Frédéric Dard - Les soupers du prince

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Quand Edouard, dit Doudou, devient Edouard I Sire, de grâce, écoutez-moi,
Je reviens des galères.
Je suis voleur, vous êtes roi,
C'est à peu près la même affaire. (Pétition d'un voleur de Sa Majesté, attribuée à Lacenaire.)
Il est des gens à qui la vie réserve bien des surprises. Tenez, Édouard Blanvin, dit Doudou… Trente-deux ans, beau gosse ; passionné par les bagnoles. Et pas n'importe lesquelles s'iouplaît ! Des tractions avant qu'il bichonne amoureusement comme les petites nénettes qui « raffolent de sa gueule d'amour de gentil voyou ». Uniour, sa chère môman lui révèle qu'il est le fils du défunt prince de Montégrin. Doudou serait donc Edouard I
. De la banlieue grise au château d'opérette, il n'y a qu'un pas. Doudou le franchit allégrement. La grande vie commence. Les surprises et les ennuis !

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* * *

Édouard la reçut dans le boudoir-bureau de mémé Gertrude. Walter Volante introduisit une somptueuse créature aux cheveux coupés court, blonde et bronzée, âgée d’une trentaine d’années. Elle portait un léger tailleur de coton grège, un chemisier marron foncé auquel son sac à main et ses chaussures étaient assortis. Un tour de cou Cartier et un bracelet aux mailles identiques complétaient la tenue.

Il la fit asseoir et lui proposa une boisson. Elle opta pour un café. Son regard vert exprimait la curiosité et l’ironie. Il lui trouva la bouche sensuelle et fut impressionné par son décolleté admirablement rempli.

— Vous êtes un neveu de la princesse Gertrude ? demanda Élodie Steven.

— Son petit-fils.

— J’ignorais qu’elle en eût un.

Il faillit répondre « moi aussi », s’abstint par prudence. Ce n’était pas l’instant des boutades. Reprises par une interlocutrice comme sa visiteuse, elles pouvaient devenir à double tranchant.

— Eh bien si, comme vous le voyez.

Il louchait sur ses jambes brunies par les UV, respirait voluptueusement son parfum. Sa constante ardeur de mâle le taraudait déjà.

En termes concis, il lui résuma son histoire : ayant vécu en France depuis sa naissance, il pensait que les remous anti-communistes qui agitaient l’Europe pouvaient laisser espérer un changement de régime en sa faveur au Montégrin. Il venait dans le giron de sa grand-mère pour se préparer à un règne éventuel. Seulement il tombait dans une nécropole et entendait changer l’atmosphère du château. De plus il était temps qu’il joue un rôle socialement.

Élodie Steven comprit illico le problème et se déclara intéressée par ce qu’elle appela « cette mission de confiance ». Elle promit de dresser un programme des réjouissances ainsi qu’un devis pour ses prestations. Femme de tête, elle ne s’éloignait jamais de ses intérêts. Dans son délicat métier de marchande de vent, il convenait de toujours prendre ses précautions à l’avance, les « après » apportant parfois le désenchantement.

Elle sortit un agenda de femme d’affaires de son sac et ils convinrent d’un second rendez-vous, à l’agence d’Élodie Steven, cette fois.

Tout en soufflant sur sa tasse de café brûlant, elle l’observait d’un regard critique.

— Est-il indiscret de vous demander d’où vous venez, monseigneur ? interrogea-t-elle.

Il se sentit rougir de confusion.

— De la région parisienne.

Sa gaucherie dut confirmer la fille dans ses suspicions.

— Vous n’avez pas été élevé comme un prince, n’est-ce pas ?

— Ça se voit ? risqua Édouard en s’efforçant de sourire.

— Disons qu’on se pose la question.

— Vous êtes suissesse ?

— Par mon père, sinon je suis parisienne par ma mère ; moi aussi j’ai été élevée là-bas.

— Dans le seizième ou à Passy ?

— À Auteuil.

Elle semblait s’amuser de ce jeu des questions.

— Et vous ? insista-t-elle.

— Au début, dans le dix-huitième, ensuite du côté d’Achères ; vous savez, les cultures…

— Si nous nous connaissons davantage un jour, il faudra me raconter votre vie, monseigneur. Je la devine peu ordinaire.

Il loucha sur ses jambes croisées.

— Je ne demande qu’à mieux vous connaître, dit-il, mais il jugea la réplique un peu juste : il n’avait pas affaire à une shampouineuse.

