Pierre Rey - Le Grec

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Le Grec: краткое содержание, описание и аннотация

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Ayant pour cadre le monde, pour décor la mer, pour parfum le pétrole, pour enjeu la domination des océans,
est le plus étourdissant des romans jamais consacrés aux coulisses de la « Jet society ». S’y affrontent en un ballet fiévreux et mortel, les dieux hors série de cette caste secrète et impitoyable : les super-riches. Tissant sa toile autour des continents, affamé, féroce, attendrissant, le plus fascinent d’entre eux : Socrate Satrapulos. Ses ennemis l’ont baptisé S.S. mais pour tout l’univers, il a un autre nom : le Grec.

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« Et maintenant… souffla-t-elle… Suis-je assez nue ? »

Kallenberg froissa les journaux avec irritation. Depuis trois mois, l’enlèvement de la Menelas par Satrapoulos prenait le pas sur les plus graves nouvelles internationales. On signalait le couple simultanément dans plusieurs points du monde. Ils avaient déjeuné dans un bistrot d’Acapulco, acheté de l’or à Beyrouth, donné une fête en Floride, rencontré un ténor de la politique à Berlin-Ouest. Tout cela le même jour. Foutaises !… Pourquoi l’insignifiante personne du Grec passionnait-elle la presse ? Combien payait-il pour qu’on parle de lui ? Si le public avait su que son héros de pacotille s’était fait rouler de plusieurs millions de dollars !…

Seulement, lui, Kallenberg, préférait rester dans l’ombre et tirer les ficelles. C’était peut-être moins glorieux — bien que l’injuste silence entourant ses succès le rendît parfois amer — mais infiniment plus efficace.

« Ça va Greta… Je vous appelle tout à l’heure. »

Il prit un fugace plaisir à ne pas ôter la main qu’il gardait coincée entre ses cuisses, sous la jupe. Elle virevolta en souriant et se dégagea. Quand elle fut sortie, Barbe-Bleue opéra diverses combinaisons sur les cadrans de son coffre-fort. La porte s’ouvrit. Il s’empara d’un dossier portant simplement la mention « Baran ». À voix haute, il ricana :

« Maintenant, pauvre con, il va falloir payer ! »

Il sortit du dossier le contrat par lequel Socrate allait devoir lui céder trente-cinq pour cent du fret de l’Arabie Saoudite. Il étala la feuille bien à plat sur son bureau. Avec un certain malaise, il réalisa que quelque chose, quelque part, ne collait pas. Quoi, il n’en savait rien encore. Ce qu’avait enregistré son œil refusait de parvenir à son cerveau. Et pourtant !… Là, en bas de la page, à l’endroit précis où il avait contraint le Grec à apposer son paraphe, la signature avait disparu !… Fébrilement, il regarda le papier en transparence : rien. C’était une absence énorme, impossible, quelque chose qui révoltait l’intelligence. Il retourna la feuille à l’envers, n’admettant pas que ses yeux pussent lui jouer un tour pareil. Mais non… Le papier était aussi blanc que si jamais un stylo ne l’avait effleuré.

Il bondit de son fauteuil avec une force sauvage et se rua comme un fou dans le couloir.

« Greta !… Greta !… »

Tout en sachant très bien que le désastre était irrémédiable. Par un procédé qu’il ne s’expliquait pas, cette ordure de Grec avait réussi à le posséder.

TROISIÈME PARTIE

20

Le chauffeur de taxi jeta un regard ironique à son étonnante cliente. Lui, qui se vantait d’être psychologue, n’avait pas réussi, en cent kilomètres, à comprendre qui elle était, ce qu’elle souhaitait vraiment faire et l’endroit exact où elle désirait se rendre. Le savait-elle elle-même ? Lorsqu’elle était sortie de l’aéroport de Marignane, elle lui avait simplement dit, en un très bon français, mais avec un accent indéfinissable :

« Je voudrais aller plus loin que Carpentras. Vous connaissez ? »

