Antoine de Saint-Exupéry - CITADELLE

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Citadelle est un livre particulier dans le sens où il n'a jamais été achevé ni retouché (ou très peu) par Saint-Exupéry. L'œuvre est restée à l'état de brouillon dactylographié imparfait avant d'être mis en forme, tant bien que mal, par l'éditeur. Saint-Exupéry aborde ici tous ses thèmes récurrents déjà visités dans ses précédents écrits: l'Amour, l'Apprentissage, la Création, Dieu, les Hommes, les Voyages, etc.

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Vient l'heure où tu n'as plus à t'interroger, pour les comprendre, ni sur ce pas, ni sur ce mot, ni sur cette décision, ni sur ce refus, ni sur ce silence. Puisque Elle est.

Mais telle exige que tu te justifies. Elle t'ouvre un procès sur tes actes. Elle confond l'amour et la possession. A quoi bon répondre? Que trouveras-tu dans son audience? Tu demandais d'abord à être reçu dans le silence, non pour tel geste, non pour tel autre, non pour telle vertu, non pour telle autre, non pour ce mot ni l'autre mot, mais dans ta misère, tel que tu es.

CCIV

Me vint le repentir de n'avoir point usé avec mesure des dons offerts, lesquels ne sont jamais que signification et chemin, et, les ayant convoités pour eux-mêmes, de n'y avoir trouvé que le désert. Car ayant confondu mesure avec ladrerie de chair ou de cœur, je n'ai point souhaité de m'y exercer. Me plaît d'incendier la forêt pour me chauffer une heure car le feu m'en paraît plus royal. Et me semble de peu d'intérêt, si j'écoute siffler du haut de mon cheval les balles de guerre, d'économiser mes jours. Je vaux ce que je suis dans chaque instant et le fruit ne naît point qui a négligé quelque étape.

C'est pourquoi me paraît risible tel cracheur d'encre qui, au cours du siège de sa ville, refusa de se montrer sur les remparts, par mépris, disait-il, du courage physique. Comme s'il s'agissait là d'un état et non d'un passage. D'un but et non d'une condition simple de la permanence de la ville.

Car moi, de même, je méprise l'appétit vulgaire, et n'ai point vécu pour la digestion des quartiers de viande. Mais j'ai fait servir les quartiers de viande à l'éclat de mon coup de sabre, et j'ai soumis mon coup de sabre à la permanence de l'empire.

Et certes, bien que je me refuse au cours du combat à mesurer mes coups par avarice de muscle ou pleurni-chage de peur, il ne me plairait point que les historiographes de l'empire fissent de moi un moulin à coups, car je ne loge point dans mon sabre. Et si je me méfie des délicats qui avalent leur repas comme une médecine, les narines closes, il ne me plairait point que mes historiographes me fissent mangeur de viande, car je ne loge point dans mon ventre. Je suis un arbre bien installé sur ses racines et je ne méprise rien de la pâte qu'elles malaxent. J'en tire mes branches.

Mais il m'est apparu que je me trompais au sujet des femmes.

Vint la nuit de mon repentir où je connus que je ne savais point user d'elles. J'étais semblable à celui-là, le pillard, ignorant du cérémonial, qui te remue les pièces du jeu d'échecs avec une hâte aride et, de ne point trouver sa joie dans ce désordre, te les distribue aux quatre vents.

Cette nuit-là, Seigneur, je me suis levé de leur lit avec colère ayant compris que j'étais bétail dans l'étable. Je ne suis point, Seigneur, serviteur des femmes.

Autre chose est de réussir l'ascension de la montagne, ou, porté en litière, de rechercher de paysage en paysage la perfection. Car à peine as-tu mesuré les contours de la plaine bleue, que tu y trouves déjà l'ennui et pries tes guides de te porter ailleurs.

J'ai cherché dans la femme le cadeau qu'elle pouvait fournir. Telle, je l'ai désirée comme un son de cloche dont j'eusse goûté la nostalgie. Mais que vas-tu faire d'un même son de cloche, nuit et jour? Tu remises vite la cloche au grenier et n'en connais plus le besoin. Telle autre, je l'ai désirée pour une inflexion subtile de la voix quand elle disait «Toi, mon Seigneur…» mais bien vite tu te lasses du mot et tu rêves d'une autre chanson.

Et te donnerais-je dix mille femmes que, l'une après l'autre, tu les viderais aussitôt de leur vertu particulière, et qu'il t'en faudrait bien plus encore pour te combler, car tu es divers selon les saisons, selon les jours, selon les vents.

