Antoine de Saint-Exupéry - CITADELLE

Здесь есть возможность читать онлайн «Antoine de Saint-Exupéry - CITADELLE» весь текст электронной книги совершенно бесплатно (целиком полную версию без сокращений). В некоторых случаях можно слушать аудио, скачать через торрент в формате fb2 и присутствует краткое содержание. Жанр: Современная проза, на французском языке. Описание произведения, (предисловие) а так же отзывы посетителей доступны на портале библиотеки ЛибКат.

CITADELLE: краткое содержание, описание и аннотация

Предлагаем к чтению аннотацию, описание, краткое содержание или предисловие (зависит от того, что написал сам автор книги «CITADELLE»). Если вы не нашли необходимую информацию о книге — напишите в комментариях, мы постараемся отыскать её.

Citadelle est un livre particulier dans le sens où il n'a jamais été achevé ni retouché (ou très peu) par Saint-Exupéry. L'œuvre est restée à l'état de brouillon dactylographié imparfait avant d'être mis en forme, tant bien que mal, par l'éditeur. Saint-Exupéry aborde ici tous ses thèmes récurrents déjà visités dans ses précédents écrits: l'Amour, l'Apprentissage, la Création, Dieu, les Hommes, les Voyages, etc.

CITADELLE — читать онлайн бесплатно полную книгу (весь текст) целиком

Ниже представлен текст книги, разбитый по страницам. Система сохранения места последней прочитанной страницы, позволяет с удобством читать онлайн бесплатно книгу «CITADELLE», без необходимости каждый раз заново искать на чём Вы остановились. Поставьте закладку, и сможете в любой момент перейти на страницу, на которой закончили чтение.

Тёмная тема
Сбросить

Интервал:

Закладка:

Сделать

Je ne connais point de logique des plis de la robe. Mais tels, et non d'autres, font battre mon cœur et m'éveillent au désir.

CCII

Mon cadeau sera par exemple de t'offrir, en te parlant d'elle, la Voie Lactée qui domine la ville. Car d'abord mes cadeaux sont simples. Je t'ai dit: «Voici distribuées les demeures des hommes sous les étoiles.» Cela est vrai. En effet, là où tu vis, si tu marches vers la gauche, tu trouves l'étable et ton âne. A droite la maison et l'épouse. Devant toi le jardin d'olives. En arrière la maison du voisin. Voici les directions de tes démarches dans l'humilité des jours tranquilles. S'il te plaît de connaître l'aventure d'autrui afin d'en augmenter la tienne — car alors elle prend un sens — tu vas frapper à la porte de ton ami. Et son enfant guéri est direction de guérison pour ton enfant. Et son râteau, qui lui fut volé durant la nuit, augmente la nuit de tous les voleurs aux pas de velours. Et ta veille devient vigilance. Et la mort de ton ami te fait mortel. Mais s'il te plaît de consommer l'amour, tu te retournes vers ta propre maison, et tu souris d'apporter en présent l'étoffe au filigrane d'or, ou l'aiguière neuve, ou le parfum, ou quoi que ce soit que l'on change en rire comme l'on alimente la gaieté d'un feu d'hiver en y versant le bois muet. Et si, l'aube venue, il te faut travailler, alors tu t'en vas, un peu lourd, réveiller dans l'étable l'âne endormi debout, et, l'ayant caressé à l'encolure, le pousses devant toi vers le chemin.

Si maintenant simplement tu respires, n'usant ni des uns ni des autres, ne tendant ni vers l'un ni vers l'autre, tu baignes cependant dans un paysage aimanté où il est des pentes, des appels, des sollicitations et des refus. Où les pas tireraient de toi des états divers. Tu possèdes dans l'invisible un pays de forêts et de déserts et de jardins et tu es, bien qu'absent de cœur dans l'instant présent, de tel cérémonial, et non d'un autre.

