Antoine de Saint-Exupéry - CITADELLE

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Citadelle est un livre particulier dans le sens où il n'a jamais été achevé ni retouché (ou très peu) par Saint-Exupéry. L'œuvre est restée à l'état de brouillon dactylographié imparfait avant d'être mis en forme, tant bien que mal, par l'éditeur. Saint-Exupéry aborde ici tous ses thèmes récurrents déjà visités dans ses précédents écrits: l'Amour, l'Apprentissage, la Création, Dieu, les Hommes, les Voyages, etc.

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Ainsi se referme sur toi la chrysalide du désert, car dès le troisième jour tu commences d'engluer tes pas dans le bitume de l'étendue. Qui te résiste t'exalte et les coups du lutteur appellent tes coups. Mais le désert reçoit les pas l'un après l'autre comme une audience démesurée qui engloutirait les paroles et te conduirait au silence. Tu t'épuises depuis l'aube, et le plateau de craie qui marque l'horizon sur ta gauche n'a point sensiblement tourné quand vient le soir. Tu t'uses comme l'enfant qui, pelletée par pelletée, te prétend déplacer la montagne. Mais elle ignore son travail. Tu es comme perdu dans une liberté démesurée et déjà s'étouffe ta ferveur. Ainsi, mon peuple, au cours de ces voyages, t'ai-je nourri chaque fois de silex et abreuvé de ronces. Je t'ai glacé de gel nocturne. Je t'ai soumis à des vents de sable si brûlants, qu'il te fallait t'accroupir contre terre, la tête encapuchonnée sous tes vêtements, la bouche pleine de crissements, suintant stérilement ton eau vers le soleil. Et l'expérience m'a enseigné que toute parole de consolation était inutile.

«Viendra, te disais-je, un soir semblable à un fond de mer. Le sable déposé dormira en meules tranquilles. Tu marcheras, dans la fraîcheur, sur un sol élastique et dur…» Mais, te parlant, j'avais sur les lèvres un goût de mensonge, car je te sollicitais de te faire, par invention, autre que toi-même. Et, dans le silence de mon amour, je ne me scandalisais point de tes injures:

«Il se peut, Seigneur, que Tu aies raison! Dieu, peut-être demain, déguisera les survivants en foule béate. Mais que nous importent ces étrangers! Nous ne sommes pour l'instant que poignée de scorpions enfermés dans un cercle de braise!»

Et tels ils devaient être, Seigneur, pour Ta gloire.

Ou bien, purifiant le ciel comme un coup de sabre, s'éveillait dans sa cruauté nocturne le vent du nord. La terre nue se vidait de chaleur, et les hommes grelottaient comme cloués par les étoiles. Qu'avais-je à dire?

«Reviendra l'aube et la lumière. La chaleur du soleil, à la façon d'un sang, se répandra doucement dans vos membres. Les yeux fermés, vous vous connaîtrez habités par lui…»

Mais ils me répondaient:

«En place de nous, Dieu peut-être demain installera-t-il un potager de plantes heureuses qu'il engraissera dans sa bonté. Mais nous ne sommes rien cette nuit-ci qu'un carré de seigle que le vent tourmente.»

Et tels ils devaient être, Seigneur, pour Ta gloire.

Alors m'écartant de leur misère je priais Dieu ainsi:

«Seigneur, est digne qu'ils refusent mes faux breuvages. Par ailleurs peu importent leurs plaintes: je suis semblable au chirurgien qui répare la chair et la fait crier. Je connais la réserve de joie qui se trouve murée en eux bien que j'ignore les mots qui la pourraient déverrouiller. Sans doute n'est-elle point pour cet instant. Importe que mûrisse le fruit avant qu'il délivre son miel. Nous passons par son heure d'amertume. Il n'est rien en nous que saveur acide. Il est du rôle du temps qui coule de nous guérir et de nous changer en joie pour Ta gloire.»

Et, poursuivant plus loin, je continuais de nourrir mon peuple de silex et de l'abreuver de ronces.

Mais semblable d'abord aux autres, sans que rien le distinguât d'abord des innombrables pas déjà versés dans l'étendue, nous faisions le pas de miracle. Fête couronnant le cérémonial de la marche. Instant béni parmi d'autres instants, lequel brise la chrysalide et livre son trésor ailé à la lumière.

