Tatiana Rosnay - Le dîner des ex

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— Acceptez-vous mes excuses ?

Je le regardai enfin. Il n'y avait aujourd'hui rien de pervers dans son regard, seulement une gentillesse attentionnée.

— Oui, murmurai-je.

Il eut un sourire éblouissant.

— J'en suis très heureux. À présent, je vais vous dire la vérité. En fait, c'est un petit jeu qui nous amuse, Nadège et moi. Elle aime les femmes. L'avez-vous remarqué ?

Une fois encore, je répondis par l'affirmative. Il se pencha vers moi, baissa le ton d'une octave, et confessa qu'il lui arrivait parfois d'aimer les femmes que Nadège aimait. Son épouse et lui ouvraient leur lit à des jeunes femmes comme moi. Une chaleur brûla mon visage ; je perdis pied et toute assurance s'envola. Lorsque je secouai violemment la tête, il fit mine de ne pas comprendre. Je prononçai cette fois « non » à voix haute.

— Soit, fit Manuel, avec un sourire. Permettez-moi de vous poser une question. Ce « non » catégorique, est-il destiné à moi ou à Nadège ?

Je balbutiai que c'était non à tous deux. Il s'était levé et me contemplait, mains dans les poches, désinvolte.

— À moi tout seul, vous dites non aussi ? Vous devez aimer les hommes, cela se voit dans vos yeux. Je vous imagine très bien en train de faire l'amour. Vous ne dites rien ? Qui ne dit mot consent. À bientôt.

Il s'en alla avec la grâce létale d'un requin. En le regardant s'éloigner dans le hall de l'hôtel, j'eus un pressentiment. Je savais que j'allais aimer cet homme.

J'avais en tête, de façon obsédante, l'adagio du Concerto pour violon de Bach en ut mineur, que tu aimais tant. Son intensité lancinante me hantait, comme le ballet sensuel du violon et du hautbois, l'un courant après l'autre sans jamais se rejoindre, jouant de l'opposition et de la complémentarité de leurs timbres. Si Manuel était le hautbois, primesautier, narquois et agaçant, moi, j'étais le violon : agacé, alangui, à bout de souffle…

Pendant une semaine, je n'ai cessé de penser à lui. Je suis retournée dans le bar de l'hôtel où avait eu lieu notre dernière conversation et, assise à la même table, l'imaginant devant moi, je retrouvai tout l'aplomb qui m'avait auparavant fait défaut.

Quelques jours plus tard, à la sortie d'un concert, j'aperçus sa silhouette parmi la foule. Il était seul et se dirigeait vers sa voiture. Pendant quelques secondes, je restai immobile, le regardant s'en aller ; puis une force inconnue me somma de bouger.

Au moment où il ouvrait la porte de sa voiture, je me suis avancée dans son champ de vision. Il se retourna, me salua avec un petit sourire, sempiternel cigare aux lèvres, et me demanda si j'avais aimé le concert. Je ne me souviens plus de ma réponse, je ne voyais que cet homme me contemplant de ses yeux clairs.

Il me souriait de toutes ses dents, prononçant mon prénom comme s'il eût été une friandise savourée avec délice. J'étais incapable de parler, et il semblait s'amuser de mon silence. Il m'avait hypnotisée comme un fauve fixant sa proie, comme une araignée maléfique attirant dans sa toile argentée un moucheron appétissant. Savait-il que j'acceptais sans réserve son emprise et que cette subordination inattendue m'effrayait autant qu'elle me grisait ? Que lisait-il ce soir-là dans mes yeux ? Que j'étais sienne, avant même d'avoir dit oui, avant même d'avoir goûté au parfum de ses lèvres ?

Manuel allait s'engouffrer dans sa voiture. L'idée qu'il partît me parut insupportable. À moi de le retenir encore. Mais comment ? En balbutiant, je lui proposai un déjeuner le lendemain. Il rejeta la tête en arrière pour éclater de rire. J'eus envie de disparaître sous terre. C'est alors qu'il s'approcha afin que je sentisse son souffle sur moi, et l'odeur de ses cheveux mêlée à celle du tabac. Il tira une longue bouffée de son cigare, puis envoya celui-ci d'une pichenette adroite dans le caniveau, tandis que son sourire s'épanouissait, diabolique.

