François Mauriac - Le Désert de l'amour

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Un soir, dans un bar, Raymond Courrèges retrouve par hasard Maria Cross, une femme à laquelle, adolescent, il a témoigné une passion ardente et maladroite, qu'elle a repoussée.
Dans les souvenirs de Raymond, que le visage de Maria fait ressurgir, nous découvrons bientôt d ?autres ombres, d'autres blessures, telle la rivalité équivoque d'un père et d'un fils pour une même femme.
C'est à quarante ans que François Mauriac publia ce roman, constat désabusé de la stérilité des passions humaines, illustration mélancolique, dans le Paris noceur des années 1920, du thème pascalien de la misère de l'homme sans Dieu. «
, devait-il écrire, c'est le roman de mon renoncement. Ce pourrait être le titre de mon œuvre entière. »

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Tandis que l'autre l'interrompait vivement, le docteur, s'étant levé et rapproché de la fenêtre, feignit de regarder, entre les volets mi-clos, la rue vide. Il éprouvait jusqu'à l'horreur cette survivance en lui des paroles menteuses qui ne correspondent plus qu'à une foi morte. Comme nous recevons la lumière d'un astre éteint depuis des siècles, des âmes autour de lui entendaient l'écho d'une foi qu'il avait perdue. Il revint vers la table, s'aperçut que la petite pendule de faux Delft marquait quatre heures, congédia son client.

« J'ai bien le temps », se disait le docteur courant presque sur le trottoir. Comme il atteignait la place de la Comédie, il vit le tramway assiégé par le peuple que dégorgeaient les cinémas. Pas un seul fiacre. Il dut prendre la file et cependant ne cessait de consulter sa montre ; habitué à sa voiture, il avait mal mesuré son temps. Il essayait de se rassurer : en mettant tout au pis, il aurait un retard d'une demi-heure ; cela n'est rien pour un médecin. Maria l'avait toujours attendu… Oui, mais dans sa lettre elle avait écrit : jusqu'à cinq heures et demie… cinq heures, déjà ! « Hé bé ! ne poussez pas comme ça, dites donc ! » lui cria une dame épaisse et furieuse dont le plumet chatouillait son nez. Dans le tram comble, surchauffé, il regretta d'avoir mis sa jaquette et, transpirant, eut peur d'avoir la figure sale, de sentir fort.

Six heures n'avaient pas encore sonné, lorsqu'il descendit devant l'église de Talence. Il hâta le pas d'abord, puis, fou d'inquiétude, se mit à courir bien que son cœur lui fît mal. Une nuée d'orage enténébrait le ciel. Le dernier taureau devait saigner sous ce ciel sombre. Entre les grilles des petits jardins, des branches de lilas poussiéreux attendaient la pluie comme des mains tendues. Le docteur courait sous des gouttes tièdes et espacées vers la femme qu'il voyait déjà sur la chaise longue et ne détachant pas tout de suite ses yeux du livre ouvert… Mais comme il approchait du portail, soudain il la vit qui sortait. Ils s'arrêtèrent. Elle était essoufflée : elle avait couru comme lui.

Elle dit, d'un air imperceptiblement dépité :

« J'avais écrit : cinq heures et demie. »

Il la couvrait d'un œil lucide :

« Vous avez quitté le deuil. »

Elle regarda sa robe d'été et répondit :

« Le mauve n'est pas du demi-deuil alors ? »

Comme déjà tout était différent de ce qu'il avait imaginé ! Une lâcheté immense lui inspira ces paroles :

« Puisque vous ne comptiez plus sur moi et que vous êtes peut-être attendue ailleurs, ce sera pour une autre fois. »

Elle répondit sur le ton le plus vif :

« Qui voulez-vous qui m'attende ? Vous êtes drôle, docteur. »

Elle remontait vers la maison et il la suivait, elle laissait traîner sa robe de taffetas mauve dans la poussière ; comme elle baissait la tête, il voyait sa nuque. Elle songeait que si elle avait donné rendez-vous au docteur un dimanche, c'était dans la persuasion que, ce jour-là, l'enfant inconnu ne prendrait pas le tram de six heures. Mais tout de même, folle de joie et d'espoir parce que le docteur n'était pas venu à l'heure fixée, elle avait couru à tout hasard, se disant :

« N'y eût-il qu'une chance sur mille qu'il ait pris le tram habituel, à cause de moi… Ah ! ne pas manquer cette joie… » Hélas ! elle ne saurait jamais si l'enfant inconnu, ce dimanche-là, avait été triste dans le tram de six heures, en ne la voyant pas. La pluie lourde s'écrasait sur les marches du perron qu'elle gravit en hâte, et elle entendait derrière elle souffler le vieux. Ah ! l'importunité de ces êtres, à qui notre cœur ne s'intéresse pas, et qui nous ont choisis, et que nous n'avons pas choisis ! — si extérieurs à nous, dont nous ne désirons rien savoir, dont la mort nous serait aussi indifférente que la vie… et pourtant ce sont ceux-là qui remplissent notre existence.

