François Mauriac - Le Désert de l'amour

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Un soir, dans un bar, Raymond Courrèges retrouve par hasard Maria Cross, une femme à laquelle, adolescent, il a témoigné une passion ardente et maladroite, qu'elle a repoussée.
Dans les souvenirs de Raymond, que le visage de Maria fait ressurgir, nous découvrons bientôt d ?autres ombres, d'autres blessures, telle la rivalité équivoque d'un père et d'un fils pour une même femme.
C'est à quarante ans que François Mauriac publia ce roman, constat désabusé de la stérilité des passions humaines, illustration mélancolique, dans le Paris noceur des années 1920, du thème pascalien de la misère de l'homme sans Dieu. «
, devait-il écrire, c'est le roman de mon renoncement. Ce pourrait être le titre de mon œuvre entière. »

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« Nous sommes l'un et l'autre au fond d'une impasse, Maria. Nous ne pouvons plus rien que mourir contre un mur, ou vivre en revenant sur nos pas. Vous ne sauriez m'aimer, vous qui n'avez jamais aimé. Il reste de vous livrer toute au seul homme capable de ne rien exiger en échange de sa tendresse. »

Ici, il croyait entendre les protestations de Maria :

« Vous êtes fou ! mais votre femme ? vos enfants ?

— Ils n'ont pas besoin de moi. Un enterré vivant a le droit, s'il le peut, de soulever la pierre qui l'étouffe. Vous ne sauriez mesurer le désert qui me sépare de cette femme, de cette fille, de ce fils. Les mots que je leur adresse n'arrivent même plus jusqu'à eux. Les animaux, quand leurs petits sont grands, les chassent. Et le plus souvent, d'ailleurs, les mâles ne les connaissent pas. Ces sentiments qui survivent à la fonction, c'est une invention des hommes. Le Christ le savait, qui a voulu être préféré à tous les pères et à toutes les mères et qui a osé se glorifier d'être venu séparer l'épouse de l'époux et les enfants de ceux qui les ont mis au monde.

— Vous ne prétendez pas être Dieu.

— Ne suis-je pas pour vous son image ? Ne me devez-vous pas le goût d'une certaine perfection ? (Ici, le docteur s'interrompit : « Non, non, ne pas introduire de métaphysique ! »

— Mais votre situation, vos malades ? toute cette existence d'homme bienfaisant… songez quel scandale…

— Si je mourais, il faudrait bien qu'on se passât de moi. Qui est indispensable ? Or, c'est bien de mourir qu'il s'agit, Maria : mourir à cette pauvre vie recluse et besogneuse, pour renaître avec vous. Ma femme garderait la fortune qui lui appartient. Je ne serais pas en peine de vous faire vivre : on m'offre une chaire à Alger, une autre à Santiago… Je laisserais à mes enfants ce que j'ai pu mettre de côté jusqu'à ce jour… »

A cet endroit de la scène imaginaire, la voiture s'arrêtait devant l'hôpital ; le docteur en franchissait le seuil, l'air encore absent, avec les yeux d'un homme qui sort d'un enchantement ignoré. Sa visite terminée, il rentrait dans son rêve, plein d'une avidité secrète, se répétait : « Je suis un fou… et pourtant… » Il en connaissait, parmi ses confrères, qui avaient réalisé ce beau songe. C'est vrai que si leur vie de désordre avait préparé l'opinion à ce scandale, toute la ville avait coutume de professer que le docteur Courrèges était un saint. Mais quoi ! justement parce qu'il avait usurpé cette réputation, quelle délivrance que de n'en plus subir le poids immérité ! Ah ! être méprisé enfin ! Alors il saurait adresser à Maria Cross d'autres paroles que des encouragements au bien et que des conseils édifiants ; il serait un homme qui aime une femme et qui la conquiert avec violence.

Le soleil de ce dimanche enfin se leva. Le docteur avait coutume, ce jour-là, de ne faire que les visites indispensables sans passer par le cabinet qu'il avait en ville, toujours assiégé de clients, mais dont il n'usait guère que trois fois dans la semaine pour sa consultation. Il avait en horreur cette pièce au rez-de-chaussée d'une maison tout entière occupée par des bureaux ; et il eût été incapable, disait-il, d'y lire ni d'y écrire une ligne. Comme à Lourdes, les plus misérables ex-voto trouvent leur place, le docteur avait réuni entre ces quatre murs tout ce dont l'avait comblé sa clientèle reconnaissante. Après avoir haï ces bronzes d'art, ces terres cuites autrichiennes, ces amours en poussière de marbre comprimée, ces biscuits, ces baromètres-calendriers, il en était au point de se sentir une sorte de goût pour ce musée horrible et de se réjouir lorsqu'il recevait une « œuvre d'art » d'une laideur plus singulière : « surtout, pas d'ancien ! » se disaient les uns aux autres les clients soucieux de faire plaisir au docteur Courrèges.

