Antoine de Saint-Exupéry - CITADELLE
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Et si maintenant tu en brûles un pour ennoblir de ce sacrifice le jour de la fête, et ainsi en multiplier le rayonnement sur ton esprit et sur ton cœur, tu ne brûleras rien. Ce n'est point toi qui sacrifieras le diamant. Il sera don de ta vitrine. Et elle s'en moque. Tu ne peux plus jouer avec le diamant qui ne t'est plus d'aucun usage. Et, murant tel dans la nuit du pilier du temple, afin de le donner aux dieux, tu ne donnes rien. Ton pilier n'est qu'un entrepôt à peine plus discret que la vitrine, laquelle est également discrète si le soleil invite ton peuple à fuir la ville. Ton diamant n'a pas valeur de don puisqu'il n'est pas objet que l'on donne. Il est objet que l'on entrepose. Ici ou là. Il n'est plus aimanté. Il a perdu ses divines lignes de force. Qu'as-tu gagné?
Mais moi j'interdis que s'habillent en rouge ceux-là qui ne descendent point du prophète. Et en quoi ai-je lésé les autres? Aucun ne s'habillait en rouge. Le rouge manquait de signification. Désormais tous rêvent de s'habiller en rouge. J'ai fondé le pouvoir du rouge et tu es plus riche de ce qu'il existe, bien qu'il ne soit point pour toi. Et l'envie qui te vient est signe d'une ligne de force nouvelle.
Mais l'empire te semble parfait si au cœur de la ville tel qui s'assiéra les jambes en croix y mourra de soif et de faim. Car rien ne le tirera de préférence ni vers la droite, ni vers la gauche, ni en avant, ni en arrière. Et il ne recevra point d'ordres, de même qu'il n'en donnera point. Et il ne sera en lui d'élan ni vers le diamant non possédable, ni vers le caillou contre la poitrine, ni vers le vêtement rouge. Et chez le marchand d'étoffes de couleur tu le verras qui bâillera des heures durant, attendant que je charge de mes significations la direction de ses désirs.
Mais, de ce que j'ai interdit le rouge, le voilà qui louche vers le violet… ou bien, car il est réfractaire et libre, et hostile aux honneurs, et dominant les conventions, et se moquant bien du sens des couleurs, lesquelles sont de mon arbitraire, tu le vois qui te fait vider tous les rayons du magasin, et tripatouille dans les réserves, afin de trouver la couleur la plus opposée à la couleur rouge, comme le vert cru, et qui te fait le dégoûté tant qu'il n'a pas trouvé la perfection des perfections. Après quoi tu le vois tout glorieux de son vert cru, et se pavanant dans la ville par mépris de ma hiérarchie des couleurs.
Mais il se trouve que je l'ai animé tout le long du jour. Autrement, habillé de rouge, il eût bâillé dans un musée, car il pleut.
«Moi, disait mon père, je fonde une fête. Mais ce n'est point une fête que je fonde, c'est telle relation. J'entends ricaner les réfractaires qui me fondent aussitôt la contre-fête. Et la relation est la même qu'ils affirment et perpétuent. Je les emprisonne donc un peu pour leur plaire, car ils tiennent au sérieux de leur cérémonial. Et moi aussi.»
CCVIII
Donc se leva le jour. Et j'étais là comme le marin, les bras croisés, et qui respire la mer. Telle mer à labourer et non une autre. J'étais là comme le sculpteur devant la glaise. Telle glaise à pétrir et non une autre. J'étais là, tel, sur la colline, et j'adressai à Dieu cette prière:
«Seigneur, se lève le jour sur mon empire. Il m'est ce matin délivré, prêt pour le jeu, comme une harpe Seigneur, naît à la lumière tel lot de villes, de palmeraies, de terres arables et de plantations d'orangers. Et voici, sur ma droite, le golfe de mer pour navires. Et voici, sur ma gauche, la montagne bleue, aux versants bénis de moutons à laine, qui plante les griffes de ses derniers rocs dans le désert. Et au-delà, le sable écarlate où fleurit seul le soleil.
«Mon empire est de tel visage et non d'un autre. Et certes, il est de mon pouvoir d'infléchir quelque peu la courbe de tel fleuve afin d'en irriguer le sable, mais non dans l'instant. Il est de mon pouvoir de fonder ici une ville neuve, mais non dans l'instant. Il est de mon pouvoir de délivrer, rien qu'en soufflant sa graine, une forêt de cèdres victorieuse, mais non dans l'instant. Car j'hérite dans l'instant d'un passé révolu, lequel est tel et non un autre. Telle harpe, prête à chanter.
