Antoine de Saint-Exupéry - CITADELLE

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Citadelle est un livre particulier dans le sens où il n'a jamais été achevé ni retouché (ou très peu) par Saint-Exupéry. L'œuvre est restée à l'état de brouillon dactylographié imparfait avant d'être mis en forme, tant bien que mal, par l'éditeur. Saint-Exupéry aborde ici tous ses thèmes récurrents déjà visités dans ses précédents écrits: l'Amour, l'Apprentissage, la Création, Dieu, les Hommes, les Voyages, etc.

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Mais le bruit de pas s'est évanoui car le lait a été sauvé, l'enfant a été consolé, la pompe, la broche ou le moulin ont repris la récitation de leur litanie. On a paré à une menace. On a guéri une blessure. On a réparé un oubli. Lequel? Je ne sais rien. Je ne suis plus de cette patrie.

Voici que je pénètre dans le royaume des odeurs. Mon palais ressemble à un cellier qui prépare lentement le miel de ses fruits, l'arôme de ses vins. Et je navigue comme à travers d'immobiles provinces. Ici de coings mûrs. Je ferme les yeux, se prolonge loin leur influence. Ici du santal des coffres de bois. Ici plus simplement de dalles fraîchement lavées. Chaque odeur s'est taillé un empire depuis des générations, et l'aveugle s'y pourrait reconnaître. Et sans doute mon père régnait-il dêjà sur ces colonies. Mais je vais, sans bien y songer. Je ne suis plus de cette patrie.

L'esclave, selon le rituel des rencontres, s'est effacé contre le mur à mon passage. Mais je lui ai dit dans ma bonté: «Montre-moi ta corbeille», afin qu'il se sentît important dans le monde. Et, de l'anse de ses bras luisants, il l'a descendue avec précaution de sur sa tête Et il m'a présenté, les yeux baissés, son hommage de dattes, de figues et de mandarines. J'ai bu l'odeur. Puis j'ai souri. Son sourire alors s'est élargi et il m'a regardé droit dans les yeux contre le rituel des rencontres. Et, de l'anse de ses bras, il a remonté sa corbeille, me tenant droit dans son regard: «Qu'est-il, me suis-je dit, de cette lampe allumée? car vont comme des incendies les rébellions ou l'amour! Quel est le feu secret qui brûle dans les profondeurs de mon palais, derrière ces murs?» Et j'ai considéré l'esclave, comme s'il eût été abîme des mers. «Eh! me suis-je dit, vaste est le mystère de l'homme!» Et j'ai poursuivi mon chemin, sans résoudre l'énigme, car je n'étais plus de cette patrie.

J'ai traversé la salle du repos. J'ai traversé la salle du Conseil où mon pas s'est multiplié. Puis j'ai descendu à pas lents, de marche en marche, l'escalier qui conduit au dernier vestibule. Et, quand j'ai commencé de l'arpenter, j'ai entendu un grand bruit sourd et un cliquetis d'armes. J'ai souri dans mon indulgence: dormaient sans doute mes sentinelles, mon palais de midi étant comme une ruche en sommeil, toute ralentie, à peine remuée par la courte agitation des capricieuses qui ne trouvent pas le repos, des oublieuses qui courent à leur oubli, ou de l'éternel brouillon qui toujours te rajuste, te perfectionne et te démantibule quelque chose. Et ainsi, du troupeau de chèvres, il en est toujours une qui bêle, de la ville endormie il te monte toujours un appel incompréhensible, et, dans la nécropole la plus morte, il est encore le veilleur de nuit qui déambule. De mon pas lent, j'ai donc poursuivi mon chemin, la tête penchée pour ne point voir mes sentinelles en hâte se rajuster, car peu m'importe: je ne suis plus de cette patrie.

Donc s'étant durcis, ils me saluent, m'ouvrent le vantail à deux battants et je plisse les paupières dans la cruauté du soleil, et demeure un instant sur le seuil. Car là sont les campagnes. Les collines rondes qui chauffent au soleil mes vignes. Mes moissons taillées en carré. L'odeur de craie des terres. Et une autre musique qui est d'abeilles, de sauterelles et de grillons. Et je passe d'une civilisation à une autre civilisation. Car j'allais respirer midi sur mon empire.

Et je viens de naître.

CCVI

De ma visite au seul véritable géomètre mon ami.

Car m'émut de le voir si attentif au thé et à la braise, et à la bouilloire, et au chant de l'eau, puis au goût d'un premier essai… puis à l'attente, car le thé livre lentement son arôme. Et me plut que, durant cette courte méditation, il fût plus distrait par le thé que par un problème de géométrie:

«Toi qui sais, tu ne méprises point l'humble travail…»

Mais il ne me répondait pas. Cependant quand il eut, tout satisfait, empli nos verres:

«Moi qui sais… qu'entends-tu par là? Pourquoi le joueur de guitare dédaignerait-il le cérémonial du thé pour la seule raison qu'il connaît quelque chose sur les relations entre les notes? Je connais quelque chose sur les relations entre les lignes d'un triangle. Cependant me plaît le chant de l'eau et le cérémonial qui honorera le roi, mon ami…»

Il songea, puis:

«Que sais-je… je ne crois pas que mes triangles m'éclairent beaucoup sur le plaisir du thé. Mais il se peut que le plaisir du thé m'éclaire un peu sur les triangles…

— Que me dis-tu là, géomètre!

