Elsa Triolet - Roses à crédit

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Martine est belle, elle a le rare don d'aimer. Mais à notre âge de nylon, elle est venue su monde dans des conditions de l'âge de pierre. Aussi le confort moderne, le cosy-corner seront-ils son premier idéal, et le métier de manucure parmi les miroirs et les parfums d'un salon de coiffure suffit à ses rêves de beauté. Elle est en cela semblable à des millions d'êtres, car moins on possède de i choses n et plus le désir en est grand. Ainsi est né le crédit malin, l'enchantement des a facilités » qui comble les désirs.
Daniel Donelle, l'amour de Martine, est déjà au-delà de cet idéal électro-ménager. Rosiériste, touché par l'aile de la science, il rêve à une rose nouvelle. La belle Martine, jadis perdue dans les bois, l'avait attiré dans leurs mystérieuses profondeurs, mais le coq a chanté, et Daniel, stupéfait, trouve sa femme installée dans un petit appartement moderne acheté à crédit.
Un jour, Daniel créera la rose parfumée
, mais elle ne sera plus un hommage qu'à la souffrance.

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À L’ÉCHANTILLON DU RÊVE

Parfumés, aérés, silencieux, capitonnés, antiseptiques, polis, aimables, souriants, fleuris, étaient les salons de l’Institut de beauté rose et bleu ciel… Flacons, écrins, colifichets, lingerie, transparences, étincellements. Les femmes, sorties des mains des masseuses, manucures, coiffeurs, comme repeintes à neuf, fraîches et euphoriques. Martine, manucure, se trouvait au cœur de son idéal de beauté, elle vivait à l’intérieur des pages satinées d’un magazine de luxe. L’Institut de beauté était la pierre précieuse tombée au centre de Paris et qui faisait des ronds de plus en plus larges, de plus en plus faibles, pour s’effacer dans les faubourgs où l’étincellement n’avait pas cours. Tout Paris rien que l’écrin de cet Institut de beauté, avec les splendeurs de la place de la Concorde, de la place Vendôme, de la rue de la Paix, mais déjà sur les Grands Boulevards cela se gâtait, et les Champs-Elysées n’étaient plus que de la camelote… Dans Paris comme dans la forêt, Martine remarquait la lèpre des maisons, la vermine de la prostitution, elle détestait la fatigue de la foule retour du travail dans le métro, la bousculade des Uni-Prix, dans la Seine elle devinait les noyés, ses flots peignés charriaient n’importe quelle charogne… Très vite elle avait appris à se retrouver à Paris comme dans la grande forêt, elle ne se serait pas perdue dans Paris, elle était devenue une Parisienne, y cherchant, y trouvant ce qu’elle cherchait : le neuf, le brillant, le bien poli, le tout à fait propre. Martine disait qu’elle aimait le moderne et l’impeccable. Impeccable, surtout, un mot qu’elle employait souvent.

Martine elle-même était impeccable. L’Institut de beauté habillait ses employées de bleu ciel, des blouses que l’on changeait tous les jours, et tout le personnel féminin portait des chaussures blanches sur de hautes semelles de liège et découvrant les orteils. Les cheveux de Martine se prêtaient à tous les essais de coiffure, et c’était elle-même qui soignait ses mains, ses longs ongles nacrés. L’Institut ayant des liens avec une maison de couture, Martine apprit à acheter en solde, elle avait la « taille mannequin » et sa jeunesse, sa beauté facilitaient les choses, tout le monde content de la rendre plus belle encore : tout lui allait, à cette Martine ! À la voir passer dans la rue, c’était la Parisienne elle-même. Dans ce Paris dont elle avait découpé à son gré une minuscule parcelle, il ne manquait à Martine qu’une seule chose : la présence de Daniel. Martine était modeste, elle vivait dans un reflet du luxe, et cela lui suffisait ; il lui aurait suffi de l’ombre d’une possibilité de voir Daniel, ne serait-ce que de loin, comme au village… Ici, à Paris, il n’y avait plus rien, aucun espoir, comme la mort. Elle ne pouvait même plus retourner au village, les choses s’étant très mal passées avec sa mère quand Martine vint lui dire qu’elle voulait partir avec M’man Donzert à Paris, pour toujours. La Marie s’en était allée crier des malédictions sous les fenêtres de M’man Donzert, et, Martine encore mineure, il lui aurait fallu se résigner à rester au village… La nuit après la terrible scène devant le salon de coiffure, Martine était rentrée à la cabane : sa mère dormait… elle l’avait secouée : « Je te préviens, dit-elle, je viendrai me pendre ici — et elle montrait le gros crochet de la lampe à pétrole — et je laisserai une lettre comme quoi c’est toi qui m’as acculée à cette extrémité… Parce que jamais, tu m’entends, jamais, je ne reviendrai vivre dans cette merde… » Marie s’était mise à pleurer d’une petite voix fine, elle vagissait comme un nouveau-né… Martine attendait. « Va, dit enfin Marie, va, fille dénaturée, mais ne t’avise pas de te montrer dans les parages… » « Bien, dit Martine, mais ne t’avise jamais de me relancer… Je ne reviendrai que pour me pendre, là ! » Et elle avait encore une fois montré le crochet de la suspension. Dans ces conditions, revenir au pays…