«De quoi me plaindrais-je, Seigneur, moi qui pèse dans ma sagesse patriarcale cet empire où tout est en place, comme le sont des fruits de couleur dans la corbeille. Pourquoi éprouverais-je la colère, l'amertume, la haine ou la soif de vengeance? Telle est ma trame pour mon travail. Tel est mon champ pour mon labour. Telle est ma harpe pour chanter.
«Quand va le maître du domaine par ses terres au lever du jour, tu le vois, s'il en trouve, qui ramasse la pierre et arrache la ronce. Il ne s'irrite ni contre la ronce ni contre la pierre. Il embellit sa terre et n'éprouve rien, sinon l'amour.
«Quand celle-là ouvre sa maison au lever du jour, tu la vois balayer la poussière. Elle ne s'irrite point contre la poussière. Elle embellit une maison et n'éprouve rien, sinon l'amour.
«Me plaindrais-je de ce que telle montagne couvre telle frontière et non l'autre? Elle refuse, ici, avec le calme d'une paume, les tribus qui remontent du désert. Cela est bien. Je bâtirai plus loin, là où l'empire est nu, mes citadelles.
«Et pourquoi me plaindrais-je des hommes? Je les reçois, dans cette aube-ci, tels qu'ils sont. Certes, il en est qui préparent leur crime, qui méditent leur trahison, qui fourbissent leur mensonge, mais il en est d'autres qui se harnachent pour le travail ou la pitié ou la justice. Et certes, moi aussi, pour embellir ma terre arable, je rejetterai la pierre ou la ronce, mais sans haïr ni la ronce ni la pierre, n'éprouvant rien, sinon l'amour.
«Car j'ai trouvé la paix, Seigneur, au cours de ma prière. Je viens de toi. Je me sens jardinier qui marche à pas lents vers ses arbres.»
Certes, j'ai moi aussi éprouvé, au cours de ma vie, la colère, l'amertume, la haine et la soif de vengeance. Au crépuscule des batailles perdues, comme des rébellions, chaque fois que je me suis découvert impuissant, et comme enfermé en moi-même, faute de pouvoir agir, selon ma volonté, sur mes troupes en vrac que ma parole n'atteignait plus, sur mes généraux séditieux qui s'inventaient des empereurs, sur les prophètes déments qui nouaient des grappes de fidèles en poings aveugles, j'ai connu alors la tentation de l'homme de colère.
Mais tu veux corriger le passé. Tu inventes trop tard la décision heureuse. Tu recommences le pas qui t'eût sauvé, mais participe, puisque l'heure en est révolue, de la pourriture du rêve. Et certes, il est un général qui t'a conseillé, selon ses calculs, d'attaquer à l'ouest. Tu réinventes l'histoire. Tu escamotes le donneur de conseils. Tu attaques au nord. Autant chercher à t'ouvrir une route en soufflant contre le granit d'une montagne. «Ah! te dis-tu dans la corruption de ton songe, si tel n'avait point agi, si tel n'avait point parlé, si tel n'avait point dormi, si tel n'avait point cru ou refusé de croire, si tel avait été présent, si tel s'était trouvé ailleurs, alors je serais vainqueur!»
Mais ils te narguent d'être impossibles à effacer, comme la tache de sang du remords. Et te vient le désir de les broyer dans les supplices, pour t'en défaire. Mais empilerais-tu sur eux toutes les meules de l'empire que tu n'empêcherais point qu'ils aient été.
Faible es-tu, de même que lâche, si tu cours ainsi dans la vie à la poursuite de responsables, réinventant un passé révolu dans la pourriture de ton rêve. Et il se trouve que tu livreras, d'épuration en épuration, ton peuple entier au fossoyeur.
Tels ont peut-être été véhicules de la défaite, mais pourquoi tels autres, qui eussent été véhicules de la victoire, n'ont-ils point dominé les premiers? A cause que le peuple ne les soutenait point? Alors pourquoi ton peuple a-t-il préféré les mauvais bergers? Parce qu'ils mentaient? Mais les mensonges sont toujours exprimés, car tout, toujours est dit, et la vérité et le mensonge. Parce qu'ils payaient? Mais l'argent est toujours offert, car il est toujours des corrupteurs.
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