Et cependant, d'avoir toujours estimé que nul ne parviendra jamais à la connaissance d'une seule âme d'homme, et qu'il est, au secret de chacun, un paysage intérieur aux plaines inviolées, aux ravins de silence, aux pesantes montagnes, aux jardins secrets, et que, sur tel ou tel, je puis sans te lasser parler durant toute une vie, je ne comprenais point la misère de la provision que l'une ou l'autre de mes femmes m'apportait, laquelle ne suffisait guère au repas d'un soir.

Ah! Seigneur, je ne les ai point considérées comme terre arable, où je dois me rendre, toute l'année durant, dès avant l'aube, avec mes lourdes chaussures de boue et ma charrue, et mon cheval, et ma herse et mon sac de graines et ma prévision des vents et des pluies, et ma connaissance des mauvaises herbes et par-dessus tout ma fidélité, pour recevoir d'elles ce qui est pour moi — mais je les ai réduites au rôle de ces mannequins de bienvenue que poussent devant toi les notables de l'humble village par où passe ta ronde dans l'empire, et qui te récitent leur compliment, ou te font hommage, dans une corbeille, des fruits du pays. Et certes, tu reçois, car est pur de lignes le sourire, et chantant le geste qui offre les fruits, et naïf d'intention le discours, mais tu les as épuisées de leurs dons et vidées d'un seul coup de leur miel, quand tu as tapoté leurs joues fraîches et savouré des yeux le velouté de leur confusion. Certes celles-là mêmes sont, elles aussi, terres arables aux grands horizons, où tu te perdrais peut-être à jamais si tu savais par où l'on y pénètre.

Mais je cherchais à récolter le miel tout fait de ruche en ruche, et non à pénétrer cette étendue qui d'abord ne t'offrira rien et te réclamera des pas et des pas et des pas, car il importe que longtemps, dans le silence, tu accompagnes le maître des domaines, si tu veux t'en faire une patrie.

Moi qui ai connu le seul véritable géomètre mon ami, lequel pouvait m'instruire nuit et jour, et auquel j'apportais mes litiges afin de les connaître, non résolus, mais vus par lui, et déjà autres, car étant tel, lui-même et non un autre, il n'entendait pas comme moi cette note, il ne voyait pas comme toi ce soleil, il ne goûtait pas comme toi ce repas, mais, des matériaux qui lui étaient soumis, il faisait tel fruit de tel goût, et non un autre — lequel était, tout simplement, ni mesurable, ni mensurable, mais pouvoir en marche de telle qualité et non d'une autre, dans telle direction et non dans une autre — moi qui ai connu en lui l'espace et qui allais à lui comme l'on cherche le vent de mer, ou la solitude, qu'aurais-je reçu de lui si j'avais fait appel non à l'homme, mais aux provisions, aux fruits, non à l'arbre, et prétendu me satisfaire l'esprit et le cœur de quelques préceptes de géométrie?

Seigneur, telle que je fais de ma maison, tu me la donnes à labourer et à accompagner et à découvrir.

«Seigneur, me disais-je, pour celui-là seul qui gratte sa terre, plante l'olivier et sème l'orge, sonne l'heure des métamorphoses dont il ne saurait se réjouir s'il achetait son pain chez le marchand. Sonne l'heure de la fête des moissons. Sonne l'heure de la fête de l'engrangement, et il pousse lentement de l'épaule la porte gémissante sur la réserve de soleil. Car détient le pouvoir d'embraser, l'heure venue, tes grands carrés de terre noire, la colline de semence que tu viens d'enfermer, et au-dessus de laquelle flotte encore la gloire d'une poussière de son qui ne s'est point tout à fait déposée.

«Ah! Seigneur, me disais-je, je me suis trompé de chemin. Je me suis hâté parmi les femmes comme dans un voyage sans but.

«J'ai peiné auprès d'elles comme dans un désert sans horizon, à la recherche de l'oasis qui n'est point de l'amour, mais au-delà.

«J'ai cherché un trésor qui y fût caché, comme un objet à découvrir parmi d'autres objets. Je me suis penché sur leur souffle court comme un rameur. Et je n'allais nulle part. J'ai mesuré des yeux leur perfection, j'ai connu la grâce des jointures et l'anse du coude où l'on veut boire. J'ai souffert une angoisse qui avait une direction. J'ai éprouvé une soif qui avait un remède. Mais, m'étant trompé de chemin, j'ai regardé ta vérité en face, sans la comprendre.

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