Si maintenant j'ajoute une direction à ton empire, car tu regardais devant, en arrière, à droite et à gauche, si je t'ouvre cette voûte de cathédrale qui te permet, dans le quartier de ta misère où peut-être tu meurs étouffé, la démarche d'esprit du marin de mer, si je déroule un temps plus lent que celui qui mûrit ton seigle, et te fais ainsi vieux de mille années, ou jeune d'une heure, ô mon seigle d'homme, sous les étoiles, alors une direction nouvelle s'ajoutera aux autres. Si tu te tournes vers l'amour, tu t'en iras d'abord laver ton cœur à ta fenêtre. Tu diras à ta femme, du fond de ce quartier de misère où tu meurs étouffé: «Nous voici seuls, toi et moi, sous les étoiles.» Et tant que tu respireras tu seras pur. Et tu seras signe de vie, comme la jeune plante poussée sur le plateau désert entre le granit et les étoiles, semblable à un réveil, et fragile et menacée, mais lourde d'un pouvoir qui se distribuera au long des siècles. Tu seras chaînon de la chaîne et plein de ton rôle. Ou si encore, chez ton voisin, tu t'accroupis auprès de son feu pour écouter le bruit que fait le monde (oh! si humble, car sa voix te racontera la maison voisine, ou le retour de quelque soldat, ou le mariage de quelque fille) alors j'aurai bâti en toi une âme plus apte à recevoir ces confidences. Le mariage, la nuit, les étoiles, le retour du soldat, le silence seront pour toi musique nouvelle.

CCIII

Tu me dis laide cette main de pierre, laquelle est épaisse et grumeleuse. Je ne puis t'approuver. Je veux connaître la statue avant de connaître la main. S'agit d'une jeune fille en larmes? Tu as raison. S'agit d'un forgeron noueux? La main est belle. Ainsi de celui-là que je ne connais pas. Tu me viens prouver son ignominie: «Il a menti, il a répudié, il a pillé, il a trahi…»

Mais il est du gendarme de décider selon des actes, car ils sont distingués en noir et blanc dans son manuel. Et tu lui demandes d'assurer un ordre, non de juger. Ainsi de l'adjudant qui te pèse tes vertus selon ta science au demi-tour. Et certes je m'appuie aussi sur le gendarme car le culte du cérémonial domine le culte de la justice puisqu'il est de lui de fonder l'homme que la justice garantira. Si je ruine le cérémonial au nom de la justice, je ruine l'homme et ma justice n'a plus d'objet. Je suis juste d'abord pour les dieux dont tu es. Mais il se trouve que tu me pries, non de décider sur le châtiment ou sur la grâce de tel que je ne connais pas — car alors je me démettrai en mon gendarme du soin de feuilleter les pages du manuel — mais de mépriser ou d'estimer, ce qui est autre. Car il m'arrive de respecter qui je condamne, ou de condamner qui je respecte. N'ai-je point maintes fois gouverné mes soldats contre l'ennemi bien-aimé?

Or de même que je connais des hommes heureux, mais ignore tout sur le bonheur, je ne sais rien sur ton pillage, ton meurtre, ta répudiation, ta trahison s'ils ne sont point tel acte de tel homme. Et l'homme n'est point charrié dans sa substance, plus que n'est charriée telle statue à qui l'ignore, par le faible vent des paroles.

Cet homme donc provoque ton hostilité ou ton indignation ou ton dégoût (de par des mobiles peut-être obscurs comme il en est de ceux qui te font fuir telle musique). Et si tu m'as brandi tel acte en exemple, c'est pour y loger ta réprobation et la transporter en autrui. Car mon poète, de même, s'il éprouve telle mélancolie d'une destinée frappée à mort bien que glorieuse encore, dira «soleil d'octobre». Et certes il ne s'agira ni du soleil, ni d'un certain mois parmi d'autres. Et si je veux transporter en toi tel carnage nocturne par lequel, fondant sur lui dans le silence, sur un sable élastique, j'ai noyé l'ennemi dans son propre sommeil, je nouerai tel mot à tel autre, disant par exemple «sabres de neige» afin de prendre au piège une douceur informulable, et il ne s'agira ici ni de la neige, ni des sabres. Ainsi de l'homme me choisis-tu un acte qui ait valeur de l'image dans le poème.