Ainsi ai-je conduit mes hommes à la victoire à travers l'inconfort de la guerre. A la lumière au travers de la nuit, au silence du temple à travers le charroi des pierres, au retentissement du poème à travers l'aridité de la grammaire, au spectacle dominé du haut des montagnes à travers les crevasses et les éboulis de lourdes pierres. Peu m'importe, durant le passage, ton inconfort sans espérance, car je me méfie du lyrisme de la chenille qui se croit amoureuse du vol. Suffit qu'elle se dévore soi-même dans la digestion de sa mue. Et que tu franchisses ton désert.

Tu ne disposes point des trésors de joies scellés en toi, qu'avant l'heure il n'est point permis de déverrouiller. Certes est vif le plaisir tiré du jeu d'échecs quand la victoire couronne ton invention, mais il n'est point de mon pouvoir de t'accorder ce plaisir en cadeau hors du cérémonial du jeu.

C'est pourquoi je te veux, à l'étage des planches et des clous, chantant les cantiques des forgeurs de clous et scieurs de planches mais non le cantique du navire. Car je t'offre les humbles victoires de la planche polie et du clou forgé, lesquelles satisferont ton cœur si tu as d'abord marché vers elles. Belle est ta pièce de bois quand tu luttes vers la planche polie. Belle est ta planche polie quand tu luttes vers le navire.

J'ai connu celui-là qui, bien qu'il se soumît au cérémonial du jeu d'échecs, bâillait avec discrétion et te distribuait ses coups de réponse avec une indulgence lointaine, comme il en est du racorni de cœur qui consent à distraire les enfants.

«Vois ma flotte de guerre, dit le capitaine de sept ans qui t'a aligné trois cailloux.

— Belle flotte de guerre en vérité», répond le racorni de cœur, qui considère les cailloux d'un œil débile.

Qui néglige, par vanité, de considérer comme essentiel le cérémonial du jeu d'échecs, ne goûtera point sa victoire. Qui néglige, par vanité, de faire son dieu des planches et des clous, ne bâtira point le navire.

Le cracheur d'encre, qui jamais ne bâtira rien, préfère, car il est délicat, le cantique du navire au cantique des forgeurs de clous et scieurs de planches, de même que, une fois le navire gréé et lancé et joufflu de vent, en place de me parler de son litige de chaque instant avec la mer, il me célébrera déjà l'île à musique, laquelle, certes, est signification des planches et des clous, puis du litige avec la mer, mais à condition que tu n'aies rien négligé des mues successives dont elle naîtra. Mais celui-là, d'emblée à la vue de ton premier clou, pataugeant dans la pourriture du rêve, me chantera des oiseaux de couleur et des crépuscules sur le corail, lesquels d'abord m'écœureront, car je préfère le pain craquant à ces confitures, lesquelles de plus m'apparaîtront comme suspectes, car il est des îles de pluie où les oiseaux sont gris et je désirais, une fois l'île gagnée, afin d'en éprouver l'amour, entendre le cantique qui me fît retentir sur le cœur le ciel gris d'oiseaux sans couleur.

Mais moi qui ne prétends point bâtir sans pierres ma cathédrale et qui n'atteins l'essence que comme couronnement de la diversité, moi qui ne saisirais rien de la fleur s'il n'en était point de particulière, de tel nombre de pétales et non d'un autre, de tel choix de couleurs et non d'un autre, moi qui ai forgé les clous, scié les planches, et absorbé un à un les coups d'épaule redoutables de la mer, je puis te chanter l'île pétrie et substantielle que j'ai de mes propres mains tirée des mers.

Ainsi de l'amour. Si mon cracheur d'encre me le célèbre dans sa plénitude universelle, qu'en connaîtrai-je? Mais telle qui est particulière m'ouvre un chemin. Elle parle ainsi, non autrement. Son sourire est tel, non un autre. Nulle ne lui ressemble. Et voici cependant que, le soir, si je m'accoude à ma fenêtre, loin de buter contre le mur particulier, c'est Dieu qu'il me semble que je découvre. Car il te faut des sentiers véritables, avec telles inflexions, telle couleur de la terre, et tels églantiers sur les bords. Alors seulement tu vas quelque part. Qui meurt de soif fait des pas de rêve vers les fontaines. Mais il meurt.

Ainsi de ma pitié. Te voilà qui déclames sur les tortures d'enfants et tu me surprends à bâiller. Mais tu ne m'as conduit nulle part. Tu me dis: «Tel naufrage a noyé dix enfants…», mais je ne comprends rien à l'arithmétique et ne pleurerai pas deux fois plus fort si le nombre est deux fois plus grand. D'ailleurs, bien qu'ils soient morts par centaines de milliers depuis l'origine de l'empire, il t'arrive de goûter la vie et d'être heureux.

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