Antoine de Saint-Exupéry - CITADELLE
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Donc j'ai bien observé des réfugiés berbères qu'ils ne savaient se plaisanter l'un l'autre ni ne s'infligeaient des bourrades. Ne crois point qu'il s'agisse là d'un simple contraste comme il en est de la satisfaction qui suit l'arrachement d'une dent cariée. Pauvres et de faible pouvoir sont les contrastes. Tu peux certes vivifier l'eau, laquelle ne te livre rien si tu étanches l'une après l'autre tes petites soifs, en t'imposant de ne boire qu'une fois le jour. Ton plaisir alors a grandi. Mais il demeure plaisir du ventre et de faible intérêt. Ainsi du repas de mes sentinelles à l'heure du repos s'il n'était que délassement de la corvée. Tu ne trouverais rien de plus qu'appétit vivifié des mangeurs. Mais trop facile me serait de vivifier la vie de mes Berbères en leur imposant simplement de manger aux seuls jours de fête… Mais j'ai bâti à l'heure de la garde mes sentinelles. Et il est quelqu'un, ici, pour manger. Leur repas est bien autre chose que soins accordés au bétail pour accroissement du tour de ventre. Il est communion dans le pain du soir des sentinelles. Et certes chacune l'ignore. Cependant de même que le blé du pain, à travers eux, se fera vigilance et regard sur la ville, il se trouve que la vigilance et le regard qui embrasse la ville, à travers eux, se fait religion du pain. Ce n'est pas le même pain qui est mangé. Si tu désires les lire dans leur secret qu'ils ignorent eux-mêmes, va les surprendre au quartier réservé, quand ils courtisent les femmes. Ils leur disent: «J'étais là, sur le rempart, j'ai entendu siffler trois balles à mon oreille. Je suis demeuré droit, n'ayant point peur.» Et ils plantent dans le pain leurs dents avec orgueil. Et toi, stupide, qui écoutes les mots tu confonds avec une vantardise de soudard la pudeur de l'amour. Car si le soldat raconte ainsi l'heure de ronde c'est bien moins pour se faire grandiose que pour se complaire dans un sentiment qu'il ne peut dire. Il ne sait pas s'avouer à lui-même l'amour de la ville. Il mourra pour un Dieu dont il ne sait dire le nom. Il s'est déjà donné à lui, mais il exige de toi que tu l'ignores. Il exige de soi-même cette ignorance. Il lui paraît humiliant de paraître dupe de grands mots. Faute de savoir se formuler il refuse par instinct de soumettre à ton ironie son dieu fragile. De même qu'à sa propre ironie. Et tu vois mes soldats jouer les matamores et les soudards — et se complaire à ton erreur — pour goûter quelque part, au fond d'eux-mêmes, et comme en fraude, le goût merveilleux du don à l'amour.
Et si la fille leur dit: «Beaucoup d'entre vous — et c'est bien dur — mourront en guerre…» tu les entends approuver bruyamment. Mais ils approuvent par des grognements et des jurons. Cependant elle éveille en eux le plaisir secret d'être reconnus. Ils sont ceux qui mourront d'amour.
Et si tu parles d'amour, alors ils te riront au nez! Tu les prends pour des dupes dont on tire le sang avec des phrases de couleur! Courageux, oui, par vanité! Ils jouent les matamores par pudeur de l'amour. Ainsi ont-ils raison car il arrive que tu les voudrais dupes. Tu te sers de l'amour de la ville pour les convier au sauvetage de tes greniers. Se moquent bien de tes greniers vulgaires. Te feront croire par mépris pour toi qu'ils affrontent la mort par vanité. Tu ne conçois point véritablement l'amour de la ville. Ils le savent de toi le repu. Sauveront la ville avec amour, sans te le dire, et injurieusement, puisque tes greniers logent dans la ville, ils te jetteront comme un os au chien, tes greniers sauvés.
CCI
Tu me sers quand tu me condamnes. Certes je me suis trompé en décrivant le pays entrevu. J'ai mal situé ce fleuve et j'ai oublié tel village. Tu t'en viens donc, triomphant bruyamment, me contredire dans mes erreurs. Et moi j'approuve ton travail. Ai-je le temps de tout mesurer, de tout dénombrer? M'importait que tu juges le monde de la montagne que j'ai choisie. Tu te passionnes à ce travail, tu vas plus loin que moi dans ma direction. Tu m'épaules là où j'étais faible. Me voilà satisfait.
