Tatiana Rosnay - Le dîner des ex

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Je devins donc la maîtresse d'un homme marié. C'était lui qui décidait de nos rencontres. Le soir, en rentrant de l'Opéra, j'attendais près du téléphone. Je recevais des appels laconiques : « Hôtel E. Chambre 202. Mardi, quinze heures. » Et je m'y rendais. Sous mes tailleurs stricts, je portais la lingerie fine qu'il m'achetait.

Manuel faisait de moi ce qu'il voulait. Jamais je ne m'étais autant soumise à un homme. Jamais un homme n'eut une telle emprise sur moi.

Un soir, alors que nous étions amants depuis quelques mois, il me donna rendez-vous dans un hôtel de Saint-J. Lorsque j'arrivai, il m'attendait dans la chambre.

— Déshabillez-vous.

J'obéis. J'aimais l'arrogance de cette voix autoritaire, tout en la craignant.

— Allongez-vous sur le lit.

Il attacha un bandeau autour de mes yeux. Je me laissai faire. Puis il me prit d'une façon brutale et rapide, pas comme à l'accoutumée. Le plaisir, habituellement au rendez-vous, s'esquiva. Une sensation étrange s'empara de moi. Désorientée, je sentis alors des mains sur mon corps. Elles me caressèrent avec douceur. Ce n'étaient pas celles de Manuel. Je reconnus leur finesse et leur parfum sans peine ; il s'agissait des mains de sa femme. Une colère noire effaça toute soumission. Je tentai de me relever.

— Laissez-vous faire, glapit Manuel, me plaquant sur le lit. Vous en avez envie.

J'arrachai le bandeau pour découvrir Nadège nue, cambrée sur les draps froissés.

— Je ne te plais pas ? demanda-t-elle.

Je lui précisai que c'était son mari qui me plaisait, pas elle. Sa bouche s'envenima. Notre petit jeu était terminé, j'avais assez profité de son mari ; il me fallait maintenant choisir. Soit j'acceptais sa présence, soit je devais partir. Je décidai de m'en aller. Manuel ne dit rien. Nadège se leva, blanche de rage. Elle me gifla, m'ordonna de décamper et de ne jamais tenter de les revoir.

Je rentrai chez moi. Le miroir de la salle de bains me renvoya un visage défait.

Le pire était que j'aimais cet homme ; je l'aimais d'un amour étrange qui me faisait mal. Ce n'était pas comme avec toi ; cela n'avait rien de notre complicité auréolée de soleil et de joie de vivre ; il s'agissait d'une passion noire et violente à laquelle je me soumettais en ravalant toute fierté. J'avais besoin de lui comme une droguée de sa dose, et plus il se montrait distant, plus je le désirais. Entraînée dans une spirale infernale, je n'aspirais qu'à être sa chose, son esclave. En me pliant à ses volontés, je renonçais à mon amour-propre et à ma dignité, et cette perte d'identité m'envoûtait.

J'ai fui la ville comme une chienne meurtrie, du jour au lendemain. Heureusement, mon contrat arrivait à son terme. Petit à petit, la vie a repris son cours. Mes blessures ont guéri. Le travail m'attendait. Un grand chef, Karl R. (un de tes disciples), me voulait comme assistante à l'opéra de C. Avec joie, j'acceptai cette proposition. Je connus d'autres hommes, sans tomber amoureuse. Ma vie paraissait remplie.

Puis un jour, huit mois plus tard, sans crier gare, alors que je pensais m'être remise de cette histoire, Manuel refît irruption dans ma vie. Sur le pas de ma porte, en rentrant un soir, je trouvai ce mot :

Chère Margaux,

Je suis de passage pour quelques jours. Accepteriez-vous de me revoir ?

Je désire vous présenter mes excuses.

Ne les refusez pas, je vous en conjure.

Votre,

Manuel N.

J'ai senti monter en moi le mélange d'effroi et de désir que cet homme m'inspirait. Il ne fallait pas succomber à la tentation de le revoir. Je jetai la carte au panier, la tenant entre le pouce et l'index comme une chose pestiférée.

Ce soir-là, je devais retrouver après une répétition le jeune musicien que je fréquentais alors, Bruce. Une fois en sa compagnie, il me parut fade, son regard délavé, ses propos insignifiants. Je réussis à lui faire faux-bond pour rentrer chez moi.