Non, il fallait inventer quelque chose, agir… Il n’existait pour Martine d’autre homme dans ce vaste monde que Daniel Donelle. Elle vivait à Paris, mais Paris, le monde sans Daniel… Elle avait des moments de cafard aigu, de désespoir.

Comme ce soir où elle marchait sous les arcades sombres, froides et désertes, entre la rue Saint-Florentin et la rue Royale. Le temps y était pour quelque chose. Il pleuvait très fort. Martine se sentait sombre, froide et déserte comme ces arcades avec leurs barreaux de fer. Elle revenait du travail. Elle était fatiguée, elle avait froid, ses bas étaient éclaboussés et mouillés… M’man Donzert lui avait bien dit de mettre un deuxième chandail sous l’imperméable trop mince, elle aurait dû l’écouter. Martine attendait que la pluie se calmât un peu pour se jeter dans la bouche du métro, mais combien de temps pouvait-elle attendre, la pluie semblait avoir redoublé. Le pavé de bois de la place de la Concorde luisait, noir et lourd comme l’eau d’un étang, les réverbères s’y enfonçaient, la tête à l’envers, et y traînaient leurs voiles de clarté, sur lesquels les voitures tournaient comme une vis sans fin. La Chambre des Députés, sur l’autre rive de la place, de la Seine, demeurait invisible.

Sous les arcades, des ombres… Martine alla se mettre plus près des journaux affichés contre les barres de fer, détrempés, et du marchand sur son pliant, qui essayait de se retirer de la pluie, se recroquevillant, les genoux remontés… Les passants, sous des parapluies dégoulinants, jetaient leur pièce, prenaient un journal et sautaient dans la bouche du métro. Les autobus étaient tellement pleins qu’ils semblaient avoir du mal à avancer avec ce poids dans les entrailles. D’habitude Martine prenait l’autobus, mais ce soir-là ce n’était guère possible, elle aimait encore mieux descendre dans le métro, malgré les odeurs de laine mouillée, et la mauvaise vapeur des vêtements et des haleines dans la chaleur souterraine. Allons-y… Martine allait suivre les arcades pour sortir dans la pluie, quand un regard venant par-dessus les barres de fer l’arrêta comme un éboulement : droit en face d’elle, tête nue, visage ruisselant, Daniel Donelle, un journal à la main, la regardait.

— Martine… — dit-il d’une voix venant de loin, loin, de l’autre côté de l’éboulement, des barres de fer, — venez prendre un grog, on sera plus heureux.

Martine marchait sous les arcades noires et Daniel, parallèlement, sur le trottoir, disparaissant derrière les piliers et réapparaissant dans les arches avec leur grille. À chacune des disparitions, le cœur de Martine avait des manques. Ils se trouvèrent face à face, au coin de la rue Saint-Florentin. Daniel tenait le coude de Martine pour traverser et entrer dans le premier tabac-bar. Ils trouvèrent une petite place, au fond, dans un remue-ménage de gare, avec, à côté, les lavabos, le téléphone, des jeunes gens à rouflaquettes, le mollet avantageux, qui, dans une épaisse fumée de cigarettes, secouaient les appareils à sous.

— Si on dînait ensemble ? Quand on rencontre une payse, à Paris…

— Il fallait Paris…

Daniel avait-il saisi tout ce que cela voulait dire : « Il fallait Paris » ?

— On dîne ensemble, répéta-t-il, affirmatif.

— On m’attend.

— Qui ?

— M me Donzert…

— Téléphonez.

Martine se leva pour aller au téléphone. Dans le brouillard des cigarettes, elle voyait la caissière blême qui posait un jeton à côté des œufs durs, des brioches et des morceaux de cakes enveloppés de cellophane. Elle ouvrit la porte sur laquelle était écrit : Téléphone… L’appareil à son oreille, tout chaud de la main, de l’oreille qui venaient de l’abandonner… une odeur violente de Femme… Machinalement, mécaniquement, Martine faisait le numéro. Son cœur battait effroyablement : « Cécile, ne m’attendez pas… J’ai rencontré Daniel… » Elle raccrocha sans écouter les cris de Cécile.

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