Ta rancune, faut bien qu'elle devienne grief. Faut bien qu'elle prenne un visage. Nul ne supporte d'être habité par des fantômes. Ta femme, ce soir, que désire-t-elle? Faire partager sa rancune à sa confidente. Répandre autour d'elle cette rancune. Car tu es ainsi fait que tu ne sais point vivre seul. Et il te faut coloniser par le poème. C'est pourquoi, d'une voix volubile, elle décomptera tes turpitudes. Et s'il se trouve que son amie hausse les épaules, car ses reproches, de toute évidence, ne valent rien, elle n'en sera point adoucie. C'est donc qu'il en est d'autres. Elle a simplement manqué son charroi. Elle a mal choisi les images. Son sentiment elle ne peut douter qu'il soit, puisqu'il est.

Ainsi du médecin quand tu as mal. Tu as proposé cette cause ou l'autre. Tu as ton idée là-dessus. Il te démontre que tu te trompes. Cela est possible. Que tu n'as point de mal en toi. Mais ici tu protestes. Tu as faussement illustré ton mal, mais tu ne saurais le mettre en doute. C'est ton médecin qui est un âne. Et tu iras de description en description jusqu'à la lumière. Et de négation en négation le médecin n'aura point le pouvoir d'annuler ton mal puisqu'il est. Ta femme te noircit dans ta vie passée, dans tes souhaits, dans tes croyances. Ne sert de rien de lutter contre les griefs. Accorde-lui le bracelet d'émeraude. Ou bien fouette-la.

Mais je te plains dans tes brouilles et dans tes réconciliations, car elles sont d'un autre étage que l'amour.

L'amour est avant tout audience dans le silence. Aimer c'est contempler. Vient l'heure où ma sentinelle épouse la ville. Vient l'heure où tu rejoins de ta bien-aimée ce qui n'est point d'un geste, ni d'un autre, d'un détail du visage, ni d'un autre, d'un mot qu'elle prononce, ni d'aucun autre mot, mais d'Elle.

Vient l'heure où son seul nom est suffisant comme prière car tu n'as rien à ajouter. Vient l'heure où tu n'exiges rien. Ni les lèvres, ni le sourire ni le bras tendre, ni le souffle de sa présence. Car il te suffit qu'Elle soit.

Читать дальше
Тёмная тема
Сбросить

Интервал:

Закладка:

Сделать

Похожие книги на «CITADELLE»

Представляем Вашему вниманию похожие книги на «CITADELLE» списком для выбора. Мы отобрали схожую по названию и смыслу литературу в надежде предоставить читателям больше вариантов отыскать новые, интересные, ещё непрочитанные произведения.


Antoine de Saint-Exupéry - Terre Des Hommes
Antoine de Saint-Exupéry
Antoine de Saint-Exupéry - Courrier Sud
Antoine de Saint-Exupéry
libcat.ru: книга без обложки
Antoine de Saint-Exupéry
Antoine de Saint-Exupéry - Le Petit Prince
Antoine de Saint-Exupéry
Antoine de Saint-Exupery - The Little Prince
Antoine de Saint-Exupery
Antoine Saint-Exupéry - El Principito
Antoine Saint-Exupéry
Antoine de Saint-Exupéry - Pilote de guerre
Antoine de Saint-Exupéry
Antoine de Saint-Exupéry - Der kleine Prinz
Antoine de Saint-Exupéry
Отзывы о книге «CITADELLE»

Обсуждение, отзывы о книге «CITADELLE» и просто собственные мнения читателей. Оставьте ваши комментарии, напишите, что Вы думаете о произведении, его смысле или главных героях. Укажите что конкретно понравилось, а что нет, и почему Вы так считаете.

x