Devant ma porte, il y avait une nouvelle carte. Je m'y attendais. Le message était succinct, et clair.

Hôtel R., chambre 809.

Je n'ai pas hésité une seconde. Je me suis fait belle ; puis je suis repartie dans la nuit comme un insecte cherchant désespérément la lumière.

Malgré l'heure tardive, il m'attendait.

J'ouvre une petite parenthèse pour te dire que les critiques du Magnificat ont été bonnes.

À part l'illustre Hubert R., critique musical redouté que je soupçonne d'être misogyne, et qui, année après année, se complaît à m'exécrer de plus belle, le concert a été bien accueilli.

Écoute ce que M. R. vitupère à mon égard : « Madame Margaux L. s'est toujours bornée à bousculer la tradition ; hélas, sa version allongée du Magnificat trahit, une fois encore, une conception trop décorative du chef-d'œuvre de Bach dont l'interprétation fantaisiste ne peut être que réductrice.

« Margaux L. semble ne pas avoir saisi la conception de cette œuvre, et sa lecture paraît hybride. Malgré l'audace notoire dont elle fait preuve et une maîtrise remarquable du chœur, on reste songeur quant au parcours inégal de ce chef (le terme au féminin n'existant pas, ne devrait-on pas en tirer quelque sage conclusion ?).

« À part le fait d'être infiniment agréable à regarder, Madame Margaux L. sait-elle véritablement où elle va ? En l'écoutant, on est en droit de se poser la question. »

N'aie aucune inquiétude, Max. J'ai l'habitude de ce genre de commentaire ; ce sont des soufflets qui ne m'atteignent plus.

Une journaliste m'a demandé une interview pour un magazine féminin. Jouissant cette semaine d'un peu plus de temps libre, j'ai accepté de répondre à ses questions.

Je reçus chez moi une jeune femme, Olivia L., charmante brune aux yeux bleus qui, malgré ses vingt-six printemps, possédait une étonnante culture musicale. J'éprouve un plaisir vif à être interrogée par des personnes plus jeunes que moi, et sa fraîcheur, sa curiosité naturelle m'enchantèrent.

Elle voulut m'entendre parler de toi. En vérité, ce n'est pas la première fois qu'on me fait cette demande. Je m'épanche rarement à ton sujet ; mais face à la grâce désarmante d'Olivia, je me suis laissée aller.

Après son départ, j'ai regretté ce flot intime de paroles. Angoissée de m'être trop dévoilée, j'ai guetté la sortie du journal. Il ne faut jamais donner prise à un journaliste ; toute personne devant affronter les feux de la rampe le sait.

L'exemplaire du magazine enfin entre les mains, je rentrai vite à la maison le lire en cachette. Olivia avait rédigé un article de deux pages, illustré de photographies d'agences ; me voilà avec toi, à la Villa, puis en scène, dirigeant un concert, et enfin avec Pierre après ma première de la Messe en si.

Sur la première page, je découvris le portrait un peu mélancolique qu'un photographe du journal était venu prendre le jour de l'interview, et ces mots, en grosses lettres : « Tout pour la musique : l'intimité solitaire de Margaux L., la chef des chefs. »

Écoute la suite : « On la voit rarement de face, ce qui est dommage, car le visage de “la” chef d'orchestre Margaux L. reflète tout son talent. Plutôt petite, très mince, on a au premier abord du mal à croire que ce brin de femme est à la tête de l'orchestre de P. depuis deux ans.

« Mais ses yeux brillent parfois avec la dureté du silex, et sa poignée de main n'a rien d'apathique. Installées dans son salon clair donnant sur le boulevard bruyant d'un quartier populaire (“J'ai toujours voulu habiter par ici, cet arrondissement me rappelle celui de mon enfance”), nous avons effleuré ses projets. Elle a été appelée à diriger le cycle des cinq concertos pour piano de Beethoven à l'opéra de V. : “Un bonheur immense, et beaucoup de travail…” (d'autant plus qu'elle va jouer et diriger de son piano le cinquième, dit L'Empereur) et vient de présenter au Théâtre du C. une version contestée mais très applaudie du Magnificat de Bach.

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