Car tu te trompes sur ma démarche quand tu crois me nier. Tu es de la race des logiciens, des historiens et des critiques, lesquels discutent les matériaux du visage et ne connaissent point le visage. Que m'importent les textes de loi et les ordonnances particulières? C'est à toi de les inventer. Si je désire fonder en toi la pente vers la mer je décris le navire en marche, les nuits d'étoiles et l'empire que se taille une île dans la mer par le miracle des odeurs. «Vient le matin, te dis-je, où tu entres, sans que rien ne change pour les yeux, dans un monde habité. L'île invisible encore, comme un panier d'épices, installe son marché sur la mer. Tu retrouves tes matelots, non plus hirsutes et durs, mais brûlants, et ils ignorent eux-mêmes pourquoi, de convoitises tendres. Car on songe à la cloche avant de l'entendre qui tinte, la conscience grossière exige beaucoup de bruit alors que les oreilles déjà sont informées. Et me voilà déjà heureux, lorsque je marche vers le jardin, aux lisières du climat des rosés… C'est pourquoi tu éprouves sur mer, selon les vents, le goût de l'amour, ou du repos, ou de la mort.»
Mais toi tu me reprends. Le navire que j'ai décrit n'est pas à l'épreuve de l'orage et il importe de le modifier selon tel détail ou tel autre. Et moi j'approuve. Change-le donc! Je n'ai rien à connaître des planches et des clous. Puis tu me nies les épices que j'ai promises. Ta science me démontre qu'elles seront autres. Et moi j'approuve. Je n'ai rien à connaître de tes problèmes de botanique. M'importe exclusivement que tu bâtisses un navire et me cueilles des îles lointaines au large des mers. Tu navigueras donc pour me contredire. Tu me contrediras. Je respecterai ton triomphe. Mais plus tard, lentement, dans le silence de mon amour, je m'en irai visiter, après ton retour, les ruelles du port.
Fondé par le cérémonial des voiles à hisser, des étoiles à lire et du pont à laver à grande eau, tu seras revenu, et, de l'ombre où je me tiendrai, je t'écouterai chanter à tes fils, afin qu'ils naviguent, le cantique de l'île qui installe son marché sur la mer. Et je m'en retournerai satisfait.
Tu ne peux espérer ni me prendre en défaut, ni véritablement me nier dans l'essentiel. Je suis source et non conséquence. Prétends-tu démontrer au sculpteur qu'il eût dû sculpter tel visage de femme plutôt que tel buste de guerrier? Tu subis la femme ou le guerrier. Ils sont, en face de toi, tout simplement. Si je me tourne vers les étoiles je ne regrette point la mer. Je pense étoiles. Lorsque je crée, peu me surprend ta résistance car j'ai pris tes matériaux pour construire un autre visage. Et tu protesteras d'abord. «Cette pierre, me diras-tu, est d'un front et non d'une épaule. — Cela est possible, te répondrai-je. Cela était. — Cette pierre, me diras-tu, est d'un nez et non d'une oreille. — Cela est possible, te répondrai-je. Cela était. — Ces yeux…», me diras-tu, mais à force de me contredire et de reculer et d'avancer, et de te pencher de gauche à droite pour me critiquer mes opérations, viendra bien l'instant où se montrera dans sa lumière l'unité de ma création, tel visage et non un autre. Alors se fera en toi le silence.
Peu m'importent les erreurs que tu me reproches. La vérité loge au-delà. Les paroles l'habillent mal et chacune d'elles est critiquable. L'infirmité de mon langage m'a souvent fait me contredire. Mais je ne me suis point trompé. Je n'ai point confondu le piège et la capture. Elle est commune mesure des éléments du piège. Ce n'est point la logique qui noue les matériaux mais le même dieu qu'ils servent ensemble. Mes paroles sont maladroites et d'apparence incohérente: non moi au centre. Je suis, tout simplement. Si j'ai habillé un corps véritable, je n'ai pas à me soucier de la vérité des plis de la robe. Lorsque la femme est belle, si elle marche, les plis se détruisent et se recomposent, mais ils se répondent les uns aux autres nécessairement.
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