mon Dieu…

— Moi, j’étais plutôt doué, remarque ! Je rapportais pas mal de blé… Les gens me donnaient facilement.

— Ça ne m’étonne pas !

— Peut-être parce que je parlais français déjà… Moins bien que maintenant, mais… Mihail était content de moi. J’arrivais même à piquer des portefeuilles, de la marchandise… J’étais plus gonflé que mes copains.

— Ils t’ont jamais frappé, alors ?

Paul broie sa cannette de bière, la jette dans le chemin.

— Si. Un jour parce que j’avais rien ramené… Un connard de Rom m’avait taxé la recette !

— Qu’est-ce que tu as contre les Roms ? s’étonne François.

— Chez nous, en Roumanie, on les aime pas ! explique Paul.

— Désolé de t’avoir interrompu, répond Davin avec un sourire triste. Continue, je t’en prie.

— Une autre fois, j’en ai pris plein la gueule parce qu’ils ont découvert que je planquais du fric dans un square, un peu tous les soirs. Pour mettre de côté et pouvoir me tirer… C’est un des gamins qui m’a balancé. Même pas huit ans, ce p’tit con !

Huit ans ?

— Ouais… Y en avait même qui avaient six ans, avec nous. J’étais un des plus vieux, je crois.

— Et pourquoi ce gosse t’a-t-il dénoncé ?

— Je sais pas… Pour échapper à une correction, sans doute. J’ai morflé, ce soir-là. Mais comme je gagnais bien, ils ne m’ont pas tué.

Paul arrache un brin d’herbe, le roule machinalement entre ses doigts.

— Tu veux vraiment que je te raconte la suite ?

François a un bref instant d’hésitation. Oui, il veut tout connaître de ce passé. Même si ça doit lui déchirer les tripes.

Même si ça doit le conduire à haïr celui qui raconte.

— Oui, s’il te plaît.

J’ai plus de souvenirs que si j’avais mille ans.

Un gros meuble à tiroirs […]
Cache moins de secrets que mon triste cerveau.
C’est une pyramide, un immense caveau,
Qui contient plus de morts que la fosse commune.
— Je suis un cimetière abhorré de la lune,
Où comme des remords se traînent de longs vers
Qui s’acharnent toujours sur mes morts les plus chers.

Les Fleurs du mal , LXXVI, « Spleen »

Chapitre 18

— Continue, je t’en prie, répète François.

Paul soupire.

— Je te préviens, c’est pas vraiment une belle histoire !

— Je m’en doute ! répond Davin avec un sourire crispé. Continue, Petit…

Il arrive encore à l’appeler Petit . Étrange.

Paul soupire, François replie les jambes dans une position de défense avant le déluge.

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