Ils traversèrent la salle à manger, elle poussa les volets du salon, enleva son chapeau, s'étendit, sourit au docteur qui cherchait désespérément quelque lambeau des phrases préparées. Elle lui dit :

« Vous êtes essoufflé… Je vous ai fait marcher trop vite.

— Je ne suis pas si vieux. »

Il leva les yeux, comme il faisait toujours, vers la glace au-dessus de la chaise longue. Hé quoi, ne se connaissait-il pas encore ? Pourquoi, à chaque fois, ce coup au cœur, cette stupeur désolée s'il se fût comme attendu à voir sa jeunesse lui sourire ? Et déjà il demandait : « Et cette santé ? » sur ce ton paternel et un peu grave qu'il prenait toujours quand il parlait à Maria Cross. Elle ne s'était jamais sentie aussi bien portante, et elle éprouvait à l'annoncer au docteur un plaisir qui la payait de sa déception. Non, l'enfant inconnu, aujourd'hui dimanche, ne devait pas être dans le tram. Mais demain, demain il y serait sans doute, et déjà elle était toute tournée vers cette joie future, vers cet espoir chaque jour déçu et renaissant qu'il se passerait peut-être du nouveau, qu'il lui adresserait la parole enfin.

« Vous pouvez, sans inconvénient, interrompre vos piqûres… (il regardait dans la glace cette barbe clairsemée, ce front aride et se souvint des paroles brûlantes qu'il avait préparées).

— Je dors, je ne m'ennuie plus, figurez-vous, docteur : et pourtant, je n'ai envie de rien lire. Je ne saurais venir à bout du Voyage de Sparte ; vous pouvez le reprendre.

— Vous ne voyez toujours personne ?

— Pensez-vous que je sois femme à me commettre, tout d'un coup, avec les maîtresses de ces messieurs — moi qui les ai fuies jusqu'à présent comme la peste ? Je suis seule à Bordeaux de mon espèce, vous le savez bien : je ne peux frayer avec personne. »

Oui, elle l'avait dit souvent, mais comme une plainte, et jamais d'un air si paisible, si heureux. Le docteur discernait que cette longue flamme ne s'étirait plus vers le ciel, qu'elle ne brûlait plus en vain, qu'elle avait trouvé tout près de la terre un aliment inconnu de lui. Il ne put se retenir de dire d'un ton agressif que si elle ne voyait pas ces dames, elle voyait quelquefois ces messieurs. Il se sentit rougir, entrevit que la conversation pouvait prendre le tour qu'il avait si ardemment désiré ; et en effet, Maria demanda en riant :

« Ah ! çà, docteur, seriez-vous jaloux ? Mais c'est qu'il me fait une scène de jalousie !… Non, rassurez-vous, je plaisante, — ajouta-t-elle aussitôt, — je sais qui vous êtes. »

Comment douter qu'elle avait voulu rire en effet, et qu'elle n'aurait pu même imaginer que le docteur éprouvât un sentiment de cet ordre ? Elle l'observait avec inquiétude :

« Je ne vous ai pas blessé ?

— Si, Maria, vous m'avez blessé. »

Mais elle ne comprit pas de quelle blessure il voulait parler, protesta de son respect, de sa vénération : ne s'était-il pas abaissé jusqu'à elle ? N'avait-il pas daigné parfois l'élever jusqu'à lui ? D'un geste aussi faux que l'était cette phrase, elle saisit la main du docteur, l'approcha de ses lèvres. Il la retira brusquement. Maria Cross froissée se leva, s'approcha de la fenêtre, et elle regardait le jardin noyé. Le docteur s'était levé aussi ; elle lui dit sans se retourner :

« Attendez la fin de l'averse. »

Il demeurait debout dans le salon sombre. En homme méthodique, il usait de cette minute atroce pour arracher de lui tout désir, tout espoir. Eh bien, oui, c'était fini ; tout ce qui touchait à cette femme ne le concernait plus ; il était hors du jeu. Sa main fit, dans le vide, le geste de déblayer. Maria se retourna pour lui crier :

« Il ne pleut plus. »

Et comme il demeurait immobile, elle ajouta que ce n'était pas pour le mettre à la porte, mais qu'il ferait bien de ne point laisser passer cette éclaircie. Elle lui offrit un parapluie qu'il accepta d'abord, puis refusa parce qu'il s'en voulait d'avoir pensé : « Il faudra le rapporter ; ce sera une occasion de revenir. »

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