— Bien entendu, vous possédez un smoking ? demanda Élodie.

— Pas encore.

— Vous devriez vous en faire faire un à Paris, sur mesure, naturellement.

— Naturellement.

— Où vous habillez-vous ?

— Jusqu’à présent, je ne m’habille pas : je me vêts.

— Même chose que pour le smok : Paris et sur mesure. Même les tenues dites négligées devront sortir de chez le bon faiseur, car elles sont davantage révélatrices que les costumes.

— Il faudra me donner des adresses.

— Mieux que cela : je vous piloterai.

Elle affirmait cela gravement, en professionnelle soucieuse de bien réussir sa tâche.

— Le roi de Roumanie demeure également à Versoix, dit-elle. Le fréquentez-vous ?

— Pour ma part, je ne l’ai pas encore rencontré, mais je demanderai à ma grand-mère, la princesse Gertrude, s’ils entretiennent des relations de bon voisinage.

Elle ne tarda pas à prendre congé et il la raccompagna jusqu’à sa voiture, une charmante BMW décapotable de couleur bleue. Quand elle fut au volant, il lui tendit la main, elle y déposa la sienne. Il se penchait pour un baisemain, quand elle murmura :

— Jamais en plein air, monseigneur !

Elle lui adressa un éclatant sourire et partit dans un crissement de pneus.

27

Ce fut l’évêque qui lui donna le baptême, non sans lui avoir fait subir un examen religieux et lui avoir accordé quelques entretiens préparatoires. Au premier abord, le prélat l’intimida. C’était un septuagénaire grave, au teint pâle et à la voix voilée, dont les yeux gris, scrutateurs, paraissaient ne regarder que les âmes. Il appartenait à ces hommes de foi pour qui croire ne présente aucun problème et que l’agnosticisme de certains peine en profondeur. Et ce fut au fil de leurs conversations qu’Édouard mesura l’humanisme profond de cet homme soucieux, en charge d’on ne savait quelle tristesse originelle.

En moins d’une heure, il fit la conquête d’Édouard. Ce dernier l’aima pour la manière tranquille dont il réagissait à son étrange aventure. Il ne marquait ni surprise, ni doute, acceptant la chose telle qu’on la lui proposait, répondant en pasteur satisfait de voir entrer un homme adulte au sein de son Église.

Lorsqu’il interrogea Édouard sur la catéchèse, ses réponses le surprirent par leur archaïque formulation. Le prince lui apprit alors qu’il avait puisé son enseignement religieux dans un catéchisme vieux de plus de soixante-dix ans (il ne pouvait préciser la date, les premières et dernières pages manquant). Il montra le livre à l’évêque qui en fut attendri.

— Gardez-le ! proposa Édouard, c’est presque une pièce de collection !

L’autre « monseigneur » refusa :

— Vous devez le conserver, mon cher ami, car cet opuscule jauni constitue la pierre sur laquelle s’est édifiée votre foi. Car vous possédez la foi et l’avez toujours eue, ce que vous m’avez dit de votre philosophie le prouve.

Édouard ne fut pas certain que son vénérable interlocuteur eût raison et se promit de réfléchir au problème de sa foi, plus tard, lorsqu’il céderait moins volontiers aux tentations de la chair.

* * *

La cérémonie se déroula un après-midi d’été, dans une église vide de Genève qui bordait le parc Bertrand. Elle eut lieu en maigre comité, l’assistance se résumant aux seuls habitants du château, la cuisinière comprise. Ce baptême d’adulte était très émouvant et ceux qui en furent les témoins y allèrent de leur larme, Rosine la première, bien qu’elle ignorât tout de la religion.

L’évêque prononça de riches paroles destinées à un homme qui, peut-être, un jour, exercerait le pouvoir, et d’autres, plus simples, qui s’adressaient à l’homme nu, planté dans la vie comme un arbre, seul et nombreux à la fois.

Quand Édouard sentit la coulée d’eau froide dans ses cheveux, puis sur son front, il se demanda s’il n’était pas ridicule de se prêter à ce rite. Alors il posa ses yeux inquiets sur ceux, si sereins, de l’évêque, et songea qu’aucune mortification n’est jamais perdue, et qu’en endurant ce qui nous rebute, nous acquérons cette force intérieure qui nous est indispensable pour affronter les gens et les événements.

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