En général, les clients ne lui demandaient jamais de se rendre au-delà de Marseille. D’où venait-elle ? Tant d’appareils atterrissaient et décollaient dans la journée… En rangeant son sac de marin dans le coffre, il avait vu, accrochée à la bretelle, une étiquette au nom d’une compagnie italienne. Cela ne voulait pas dire grand-chose, car les avions italiens, eux aussi, se rendent au Groenland ou en Afrique du Sud. En tout cas, il avait accepté la longue course, ne pouvant toutefois se défendre d’un léger sentiment d’inquiétude qu’il se reprochait : si elle allait ne pas le payer ? Pourtant, cette fille traînait derrière elle un entêtant parfum de fric, qui n’était pas dû à ses vêtements — un blue-jean et un pull de marin bleu foncé à col roulé — mais à des ondes subtiles qui émanaient de toute sa personne. À plusieurs reprises, il avait essayé de lier conversation, commentant la route qu’ils suivaient, la prenant a témoin de l’imprudence des « autres », quand il effectuait un dépassement difficile, lui offrant des cigarettes qu’elle refusait, lui racontant des blagues dont il ne savait pas bien si elle les avait comprises et, à tout hasard, riant tout seul de les avoir racontées à voix haute. Quand ils furent à la hauteur de Plan-d’Orgon, il comprit qu’il n’en tirerait rien et renonça à lui adresser la parole. La voiture filait entre deux rangées de platanes dont les ombres dures hachaient le bitume qui chuintait sous les roues. De place en place, des paysans leur faisaient signe, qui avaient installé des éventaires de melons sur les bas-côtés du talus.

« Comment ça s’appelle, exactement, l’endroit où vous allez ?

— Ça ne s’appelle pas. »

Il fut vexé de cette réponse, la seule qu’il ait obtenue depuis le début de leur randonnée. Il insista :

« Non, mais je veux dire, après Carpentras, où faut-il que je passe ?

— Attendez… c’est entre (elle extirpa une feuille de papier de la poche de son blue-jean)… entre Oppède et Roussillon… Tout ce que je sais, c’est qu’en bas de la route qui monte au village, il y a un transformateur.

— Oui, mais le village, comment il s’appelle ?

— Autrefois, il s’appelait Cagoulet.

— Il a changé de nom ?

— Non. Mais plus personne n’y habite.

— Ah !… »

De plus en plus bizarre… Une fille habillée comme une étudiante fauchée, mais pas assez jeune pour être étudiante, ni assez fauchée, puisqu’elle avait un sacré kilométrage à payer, et qui se rendait dans un village qui ne s’appelait pas et où personne ne vivait…

« Vous avez des amis qui vous attendent ? »

Elle ne répondit pas, ce qui lui fit hausser légèrement les épaules. Pendant un très long moment, il n’y eut plus que les flaques de soleil, les zones d’ombre, le bruit du moteur couvert de temps en temps, selon l’angle d’attaque du mistral, par le crin-crin exacerbé des cigales et, dans les lointains, la douce tache bleue d’un champ de lavande, la verticale noir corbeau d’un cyprès, le cri écarlate d’un coquelicot sur l’herbe pelée de la rocaille. On passa sur un pont au-dessous duquel serpentait une giclée d’eau boueuse :

« La Durance… À gauche, là-bas, c’est Avignon. Mais nous, on va continuer à droite puisqu’on va à Carpentras… »

Il éclata d’un gros rire, content de sa pauvre plaisanterie, et se retourna pour voir si elle le suivait : elle ne l’avait même pas entendu, le visage tourné vers sa droite, les mèches folles s’échappant de son foulard fouettées par le vent.

Il redressa précipitamment la voiture, prévenu par le klaxon furieux d’un poids lourd qu’il roulait au milieu de la route. À un moment, il dut s’arrêter pour faire le plein. Il sortit du véhicule, s’avança en direction de la portière arrière et lui demanda :

« Vous voulez pas sortir un peu pour vous dégourdir les jambes ? »

Elle le remercia d’un sourire éblouissant qui le laissa pantois : que cette fille était belle ! Il ne l’avait pas réellement vue jusqu’à présent, mais elle avait un visage à faire du cinéma. Il est vrai qu’elle avait gardé sur le nez de très grosses lunettes de soleil. Maintenant qu’elle les avait ôtées, il recevait comme un choc la perfection de son visage et paradoxalement, en fut rassuré : avec une tête pareille, on a de quoi payer un taxi.

Il se réinstalla au volant et reprit la route. Sur la droite, déjà, on apercevait les contreforts du Luberon, gris-bleu. Carpentras fut dépassé, puis, Vaison-la-Romaine. Les cigales faisaient un bruit si furieux qu’on finissait par ne plus les entendre, bruit de fond, bruit de vent.

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