— Déjeuner avec vous, c'est non. En revanche, coucher avec vous, c'est quand vous voulez.

La portière claqua, et la grosse voiture noire s'évanouit dans la nuit. Je restai seule sur le trottoir. Mon cœur battait très fort.

Il te faut comprendre qu'il m'était difficile de résister à quelqu'un d'aussi habile. Manuel avait cinquante ans, le double de mon âge. Depuis toi, si j'ai souvent été attirée par des hommes mûrs, leur physique souvent décati par l'andropause me répugnait. Manuel, lui, paraissait à l'abri de ces désagréments, tout en possédant l'expérience de la vie qui me fascinait.

Je sais à présent que ce n'était pas son passé de séducteur qui m'attirait. C'était son présent d'homme marié, de quinquagénaire aux cheveux argentés qui voyait sa jeunesse s'effriter, le troisième âge tant redouté se profiler à l'horizon, et qui, cédant à l'appel de la chair fraîche, sentait quelque ultime humeur polissonne lui titiller les reins.

Ainsi, lorsqu'il m'invita à dîner quelques semaines plus tard, acceptai-je sans hésiter. Nadège, me dit-il, était partie en voyage.

Il m'emmena dans le restaurant le plus cher de la ville, surplombant un petit port de pêcheurs sentant la marée. Je m'efforçais de ne pas avoir l'air impressionnée, mais j'avais la désagréable sensation qu'il devinait chacune de mes pensées.

Je me revois, nimbée de la grâce de mes vingt-cinq ans, raide dans une robe de quatre sous, faisant la fière dans ce décor cossu. Plusieurs personnes le saluèrent de loin, et il esquissait des sourires polis en retour.

Tandis qu'il me caressait sous la table, il parlait de son métier, comme si de rien n'était ; puis il accompagna son jeu de mains de suaves compliments, murmurant que j'étais belle, que ma peau était douce, et des frissons montèrent le long de mes cuisses, faisant ployer mon échine, trembler mes jambes ; je le laissais faire, m'abandonnant à ses doigts sous la nappe damassée, ébahie par son audace et son habileté.

Après le dessert, il prit ma main dans la sienne :

— Vous allez venir avec moi.

Docile, je le suivis. Plus tard, dans l'intimité d'une chambre d'hôtel, il me donna des ordres précis, d'une voix impassible.

— Enlevez votre robe. Gardez vos escarpins. Mettez-vous ainsi. Ne baissez pas les yeux. Regardez-moi. Oui, comme cela.

Je devins de l'argile entre ses mains ; il me manipula comme une poupée, sans brusquerie, avec des gestes calculés. Le vouvoiement qu'il persistait à utiliser me troublait davantage. Pendant l'amour, il n'eut envers moi aucun geste de tendresse, mais cela ne me gênait pas ; j'étais fascinée par son détachement, sa maîtrise, sa manière de me dominer. Je me donnai à lui en tremblant, avec une angoisse mâtinée d'un plaisir nouveau.

Même au moment le plus intense – l'instant précis où les hommes ont tous cette grimace de douleur –, il ne perdit pas le contrôle de lui-même.

— Qu'en dites-vous, Margaux ? Fortissimo ? lâcha-t-il, à peine essoufflé.

Allongée à plat ventre sous lui, vêtue d'un soutien-gorge et de mes chaussures à talon, j'eus l'impression d'être une fille de joie. Honteuse, je m'attendis presque à ce qu'il me jetât de l'argent.

Mais il eut un geste surprenant ; il me retourna, tenant à deux mains mon visage, puis m'embrassa sur la bouche. Je crus déceler une certaine tendresse dans le bleu cobalt de ses yeux ; enhardie, je balbutiai que je l'aimais.

— Ne dites pas de bêtises, siffla-t-il, cinglant. Rhabillez-vous. Je dois partir.

Déconcertée, il ne me restait plus qu'à obéir.

Mon pauvre Max, comme tu t'étrangles ! Une telle soumission doit te surprendre ; la Margaux de cette histoire est à des années lumière de la tienne. Mais cette Margaux-là, comme la tienne, a fait de moi ce que je suis aujourd'hui. Impossible de la renier.

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