Antoine de Saint-Exupéry - CITADELLE

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Citadelle est un livre particulier dans le sens où il n'a jamais été achevé ni retouché (ou très peu) par Saint-Exupéry. L'œuvre est restée à l'état de brouillon dactylographié imparfait avant d'être mis en forme, tant bien que mal, par l'éditeur. Saint-Exupéry aborde ici tous ses thèmes récurrents déjà visités dans ses précédents écrits: l'Amour, l'Apprentissage, la Création, Dieu, les Hommes, les Voyages, etc.

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«J'ai été semblable à ce fou qui surgit la nuit au cœur des ruines, armé de sa pelle, de sa pioche et de son ciseau. Et il te démantibule les murs. Et il te retourne les pierres, et il t'ausculte les dalles pesantes. Il s'agite saisi d'une ferveur noire, car il se trompe, Seigneur, il te cherche un trésor qui soit provision déjà faite, déposée par les siècles dans le secret de tel alvéole comme une perle dans sa coquille, jouvence pour le vieux, gage de richesse pour l'avare, gage d'amour pour l'amoureux, gage d'orgueil pour l'orgueilleux et pour le glorieux de gloire — et cependant cendre et vanité car il n'est point de fruit qui ne soit d'un arbre, point de joie que tu n'aies bâtie. Stérile est de rechercher parmi les pierres une pierre plus exaltante que l'autre pierre. De son agitation au ventre des ruines, il ne tirera ni la gloire ni la richesse ni l'amour.

«Comparable donc à ce fou qui va de nuit piochant l'aridité, je n'ai rien trouvé dans la volupté qui fût autre chose que plaisir d'avare et prodigieusement inutile. Je n'y ai trouvé que moi-même. Je n'ai que faire de moi, Seigneur, et l'écho de mon propre plaisir me fatigue.

«Je veux bâtir le cérémonial de l'amour afin que la fête me conduise ailleurs. Car rien de ce que je cherche, et dont j'ai soif, et dont ont soif les hommes, n'est de l'étage des matériaux dont ils disposent. Et celui-là s'égare à rechercher parmi les pierres ce qui n'est point de leur essence, alors qu'il pourrait en user pour en bâtir sa basilique, sa joie n'étant point à tirer d'une pierre parmi d'autres pierres mais d'un certain cérémonial des pierres, une fois la cathédrale bâtie. Ainsi, telle femme, je la fais disparate si je ne lis pas au travers.

«Seigneur, nue telle épouse, la regardant dormir, me sera doux qu'elle soit belle et délicate de jointures et tiède de seins, et pourquoi n'y prendrais-je point ma récompense?»

Mais j'ai compris ta vérité. Importe que celle-là qui dort et que j'éveillerai bientôt, rien qu'en posant mon ombre, ne soit point le mur contre quoi je bute, mais la porte qui mène ailleurs — et, donc, que je ne la disperse en matériaux divers, à chercher l'impossible trésor, mais la tienne bien nouée et une dans le silence de mon amour.

Et comment serais-je déçu? Certes est déçue celle-là qui reçoit un bijou. Il est une émeraude plus belle que ton opale. Il est un diamant plus beau que l'émeraude. Il est le diamant du roi plus beau que tous. Je n'ai que faire d'un objet chéri pour lui-même s'il n'a point sens de perfection. Car je vis non des choses, mais du sens des choses.

Cependant cette bague mal taillée, ou cette rose fanée cousue dans un carré de linge, ou cette aiguière, fût-elle d'étain, qui est du thé auprès d'elle avant l'amour, certes les voilà irremplaçables puisque objets d'un culte. C'est le dieu seul que j'exigeais parfait, et le grossier objet de bois, s'il est désormais de son culte, participe de sa perfection.

Ainsi de l'épouse endormie. De la considérer pour elle-même j'irai aussitôt me lassant et cherchant ailleurs. Car elle est moins belle que l'autre, ou de caractère aigre, et si même la voilà parfaite en apparence, reste qu'elle ne rend point tel son de cloche dont j'éprouve la nostalgie, reste qu'elle dit tout de travers le «Toi, mon Seigneur» dont la lèvre d'une autre ferait musique pour le cœur.

Mais dormez rassurée dans votre imperfection, épouse imparfaite. Je ne me heurte point contre un mur. Vous n'êtes point but et récompense et bijou vénéré pour soi-même, dont je me lasserais aussitôt, vous êtes chemin, véhicule et charroi. Et je ne me lasserai point de devenir.