Ce dimanche où il s'était persuadé qu'une entrevue avec Maria Cross allait changer son destin, il avait consenti à recevoir vers trois heures, dans son cabinet de consultation, un homme d'affaires, neurasthénique et qui ne pouvait disposer d'une seule heure de loisir dans la semaine. Le docteur s'y était résigné : ainsi pourrait-il sortir, à peine le déjeuner fini, et user des derniers instants avant la minute ardemment attendue et redoutée. Il ne demanda pas sa voiture, ni n'essaya de monter dans les tramways envahis : des grappes humaines s'accrochaient aux marchepieds, car il y avait un match de rugby, et c'était la première corrida de l'année : les noms d' Algabeno et de Fuentes éclataient sur des affiches jaunes et rouges. Bien que la course ne dût commencer qu'à quatre heures, la foule déjà, dans les ternes rues du dimanche aux magasins fermés, coulait vers les arènes. Les jeunes gens avaient des canotiers à rubans de couleur, des chapeaux de feutre gris clair qu'ils croyaient espagnols ; et ils riaient dans un nuage de caporal. Les cafés soufflaient sur la chaussée leur fraîche haleine d'absinthe. Le docteur ne se souvenait pas d'avoir erré ainsi à travers la cohue, sans autre souci que de tuer les heures qui le séparaient d'une certaine heure. Un tel désœuvrement, qu'il paraissait étrange à cet homme surmené ! Il ne savait pas ne rien faire, voulut penser à cette expérience commencée, mais ne put voir en lui que Maria Cross étendue et lisant.

Soudain il n'y eut plus de soleil, et le peuple inquiet regarda au ciel une nuée lourde. Quelqu'un prétendit avoir senti une goutte ; mais le soleil ruissela de nouveau. Non, l'orage n'éclaterait pas avant que le dernier taureau eût fini de souffrir.

Peut-être, songeait le docteur, les choses ne se passeraient pas exactement comme il l'avait imaginé ; mais ce qui était sûr — mathématiquement sûr — c'était qu'il ne quitterait pas Maria Cross sans qu'elle connût son secret : la question serait posée enfin ! Deux heures et demie… Une heure encore à tuer avant la consultation. Il toucha au fond de sa poche la clef de son laboratoire. Non, à peine arrivé, il faudrait repartir. La foule s'émut comme en proie à un vent brusque. On criait : « Les voilà ! » Dans de vieilles victorias dont les cochers étaient sordides et glorieux, parurent les matadors étincelants et leurs quadrillas. Le docteur s'étonnait de ne rien discerner de bas sur ces durs visages émaciés : l'étrange clergé rouge et or, violet et argent ! De nouveau un nuage tua la lumière et ils levèrent leurs faces maigres vers l'azur terni. Le docteur fendit la foule ; et maintenant il suivait d'étroites rues désertes. Une fraîcheur de cave régnait dans son cabinet, où des femmes en terre cuite et en albâtre souriaient sur des colonnes de malachite. Le battement d'un cartel genre ancien était plus lent que celui d'une petite pendule en faux Delft, au centre de la large table où une femme « modern-style », de son derrière posé sur un bloc de cristal, pressait des papiers. Ces figures semblaient chanter en chœur ce titre d'une revue que le docteur venait de déchiffrer à tous les carrefours de la ville : N'y a que ça de bon ! — jusqu'à ce taureau en simili bronze, le mufle sur sa vache. Le docteur, d'un coup d'œil, admira sa collection, et prononça à mi-voix : « L'époque la plus basse de l'espèce humaine. » Il poussa un volet, fit poudroyer un rayon de feu. Il parcourait la pièce, se frottait les mains, se disait : « Il ne faudra pas de préparation, mais que les premier mots soient une allusion à ma détresse, lorsque j'ai cru qu'elle ne souhaitait plus de me voir. Elle s'étonnera : je lui protesterai que je ne peux plus vivre sans elle et alors peut-être, peut-être… »

Il entendit sonner, alla ouvrir lui-même, introduisit son client. Ah ! celui-là n'interromprait pas sa rêverie ; il n'y avait qu'à le laisser aller : ce neurasthénique ne semblait rien exiger des médecins que la patience de l'écouter. Sans doute se faisait-il d'eux une idée mystique, car il ne reculait devant aucune confidence, montrait sa plaie la plus secrète. Le docteur était déjà revenu en esprit auprès de Maria Cross : « Je suis un homme, Maria, un pauvre homme de chair comme les autres. On ne peut pas vivre sans bonheur ; je le découvre trop tard, — mais pas trop tard pour que vous consentiez à me suivre ? » Comme le client avait fini de parler, le docteur, avec cet air de dignité, de noblesse qu'on admirait, prononça : « Il faut d'abord que vous ayez foi en votre volonté. Si vous ne vous croyez pas libre, je ne peux rien pour vous. Tout notre art échoue contre une idée fausse. Si vous vous croyez la proie impuissante de vos hérédités, qu'espérez-vous de moi ? Avant d'aller plus loin, j'exige un acte de foi dans votre pouvoir de dompter en vous toutes ces bêtes qui ne sont pas vous-même. »

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