— Si j'éprouve, me vient le besoin de décrire. Celle-là que j'aime, je te parlerai sur ses cheveux, et sur ses cils, et sur ses lèvres, et sur son geste qui est musique pour le cœur. Parlerais-je sur les gestes, les lèvres, les cils, les cheveux, s'il n'était point tel visage de femme lu à travers? Je te montre en quoi son sourire est doux. Mais d'abord était le sourire…

«Je n'irai point te remuer un tas de pierres pour y trouver le secret des méditations. Car la méditation ne signifie rien à l'étage des pierres. Il faut que soit un temple. Alors me voilà changé de cœur. Et je m'irai, réfléchissant sur la vertu des relations entre les pierres…

«Je n'irai point chercher dans les sels de la terre l'explication de l'oranger. Car l'oranger n'a point de signification à l'étage des sels de la terre. Mais, d'assister à l'ascension de l'oranger, j'expliquerai par lui l'ascension des sels de la terre.

«Que d'abord j'éprouve l'amour. Que je contemple l'unité. J'irai ensuite méditant les matériaux et les assemblages. Mais je n'irai point enquêter sur les matériaux si rien ne les domine, vers quoi je tende. J'ai d'abord contemplé le triangle. Puis j'ai cherché, en le triangle, les obligations qui régissent les lignes. Tu as d'abord aimé, toi aussi, une image de l'homme, de telle ferveur intérieure. Et tu en as déduit ton cérémonial afin qu'elle y fût contenue, comme la capture dans le piège, et ainsi perpétuée dans l'empire. Mais quel sculpteur s'intéressera pour eux-mêmes au nez, à l'œil et à la barbe? Et quel rite du cérémonial imposeras-tu pour lui-même? Et qu'irai-je déduire sur les lignes si elles ne sont point d'un triangle?

«Je me soumets d'abord à la contemplation, je raconterai ensuite, si je puis. Je n'ai donc jamais refusé l'amour: le refus de l'amour n'est que prétention. Certes j'ai honoré telle ou telle qui ne savait rien sur les triangles. Mais elle en savait plus long que moi sur l'art du sourire. As-tu vu sourire?

— Certes, géomètre…

— Celle-là, des fibres de son visage et de ses cils et de ses lèvres qui sont matériaux sans signification encore, te bâtissait sans effort un chef-d'œuvre inimitable et, d'être témoin d'un tel sourire, tu habitais la paix des choses et l'éternité de l'amour. Puis elle te défaisait son chef-d'œuvre dans le temps qu'il te faut pour ébaucher un geste et t'enfermer dans une autre patrie où le désir te venait d'inventer l'incendie dont tu l'eusses sauvée, toi le rédempteur, tant elle se montrait pathétique. Et, de ce que sa création ne laissait point ces traces dont on peut enrichir les musées, pourquoi l'eussé-je méprisée? Je sais formuler quelque chose sur les cathédrales bâties, mais elle me bâtissait les cathédrales…

— Mais que t'enseignait-elle sur les relations entre les lignes?

— Peu importent les objets reliés. Je dois d'abord apprendre à lire les liaisons. Je suis vieux. J'ai donc vu mourir qui j'aimais, ou guérir. Vient le soir où la bien-aimée, la tête penchée vers l'épaule, décline l'offre du bol de lait à la façon du nouveau-né déjà tranché d'avec le monde et qui refuse le sein, car le lait lui est devenu amer. Elle a comme un sourire d'excuse car elle te peine de ne plus se nourrir de toi. Elle n'a plus besoin de toi. Et tu vas contre la fenêtre cacher tes larmes. Et là sont les campagnes. Alors tu sens, comme un cordon ombilical, ton lien avec les choses. Les champs d'orge, les champs de blé, l'oranger fleuri qui prépare la nourriture de ta chair, et le soleil qui te fait tourner depuis l'origine des siècles le moulin des fontaines. Et te vient le bruit du charroi de l'aqueduc en construction qui désaltérera la ville, en place de l'autre, que le temps a usé, ou, plus simplement, de la carriole, ou du pas de l'âne qui porte le sac. Et tu sens circuler la sève universelle qui fait durer les choses. Et tu reviens à pas lents vers le lit. Tu éponges le visage qui luit de sueur. Elle est là encore, auprès de toi, mais toute distraite de mourir. Les campagnes ne chantent plus pour elle leur chant d'aqueduc en construction, ou de carriole, ou d'âne qui trottine. L'odeur des orangers n'est plus pour elle, ni ton amour.

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