CCV

Je fus ainsi éclairé sur la fête, laquelle est de l'instant où tu passes d'un état à l'autre, quand l'observation du cérémonial t'a préparé une naissance. Et je te l'ai dit du navire. D'avoir été longtemps maison à bâtir à l'étage des planches et des clous, il devint, une fois gréé, marié pour la mer. Et tu le maries. C'est l'instant de fête. Mais tu ne t'installes pas, pour en vivre, dans le lancement du navire.

Je te l'ai dit de ton enfant. De fête est sa naissance. Mais tu ne vas pas chaque jour, des années durant, te frottant les mains de ce qu'il soit né. Tu attendras, pour l'autre fête, tel changement d'état, comme il en sera du jour où le fruit de ton arbre se fera souche d'un arbre nouveau et plantera plus loin ta dynastie. Je te l'ai dit de la graine récoltée. Vient la fête de l'engrange-ment. Puis des semailles. Puis la fête du printemps qui te change tes semailles en herbe douce comme un bassin d'eau fraîche. Puis tu attends encore, et c'est la fête de la moisson, puis encore une fois de l'engrange-ment. Et ainsi de suite, de fête en fête, jusqu'à la mort, car il n'est point de provisions. Et je ne connais point de fête à laquelle tu n'accèdes venant de quelque part, et par laquelle tu n'ailles ailleurs. Tu as marché longtemps. La porte s'ouvre. C'est l'instant de fête. Mais tu ne vivras point de cette salle-ci plus que de l'autre. Cependant je veux que tu te réjouisses de franchir le seuil qui va quelque part, et réserve ta joie pour l'instant où tu briseras ta chrysalide. Car tu es foyer de faible pouvoir, et n'est point de chaque minute l'illumination de la sentinelle. Je la réserve, s'il se peut, pour les jours de clairons et de tambours et de victoire. Faut bien que se répare en toi quelque chose qui ressemble au désir, et exige souvent le sommeil.

Moi j'avance lentement, un pas lent sur la dalle d'or, un pas lent sur la dalle noire, dans les profondeurs de mon palais. Me paraît citerne, à midi, à cause de la fraîcheur captive. Et me berce mon propre pas: je suis rameur inépuisable vers où je vais. Car je ne suis plus de cette patrie.

S'écoulent lentement les murs du vestibule et, si je lève les yeux vers la voûte, je la vois balancer doucement comme l'arche d'un pont. Un pas lent sur un carreau d'or, un pas lent sur un carreau noir je fais lentement mon travail, comme l'équipe du puits en forage qui te remonte les gravats. Ils scandent l'appel de la corde à muscles doux. Je connais où je vais et je ne suis plus de cette patrie.

De vestibule en vestibule, je poursuis mon voyage. Et tels sont les murs. Et tels sont les ornements suspendus au mur. Et je contourne la grande table d'argent où sont les candélabres. Et je frôle de la main tel pilier de marbre. Il est froid. Toujours. Mais je pénètre dans les territoires habités. M'en viennent les bruits comme dans un rêve car je ne suis plus de cette patrie.

Douces cependant me sont les rumeurs domestiques. Te plaît toujours le chant confidentiel du cœur. Rien ne dort tout à fait. Et, de ton chien lui-même, s'il dort, il arrive qu'il aboie en rêve, à petits coups, et s'agite un peu par souvenir. Ainsi de mon palais bien que mon midi l'ait endormi. Et il est une porte qui bat, on ne sait où, dans le silence. Et tu songes au travail des servantes, des femmes. Car sans doute est-ce de leur domaine? Elles t'ont plié le linge frais dans leurs corbeilles. Elles ont navigué deux par deux pour les transporter. Et, maintenant qu'elles l'ont rangé, elles referment les hautes armoires. Il est là-bas un geste révolu. Une obligation a été respectée. Quelque chose vient de s'accomplir. Sans doute est-ce maintenant le repos, mais que saurai-je? Je ne suis plus de cette patrie.

De vestibule en vestibule, de carreau noir en carreau d'or, je contourne lentement le quartier des cuisines. Je reconnais le chant des porcelaines. Puis d'une aiguière d'argent que l'on m'a heurtée. Puis cette faible rumeur d'une porte profonde. Puis le silence. Puis un bruit de pas précipités. Quelque chose a été oublié qui exige soudain ta présence, comme il en est du lait qui bout, ou de l'enfant qui pousse un cri, ou plus simplement de l'extinction inattendue d'un ronronnement familier. Quelque pièce vient de se coincer dans la pompe, la broche, ou le moulin pour la farine. Tu cours remettre en marche l'humble prière…

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